CLXV. PRENEZ DES BRUNES
L'autre jour je me trouvay En compagnie nouvelle; Nous nous mismes à discourir Sur les beaulez mortelles:
J'ai/ gagné, car fay n<t<i>ié Que la brune estait belle.
L'un soustient le poil doré L'autre la blonde tresse Et moy je dis par-dessus tout Qu'il n'est qu'une brunette. jvày .
Il eu a esté appelle
En la court des fillettes,
Où il a esté rendu
Sentence solennelle. J'ai/ ....
Que la rousse au poil doré N'estoit nullement belle; Que la blonde seulement L'emportoit dessus elle. Vay . . .
Devant tous on a donné
La palme à la brunette. J'ai
l.i doux entretien des bonnes compagnies ou U recueil de* plus beaux airs à danser. Paris, in ri, u;:(4, p. 201.
*)SËÎ
Qui prend trop vî-te femme,
Peste a-près dans son
à-me, La nuit et le jour; Vr\ e la jeunesse Qui ne vit que d'amour.
Qui prend trop vite femme Peste après dans son âme
La nuit et le jour,
Vive la jeunesse
Qui ne vit que d'amour.
N'en prenez point de brune,
Car elle est trop commune, La nuit
N'en prenez point de blonde ;
Elle aime tout le monde, La nuit ....
N'en prenez point de rousse,
Car trop elle trémousse, La nuit ....
N'en prenez point de grande,
Car elle est trop friande, La nuit ....
Evitez la petite,
Trop grand est son mérite, La nuit ....
N'en prenez point de grosse
Ce n'est qu'un vrai colosse, La nuit ....
N'en prenez point de maigre
Elle a le cœur trop aigre, La nuit ....
N'en prenez point de grasse
On trouve trop de crasse, La nuit ....
Evitez la menue
Car trop elle remue, La nuit ....
Fuyez la babillarde
Car trop elle bazarde, La nuit ....
F.\ itoz la sournoise
Qui cherche toujours noise, La nuit ....
Fuyez la fainéante
Qui D'est jamais contente, La nuit ....
Evitez la coquette
Qui cherche un tête à tête, La nuit ....
Fuyez la précieuse
Car elle est trop quinteuse, La nuit ....
Evitez la bigotte
Qui sans cesse ragotte, La nuit ....
Ne prenez point de prude,
Elle a l'esprit trop rude, La nuit ....
Evitez l'yvrognesse;
Elle a trop d'hardiesse, La nuit ....
Ne prenez point d'avare,
Son intérêt l'égaré, La nuit ....
Evitez l'étourdie,
Elle feroit folie, La nuit ....
Fuyez une joueuse,
Elle est toujours tricheuse, La nuit ....
Fuyez une prodigue,
Elle aime trop l'intrigue, La nuit ....
Fuyez une sçavante,
Elle est trop méprisante, La nuit ....
Prenez de ces brunettes,
Elles sont joliettes, La nuit ....
Christophe Ballard, Les rondes, chansons à danser, 1724, II, p. 120.