‹ Recueil de chansons populairesChapitre 75 sur 98 · CLXIV. LA DAME MARIÉE NOUVELLEMENT · texte numérisé non relu

CLXIV. LA DAME MARIÉE NOUVELLEMENT

Vray dieu d'a-mour don -ne moy ce que mon cœur Fin.

ay-me tant, Vray dieu d'amour donne moy Ce que mon cœur

ay-me tant. A Pa-ris a u-ne fil -le Ma-ri-ée nou-

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vellement. Tous les jours el-le se mire Dans un mirouër d'argent.

Vray dieu d'amour, donne moy Ce que mou cœur ayme tant.

A Paris a une fille Mariée nouvellement, Tous les jours elle se mire Dans un mirouër d'argent.

Vray dieu d'amour, donne moy Ce que mon cœur ayme tant.

Et dit à sa chambrière :

— Janneton, venez avant.

Regardez si je suis belle Ou si mon mirouër nie ment.

— Par ma foy, ma damoiselle, Vous estes grosse d'enfant ; Vostre ceinture est levée

On le void apertement.

Vostre père et vostre mère En auront le cœur dolent.

— Tu ne sçais que tu veux dire, Hz sont morts tout maintenant.

Va depescher ta bcsongne Irons à l'enterrement; Et n'ayons soin d'autre chose Q'à nous donner du bon temps.

Ans (t villanelles inist.s tu musiqui à l etàS parties parPiEKUE Bonnet, Limosin. Paris, Veuve Ballard, 1600, f« 46.

A Paris y a une tille Mariée nouvellement Qui se peigne et se mire Dans un beau miroir d'argent Dieu te garde, la Bose, Ne te moque jwint des gens.

Elle se peigne et se mire Dans un beau miroir d'argent, Mais sa mère luy va dire:

— Marguerite, boutte avant.

Quand tu te mis en ménage Tu n'avais vaillant six blancs.

Maintenant cpie tu es riche Tu portes le satin blanc.

Regardez si je suis belle Maintenant que tu es riche

Ou si mon miroir m'y ment. Tu portes le satin blanc

- Vous êtes un peu brunette. Tu portes robe sur robe

Vous enchargez d'enfant. Et le demi-ceint d'argent.

Qui a fait la chansonnette?

Un bon garçon d'Orléans Qui caressant sa maîtresse Lui levait son satin blanc.

La caribaryi des artisans. Paris, XVIIe siècle [vers Hil(i.|

ffirifr.u-'* *

A Pa-ris y a u - ne da-me

Qui est bel-le com-

me le jour, El - le se pei - gne, ell' se mi - re

Dans un beau mi-roir d'argent Tra la la la la la.

A Paris y a une dame

Qui est belle comme le jour, (bis)

Elle se peigne, ell' se mire

Dans un beau miroir d'argent (bis)

Tra la la la la la (bis).

EU' appelle sa femm' de chambre:

— Jeanneton, venez-vous en; Dites-moi si je suis belle

Ou si mon miroir me ment.

— Madam', vous êtes un peu brune, Ça vous va passablement.

— Si je savais être laide,

Je maudirais tous mes parents.

le maudirais pèr" et mère Mon mari premièrement.

Son mari qui est à la porte Entend le beau compliment.

— Taisez-vous, petite sotte, Ne vous glorifiez pas tant ; Madam', quand je vous ai pris Vous n'en disiez pas autant.

Vous n'aviez qu'une rob' noire Cousue avec du fil blanc :

A présent robe sur robe Souliers bordés en argent.

Quand madam' va à la messe II lui faut quatr de nos gens.

Un porte la queue d'sa robe Un autre porte ses gants.

L'troisième conduit la voiture L'autre range les paysans :

— Rangez-vous, paysans, paysannes, Que Madani' aille à son- banc.

Chanson fin Finistère communiquée par M. E. Guichodx.

Moderato.

C'est la fil-le d'un pauvre homme,C'estc'quemon cœur aime

-rVr -H-r— , I \-

JEE^H^

Qu'est mariée bien ri-cbement, C'est c' que mon coeur aime tant.

C'est la fille d'un pauvre homme.

C'est c' que mon cœur aime Qu'est mariée bien richement Cest c' que mon cœur aime tant.

Quand Madam' va-t-à la messe Trois laquais vont la suivant.

Le premier porte son livre

Et l'autre ses beaux gants blancs.

Le troisièm' porte une baguette Pour faire ranger les pésans.

Rangez-vous, de la canaille, Que Madame entre à son banc.

Quand iMadam' rentre à si chambre Elle appelle son garçon Jean.

Dites-moi si je suis belle Ou si mon miroir me ment ''

— Vous êt's un p'tit peu brunette Mais cela vous avient* tant!

vous va. vous convient, cf. le mot avenant.

Elle jette son miroir par terre .Maudissant tous ses parents.

Son mari est aux fenêtres Qui entend ce compliment:

— Taisez-vous, petite sotte, Ne vous glorifiez pas tant.

Quand je vous pris en mariage V'n' aviez pas cinq sous valant !

A présent robe sur robe.

Les rubans en parvolant.

V n aviez qu'un p'tit Justin rouge Et qu'un p'tit cotillon blanc.

Bain (IUe-et-Vilaine). — Ad.Orain, Glossaire th< iépf d'Hit <t Vilaine, Paris, Issti, p. 200.

Allegretto.

-*-fa

Mor-go-ri-de-to se mi-rail-lo Mor-go-ri-de-lo

ÎEEÈ

se mi-rail-lo. De-dans un mi-roir d'argent Tant dé-dai

gneuse Dedans un miroir d'argent Tant tant dédaigneusement.

Morgorideto se miraillo (bis) Dedans un miroir d'argent

Tant dédaigneuse Dedans un miroir d'argent Tant, tu»! dédaigneusement.

Et elo bo trouba soun pero Soun pero tout en plouran.

— Et c'obez-bous, Morgorideto? Bous ne monjabes que de soupo Bous oben bisto pu mal,* Aro monjas de perdigaK

' Nous vous avons vue plus mal.

*" Cousue.

*•• Vous mangiez du pain d'orge.

***' Des perdrix.

Bous ne pourtabes uno raubo Cousegud' ** on de fiel blan,

Aro ne pourtas uno raubo Cousegud' on de l'argent.

Bous ne monjabes de padordi,** Aro ne monjas de pa blan.

Bous bous n'onabes o lo messo Et l'autre pren lo goloupado Ocoumpognado de paysans. Per ona fa ploçaï bancs : ***

Aro i onas ocoumpognado De très ou quatre loqais *

L'un bous porto los motinos** L'autre bous porto lus gants.

— Et tira-bous enlaï,f conaillo, Acpii Modamo que bi.in.

Et ocos n'es pos uno damo Ojcos la fillo d'un poïsan ;

Et tira-bous enlaï, conaillo, Es lo femno d'un président.

* Laquais.

" Les heures, livre de prières.

*" Et l'autre prend le galop pour aller faire placer les bancs (à l'église). i Retirez-vous au loin, canaille.

Chanson du Quercy recueillie par M. Dufouk en 1857. — Poésies pop. (h lu France, Mss. de la B. N. t. VI. f« 373.

/') Il était une jeune dame Mariée nouvellement,

— Oui, madame, vous êtes belle D'vant un beau miroir d'areent.

Qui se mire et qui se tourne — Si je savais être laide D'vant un beau miroir d'argent. Je maudirais mes parents;

EU' appela sa servante : Je maudirais père et mère,

— Marguerite, promptoment. Mon mari premièrement.

Dites-moi si je suis belle Son mari à la fenêtre

D'vant un beau miroir d'argent. Entendit ce compliment.

— Taisez-vous, petite sotte, Vous raisonnez bêlement.

Avant qu vous n' soyez ma femme Nous n'aviez qu' deux liards d'argent.

Maintenant qu' vous êtes dame Vous portez du salin blanc.

Quande madam' va-t-à la inesse Trois laquais à ses côtés;

L'un qui port' son beau livre El l'aut' ses beaux gants blancs,

Et l'aut' qui court en chemise Pour fair rire tous les passants.

Et voilà toute l'histoire De Madame en satin blanc.

Cbanson des environs de Paris recueillie en lsvj

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