‹ Recueil de chants historiques française (volume 2)Chapitre 101 sur 120 · EN LA PLAINE L*YVRY · texte numérisé non relu

EN LA PLAINE L*YVRY

LE 14 MARS 1591 [vieux ttyU],

Sur le chant :

Hélas ! que sert-il d'aimer si on ne m*aime, etc.

1 Puisqu'il te p1aist,Seigneur,d'i]neheureu8epoursuHe Kspandre, libéral, sur jnoy ton serviteur

Un monde de bienfaicts, et qu'ores en ma faveur Tu as mis justement mes ennemis en fuite;

2 Je ne veux me cacher sous un ingrat silence, Ou trop fier m'eslever en ma foible vertu; Je veux dire que toy, ce jour as combatn,

Et rompu des meschans la superbe arrogance.

5 Je chante Ion honncnr sous TefTect de mes arme», A ta juste grandeur je rapporte le tout : Car du commencement, du milieu jusqu'au bout, Toy seul m'a garanti an plus fort des alannes.

 L'ennemy forceneur appuyé sur son nombre

Se prometloit le gain du comljat furieux ; Enllé de trop d'orgueuil^ peiisoit victorieux Mettre dessus mon diiit 1111 fA mortel encombre,

5 Bienqtie «ang ne que meurtre eu soncamp ne vésouiie Là l'Espagnol cruel et l'avare Germain, L'Italien, le Suisse, et le lâche Lorrain,

Se vantoyent, inseusez, de perdre ma couronne.

6 Du plus haut de Ion ciel l'egarriant en la lerre , Mesprisant leur audace et de graves sourcis. Desdaignant ces mutaiiis, soudain lu les a mis

Au plus sanglant malheur que sçcut porter la guerre.

7 Comme l'ours qui descend du haut de h montaigne Kstonne furieux le troupeau qui s'onfuil,

Geste armée par toi eslonnée produit

Le semblable sDudaiu en quillant la campagne.

8 J'ai vu l'eslonemeut, et ma troupe esbianlêe A demy l'a setily; mais alors, tout certain

De Ion secours, Seigneur, j'ai suivi mon dessein Et marchay courageux encore en la mesiée,

9 La vieloire esbranloit douteuse et incerlainei Certaine toutes [ois elle tourne vers moy,

Mes gens reprennent cœur cl accourent leur roy, Renversant, toiiciroyant ceste troupe inhumaine.

10 L'heure à demy encor ne s'estoit avancée Qu'avancé je me via au dessus des meschans, Et mesprisant l'etfort de leurs glaives tranehans Je veis en ma furein' leur fureur renversée

11 Du coursier généreux la carrière plus TÎste Tardive se troufoit à tous ses gens fuyards Courans e^pouv-mtez, rompus de toutes parts : J'ay la terre rougie en leur honteuse fuite.

la Le jour cosse plutost que la chasse ne cesse. Tout ce camp désolé ne se peut asseurez Et à peine la nuict les laisse respirer : Caries miens courageux les poursuivoyent sans cesse.

15 Là y ay foulé Torgueuil de FËspagne trop fidre,. Et au prix de son sang j'ay gravé, valeureux, Du trenchant coutelas sur son soldat paoureux De fuite et lascheté la lasche vitupère.

14 LTlalie a sa part à ce honteux diffamei

Le Vallon» le Lorrain y a perdu Thonnear,

Le desloyal François y reçoit la terreur.

En tremblant estonnô ma douceur il réclame.

15 Mille et mille sont morts; et en ceste poursuite J'ay veu les grands effects de ton saint jugement^ Qui tarde quelquefois, mais plus violement

Les meschans en ruine enfin il précipite.

d() C'est toy, Seigneur, qui a parachevé cest œuvre } Cest œuvre tout entier, ô mon Dieu I tu Ta faict^ Tu t'es servy de moy pour le rendre parfaict Et sur moy en cela ta bonté se descouvre.

17 Humble, recoignoissant tes bontés paternelles^ Je loue ta grandeur de tout ce qu^est en moy; Et puisque je n'ay rien que je n'aie de toy, A toy rendre je dois ces grâces solennelles.

IS Seigneur, tu m'as Joané la volonlé très boum' De ne resler iiigrul; donne tnoy IcseSccls, Car je veux tesmoigiier les biens <[iie lu m'as faicls Et faire (juc ton nom en ma Fiunce i-aiaoduc.

19 Ny le scejptre J'oyal ny U grande mondaine De divers cuuriboEia, ny men jrropres dcsiteinK, N'empescliei'unt jamûs ^u'au milieu de Lee saincts Je ne diante (muioiirs (a bonté soiivei'ains.

20 Je feray que ion nom tréssainct et adiBirablc En ma France tera sainetcment honoré, AHn qu'estant de moy et des niieus adora,

De plus eii ptus, Seigneur, tu uous soii favui'ablc.

OU LÀ HUi*<:iiLEU«e DELivft DU DUC DE GUISE,

1 Ce fut le jour d'un jeudy.

Envii'on surlesmidy, Que le vuIImiI duc de Guim S'est sauvé (lar bomie giiiini.

2 A ses irardes il a dit :

Ldiuel de vous s'enhardit De sauter à Tescaladc Contre moy qui suis malade?

5 Et à cloche- pied montant.

Ne cesser jusque altant Que soyons à ma demeure Je luy donne une monture.

À Lors un de ses gens a dit :

le n'y fais point contredit; Jurez moi donc sans finesse Que vous me tiendrez promesse.

5 Et lors il luy a promis ; Puis à monter se sont mis.

Mais n'a peu sa faible garde Le suyvre à ceste escalade.

6 Sur quoy sa porte fermant, Il luy fait un serment

Qu'il n'auroit pas sa monture Puisqu'il perdoit la gageure.

7 Lors il va droit nn carneau, Estant pourveu d'un cordeau Duciucl en bas il devalle, Sans faire aucune intervalle.

8 Mais manquant la corde assez Il sauta dans les fessez, Haut de deux toises et demie Malgrez ses gardes hardies.

!) Loi's estant à b<is en paix.

Il demaDde a son laquais S'il n'avoit arme qui vaille, Mais un poignard il lui baille.-

10 Et puis estant remontez

Ues fossez, quoy que hoiirdaz, Ils advisërcnt un homme . Surune jument (le somme.

11 Parquoy ils l'ont advcriy :

Rends nous ccste jument cy.

Autrement sera ta vie

Par ce poignard cy ravie.

12 Lors sans éti-e pourchasse:!

La rivière ils ont passez ,

Ke trouvant homme ny Temuic Qui leur feist aucun dilfaine,

15 Hormis deux femmes du lieu, Dont l'une est servante i Dieu , L'autre au diable et mahcutresse , S'accusant comme traîtresse.

H Disant à taua les bonrgeoîs :

Or ay-je veu cestc fois Sauver, sans point àe faintisej Votre prisonnier de Guise.

13 Lors il est sorti de Tours

Bien œot cliovaus nus fauxbourgs.

Qui de taus cotez cherchèrent Celuy là qu'ils n'attrapèrent.

i6 Car en le voyant de loing Ils Grioient à leurs besoins Qu'ils s'arresUC smm mesgarde Pour obéir à se garde.

17 Mais d'aussi loing il respood A celuy qui Je temond t Tu ne m^auras à ta guise Car quatre chevaux fadvw*

iS Puis après en les treuirMit Monta sur ua cbeval Mane, Et un autre qu ils dannèmot A celuy qu'ils «BiovenèneBl.

19 Et pour ce lies (MHirsuyvans S'en retournèrent resuans, CoguoissaBs bien que leur pei«« Eust pour MX (dsUd trop v^e.

20 Monsieur de Guyse dailleiiNPs Vint avec ses chevaucbeurs Joindre monsieur de la Cbasire Jusques dans Bourges s'esbaUrfi.

21 Et ceux de Bourges joyeux Se sont mis à faire feux Deçà et par les rues,

Et grâce à JDiçu out rendu.

22 Les habitans de Paris Aussii gr^de joy« ont pris> Oyaiis si bonne nouvelle

Que de loi^g-iempç u\m»i^l^)^9.

25 Le Te Deum ont chante Duquel De s'est apeentë Le peuple, ains en abondsnru Y a fait belle aisislance.

24 El les E9|mgno1s aussi Ayant ouy tout ceey, S'esgayent par brave rie A coups d'escofipcterie.

23 Le Beamois eslourdy S'en est si fort estoiirrfy Qu'à peu près ïoineu de rage Il n'ait perdu le courage.

as Comme dono monla aux cieiix Le corps sainct et glorieux De la Vierge iiostre Dame Accompagne de son ame ;

27 Ce jour mesine aussi montaiit Et gayemeiiC s'e^battant,

CHANSON NOUVELLE

DES FARRIGNEZ.

1 Ce fut Dimanclie au matin Que ce coqu roy genain Nous a voulu par bravade Surprendre par escalade.

2 Accompaigné il estoit

De Nevcrs fort mal adroit , Qui a voit joint son armée Pour dans Paris faire entrée.

3 De Sourdy cy est paru Qui d'un sac estoit vestu, En conduisant la farine Dont il faisoit bonne mine.

4 De la Noue suivoit pas à pas Pour frapper du coutelas, Pour revanger la journée Qui eut la cuisse cassée.

» D'O avecqnes d'Espernon Habillez en vigneron, Sur le dos portant la hotte, S'approchèrent de la porte.

0 lU comineticèi'cnt à parler El les gaidfs appeler.

Disant: Ouvrez -nous la porte, Sont des vivres qu'on apporte.

7 Lors respODce on leur a Taict i Vous n'avez garde du fait.

Retirez voiis, je vous prie.

D'attendre à vous c'est rolie,

S Sysont vivres ({ue avez, De vers la rivière allez, Vous y trouverez les gardes Qui vous serreront vos hardes.

9 A bien ouï vostre voix.

Vous n'estes pas villageois.

Sus, enfans, prenez vus arme^ Et que l'on sonne l'alarme.

iO Loi-s se voyant descouvert Et leurs desseins à L'enven, Las ! ilz crie ut et renient L'auteur de leur entreprise.

H ]ls regardent les rempars Bien bordez de toutes pars D'hommes armez prest à bien faire Pour pousser leurs adversaires.

12 Monsieur de Blin curateur, Denoalrcbien désireux, Fait dire de rue en rue Que les chùiiea soient teuclije.

15 Lors le prévost des marchands, Armez aveciiues ses gens.

Va partout faisant la ronde, Donnant courage au monde ;

iÀ Les quatre echcYins aussi Avec un pareil Boucy, Regardant parmy les rues Sv les traistres se remuent.

15 Cestoit chose belle à tdir Que chasqu*un faisoit devoir Pour soubstenir la ftirie De la trouppe eBMttyi

16 Ceux de dessus les remp^n Préparoient de toute pars :

C'estoient pailles allumei Dans les fossés et tranchei.

17 Le Btarnois très roarry D'avoir à sou coup failly^ Frustré de son entreprise, Tout honteux il se retire.

18 Les bourgeois bien esveillei, A leurs deiïences amenez, Branslent picques et hallebardes, D'autres tirent arquebuzades.

19 Celui qui fit la chanson.

Ce fut un bon compaignon Commandant sur la rivière Kii la troupe marinière.

20 Celuy qui la chanson list Advisez de Dieu la fitt, Luy rendant grclce et luiiange De sa divine puissance.

COMPLAINTE

i PAUVBES CATIIOLIOt'KS OE LA PB\NCE,

1 Mon Dieu, au est le tempï Que l'on vivoil en France ?

L'honneur et li> prinlempa Vivions par ordonnance.

Nous avions roy en France, Supports de chresiiennetâ Par leur bonne ordoiinaiiee Maintenoit vérité.

2 Où est aussi le temps, Laloy et l'asseiiranre Et au'si le bon temps Qii'oji avoit en I

On vivoit d^asseurance En tonte seureté.

Mais tout va au extraire, N'y a que pauvreté.

3 Force n'est plus que vol Et toute pillerie,

Puis chacun fait son flot , Bref, n*est que volerie.

La rançon est en règne Et partout les quartiers, Et mettent en espargne Noz biens et noz deniers.

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