SUR LA DÉSOLATION DE LA FRANCE
Et u chaïUe tut U chant :
Pauvre ville de Bemolins.
i Qui veut ouyr une chanson Faicte des malheurs de la France ?
Et se chante d'un piteux son Pour vous conter sa doléance.
2 H y a desjà si longtemps Que la guerre y est commencée, Dont tant de millions de gens Sont morts au tranchant de Tespée.
5 Tu (e sers de ces eslrangers Qui sont de la maison de Guise, Liguez avec d^autres meurtriers, Tous contre Dica et son Église.
4 Ce ne sont gtas de Dieu les loix D'avoir massacrer en France, Nos peuples, nos princes, nos roys.
Hais Dieu en te ra la vengeance.
8 D'enlrc vous fol un jacopin Qui fît mourir nnstre bon prince ; Jamais un |jeiip1e si inulin ïïe fut en aucune province.
6 Vous luy bailliastes le cousteau, O gens remplis Je meschanlise !
Donc fil meltre sur le lombeau
Le roy cju'aimoil lanl nostre tgVist
7 En signe que vous désirez De voir la France consumée, En feu et sung vous vous plaisez Porlaut le rouge pour livrée.
8 Chassez au luing ces estrangers, Le duc de Guysc et du Maine, FaiCtes leur prendre les cartiers Devers le pay* de Lorraine.
!t Hélas! ne vous alliez pas Avec ce tyran d'Espagne, Car il ne prend point ses esbas Si dans le siing it ne se baigne.
10 Ayant un lils beau el plaisanl, Conirc liiy priiit si grnnl malice, Hieu (]u'il luy fut obéissant, Il le feit mourir nu supplice.
11 Dieu vous a de vos ennemis Préservez dès vostre naissance, Le septre vousavoit promis De ce beau rovaume de France.
12 Ce bon Dieu, il vous aime tant Qu*il vous faict florir en la gaerre, Et ses faveurs abondamment Vous accompagnent sur la terre.
15 Un million d'autres succez Et des victoires remarquables Vous a donné, sy y pensez ; iMuis les humains sont variables.
14 Suyvez tousjours la loy de Dien, Eu ressentant vostre noblesse, Obéissez à vostre roy
El liiy soyez tousjours fidelles.
15 Prions Dieu qu'une bonne paix Nous veuille donner en la France Et reformer à tout jamais
Le loy à son obéissance.
16 A nostre noble Henry de Bourbon, Nostre roy et souverain sire,
Ce n'est rien de bien commencer A celuy qui ne persévère.
17 Celuy qu'entreprînt composer Ceste chanson, je vous supplie, Si n'est bien faictc, l'excuser, Il n'entend rien à la poésie.
CllAMSOS SOrVELLE
d'un bon SOLllAT, VBAT ET NATUREL PRANÇUIS.
1 Depuisquinze ans que j'ai suivy la guerre £t du (lieu Hare les superbes efitEtadars, J'ai recherche teB plus braves soldats
Et plus hardis qui «nycnt dessus la lerre.
2 L'honneur Traw^ois m*a fait prendre les armes Pour mon vray roy, mon donneur el ma {gy ; S'il l'en trouve un plus vigilant que inoy Pour ccRt etfect A comir aux alarmes,
3 Si je \{'y vay avec uiie asaeurance. Si je ti'y vay d'un courage parf^iuit, Si je u'y vny de bon cœur en elfect.
N'ayez janntis de suldit souvenance.
4 La France a ven la flciu' de mon jeune aage, Et la vigueur de mon jeuue priulemp; JesuisFrai«;.oi8,et pour ce je prêteiia Faire geivioc bu roy de boa courage.
— ol6 —
5 Je ne suis point un tyran de Judée, Je ne suis point soldat de Tnnion ; Je suis vassal de Ilcnry de Bourbon, Et pour luy seul je porte mon espce.
6 J*ay dans mon cœur la fleur de lys gravée, J'ay dans mon cœur gravé le nom françois : J'aimerois mieux mourir cent mille fois Que de quitter le Roy, ny son armée.
7 Ce grand Néron, que du May ne on appelle, Qui veut venger de ses frères la mort,
Va rEspagnol chercher pour son support, Il attend vengeance éternelle.
8 Lyon, tu es pour certain bien heureuse D^avoir reprins le party de ton roy
Et vaillamment décbassé loin de toy Ceste union et Ligue malheureuse.
9 Bastards françois, tyrans pleins de furie, Recognoissez vostre roy maintenant.
Ouvrez les yeux, vous verrez clairement Que Dieu luy veut conserver sa patrie.
10 Sus donc, François, prenons trestous les armes. Et nostre roy suivons aux fiers combats,
Pour ces Ligueurs espagnols mettre à bas, buyvons-le donc aux assauts et alarmes.
11 Que l'Espagnol et le Ligueur damnable Sentent Teffroy des redoubtez François, Et que vaincus ils soient à ceste fois
Et dechassez comme peste exécrable.
12 Pour faire Dn, ciioiis trcstoua sans cesse Vive le ruy ! ce valeureux Bourbon, Ce grand roy, piince du grand Eenom Et lijy chanlons un hymne d'allÉgréssc.
CHANSON NOUVELLE
DU SIÈGE DE LA VILLE DE UJtli
1 Las! que dict on en France Des bons soldais de Dreux Qui par grande itrudence Et d'un cœur vertueux, Qui par grand liai'dicsse Ont souicnn sans cesse, Durant bien quinze jours, Le camp du Borlionesse Et de tous ses complices, Noua canoiians [ousjoiirs ?
3 Cinq cents coups et quatorze De son double canon Lascher fuient i grand force Tout contre le donjon ;
Dont eux voyant la brosche Suffisante et parfaîcte :
A Taftsaut faut aller, Mais de grand hardiesse Aussi de grand rudesse On leur fait renverser.
5 Icclle gent maudite Est oient presqu'cnragcz, Voyant par grand furie Estre ainsy repousez .
Lors d'ennui et grand rage Yindrent à Tescalade Pensant nous attraper, Mais nous d'un grand courage Et non point d''un cœur lâche, On les fait reculer.
4 Les dames de la ville D^un courage fort bon, Alors sur les murailles Troussant leurs cotillons^ Portant des confitures Et aussi nourritures Pour ces braves soldats, Jeltant feux d'artifices Contre ces hérétiques Par dessus les rempars.
5 Ce Biarnois inique Enrengeaiit de grand deuil, Voyant les compagnies Amoindrir de moitié,
De rechef ils nous firent Assaut fort et terrible
Et escalade aiiK^i ; Du costé de la ville D'une grande finie Tdons vindreut u'^aillir.
G Lors nos gens voyant esire Rudement assailli», Crièrent tost l'alarme N'estant point endormi».
Monsieur de )a Vicrto Va de grande vitlcsse Prendre la |)i<]ue en main, Et nos soldats habiles Repoussant par grand ire Ces meschans inhumains.
7 Seize cens sur la place Furent mis âl'envei's; Voila comme on terrace L'hérétique pervers; Car Dieu par sa clémence Aussi par sa puissance A eu pilié de nous.
Chassant ceste canaille Bien loing des murailles Les renversant tretous.
S Monseigneur de Flandre, Comme un bon gonverneui', Lorsqu'on crioil l'alarme Faisoit prière à Dieu Qu'il préserve sa ville Qui est belle et gentille.
ISoiiti'nant son party Contre ces liéri'lii|ue»
Lesquels de grande envie Luy veulent faire ennuy.
9 Nuit et jour faisoit ronde Ce brave coronal De monseigneur de Joge A Tentour du rempart; Et monsieur de la Yierte (^)ui par grande hardiesse Se marchoit bravement.
Faisant tousjours bravade Kt aussi à la garde A ces loups très meschans.
iO Alors d'un grand courage, Tant les petits que grands, Tost la bresche rem parent Plus fort qu^anparavant ; Dont la voyant rcfaicte Ht aussi bien parfaicte Rebraquent leurs canons Du côte de la ville, Pensant par grand furie Que nous espouventerions.
il Le jour qu'ils canonèrent Que Passaut fut donné Le grand Dieu des victoires Nous a bien éprouvez, Un excellant miracle.
En faisant une haie Dessus il s'apparut Un crucifix sans falace, Et nn pigeon blanchâtre Oui là vola tousjonrs.
12 Prions l!)ieu [tar S3 gtice De péril nous gji'clei', Prions donc nàin cœm' liiolio Aussi nous {ireserver ; Et (]ue les hérétii]ues Aussi'lespoJiiiques Soient renversez par bas, Priant Dieu que no^ princes DelTenseurs des provinces Les nielCénl morts par tas.
CHANSON NOUVELLE
E:4C0NTn& DIS LAHHÉli DV BOV
i Le (roisiesme jour de mars Se sont trouvez par hazards Le roy et le iliic du Mayne Dans une campiigne pli'iiit.'.
2 Pour dire la vérité.
Monsieur ilu Maync a fnict Mais ceux du roy de \; Les ont l'envergé par le
3 Se voyant les ennemis En bataille se sont mis :
Pour ce jour là d'une gloire Perpétuer la mcnioire.
4 Mais Dieu, qui est favory A ce puissant roy Henry, A bien voulu la ruyne De ccste Ligue mutine.
5 Quand par ses faits glorieux A rendu victorieux
Ce preux Henry debonairc Roy de France et de Navarc.
6 Le Roy vint fort en bon point, L'espée royale au poing, Fraper d'une grand' furie Dessus la cavallerie.
7 Et monsieur de Montpensîer Qui s'en vint d'un cœur bien fier Frapper d'un brave courage Dessus CCS Ligueurs volages.
8 Et le mateschal d'Aumont, Le sieur Givry et Byron, El la noblesse de France, Leur ont passé sur la panse.
9 Lors le comte d'Aiguemont, Escrioit à ces Vallons :
Pour Dieu, sauvez ma cornette, Qu'elle ne soit point desfaitte.
10 Se voyant bas estendu :
Las, dicl-il, je suis perdu, ' Voila la An de ma guerre, Viay DicH, le pauvre salaire !
il Les Siiyssci et LansiiiicnclB, Comme stissy les Albanois.
Crioycnt les genoux en terre :
Vive le roy de Nasarre '-
12 Les François Ligueurs vaincus.
Vers ce bon roy sont venns Demander miséricorde; Ce grand roy la leur accorde.
15 Quant à c
Le Seignenr par sa puissance.
Les a mis en grand soulTrance.
14 Nostre Ruy très dclïonnaire, Voyant sua Ijaineiix par terre, Alors il fli sa prière
Que Dieu ne mit en arrière,
15 Prions donc Dieu à recoy Qu'il tasse llorir le roy, Afin que bien nous régisse Et la paix Eouti luy (larîssc,
18 Près de Dreux cela Fut f.iicl, Les Ligueurs Tureiil dcFaicIs :
Près de Dreux celle journée, La balaiUc fui livrée.