AUTRE
I Gentille ville de Hedin, En Artois bien assise,
Tu soulois estre Bourguignon, Mais les François t'ont prinse.
2 Le premier qui entrit dedans^ Se fut Tung des six milles ;
II a monté dessus les murs, L'enseigne desploiée,
Et puis à haute voix cria :
Enfans, la ville est prinse, Et puis, à haulte voix cria :
Enfans, la ville est prias^.
5 II advisa les Bourguignons,
Suivant par voz la ville, Qui se arriérent dedans ung parc, ,*
Auprès la grand église ; i^^
Qui se arriérent dedans ung pnrc, • ••* •
Auprès la grand église.
i Le (;;p:niier qu'il a renconlray Luy a demandé qui vive?
Vive le roy des fleurs de lis,
Et Fraiiciî la jolie.
\ive le roy des fleurs de lis,
El France la jolie.
5 Las! sellui là si s*est rendu,^, Les aultres ne le sont mye. ^
Rens toy, rens toy, fauU Bourguignon, Nous te saulverons la vie.
Je ne me rcndray pas pour toy,
Ne pour tout tes six mille.
Je ne me rendray pas pour toy,
Ne pour tout tes six nille.
CHANSON
COiNTRË LES PROTONOTAIKES.
Brantôme commence ainsi son discours xxviij«, dans la f^ie des grands capitaines et hommes illustres françaUA,
«Môiq(|(|r- de* l'Escun, frère de M. de Lnulreq, fut » un bon capitaine, mais pourtant plus hardy et vail- » lant que sage de conduite. Il avoit esté desdié à la >i robe longue, et estudia long temps à Pavie^i}if temps » du grand maistre Chaumont, que nous tenions Testât » de Milan paisible ; et l'appelloit-ou le prothcnolaire » de Foix , mais je pense que c'estoit, comme dit PEspa- » gnol, un lelrado que no ténia muchas Ulras, c'est- » à-dire un lettré qui n'avoit pas beaucoup de lettres,
» coiiiine cstoit la coiislnine de ce tcinps-là des protlie- » notaires, et luesiueftdeeeox de bonite Riaiâon, den^estre » giières sçavans , mats de se donner du bon temps , » d'aller à la chasse, de jouer, de se pourmener, faire
j'Tamour, et la plupart faire les pauvres gentils
» hommes qui estoient à la guerre. Aussi, de ce temps se a chantoit uue chanson d'une dame :
Passerez -vous toujours par cy {bis), Prothenotaire sans soucy ?
!'• CBANSON
SUR LA BATAILLE DE PAVIE. j
La chanson nouvelle /aide par les aoanluriers estans à la journée
de Pavie du noble roy de France,
Sur k ehimt : Gentil ftrar d« Bobiwiiae.
1 O noble roy de France Tant aymé et requis, ^8 nobtes la substance, De vaifhmce fe pris.
Ung chacun Ce guémente, En te plaignant très fort.
Ptends du eas passtenee Eu prenant reconfoct.
2 Se fut devant Pavie, Là se fiât la joui'née ; D'Espaiguôtz trente mitte, Il avoit tous armé.
Des Lansquénett granl fuyte Il furent amené Oultre ceulx de Paviè Qui dessus ont donné.
3 Dessus les bons Françoys Se sont venus getter, Préparant l^rs tiamoys Pour du tout l«8 greTer.
En usurpant leurs droyti, Qu*avoyent en la duché, Dieu souffi*ant et courtoys Le leur vendra bien ctier.
4 Le roy en la bataille Si n'a point reculé, Frappant d'estoc et de (aille Sans nuUy espargné.
Mais a(Bn que ne faille, Je vous dis vérité, Trois chevatllx de pafaige Soubz luy furent tués.
5 Dieu vueille avoir Tàme Des nobles trespassez Qui ont passé la lame Dont leurd jours otit finez.
Se este sans diffame*
Car bien si sont portez.
Prions Dieu, Nostre Dame Qui les vueille saulver.
6 La fleur de noblesse Il monstra son eflect
Si treffort qu'en la presse Ont estez prins de fect.
Mauldit soit qui ne cesse Procurer trahison ; C'est d'envie le sexe Qui promet cç guerdon.
7 Qu'a faicte la chansonnette, Ce sont gentilz galans, Qu'estoyent en la deffaicte.
Bien marris et dolens, Voyant le roy leur maistre Combattre vaillamment ; Mais par gens deshonneste Fut laissé lâchement.
2« CHANSON
SUR LA BATAILLE DE PAVIE
Aidez-moy tous à plaindre, gentilz avanturiers, Aydez-le moy à plaindre, le noble roy Françoys.
C'est un noble sire, partout a triumphé,
Le nonpareil en armes, tant à cheval que à pied.
— soie jour saint Mathias, ce noble chevalier, Aventuriers estoyent en armes ce jour pour difliuer.
Nous le devons bien plaindre, le noble roy Françoys, Sur tous seigneurs du monde, plus gentil et courtoys.
Mauldictz soyent les traistres qui Tont abandonné ; En faict de villennie tousjours si sont monstres.
O la faulse canaille ! ilz ont le roy trompé,
Au point de la bataille n'ont point voulu frappé,
Le noble roy de France ils ont abandonné.
Monsieur de La Palisse, La Trimoille aussi, Estoyent nobles gensdarmes, noblement ont frappé *, Pour toute récompense ilz ont leurs jours fine.
Avanturiers de France et aussi lansquenets Entrèrent en bataille, vaillamment ont frappé^ N'est-ce pas grand dômmaige? ils y sont demeurez.
Princes, seigneurs de France et nobles chevaliers, Ayez en remembrance les nobles trespassez, Ayez en souvenance le noble roy Françoys.
Gentil duc d'Albanie si fusse à la journée. Le noble roy de France n'y Jfust pas demeuré.
Z' CHANSON si:r l\ bataillr de pavie.
Défaite de la bataille de Pavie, chanson sur Que dites- vous ensemble!
1 Que dites-vous ensemble.
Chevaliers de regnom, Du noble roy de France, Françoys, premier du nom ?
Car pour nobles affaires
De son noble pays, Prins a esté en guerre Sans vouloir départir.
2 Qui diroit du contraire, Mentiroit faulcement; Hardiement en bataille Combattant vaillemment ; Souslenant sa querelle
En rhonneur des Françoys, Son hardy cueur monstra Comme Ûgier le Dannoys.
5 Son cbeval Tut tué :
Là on vit Olivier, Roland, aussi Richard, Démenant leur mestier,