‹ Recueil de chants historiques française (volume 2)Chapitre 42 sur 120 · SUR LA PRISE DE BOULOGNE · texte numérisé non relu

SUR LA PRISE DE BOULOGNE

Pour toy ton prince, hélas ! povre esgarée, Souffre beaucoup de travail et nuysance ; Mais que d^orgueil tu ne sois eiyparée, Il te rendra sous son obéissance.

A grand malheur fa pris en alliance >3!!t *• Un étranger par trahison congneue ; Mais à grand heur, pour reparer Toffense, Heçoy ton roy au moins à sa venue, {his.) -

Sur un autre chant.

Réveillez-vpus, réveillez, Boulongnois ; Ne songez plus, chascun vienne en personne Pour recevoir Henry, roy des Françoys.

Bruie?, canons, tant que l'air en raisonne;

Phifres, tabours et trompettes qu*on sonne, Avec le bruyt de tout bon instrument, Et ne pensez qu'en tout esbatement, Dancez, ballez, rages, saillés,

N'ayez soucy.

Ne crainte aussi.

1" CHANSON

SUR LE SIÈGE DE METZ

Chanson nouvelle, compoiéépar «n sauldart faitant la eentinelle

sur les rampars de Metz, et u chante sur le chant : Les Bourguignons mirent le camp, etc., ou Les regrets que j'ay

de m'amye, etc.

i Le mardi devant la Toussains Est arrivé la Germanie, A la belle croix de Messens, Faisant grande escarmocherie :

Mais les François de chère hardie Au-devant d'eux s'en sont allez \ G'estoit pour rompre leur folie De recognoistre en noz fossez.

2 Double canons il ont menez A la belle croix dessus dite, Pour batre le palais de Metz, Les grans églises et petites :

Mais iiz ont trové les reliques Aux Carmes, et aux Cordeliers De deux pièces d^artillerie^ De quoy on les ha saluez.

3 Le samedy, jour en suivant, Est retournée la Germanie, Les Espagnols, Italiens;

Le duc d'AIbe et sa compagnie Se sont campez en Tabbaye De Saint- Amoult près noz fossez :

Cestoit pour assiéger la Tille, Et la bastre de tous costez.

4 llz ont fait faire gabions, Mener canons en abondance ; C^est pour batre nos bastillons, Nos rampars, murailles, défenses.

Tranchées par bonni orcknnance, Us ont fait touchant noz fossez, Pensant prendre soudarts de France Et la noble ville de "Metz.

3 Monsieur de Guise est dedans Avecques beaucoup de noblesse ; De Yandosroe les deux enfans, t)e Nemours plein de hardiesse :

Le seigneur Strosse sans cesse Se promenant sur les rampars, Nuit et jour plain de grand adresse, Faisant Metz fort de toute pars.

6 Et monsieur de Montmorency, Aussi le tidame de Chartres^ Le vieil gendarme Saiirt-Rhemy, Nuit et jour cherchant dads les caves,

Ku escou tant sur les murailles L'eunemy qui nous veult miner.

Mais il leur ha donné la haie, Car les ha contreminez.

7 Vingt et deux pièces ont amenez Tout auprès de noz faulces braies, De quoy ilz nous ont canonez La tour d'Enfer et noz murailles».

Faisant des bresches assez larges Environ cent pas pour le moins, Mais ilz n'ont pas eu le courage De venir combatti*e François.

VJ

2« CHANSON

SUR LE SIEGE DE METZ

1 Le dernier mercredy de Tan, François ont fait une sortie Dessus les pouvres Alemans, Gens de pied et cavalerie,

Se rencontrant au hault des vignes, Tirant au camp de Barbanson ; Et là jouèrent à Tescrime^ Dont TAlemant n'eut pas le bon.

2 Quand les Allemans ont cogneu Qu'ilz n'ont que rompu la muraille, Leurs munitions despendu,

El mangé toute leur vitaille,

Ils ont dit à monsieur d'Espagne : * 1

Retirons--<oous en noz païs, J

Dedans les terres d'Alem^gne^ j

Afin qu^au printemps n'ayons pis. /

5 Pour conclusion ont levé ^

De devant Metz l'artillerie. s^

Ctout leur camp i^ fait marché, i leur est grande moquerie.

f^ noble seigneur de Guise ^

Sur la queue leur feit aller *

Cr^d nombre de cavalerie, f

Pour leur apprendre à cheminer. \

4 Et toy, marquis de Brandebourg, * ^

Ailleurs te faut jouer ta chance. ^

Retire toy dedans un bourg, ]}

D'entrer à Metz n^aye fiance, \ L'on ha bien cogneu ta meschance, La croix blanche avois chargée :

" C'est pour tromper le roy de France, Sans jamais l'avoir méritée.

5 Empereur, tu peux bien plorer, Prendre tristesse et doléance, D'avoir perdu si beau merœer, Chemin et passage de France. ^ ff Tu as bien cogneu la puissance Du roy Henry asseurément.

Des quatre villes de l'empire, La plus belle tient maintenant. A

6 Celuy qui ha faict la chanson ,, f> Est un souldart, je vous asseure.

Estant en Metz en garnison, Nuit et jour coucher sur la dure,

Endurant aux picdz grand' froidure, Voyant les enueniys si près, Luy souvenant de son amie, Pensant ne la revoir jamais.

TU

3* CHANSON

SUR LE SIEGE DE METZ

Chanson faicte sur te département du camp de l'empereur de devant

la ville de Metz, et des grans prouesses des nobles Françoys

de dedans ladiete ville; sur le chant :

Que peult on dire en France du camp de Litxemboùfg.

1 Que peult on dire en France De la yUle de Metz ; Il y a grand'paitsance De fort nobles François Qui jamais ne s^estonnent De voir gens de Bourgongne Campez tout à Tentour.

Et mesmes en personne Ils font force besongne Du marquis Brandebourg.

â Des trois parts de la ville Ils nous ont assiégez, Qui est une chose ville, Sans assaultz nous donner.

Car les traistres infâmes Entendent bien leurs gameà

Par force d'espions.

Et mesme le duc d*Albe, Qui meine Pavant garde Pour faire trahison.

3 Le noble duc de Guise, Lieutenant ponr le.roy, Il entend bien la guise De faire son debvoir Avec ses gendarmes ; Leur donnant force allarmes Tant de jour que nniet.

Et devant quHl se couche

Leur faict faire escarmourche *>

Pour leur donner ennay. f

4 Monseigneur d'Angnian,

Prince de grand renom, \ Vrai chevalier errant.

Cherchant les Bourguignons.

Il est party de France ^ .

En grande diiigepce , i

Pour combatre hardiment^ /

Et avec grant vaillance 1

A donné coups de lance \

Contre les Allemans. j

5 Le prince de Condé , Il y prent grant soûlas, Le scait bien seconder A coup de coustellatsE.

Car d'une grand'fnrie Ils font, je vous affle,

Chascun à leur costé, )

En bonne compaiguie

Jusques à rartillerie Les Bourguignons trotter.

6 Le prince de La Roche Il est fort diligent,

On n'a point peur qui cloche, Ne lui ne tous ses gens; Car luy mesme en personne Faict faire la besongne Des rempars et trenchées; Et sans fin il travaille Du long de la muraille, Sans point estre fasché.

7 Monseigneur de Nemours, Qui est preux et vaillant, Avec sa compaignie, Aussi son lieutenant,

Ils font force sorties D'une chère hardie Dessus ses Allemaus ; Lesquelz n'ont pas puissance De faire résistance Contre si vaillans gens.

8 Le seigneur duc Orace , Prince de si grand pris,

Le grand-prieur de France, Monseigneur le marquis.

Tous trois d'une alliance.

Ils donnent coups de lance, Acquerans bruit et los ; Et n'ont point de doubtance De faire résistance Contre ses Espagnolz.

9 Le seigneur Pierre Estrosse, Vaillant comme un César, Jours et nutctz aux aproches Faisant faire rampars, Pour mettre artillerie A faire baterie Contre ses ennemis ; Car jamais ne s'ennuie De prendre grant envie, Jusque ilz soient à mort mis.

iO Monseigneur le vidame.

Donnant cueur aux souldars , Faict sorties eztresmes En plusieurs lieux et pars ; Avec ses gentilz hommes , Grans coups de masse donne , Combattant vaillament, Et faict, je vous affie, Jusques à Tartilierie Fuir les Allemans.

11 II y a tant de noblesse Dont je ne scay le nom , Vaillans , plains de prouesse, Seigneurs de grand renom ; Les fils du conestable , Hardiz et redoutables. Acquérant bruit et los.

Souvent leur prent envie

De faire des sorties Contre les Espagnolz.

12 Quant à la fanterie

De tant nobles soldari?,

Ils font , je vous afOe, Leurs ennemis couars ; Car tous leurs capitaines , Lieutenant et enseignes , lis ont le cueur si hault Que jamais ne se faignent De recepvoir l'assault.

yiii

U' CHANSON

SUR LE SIÈGE DP METZ

Chanson nouvelle des bourgeois et marçhandt de Metz, «tfr Ib ehant

Péronne sur )e SoQne | ^tc.

1 On va partout disant, Par le pais de France, Que Metz se resjQujt Et vit à sa plaisance De veoir ceste croix blanche, La noble fleur de lys.

Ce joly temps d^esté, Verrons le roy Henry.

Vive le roy et monsieur le Daulpliin, Et toute Talliance Du roy des fleurs de lys.

2 Les bourgeois et marcbHQS De Metz, la bonne ville, Ils sont tous resJQuis Et ont faict entreprime :

C'est de faire un présent Au noble roy Henry, Pour tousjoun soustenir La noble fleur de lys.

Vive le roy et monsieur le Daulphin, etc.

Les Allemans ont dict Au noble roy de France :

Sire, nous sommes à vous A

Pour faire voz plaisances ; • à

Nous allonf 4 lu guerre, f Voulons vivre et mourir, , i

Soustenant la querelle \

Pu noble roy Henry. <

Vive le roy et monsieur le Daulphin, etc.

4 Quant monsieur de Yandosme A veu la fanterie, Dit à monsieur de Guise :

La belle compagnie !

Ce sont tous bons souldars I

Qui sont de grand valeur ;

Hz repoulseront bieu j

Les gens de Teoipereur. 4

Vive le roy et monsieur le Daulphin, etc. |

Qui a faict la chanson (

De Metz, la bonne ville?

Un enfant de Lyon, Menant joyeuse vie ; Avec sa doulce amie Prenant son passetemps.

Il ne s'en soucie mie S'il ne revient de Tan.

Vive le roy et monsieur le Daulphin , £t toute l'alliance Du roy des fleurs de lys.

5« CHANSON

SUR LE SIÈGE DE METZ

Chanson nouvelle sur la prinse de Goze, Metz; sur ; Retirez -TOUS, etc.

i Tremblez, Metz et Lorraine, Hanoyers et Flamans, Car le bon roy de France, Avec ses nobles gens, De Paris est part y Pour aller en Lorraine, Estant avec luy {Ms) Ses princes et capitaines.

2 En une terre neutre Le roy est arrivé ;

Devant une abbaye, Goze se fait nommer^ Où estoîent Ëspagnolz Qui ne se vouloient rendre ; Furent tous mis à mort {Ms) Par les souldars de France.

5 De Tabbaye de Goze Le roy s*en est allé A une ville forte, Metz se fait appeler.

Et puis la feist sommer, Par un hérault de France, SMlz se vouloient tourner {bis) Et faire obéissance.

4 Les bourgeois et gens d^armes De la ville de Metz

Furent d^une aliance Ne se rendre jamais , S'ilz n'avoient le canon Pour battre leurs murailles :

Mais leur rébellion {bis) Ne leur valut pas maille.

5 Monsieur le Conestable En estant advertv,

Qui faisoit l'avant garde En fut tout resjoui.

Tôt les vint assaillir De canons et bombardes, De par le roy Henry, (bis) Pour leur livrer bataille.

6 Quant ilz ont veu par ordre Le canon affusté.

Criant miséricorde Par dessus le foMéz, Tenant l'enseigna m poing.

Criant tout jne Fronce, Vive le roy Henry {bit) Et toute sa puissance.

7 La douxiesme jonmée Du joly moys d'avril Que Metz Tut retournée Au noble roy Henry, Le Coiieslable eniry Daiit^ Metz, ville gaignt.e ; Le lundy ensuivant

Le roy fist son entrée.

8 Qui feist la chansonette D'un si très plaisant son.

Fut un souldard de France Estant en garnison

Dans Met/, ville de nom, Au pays de Lorraine, En mangeant du bacon Auprès d'une fontaine.

SUR LA BATAILLE DE RENTY

1 Branlez vos picques, soldats ,

A eèeval lost^ mes gensdarmes; Boutez fea en toutes parts.

Branlez vos piques, soldats^ Qu'on se mette tous en armes, A chevat tost, mes gensdarmes.

2 Allons donner les alarmes Au cau^ de nés ennemis^ Enflez vos cœurs, mes amis.

L'ennemy trop fait rborrilile^ Que d'une fureur terrible Soit à sac au plutôt mis.

5 Enflez vos cœurs, mes amis, A mont, à mont, à Pestendart! (bU) N'atendons plus, il est trop tard; Mars nous fait jeu, bien je Teutends; Donnons le choc, il en est tenps; Et tellement que .cette race, Qui contre nous trop fort embrasse, Soit mise à mort tellement

4 Qu'il en demeure un seulement, Duquel honneur ceste victoire Enrichira nostre mémoire.

Sus (lune, prions uostre Sauveur Nous y donner telle faveur Que le tout soit fait à sa gloire.

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