ET DE MARIE DE CLÈTES
PRINtxSst DB COXDé.
L'assassinat du grand duc de Guise doit être considéré comme l'un des éténements les plus iniportanti (|Ui aient signalé les guerres religieuses du xyi* sièèleé Cet assassinat fut justement reproché aux huguenots^ et augmenta beaucoup la cruauté ateo laquelle le« deux partis agissaient Tun contre Tautre. Bien que cet événement se soit passé le jeudi 18 février 1562, J'ai laissé la chanson sous Tannée 1506, puisque hauteur l^appelle un vaudeville d'anniversaire.
II est f^ç^a ^ s*9perceyoir qu'un p^rtU^n de la réforme est auteur de ces couplets, aui^qqelç on ^ dopRé le ton et la marche des complaintes populaires.
Si les protestante cliaptaient des canM()i|es comoiéinorétifs ep ri^onn^ur de leurs héroe, le$ catholiques, d'autrp par^ m fpapquaiept pas de célél)rer )a mémoire deç ch^fs q)li succombaient en les défendant. La mort violente et imprévue du duc de Guise a été le sujet de plusiieurs c])anl3r Aipsi je trouve au nombre des pièces anonyipes de la (rpisièine parMe du recneil composé par Chriftqfle §0 Bordeaux^ 1^ suivante : Chanf nomeau du dueil pf funèbre faict à ParU d Ventréf du corps d$ M. de Guisfi. Sur les 4dievx de la royne d*E$paiQne. De pM, je reproduis une complainte populaire faite , dit-Qp , à l'occasion du convoi du duc de Guise. La Place , qui 9 jn^éré cette complainte, t. (u, p. 247 de son fiecueil de piéçef intéressantes , la qualiQe de chanson des rues. Une singularité digne de reuiarque, c'est qu'elle semble avoir servi de modèle à la célèbre chanson de : Vdltrough s'en va-fer^ guerre, dont e)Ie renferme plusieurs pouplets entiers. On payait déjà que T^ir de Malbrough est bien «intérieur aux paroles, la pompUinte sur le duc çle Guise prouve que ces paroles ont été aussi ep grande partie prises dan^ d^utres chants populaires.
Je ne cite qne pour mémoire les deux premiers cpi|ple(8 de la chanson de J^aîlre UugonU, cqrdelier sor- Ifoniste, dont le t^xte cpmplet se trouve d^ns le premier volume du recueil manuscrit de AI. de Maurepas. Cette pièce fort spirituelle, est beaucoup trop libre pour ppu~ voir être reproduite en entier.
L'auteur de la complainte de madame la princesse de Condé appartenait évidemment an parti catholique. Ce n'est pas, du ve?-te, la seule pièce que la iTlort imprévue
de Louis de Bourbon ait inspirée, et Christofle de Bordeaux lui avait consacré la dernière des chansons qtii portent son nom.
Je n*ai aucune observation particulière à consigner au sujet de la chanson sur le mariage d'Elisabeth d*Âutriche et du roi Charles IX. C'est un récit curieux et fidèle des cérémonies qui furent faites à cette occasion.
La pièce intitulée : Marcel^ prevost de$ marchands^ a été composée vers cette époque terrible signalée à jamais par le massacre de la Saint-Barlhélemy. Dans le recueil manuscrit de Maurepas, où elle se trouve, cette chanson est datée, mais à tort je crois, de Tannée 1566. Claude Marcel, marchand -orfèvre sur le Pout-au- Cliange à Paris, après avoir été échevin en 1557 et 1562, fut élu prévôt des marchands le SI du mois * d'août 15&4; mais il n'exerça cette charge qu'en 1570, époque à laquelle il faut reporter cette chanson. Dans le cinquième et le huitième couplet les plus fameux soutiens du parti catholique sont nommés. Parmi eux on distingue Hotman, l'auteur du Franco-GcUlia ; Hugoniit si bien chansonné précédemment ; Aulry, curé de Saint-André des-Arts , ce ligueur célébré plusieui*s fois par les auteurs de la Satyre Menippée (1) ; ^igor, ce prédicateur si zélé pour la cause royale (2), et quelques autres qui ont marqué dans les événements de cette époque. Cette chansou, venant de la part des catholiques, ressemble aujourd'hui à une menace de vengeance qui ne devait pas tarder à recevoir son exécution.
(0 Voyez la Satyre Menippée^ édit. de Le Duchat/t. i, p. 55 et 575.
(2) Voyez De la démocratie chez les prédicateurs de la Liguej par M. Ch. Labitte : p. 1:2.
Ou retrouve le même caraclère, mais à un point bien plus remarquable encore, dans la chanson suivante, dirigée ouvertement contre les huguenots. Certains cou-* plets de cette chanson sont tellement en rapport avec les événements qu'on a peine à croire à ce qu'elle ait précédé Tépoque fatale de la Saint-Barthélémy ; et cependant des faits qui y sont allégués, dans le troisième couplet, par exemple, le prouvent évidemment.
Les deux chansons sur la mort de Marie de Glèves, princesse de Condé, et sur celle de Charles IX rappellent deux événements dont le peuple a été vivement frappé, et qu'il a consacrés par une complainte. Henri de Bourbon , fils aîné de Louis , dont j'ai parlé précédemment, avait épousé toute jeune encore Marie de Clèves, fille putnée de François de Clèves, premier du nom, duc de Nevers , et de Marguerite de Bourbon -Vendôme. Le mariage avait été célébré à Blandy , près Melun , au mois de juillet de Tannée 1572. Le 50 octobre 1574 , cette princesse mourut en couches à Paris (1).
Bien qu'on puisse en être surpris quand on songe aux événements tragiques de son règne, Charles IX a été sincèrement pleuré par une grande partie de ses sujets. On n'a pas oublié la maladie affreuse dont ce prince mourut. Tourmenté depuis plus de trois mois d'un horrible flux de sang , abandonné des médecins , qui avaient déclaré que Dieu seul était souverain en de telles maladies, Charles IX resta avec deux gentilshommes et sa nourrice. « Le roy commence à luy dire, » jettant un grand soupir et larmoyant si fort que les » sanglots luy interrompoient la parole : Ah ! ma nour- »rice ! ma mie, que de sang et que de meurtres ! Ah !
(1) Père Anselme, Histoire généalotjique de la maison de frqrfce, t. l, p. 335,
« que j'ay eu un meRchant conteil ! O mon Dieu ! par-
» donDe-les-moi et me fais miséricorde, sHI te platt
» Alors sa nounice luy dit : Sire, les mearCNs et le n sang soyeiit sur la tête de ceux qui ? ous les ont ftiicf M faire et sur vostre meschant conseil! mais de tooi , M sire, vous n*en pouvez mais (1). »
Ces paroles , rapportées par L'Estoile , qui les avait entendu dire publiquement, prouvent que Charles £( n*était pas dans une aussi grande exécration qu'on se rimagine vulgairement.
CHANSONS
SUR LE SléOE DE LA ROCHELLE,
DE LA VILLE d'ANVERS