‹ Recueil de chants historiques française (volume 2)Chapitre 65 sur 120 · SUR LA REMONTRANCS A EUX FAITE · texte numérisé non relu

SUR LA REMONTRANCS A EUX FAITE

Sur le chant :

De la guerre faicte par TEmpereor au Turc

1 Nostre pauvre Rochelle Que tenons maintenant, Une guerre mortelle

A soustins bravement :

Encore elle fleuronne Soubs les noms des Yalloîs, Pour eux et leur couronne, La tiendrons ceste fois.

2 O noble roy de France, Henry de grand valeur, En toute révérence

Te tenons pour seigneur.

Oubliant les ravages Et assaults périlleux, Nous te faisons hommage Comme vrais serviteurs.

5 Si n^eust esté, cher sire, Qu'aux Rochellois on dit, Qu'on les vouloit destruire :

Sans aucun contredit,

La ville eussent rendue £n vos mains d^un bon cœur, El n'eussent soutenue Des assaults la fureur.

4 Si nous faisons la garde, Nous avons bien raison, Et à nous prendre garde De peur de trahison :

Pour vous et pour les vostres Les gardons d'un bon cœur.

Et des volontés nostres Tesmoing est le Seigneur.

5 Munitions de guerre Avons pour seureté,

Sur les murs devers terre Et de Tautre costé :

Tirant sur la marine,

Y a doubles canons, Et bonne coulleuvrine De quoy nous deifendons.

6 N^y a homme en cest estre, Habitant en ce lieu.

Qui ne désire d*estre, Sire, à vous serviteur.

Gardant sur toute chose De son roi les esdicts, A Tadvenir propose N'y mettre contredicts.

7 Cesle ville et place^ C'est bien le plus fort port Où nefs de toute place

Y viennent faire apport

De maintes marchandises, De loing ?iennent à foison ; Sire, ce n^est la guise, La perdre sans raison.

8 II nous desplait, cher sire, De voir tant de travaui Dans France en tel maptirt Plaine d'infini maux.

C'est trop tenir les armes Au gré de pauvres gens) Retirez-vous, gensdarmes, Jureurs et maugréans.

9 Tous habitans de France^ Tant nobles que vilains, Ne crains- tu la puissance Du sauveur des humains, Que tu veux faire guerre Contre ton prince et roy?

]N'est-il pas Dieu sur terre?

Malgré toy c'est la loy.

10 A vivre en paix tranquille, Cela nous demandons^

De prescher rÉvaogile, A nul mal ne faisons ; Estant Tun avec l'autre, Chàscun d'un bon accord, Le Seigneur nostre, et VQ6ti*e^ Et nostre dernier port.

11 Pour icy la fin faire, Sire, nous concluons, Sans jamais nous deffaire^ Serviteurs nous seroas^

En toute obéissance Vous tenons tiôstté roy, Roy dé Pologne et France, Nous voUs jutdns la foy.

CHANSON NOUVELLE

SUR LA MORT DE MADAME MARIE De CLÈVKS,

PRt^CÉSSfi DE CÔND^.

Sur le chant : Plorez, chrétiens^ etc.

i Mon Dieu, sauveur de tout le mondé, Ce coup aye2 pitié de moy, Car la mort dans mon corps redonde^ Comme un écho dedans le bois^ Ayez pitié d'une princesse Compaigne à Henry de Bourbon, Pour lors^ gissant en grand destrèsse^ Du mandement qui n'est pas bon^

2 Marie de Clèves le nom je porte, Auquel commençois à fleurir \ Au lieu de fleurs j'ay la cohorte Qui mon pauvre cœur vient saisir.

O que j'ay regret à tnon prince, Qui m'a délaissé en soucy, £t a délaissé la provinôe A mon cher enfant que voicy.

5 Je suis délaissée en bel âge, Las ! n^ayant que vingt-trois ans.

Mon cher époux, ô quel courage Vous a esmeu si promptement, Délaisser vostre compagne.

Bien me monstrez un cœur pervers Qui tost servira de montaigne Au peuple de tout l'univers.

4 Sus! sus! beauté! soyez ternie;

Et vous, mes yeux, fondez en pleurs, Afin que tout l'Europe die La cruaulté de mes douleurs.

Je meurs en ma grande jeunesse, Je meurs en ma force et vertu.

Hélas! faut-il qu'une princesse Soit tost d'un chapeau devestue !

5 Déclarer ne veulx autre chose^ Plus ne veulx penser qu'à Jésus, Priant que mon âme repose Avec la vierge de lassus. Adieu la joye de ce monde,

Et baise-moy, mon cher enfant; Hélas ! bientôt tu perds ta bonde De père et mère promptement.

6 Adieu, mon prince tant équitable, Luy qui m'aymoit pardessus tout.

Adieu, princes et seigneurs notables, Certes, je prierai Dieu pour vous.

Car je m'en vois à la lumière, Laquelle je voy sans delict.

C'est du Sauveur la vierge mère Que j'apperçois dessus mon lict.

Comme elle disoil ces paroles, Son âme vers Dieu elle rendit; Seigneurs ) princes et damoiselles Gémissoient tous en grans soupirs.

Prions, chrétiens, pour celle dame, Qu'elle soit logée aux saiiicts cieux ; A seulle fin fin que sa pauvre âme Soit avecque les bienheureux.

CHANSON NOUVELLE

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