FRÈRE UNIQUB DU ROY
Faicte à Anflerf le tretitème Jmir d'tvrll VSM,
PAR F.-C. ANGBVIN.
Sur le chant : le Ciel qui fut large donneur.
1 Resjooissons-noQs, Angevins, Puisque Dieu par les sorts divins Nous a donné la jouissance
De rheur de nous tant souhaité,
Par Taspect de la majesté
De ce grand duc, tige de France.
2 Puisque par la faveur du ciel Nous goûtons ce nectar de^miel, Par le cours de son influence Nous pouvons bien dire TAnjou Estre affranchy de ce dur joug Qui le mettuit eu décadence.
5 Cest notre souverain seigneur, Auquel devons los et honneur, Cest luy qui de mal nous préserve, C'est celuy lequel, après Dieu Et le roy, régit ce bas lieu, Et nostre liberté conserve.
4 D'avril douj. le treiziesme jour, Ayant quelque temps fait séjour Dans Angiers, a fait son entrée :
Auquel lieu il a protesté
De maintenir en liberté Tout le peuple de la contrée.
5 A la porte Saint-Nicolas, Par où entra nostre soûlas, Fut faict un ouvrage subtile,
Où Loyre, Uayiie, Sarthe et le Loyr Ëstoient fleuves de grand v^lpir Et qui décorent nostre yille»
6 Plus avant, eu un grand carroy, Fut en très-magnifique arroy.
Dedans une place publique, Dressé un superbe eschafaut
Où maints instruments musicaux Chautoient sa louange autantiquc*
7 Sur le pont que Teau mist à val Fut érigé un beau portuil Bien fort superbe de rencontre, Où Tefifigie de cinq roys, Nobles ayeulx du grand François Esloyent tous eslevez eu monstre.
8 Dessus la chapellerie estoit Un triumphe qui démonstrgit Les adventures fortunées
Du grand François premier du nom, Qui vidiles neuf sœurs d'Apollon En passant les moûts Pirennées.
9 Ln autre Ihéàtre en après, Qui de là estoit assez près 31onstroit les troupes débandées D'Orphée, le chantre des Dieux, Qui entonnoit les prochains lieux De dix mille voix accordées.
10 Sur la porte de la cité, Estoit au haut représenté La pourtraiture naturelle D'Angers, front de tout le duché, Le mieux en naturel cherché, Qu'ouvrage que fit onc Apelle.
11 Estant donc ainsi tout dressé Par un ordre bien compasé,
L'on marcha devant notre Achille, Bien deux mille harquebuziers Suivirent leurs chefs les premiers, Des plus braves de notre ville.
la Les Bourgeois, par un ordre esgal, Marchoient sur housse et à cheval, Et juges et consuls de ville.
Sergens et autres officiers, Advocats et tous justiciers, Suivoyent d^une façon gentille.
15 Brief, tout marcha par gravité.
Rendant le prince contenté, Tous de rofTie de leur service, Messieurs de TUniversité, Et le clergé de la cité Le conduirent dans Sainct Maurice.
14 Le tnardy, deux jours en après, Fut dressé dessus Teau exprès, Un chasteau de grand artifice, Où deux cens braves combatans, Tous esleuz^ furent mis dedans Pour garder ce brave édifice.
15 Là, de diverses nations,
De Mores, Turcs et Esclavons, Et de sauvages de Tlndie, Fut assailli à rudes sons D'une infinité de canons, Par effroyable mélodie.
16 Le murmure fut adoucy.
Sans aucun blessé ou occy, Lorsque vint Paix, la grand déesse, Qui réduit alors les François
Au service du grand François, £t tous luy en firent promesse.
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CHANSON NOUVELLE
DÉDIÉE A LA NOBLESSE ET GENDAMtEBIB DB flUNCE,
TOUCHANT LE BON VOULOIR BT AFFECTION qu'ils ONT A FAIRB 8BRVICB A DIBU ET AU ROI.
Sur le chant de la Fille de Dieppe.
1 Maintenant, par pays, Nous ne voyons que guerre Que font les ennemis, Qui, aux villes se serrent,
En tenant fort, faisans rébellion Au roy par caviilation.
2 Mais ce prince puissant, Issu de la couronne, En vertu florissant, Voyant Thorrible félonne
Des ennemys cruels séditieux, Sur eux s'est montré furieux.
5 Estant accompagné
De ce grand duc de Guise, Qui veut tousjours gaigner Pour défendre TÉglise, Et de Nevers le duc, Mercueur aussi Qui au corps n*ont le cœur transi.
4 Gentilshommes et soldats, Tant braves capitaines, Qui sont de toutes parts A souffrir mille peines,
Ayans désirs de grandeur et arroy, Faictes loyal service au roy.
5 Ce qu'ils font tous les jours, Estans en la campagne Pour deffiner le cours
De Tennemy desdaigne ; Et puis il marche dessoubs un conducteur, Qui n^a en luy faute de cœur,
6 Devant La Charité Voulant sans nulle empescbe Aller d'une équité Recongnoistre la brescbe ;
Mais les seigneurs Tout fort bien epgardé^ Et un soldat ont envoyé.
7 Les mal contents voyant De Monsieur le courage^ Rendus incontinent
Se sont à son servage ; Car ils ont veu des soldats généreux Qui eussent bien mordu sur eux.
8 Le siège fut levé
De valeureuse gloire.
Fut conduit et mené En Auvergne à Yssoire, Où Monseigneur luy-mesme sans deffaut.
De Guise allist à Tassant.
9 Au-dessus des genoux Estoit dedans la fange, II ne craignoit les coups, Mais il vouloit revenche Avoir d'iceux qui ont tant fait mourir De braves hommes par périr.
10 Et qui n'auroit le cœur De suivre ce ))on prince.
Qui d*une grande rigueur Par toute la province Cerche ceux-là qui sont partout haïs, Et qui du roy sont ennemis.
il Sus, courage, soldats !
Faites tousjours la garde Que vous faictes aux escarts Portant Tarquebosade ; Aussi la mesche dessus le serpentin Pour Pennemy y mettre à la fin.
12 Soulagez nostre mal.
Qui depuis seize années D'un malheur énormal On faict leur destinée :
Faictes donc bon devoir, gentils soldats^ Afin que vous chassiez ce mal.
15 Et faictes par vos faicts De fureur asseurée.
Que faciez à jamais Venir la vierge Astrée, La douce paix que tant nous désirons.
Et en tout plaisir nous ferons.
i4 Ce grand Dieu (out puissant Yous donnera la grâce, Combattre justement L'ennemy sans fallace, Comme avez faict, braves soldats courtois, £n suyvant François de Vallois.