DE LA TILLE DE LA MURE
COMPOSÉE PAR UN SEIGNEUR QUI ESTOIT AU BliOE BT PBINiB D*ICStLB>
Et se chante sur le chant de la Ligue.
1 Rendez-vous, rendez, messieurs de La Mur», Ne nous faictes plus coucher sur la dure, Sans estre si endurcis.
Rendez-vous tous aux mercis De notre prince très doux, Qui vous pardonnera tous.
2 Pauvres incensez, vous faictes»la guerre À celuy qui tient le frein du tonnère, Et puis sans foy et sans loy Vous irritez vostre Boy.
Si vous ne vous avisez, Vous serez tous massacriz.
5 Desja vous voyez (ô pauvre canaille Nos soldatSb logez sur vostre muraille.
Faytes fuir les corbeaux, Ils feront de vous morceaux j Après que serez morts, Ils se paistront ^e vos corps,
4 Vos murs, vos rampars et voz forteresses» Ne nous garderont de faire des bresches. Et cognoistrez à Tassant La valeur de Livaraut ; Sacremor et ses soldats Forceront tous voz remparts.
S( La noblesse aussi ira de furie, Pour mieux soustenir nostre infanterie , Monsieur de Tavanes, prompt, Sautera dans l'esperon, Et redoublant son effort, Mettra voz soldats à mort.
6 Alors vous verrez grands sacrifices^
Puis en descendant aux champs Plutonîquefl
Vous sentirez le tourment.
Du vautour, du chien gourmand,
Vous sentirez les douleurs
Des infernales fureurs.
7 Aspremont, premier sortez de la ville, Vous qui commandez, venez à la file,
Lesdiguières vous promet Morges, Blascon, Gouvernet, De bientost vous secourir :
Mais nous le ferons mentir.
8 N'ayez plus recours à la citadelle , Mais vous résolvez de sortir d'icelle.
Dix huit doubles canons Vous battront vos espérons, Et de quatre cents pionniers Nous ferons de baux terriers.
9 N'espérez jamais que Thiver nous chasse; Nous sommes armez contre la glace,
Nous avons de bons- manteaux Qui s'opposeront aux eaux :
La mort plustot vous viendra, Que rhivert ne nous prendra.
10 Car le Dieu du ciel qui nous donne force Mettra dans noz cœurs une vive amorce.
Il nous encouragera, Et de vous nous gardera, Et par nos glaives tranchaus Il vaincra tous les meschants.
11 Sus donc, ô soldats, ne craignez la peine. N'abandonnez pas nostre duc du Maine,
Suivez toujours valeureux Mandelot le généreux, Qui serviteur de son roy, Combat pour la sainte foy.
12 Montrez-vous ï'rançois remplis d'hardiesse, Prenez vos harnois et fendez la presse. Terrassons tons ces mutins Qui sont charg<^s de butins Du paysan villager, Qui sont allé forrager.
15 Teignons dans leur sang nos armes tranchantes Et coupons le fil de vies meschantes Dont ils ont le corps remplis, Et chassons tous leurs esprits Dans les enfers ténébreux, Dont rhuys est ouvert pour eux.
14 Et puis nous serons nobles par les armes : Prisez d'un chacun, carressez des dames, Un chacun nous bénira, Et nous bénissant dira :
Yoilà ce fier bataillant Qui s^est montré fort vaillant.