‹ Recueil de chants historiques française (volume 2)Chapitre 82 sur 120 · LES VAILLANTISES · texte numérisé non relu

LES VAILLANTISES

ET CHEVALErREUX FAICTS D*ARMES QUE FAIT MOWSISrR LE DUC AU PAYS DE FLAWDMi.

Sur le chant de Sommière.

1 Noble François, prince illustre de France ^ Vaillant guerrier sur tous, ton excellence Nous promet, jà par tes faicts YaleureuXf Que tu seras un jour un duc heurenx.

Tu as le cœur rempli de hardiesse, Pour désormais faire mainte proeese.

2 Ce noble duc, Flamans jà le redoutent. N'y a celuy qui n'en soit en grand doute, L'un à Pautre, disans comme paoureux :

Voicy un duc puissant et valeureux, Délibérons sagement notre affaire

Ou par son camp nous fera tous déffaire.

5 Depuis qu'il a mis le pied sur nos terres, 11 nous a fait une cruelle guerre, Tant par surprises, escarmouches et assaut, Il a conquis miints canons et chasteaux. En nous montrant que c^est luy qui veust estre Le successeur de ses vaillans ancestres.

4 Par tous cantoné'Où passe sa personne,^

De v6<iSr son camp un chasqu'un s^en estonne,

Et les Flamans disent en leur jargon :

Ne pensons pas contre luy tenir bon ;

Il vaudrait mieux nous rendre ^^U^égrtaBe

Que par ses gens nous faire me'Clr» en piôoa.

5 Monsieur le duc, pour ta première entrée» Ta majesté est dvsja redoutée,

Comme un César ou un Sanson le fort| . On n'y verra nul qui te fasse effort.

Brave Vallois, vive ta noble race, Du roy François tu en suis bien j^ trace.

6 Tu monstres bien, brave Duc d'excellence, Qu'un fort pillier tu seras pour la France, Quand je te voy desjà si fièrement Flamans braver à ton commencement.

Si rudement que semblez sur leur terre Toy et ton camp un foudroyant tonnerre.

7 Car où ce Duc de royale lignée

A de ses gens quelques petites campées, Yous le verriez incontinent venir A son vouloir, pour tost luy obéir.

Si concluray les voyant ainsi rendre Qu'en bref sera le vray comte de Frandre.

8 Par tous les lieux, ou soit bourj Où les Flamans tiennent par foi £t en pensant contre luy faire Dieu luy permet d'estre eucores £t tellement leur montre sa pu Que mangré eux rendent o

9 Braves soldats, tou*e la fleur de France, Monstrez qu'avez nn cœur plein de Yaillance, En poursuivant ce qu'avez commencé, Chaqu*un de vous sera récompensé :

Car vous avez un chef très*charitable; Il est bénin, vaillant et amiable.

iO Pour ce bon duc, prions le roy de gloire, Sur Tennemi luy donner la victoire, Et un bonheur à ses braves soldats, Qui de bon cœur suivent ses estendars.

A leur retour louez leur prouesse, £t à chacun une bonne mastresse.

CHANSON NOUVELLE

d'an y ERS.

Sur le chant : La Parque si terrible , etc.

1 Si j'avois la faconde De sçavoir raconter, Et dire à tout le monde La grand nécessité Qui est en cestc fois Sur nous pauvres François, (bis)

2 II y a eo ceste armée Tant de braves soldats Qu'endurent et pâtissent Pour Messieurs des Estats^ Ne n'oseront chanter Leur grand nécessité. (]bis)

5 L*un veut vendre ses chausses Et Tautre son pourpoint, L'autre son arquebooze, Pour un morceau de pain ; Vont chez le vivandier Et s'en vont sans payer, (bis)

A Le vivandier se fâche A monsieur de Beaupuy, Luy demandant justice Au prevost et à luy :

Torment, tu cognois bien Que les soldats n'ont rien. (d)#)

5 Du temps que nostre prince Estoit dedans Anvers, Nous faisions bonne chère Dedans les cabarets; Nous avions des moyens,

Mais nous n^avons plus rien, {bis)

6 Nous avions de la bière ; De fromage et de pain, Nous faisions bonne chère

[hii)

7 La chance est bien tournée, - Le temps est bien changé ; Nous n^avons plus de bière Ne de pain à manger.

Mon Dieu le grand tonrment Quand on a point d'argent, {bis)

8 Depuis que nostre mattre S'est de nous exempté, Nous n'avons que misère En grand calamité.

Bien heureux est celuy Qui est auprès de luy. {bis)

9 Vous faictes ici guerre Pour des gens inconstans Qui sont autant amiables Comme la pluye au vent; Le petit veut avoir

Sur le grand le pouvoir, {bis)

10 Monsieur le mareschal Lieutenant général ,

Ne faictes plus la guerre Pour ses gens inconstants ; Amenez nos souldats, Car nous mourons de faim, {bis)

11 Monsieur de La Val Il y est esveillé, Qu'avez toute puissance Sur tous les chevaliers, Pouvez-vous bien souffrir Nous voir ainsi languir, {bis)

it Monsieur de La Moveric, La gard de Glaveson, Priez tous, je vous prie, Monseigneur le baron Qu'il ne permette point Que nous souffrions de faim, {bis)

i5 Mais si jamais peux être En France, en ma maison.

Ne feray jamais guerre Pour ce viUain Cryon :

Gombaltray pour mon roy, Pour Monsieur et sa loy. [bis)

i4t Prions tous, je vous prie* Le Seigneur tout- puissant, Qu'il nous donne la grâce De sortir de Brabant; Et nous donne la paix, Qui dure à tous jamais, (bit)

15 Qui a fait la chansonnette, C'est un brave soldat Estant en sentinelle Près de Bergues sur Jon, Qui n'en souffroit la faim Et n'àvoit point de pain. ifiU)

CHANSON

SUR LE SIÉGB DB SABLÂT,

en novembre 1587,

ATTAQUÉ PAR LE VICOMTE DE TURBN^fE, ET DEFENDU FAR LE BARON DE ftA^JGlIAC.

Id87,

TuraiDe, tu n^entreras, Mais plustot tu crèveras.

1 Turaine pensant ranger Sous ce de Périgord LislSi Voulut la gentille ville Sarlat ces Jours assiéger.

Turaine, etc.

2 Couant et lui et toy, Beynac, Et le bravache Borsoles

£t milles personnes folles Soubs l'aveugle Salîgniac,

Turaine, etc.

5 Salignac dedans Sarlat , Endeptc jusqu'aux oreilles, Faisoit accroire à merveilles^ A tous par son caquet fat;

Turaine, etc.

 Monseigneur, ils sont à vous, Disoit-il, ce sont canaille, Car ceste foible muraille Ne soutiendra pas dix coups.

Turaine, etc.

5 Nous irons tous assiéger A notre tour ton village, Toy qui pensoit du pillage De Sarlat, Sarlat payer.

ïuraine, etc.

6 Nous envoirons au sabat L'ideuse et vieille sourcière^ Qui d'une colère fière T'envoya contre Sarlat.

Turaine, etc.

7 Turaine et ses compagnons Guident métré tout en poudre, £n un moment, par la foudre De leurs six ou sept canons.

Turaine, etc.

8 Par Tespace de vingt jourâ Tu n'as rien gagné que peine De ta gloire trop hautène, Rien n'ont pu les subtils tours.

Turaine, etc.

9 Turaine fort dépité Jure Dieu, cent fois blasfesine, Prins d'une colère extrême Déteste notre cité.

TnrainC; etc.

10 Maudit, dit-il, soit Tauteur .

Du siège tant inutile, Et qui d'assiéger la ville Fut le premier inventeur.

Turaine, etc.

11 Tu as par punition

De cette gloire hautène Afamé ta brave armée £t perdu ta munition.

Turaine, etc.

12 Nous mangeons les gras chappons, Les poulies tendres et moles;

£t les soldats les virolles.

Les porcs et les ognons.

Turaine, etc.

15 Que ne viens- tu à Passant Avec tes six cents gendarmes ?

Refroidies sont tes armes, Turaine, le cœur te faut.

Turaine, etc.

14 Les tiens te font donc horreur Qui dans nos fossez font garde.

Ton œil de loin le regarde , Ton cœur est gelé de peur.

Turaine, etc.

15 Turaine, compte tes gens Qui vinrent pour faire guerre, Engressée est notre terre Pour le moins de quatre cens.

Turaine, etc.

16 Limeil jura son cousin Que par sa ruse subtile 11 entreroit dans la ville, Mais il n'a été prou fin.

Turaine, etc.

17 Il faut

Que je fasse rassemblée Des chefs, puis d'une voulée Vous ferez donner Tassault.

Turaine, etc.

18 Mais, Fénélon connoissant Geste trahison félonne, La brèche point n'abandonne, Repoui^sant le fort puissant.

Turaine, etc.

19 Fénélon, par sa vertu,

A des tonnantes bombardes, Des picques, des halebardes, Le fort pouvoir abatu.

Turaine, etc.

20 Fénélon et La Forets^ Par leur valiance animée, Ont à THuguenaud armée, Or le mur donné Tarets.

Turaine; etc.

21 Tant que Fénélon sera Et La Forets aura dame.

Venir Tliuguenaud infâme Contre Sarlat n'osera.

Turaine, etc.

22 Mais pour en faire la fin, Turaine airois ton courage En novembre, ce doumage Test causé par un destin*

Turaine, etc.

25 Tu reccus sur ton beau front, Devant Belvès l'autre année, Par semblable destinée, SU t^en souvient, même afront.

DE LA VICTOIRE OBTENUS PAR IIO!!SetO!^EUR LE OUC DE GtrrsE

A l'encontre des réistrss avec le nombre des morts. Sur le chant : LasI que dkt-oil en Fttntt*

1 Las ! que dict on en France Du camp de Tennemy, Qui par outrecuidance Nous pensoit faire ennuy !

Mais le bon Dieu de gloire Donnera la victoire

Au noble roy chrestien.

Lequel a prins les armes Et s'est mis en campagne Contre les Catviniens.

2 Le noble roy Henry, Lui estant adverty

Que les Reistres rebelles Ne prenoient son party, Mandit monsieur de Guyse Qu'il vint sans nule faintize Au secours vîstement^ Se mettant sur les aisles De tous les infidèles Et maudicts Allemans.

— ios —

5 Le bon duc de Lor; aine, 'So\)\e prince clirestien, Mandit monsieur du Mayne^ Lequel print son chemin Avec le duc d'Aumalle, Qui a chargé leur malle De terrible façon ; Puis le bon duc du Mayne, Qui chargit la cuysine Au sieur de Chastillon.

4 Quand ces Réistres inÛdelles Se virent avancez, Se voyant sur les aisles De nos gens bien armez, Monsieur le duc de Guyse Il promet sans faintize Y demeurer plustost Comme prince doit faire.

Ayant tousjours mémoire A nostre Dieu très hault.

5 Sitost qu'ils furent en France, On les vint à charger A grands coups de noz lances, Dont cuydèrent enrager.

A monseigneur de Guyse Voulurent sans faintize Le jour parlementer, £t luy savoir à dire Qu'ils vouloient sans mot dire Tretous leur en aller.

6 Alors monsieur de Guyse, Hardi comme un César, Fit Tennemy poursuivre Tant d'amont que d'aval, Lequel fist grant deffaicte, Sans aucune retraictc, Auprès de Montargis ; Seize cents mis par terre En faict de bonne guerre Pe ces Reistres maudits.

Les braves gentils -hommes, Capitaines et soldats, D'une grâce fort bonne Marchant de toutes parts, Avec le duc dé Guyse Qui vint sans nule faintize Pour charger Tennemy, Et leur livrer bataille A tout ceste canaille Qui viennent en ce pays.

8 Le jour vingt deuxiesme De novembre dernier, Le duc, chose certaine.

Les envoie attaquer Par monseigneur de Vince ; Afin qu'il les atteinse, Lequel fit son devoir, Mettant des embuscades.

Lesquels firent bravades, 'J'aschant à les avoir.

9 Alors monsieur de Yinee N'a voit que cens chevaux^ Leur disant qui se tinseut Auprès du pont d'Auneau.

Dont sortirent sans honte Lieutenant et deux comptes Les vint à poursuivir; Mais monsieur de La Ghastre Ayant Theur de combaltrOi Neuf vingts iU ont occis.

iO Lors monseigneur de Goyse Ne fut pas endormy, £t sans longue devise Poursuivre i'ennemy.

Et pour bonne enseigne Yeille saincte Catherine, Vint en la tour d'AuneaUj Et va de grand furie Avec l'infanterie Et monsieur de Sainct-PauL

11 Quand monsieur de Sainct-Panl Yint à donner dedans, Par le pont du chasteaa Où entrèrent nos gens, Il sortit sept Cornettes Dont cinq furent deffaictes.

Trois cents de prisonniers.

Leur chef fut mis par terre, En faict d'homme de guerre Deux mille cinq cens tuez.

12 Ces Reistres infidelles, Chargez d'apointemcnt, Lors se délibérèrent De fuyr vistement; Se mtstant tou8 en route, Ne pouvant en leur troupe Avoir pain à manger ; Puisqu'ils sont en la France, Leur faut fendre la pance £t les faire crever.

15 Huguenots pleins de rage , Vous estes bien faschez , Plus n'avez de courage ; Vos Reiâîres sont cassez.

Ils voudroient d'assurance Ëstre hors de la France Ou en pays lointain ; Ou bien à La Rochelle, Avec les inGdelles Disciples de Calvin.

i4 ils pensoicut bien nous mestrc En tribulation ; Mais Jésus nostre maistre A €u compassion De l'armée catholique.

Celle des Reistres unique A faict son testament ; Dont le pays de Beauce Leur a servi de fosse, Jamais n'y en eut tant.

15 Par toutes les églises Te Deum fut chanté, Pour monseigneur de Guise, Prince bien redouté.

Pour Theureuse victoire Obtinse dont mémoire Sera à tout jamais, Dont la loy ancienne Et Téglise chrestienne Vivra mieux désormais.

CHANSON NOUVELLE

SIR LE TESTAMENT DES RÉISTRES ET BéRÉTIQUfiS,

LA OU ILS ONT ESTÉ RfiSTRAPPEZ EN LA BEAtJCE.

Sur le chant : N'est-elie pas jolie m'amie* 158^.

i Sus, sus, chantons tous catholiques En despit de tous hérétiques, Qui nous pensoyent endommager.

Mais ilz ont cuidé enrager, Ces gueux et hypocrites; Hugnenolz, voilà le testament Des Reistres et Hérétiques.

a Ils esloyent accouruz en France Afin de remplir leur pance, En leur pensant bien remplumer; Mais on les a tous desplumé.

Ces Reislres et hérétiques.

Yoila la fin et testament De tous les maudicts Reisttes.

5 Hz ont laissé à La Rochelle Une potance et une échelle Pour les pendre et estrangler, Afin quUl ne puisse prescher La loy des Calvinistes.

Voila la fin et testainent De tous les maudicts Reisttes.

4 Ils ont laissé dedans Genève tJn fouet pour bien estriller Beze Et tous les autres predicans;

Ils leur ont donné des lians Pour les pendre à la Reislre.

Yoyla la fin et testament De tous les maudictz Reistres.

5 Ils ont laissé, je vous afie,

A ceux de Sainct- Jean une sie Pour les fendre par la moitié, Comme appostatz^ moine renié, Qui n'ont quitté leurs pratiques.

Huguenots, voyla le testament Des Reistres et hérétiques.

6 A ceux de Mont-Auban il donne Quatre chariots et une tonne ;

C'est iK)ur les traîner dedans Peau Comme ministres et huguenots, Vrais gueux et hypocrites.

Yoyia la fin et testament De tous les calvinistes.

7 Hz ont laissé à tous les Reistres Du bois pour chauffer leurs fesses, Les donne tous à Lucifer,

Qui est le premier prince d*eiifer, Chef des diaboliques.

Huguenots^ voyla le testament Des Reistres et des hérétiques.

8 Ils ont donné à PAngleterre Cinq ou six navires de pierre, AOn de tous les assommer Sans qu'il en puisse relever Pas un de ces belistres.

Voyla la fin et testament

De tous les maudicts Reistres.

9 II faut prier Dieu sans nul doute De ce qu'ils se sont mis en route, Dont ils ne sçavcnt où aller.

Le diable les puisse emporter!

Eux et toute leur conduite.

Voyla la fin et testament De tous les maudicts Reistres.

10 Huguenots, vous voyla bien tristes D'avoir ainsi perdu vos Reistres, Lesquels estoient vostre secours; Mais vous n*avez plus de recours, Vous estes bien belistres ,

Yoyla la fin et testament De tous les maudicts Reistres.

11 Ils sont noirs comme petit diable, C'est une chose véritable.

Ils ressemblent à de» corbeaux^ ^ Que maudicts soient les huguenots Ef petvers hérétiqaes!

Huguenots, voyla le testament Des Reistres et hérétiques.

12 Jamais ne reviendront en France Pour remplir leur grosse pance.

Us pensoient avoir de l'argent ; On les a frottés seulement Dans le pays de Beduce,

Qui les à ce coup servy A leur faire des fosses.

Yoyla la (in du testament De tous les Calvinistes.

15 Celuy qui fit la chansonnette^ C'est un soldat homme honneste^ Lequel est toujours serviteur Au bon duc de bon coear, N'aymant les hérétiques.

Yoyla la fin et testament De tous les maudicts Reistres.

CHANSON NOUVELLE

ET CIMKTIkRE DES REYSTRBS.

Sur If chant :

J*aime ma mie corne mon cœnr.

1 Adieu, les Reistres, adieu, Retirez-vous en autre lien ; Laissez notre pays de France : Allez au pays Navarrois Reformer le peuple et les loix, Car vous êtes gens de science.

2 Yous pensiez dans voz chariots De France emporter les trésors Pour vivre désormais à laize ; Mais vous n'avez eu que des coups»

De la pluye, du vent et des poux, Dont vous n'estes pas à votre aise.

3 Qui plus est, vous avez trouvé En France forme à votre pied;

Las ! c'est ce bon seigneur de Guyse, Vray déffenseur de nostre loy, Serviteur de Dieu et du roy, Et pillier de toute Téglise,

4 Hélas! pauvres Reistres abusez, Yous avez bien esté trompez.

Croyans aux propos de mensonge De ceux qui vous ont faict venir En France pour vous enrichir ; Mais vous n'y aurez que la honte. ^

5 Adieu tentes et pavillons, Adieu cuysiniers et fripons, Adieu tambours et trompettes , Adieu Reistres et Allemans, Retournez à soleil levant Refaire faire voz cornettes.

6 Yous avez mangé notre blé, Mais il vous a bien cher cousté ; Car il vous a cousté la vie.

Yous avez pillé nos maisons, Mangé nos poulies et chappons, De vous voir n'avons plus d'envie.

7 Ceux qui vous ont esté quérir Yous proroettoient qu'au départir Auriez ville pour retraite ;

En Lorraine pour hyverner Pour mieux la France conquester, Mais leur promesse n'ont pas faictes.

8 Ils vous promettoient payement, Pour quatre mois en bel argent, Et de la France le pillage.

Mais au lieu d'y avoir gaigné, Tout le vostre y est demeuré :

Chariots, chevaux et bagages.

9 Adieu le baron de D'A.«nay, Qui avoit le reste amené Afin de nous faire la guerre; Vosire salaire avfz rcceuz, Car vous êtes morts, abatus.

Gisant à l'envers sur la terre.

10 A.dieu cornettes et CaDona, Corselets noirs et morrioMi Chariots, chevaux et bagages; Adieu Lansitueiwttes troussea) Adieu goiigcs de camp nuez Qui chargez tous nostea méaaga.

11 Or adieu tous les régiments Des Reistres uoirs ei AUemana^ Fuyez soudain en AUemagae, Souvienne vous une autre fois Que pour avoir veu les François YoB corps en portent les enseignes.

14 Or adieu les Beisires maios.

Vous avez perdu vos suppôts

Et tuus voz cantom d'Alkmagne , Vous pensiez bien vous relever Et louEe la France troubler, Mais ils soiiC morts à la campagne.

15 Si vous voulez gaifnw le jeu. Aller vous faut en autre lieu^ Et ramener nouvelles forces.

Ce bon duc vous est attendant Avec son coutelas tranchant.

Pour vous mettre ainsi qu'eux au coffre.

te Or, si vous estts iilcines d'ahen, Allez pleurer vos riz d'eiilen Et chercher une autre province.

France ne vous «ousliendra pins.

Car elle cognoit vostre abus ; Aller vous faut â tous les diables.

CHANSON NOUVELLE

SrR LA DEFFAICTE DES RÉISTRES.

Sur le chant de f.a victoire obtenue par les Espagnolii.

1 Ce joly moys de may, Le premier jour d'esté, Les princes catholiques Commence à assembler Leurs forces qui estoient Plus de quinze mill' hommes ; Prions Jésus-Christ

Que victoire il leur donne.

2 Quant nous vindrent aprocher Près le pont Sainct-Vincenl, Pensant donner bataille Contre ces Alemans.

Mais ayant apperceu Qu^ils estoyent si grand nombre, Tant Reistres que François, Bien cinquante mille hommes,

5 Monsieur de Guyse, alors, De près les pou rsuy voit, Avec son armée, Qui envie avoit

De leur noonstrer bientost Leur grande outrecuydance De venir ruiner Nostre pays de France.

4 Estant à Vilmory, £usmc$ advertissement

Qu'ils estoient en grand nombre, De Reistres là-dedans, Lorsque pensoient souper, Pour leur entrée de table, On les a saluez A coup d'arquebuzade.

5 Ne se doutant du faict.

Commencent à se sauver, Les uns sur leurs chevaux, £t les autres à pied.

L& duc du Mayne estant A Tentour du village De ces Reistres meschans, En fit un grand carnage.

6 Nostre roy très-chrestien, Sage et bien advisé, Avecq' sa noblesse,

A tousjours empesché Les forces qui venoyent Pour le roy de Navarre Qu'ils ne passassent point La rivière de Loyre.

7 Eux estant à Auneau Furent bien ébays,

Que vfilient (ant d'enseignes

De ces François venir Et qu'ils eurent appercea Nostre armée en bel ordre^ Ils s'en sont enfuis .

S'épouvantant l'un Tautre.

8 Sainct Pol fut envoyé Et eut commandement»

Approchant de la ville Il a dit à ses gens :

Allons, soldats, allons.

Par-dessus la muraille Allons tuer le guet

Qui nous porte dommage.

9 Quant le guet entendit Les soldats approcher, Tuans et decoapans

Ceux qui pouvoyent trouver.

Les autres sont fuys Pour prendre leur armure, Nous les ont poursuy vis A grans coups d^arquebuze.

iO Capitaine Saint-Pol S^écrie à ses soldats, Sortant de Tembuscade Tenant leurs coutelas :

Tuez, soldats, tuez.

C'est à vous le pillage, Ny mettez point le feu Ce seroit grand dominage.

11 Les soldats animez Plus fort que des lyons

Ont commencé la charge De maisons en maisons.

Les Reisttes oe pouvant S'assembler pour combattre, Les soldats les tuoyent Estant encore à table.

12 Lors entr'eux fut conclud £t soudain arreeté Que leur artillerie 11 falloit enterré Et bientost se sauver, Ceux qui en avions envie, Sinon qu'on leur fèroit A tous perdre la vie.

15 Les princes advisez Ayant bien apperceu Qu'ils n'estoient que caniiiUe Et bien peu résolus :

Le bon Dieu a voulu Monstrer la grand folie De ces pauvres abusez Ennemis de rÉglise.

14 Nous prierons Jésus-Christ Qui nous soit défenseur ^ Faisant la grâce au roy Nostre bon gouverneur, Qui puisse mettre à fin Ëientost toute hérésie.

Et qu'on voye florir Tousjours la saincte Église.

— iJO —

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