DU PRINTEMPS RETOURNÉ SUR LE TEMPS QUI COURT
Bt M chante aur le chant :
Quant ce beau printemps je voy, j'apperçoy, etc.
i Quand ce dur printemps je voy,
Je cognois Toute malheurté au mondd ; Je ne voy que toute erreur
Et horreur Courir ainsi que fait Tonde.
2 Plus il n*y a d'amilié
Ne pitié, Plus n'y a de courtoisie, Il n'y a plus de support
Ne confort, Tout n'est plus que fascherie.
5 Nous voyons nostre prochain
Qui la faim Endure quasi de rage Sans luy donner verre d'eau,
Ne morceau ; CVst bien un \ ische coiirngc.
4 Noua voyons de grand amy
Emiemy,
PresUse tuerVunTaiilre;
Nous voyons le plus cher
Déchaâser
Son enfant [>oui' prendre un nuire.
S Nous voyons renfant divers
Et pervers
Ballreson|)treet samùre.
Noua voyons un estrangor
Nous luaDger,
C'est un cruel vilupère.
6 Nous voyons Temmos parler.
Se mesler
D'une infinité d'afTaires;
Et portant de grands clieveux
Favdineux ^^^h
Pour à ce monde complaire. ^^^^M
7 Nous voyons le^ paysans ^^^^|
Indigona ^^^^H
Demandant partout leur vie, ^^^^|
Un bissac pour ^^^^H
son ^^^^H
D'une pauvre;» demie. ^^^^^H
S Nous voyons tant de voleurs ' ^^^^H
Pleins d'horreurs, ^^^^^|
Qui pillent, ruent et saccagent, ^^^^^|
Ne craignant uy Dieu, ne roy, ^^^^^B
D'un c^moy ^H
Vomissent Uix milles rngcs. ^M
9 Nous voyons la belle fleur
l)(i couleur Se changer d'une avanture; >ous voyons le beau jardin
Au matin Se fanir de sa verdure.
iO Nous voyons le feuillu bols
Geste fois Anéantir son feuillage.
Nous voyons le rossignol
D'un chant mol Déduire tout son ramage.
11 Mais trop loin le laid hiboux
Qui jaloux Est de nostre jouys^ance, Il chante à haute voix
Dans les bois Pour nous faire desplaisauce.
12 Nous voyons les amoureux
Rigoureux Laissant leurs gentes maistresses, Au lieu d'cstre gracieux
Et joyeux Portent dix mille tristesse.
15 Nous voyons un jeune enfant
De six ans Renier Dieu et sa mère, Et faisant comparaison,
Sans raison, ITun horreur par trop sévère.
14 Noua voyons les pauvres biens Terriens Diminuer d'heura en heure, £t les gentils mbrisseaux
Verls et beaux Qui par le pied soud^iin meurent.
13 Ndu3 avons eu tant de BUus
Et travaux, Guerre, ratnine et pesie, Cruauté, horreur, eaFroy
El esnioy, Qui nous rompt quasi la leste.
16 Qui est cause de re mal
Dur, fatal?
Noz peschcz ords et terribles ; Nous sommes comme brutauK
A bien Tnire inutiles.
17 Nous ne tenons plus de fuy,
Ny de loy, TatU nous sommes gens ignares; Nous sommes esbloiiis des deux
Gratieux A tous nos péchez barbares.
18 Et changeons noîlre vouloir
D'un espoir Et aussi uo^lre coustume; Ttecognoissans nosire Dieu
Eu tous lieux, Nous ostera d'nmertnme.