‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 101 sur 181 · SUR ANNE DE PISSELEU · texte numérisé non relu

SUR ANNE DE PISSELEU

DUCHB4SB D*ÊTAMPE8.

Celte chanson est sans contredît Tune des plus curieuses de toutes celles qui se rapporteut aux règnes de Henri et de François II. Elle est relative à la disgrâce dçnt fut suivie, pour la duchesse d'Etampes, la mort de François I*'. Elle n'a jamais été imprimée et se trouve dans un recueil manuscrit, de la seconde moitié du XVI* siècle, dont je dois communicatiou à M. Jérôme Pichon. C'est un volume petit in-folio, relié en velours yert; on lit sur le premier des soixante-quinze feuillets dont il se compose : « Ce livre appartient à damoiselle » Marie Coppin, fille de Jean Copiùn, escuyer, sei- » gneur de Lalaie , et de dame Anne de Mailly. » Aux quatre coins sont les écussons de Coppin, Mailly, Coulez et du Fargis, qui représentent les quatre quartiers de Marie Coppin. Les soixante premiers feuillets contiennent des chansons amoureuses, et les autres la généalogie des familles de Breugel et Coppin. La chanson sur la duchesse d'Etampes, la seule du recueil qui soit

liistoriquo , se trouve au feuillet i3, recto. Je dois observer cci^endaut que deux auireâ chansons (folios 19 et 40) font peut-éii e sllusion à des événements contemporains, surtout celle qui a pour sujet un amant lue par un mari jaloux lorsqu'il venait à son premier rendez-vous. L'écriture de ce mannscrir, sans être mauvaise^ ne parait pas cependant Pœuvre d'une main Irès-habile; on peut signaler plusieurs passages évidemment altérés. La chanson sur la duchesse d'Etampes en offre un exemple qui m'a quelque temps arrêté et empêché de saisir le sens complet de cette pièce. Au Heu du nom de Poinlhièvre (1), qu'on doit lire, il y a dan$ le manuscrit Poiliers; ce qui m'avait d'abord fait penser qu'il s'agissait non-seulement de la duchesse d*E(ampes, dans les premiers cou plets, mais encore de Diane de Poilien dans les autres. En comparant lei faits connus de Thistotre avec ceux qui sont rapportés dans la chanson, je me suis aperça de Terreur du copiste, et j*ai restitué la pièce tout entière à la maîtresse de François I<'. Voici en abrégé lliîstoire de sa vie.

Anne de Pisselen, née vers 1908, fût admise en 18i4 au nombre des fliles d'honneur de Louise de Savoye, duchesse d'Angoulême, mère de François I". EHe fut connue d*abord sous le nom de mademoiselle de Heilty. Douée d'une grande beauté, Anne de Pisseleu succéda bientôt^ dans l'esprit changeant de ce prince, aux farears

(1} Ces! ainsi quNm prononçai! alors le nom de /ViiMtèvfii comine le prouve ce passage de BrantAme, dant son Dii^Hin fur Henri II : • Et pour sa principale dame et maistressc. il

• prit (François i*')* après qu*il fut veau de prison , madcmol-

■ selle <l'HcUy, que madame la régente avoit prise fiile \ et le roy

• ne Tavoit point encore voue qu*Â 1% nirevOe de ma dicte dame

• sa mère \ il la trouva U-è»-t>die et à son gré. Detpuis , U la AU

■ ducliesse d'iCstampes, et la maria avec Jf. de Poinùtvn^ et luy » Ast de grands dons et biens. •

dont jouig^U Françoise de Foix^ comtesse de Chateaubrîant. Vers 1596^ elle épousa Jean de Brosses, fils de René de Brosses qui, ayant suivi le connétable de Boor« bon, fut tué à la bataille de.Pavie. Les biens de cette famille avaient été confisqué» ; Jean pensa qu*une alliance avec la favorite était un moyen infaillible de regagner ces biens avec usure. Il ne se trompait pas, car noii-MUlement il retilra en posseêslon du eomié de Penthièvre, mais encore, le 25 juin 1534, Anne obtint pour elle et son mari le ccnaté d'Elampes, qui fut érigé en duché-pairie par lettres du mois de janvier i536; il en arriva ainsi en 1545 pour la baronnie de Chevreuse. De plus, tous ses parents et ceux de son mari furent pourvus d'excellents bénéfices. Jusqu*à la fin du règne de François l" elle garda sur Tesprit de ce prince le plus grand empire. Cependant elle avait à repousser les intrigues des amis du dauphin, et principalement celles de Diane de Poitiers. Cette lutte rengagea même dans des entreprises criminelles^ car il est certain que sur les dernières années du règne de François P% la duchesse d'Etampes servit les intérêts de Charles-Quint, et, par Tcntremise du comte de Bossu -Longueval, livra à TEspagne les secrets de la France. Le chansonnier semble rappeler cette trahison, quand il fait dire à la duchesse qu'elle n avait pas mérité qu'on lui laUsdt ses terres et ses places. C'est ce qui arriva cependant, car le roi confirma par lettres-patentes du mois de septembre 1547, la donation du duché d'Etampes. Bien qu'on ait laissé, comme le dit la chanson, à la maltresse du feu roi ses rentes et ses places, elle n'en fut pas plus heureuse : elle vécut seule et isolée dans une maison de campagne, après avoir soutenu contre la famille de son mari et couire son mari hii-méme, un procès par suite duquel elle perdit la jouis-

Mnce de ^es biens. On dit qirelle favorisa la religion réformée. L'époque de sa mort est incertaine ; el!e vivait encore en 1575.

COMPLAINTE

Sm LE DUSL DE JAHHAC ET DE LA CHATBI6NBBATE.

CHANSON

SUE LE TOUE^OI DE BLOfS.

Le duel de Jariiac et La Chateigneraye, au sujet duquel j'ai donné une chanson fort curieuse^ a quelque rapport avec Phistoire des dernières années de faveur de la duchesse d'Ctampes. Parmi les propos qni causèrent ce duel fameux, on connaît celui que tint, dit-on, Diane de Poitiers : « Madame d*Etampes se console de la maladie du roi dans les bras d'un autre. » Cet autre était le sieur de Jamac, comme on peut le voir dans les pièces originales relatives à cette affaire, publiées par Le Laboureur, à la suite des Mémoires de Casteinau (t. ii, p. 554). La raison publiquement avouée fut Paccusation d'inceste avec sa belle-mère, portée contre Jarnac ; mais plusieurs historiens ont ajouté que le propos cité précédemment détermina La Chatetgneraye à se battre. Brantôme, neveu de ce dernier, semble aussi le faire entendre, et parle i mots couverts d'une dame qu'il ne veut pas nommer. Les premiers vers du second couplet de notre chanson semblent aussi rappeler cette circonstance.

Avant la pièce sur le duel de Jarnac et La Chateigneraye, j'en ai donné une autre dans le même genre et

qui se rapporte à ravénement de Henri II à la couronne. Cest on récit des fêtes qui eurent lieu à Blois dans cette circonstance. On y parle d*un tournoi dans lequel Henri II fit merveille , et d'une mascarade singulière et qui rappelle quelque peu les anciennes Bacchanales. Un détail signalé par les réformistes, et que mentionne en effet noire chanson» a empêché les historiens de parler de cette mascarade. Voici les paroles de Henri Etienne dans son Apologie pour Hérodote :

« Toutefois, je me contenterai d^on seul autre exem- » pie, qui fera que ces priapes ramenez au jardin d» plat- » sance, et ces paintûres semblables à celles de Phîlenis » et d*£lephantis, nous sembleront à comparaison estre » choses légères et qui ne méritent pas quasi qu'on en » parle. Cest exemple est d'un esbatement qu'on prit à » Blois à rentrée du roi Henri deuxième de ce nom, de

« faire despouiller un nombre de p (et principale-

» ment de celles que les Italiens appellent ffàciate; et, » estant toutes nues ainsi que quand elles vindrent du j» ventre de leurs mères, les faire monter sur des bœufs, » etsuriceulx, en tel équipage, faire leur monstre par- » tout où sembloient bon à messieurs qui les euivoient, a> faisans office de picque-beufs (1). »

Henri Etienne, suivant l'usage des satiriques, exagère un peu quand il dit un nombre de filles nues; la chanson ne i»arle que de trots. Malgi'é tout, ces deux témoignages d'une nalure b'cn opt)Osée suffisent pour attester la réalité de celle singulière repréi^cutatiou.

(1) Apolotjie pour Hérodote, chap. xii.

CHANSONS

SIta LA PEIA8 DB ftOLLOGNB, LA BATAILLB DB BB!fTT, ET Sl'B LB SIÈGE DB METZ.

Je ii*ai que peu de mots à dire sur les sit ehansons reiallves i la prise de Boulogne, à la bataille de Renty et au siège de Meia. Celles qui sè rapportent à ce dernier événement sont les plus curieuses et ont eu beaueoup de célébrité. Oci peut lire les détails dé cette actiou fameuse dans les mémoires du temps, et Bertrand de Ballgnae; seigheur de La Mothe-Féuelon, témoin et acteur de ce siégi*, en .1 écrit une relation déUtllée (1). ie me contenterai d'y renvoyer, en obserrant touterds que dans les quatre chinsons coroposéel par les soldats fran* (als^ on trouve slir bhacnii des grande capitaines qiii eu* rem part i cette action des détails curieut et noiivëauxi

CHANSONS

Si'R LRS PILLES D*HONNEUH DB CATHEBINE Ok HËDICrS.

Les quatre chansons qui viennent ont été composées à propos (te deux aventures g^ilântes qiii^ pendant les aniiëes 1356 et 1564, mirent en émoi la cour de Caihcriiifc de Médicis. Le flls du cunnéiable Anne de Montmore nef et le prince de Condé dUme part , deux Allés d'honneur de

(1) Le Siège de Metz *p»r t empereur Ctarfet V, eu Van 1^52, par Bertrand de Salif^nac, t. viii, p. &0j de la première série des Mémoires relatifs à l'Imtoire de France pubUés par MM. Hlchaud et Poujoulat.

la reine et la maréchale de Saint-Andrë de Tautre, en sont les acteurs principaux.

Quant à la premièrei je citerai une relation manuaerite qui en réâumeparfaitenieiit tontes les circonstances principales :

« L'une des avantures les plus singulières r{ui arrivèrent sous le règne deHenry second, est sans difficulté celle de la demoiselle de Piedhe.Ëile s*appelloit Jeanne de Halluie, demoiselle de Pienne, et à régé dé treixe à quatorze ans elle fut passionnément aimée dé Fraueota de Montmorency 4 Ois aîné du eonnestablte Anne de Mdntnlbrency . La demoiselle étoit aidrs fille d'honneur dé ta reine Gatfaerine de Médicid, et si el!e écduta trop favorablement son amant^ on le doit plutôt imputer au malheur attaché aux filles d'honneur de cette reine» à qui ce nom eonvettoit très- peu, qu*à la (oiblesse de cette pauvre fille.

» Le duc de Montmorency étant donc épris des char* nies de la demoiselle de Pienne, et pressé par sa passion» luy fit une promesse de mariage tons en rien dire à son père le connestahle, ni à sa mère^ tant il craigndit qu'ils ne s'opposassent à son dessein. Il n*y a point d'apparence qu'ils y eussent jamais consenti, quoique cette demoiselle fût d'une naissance très-illustre, et que sa beauté et sa vertu la rendissent recommandable. Mais il y eut une raison particulière qui les poussa à former des oppositions éclatantes à cest engagement, c'est que Henry second voulut bien que Diane de France, sa fille naturelle et de la duchesse de Yaleulinois, qui étoit alora veuve du duc de Castro, épousât l'auiaat de la deuioiselle de Piennc. L'ambition du cunnciïUbie truuvoit trop son compte dans ceste alliance pour luy permettra de souffrir que rengagement de son fils ahié passast pour bon. Il mit donc tout en œuvre pour le faire rompn*,

et se trouvant alors auprès de Henry seeond dans la plus grande faveur oA jamais sujet s'etolt vu auprès de son roy, il fit coronieneer les procédures par Tintermgatoîre des deux amans, qui fut fait au Louvre le dnq octobre mil cinq cent cinquante-six, que Jeanne de Halluie, dite la demoiselle de Pienne , la première appelée , répondit qu'elle élolt âgée de dix-neuf à vingt ans, et qu'il y avoic cinq ou six ana que messire François de Montmorency luy avoit parlé de mariage au palais de Paris, ou à Suint* Germain, où leurs propos furent qu'il la prenoit à femme ; elle répondit qo*elle le prenoit â mary. Bien dit qu'auparavant il luy en avoit autrefois parlé, mais ne le vooloit accepter parce qu*e11e le voyoit fort jeune et aussi qu*eile craignoit que monsieur le connestable le trouvât mauvais. A quoy il répondit qu'il attendroit si long^temps , et qu'il luy seroit si obéissant, qu'il le luy ferait trouverbon : et ajouta laditte demoiselle qu'elle ne l'eut point déclaré si ledit sieur de Montmorency n*en eut parlé, â cause du mariage de madame de Castro. Elle dit encore qu'elle n'avoit receu aucun don ny présent en nom de mariage, et que tout s'étoit passé en paroles, sans témoin et sans qu'elle en eut parlé à aucun parent; qu'il luy avoit écrit durant sa prison, mais qu'elle avoit brûlé ses lettres : qu'il en avoit continué les propos depuis son retour, et mémement en l'abbaye de Vaulnysaut, dernièrement qu'il y étoit : et même le jour d'hier, au logis de monseigneur le connestable, il luy répéta lesdits propos et la pria de ne se fâcher point. Elle ajouta ne sçavoir que ledit mariage fut clandestin et deffendu, et qu'elle pensoit bien qu*il put se marier, quoiqu'il cul père et mère, paroe que te mariage est i\v Dieu, et les cérémonies de TÉglise. Au surplus, elle s'en rapporta au sieur de Montmorency et signa sa réponse.

» Celle de ceseignenr fut toute pareille et, après avoir dit élre dgé de vingt- six ans, il avoua tout, juBt|u'A luy avoir encore promis le soir précédent de Tépiiuser, en lay pariant de la peine où il étolt, sinon qu'étant enqois si, ayant père et mère, il ne sçavoit pas quHI ne pouvoit contracter mariage sans leur consentement, il dit que fjnant il fit cette folie-là il ne considéroit pas toutes ces choses, et que Tâge ne le portoit pas ; et que si il avoit à le faire à cette heure il y penserait davantage.

» Ces dépositions furent envoyées à Rome avec tout ce qo*on put ramasser d'autorité de rÉcriture-Sainte et des Pères contre les mariages faits sans le consentement des parents, et le pape receut le tout assez hénignement, fit un grand accueil au sieur de Montmorency et luy promit d'abord toute satisfaction.

» Le connétable de Montmorency porta le roy à employer tous les moyens imaginables pour faire déclarer nulle la promesse que la demoiselle de Pienne pouvoit alléguer. Cette affaire devint la plus grande de la chrétienté par le concours des desseins que le pape Paul quatre avoir de pratiquer Talliance de celte fille de Henry second, veuve de son petit- fils, avec un autre Italien, son neveu. Ce seul intérest du pape fit toute la difficulté de la dispense que Ton demanda, et que le jeune Mont* roorency étoit allé solliciter en personne.

» Le pape retint long- temps à Rome François de Montmorency, le remettant de congrégation en congrégation, jusqu'à tant que, ce jeu étant découvert, et le roy et le connestable frustrez de leur espérance de son côté, ne voulant pas avoir le démenti d'une chose qui n'avoit éclaté qu'à leur désavantage, ils firent dresser un édit fait exprès, et qui fut publié et vérifié, par lequel les mariages clandestins furent déclarez nulz : et d'antre

part on le servit de raiilorité pour Mre quitter prife i la pauvre demoiselle de Pienne , qiron enferma an eouvent dea Fiilce-Dico et qui, dans la crainte d'être pina maltrailée, et dans le déaeapoir du aucoèa dé eea eapérancee, se laissa encore peranader que le aieur de Motit^ moreney avoit eu une dispense du pape.

M Rien n^éloit plus propre au dessein du pape qtiede pouvoir dire que la demoiselle de Pienne refbeolt de consentira la dissolution de son mariage. Affln donc de le déaarmer de ce côté- là ^ oh se mnnit d*un boB acte par lequel II paroissoit qu'elle n^avoit nulle préffention sur le sieur de Montmoreney. Pour obtenir une semblable déclaration^ il fallut faire accroire à la demoHelle de Pienne que le pape avoit déjft accordé la dispoose* C'est pourquoy son galant ne fit point de scrupule de luy écrire ceste fausseté. Yoicy sa leUrC) elle est ati^i sèche que les billeu qu'il luy éerivoil préoédemment étolent doui et tendres.

« Mademoiselle de Pienne,

M Ayant connu Terreur où ]e suis tombé êana y peu- » ser, et étant déplaisant d'avoir offensé Dieu , le roy, w monseigneur et madame le connétable, ]*ai f^it en-

• tendre à nbtre saint Père le pape comme les choses se

• sont passérs enire nous deux, et demandé de cela par* M don à sa lalnteté. Lequel m'a, de sa bonté et clémence, » accordé, et, en tant que de besoin, m'a dispensé pour tf me remettre en ma première liberté ; dont ]'ay bien I» voulu vous avertir. Et aussi pour nous 6ter tous deut n hors des malheurs et peines où nous sommes, je me

• départs de toutes tes paroles et les promesses de ma

• riigequt sont pâmes entre uous deux, deiqueilM» » par ladiite dispense, nous demeurons décharge! ; et » voue en qutUe» en vous priant de faire le sembla* » hie à mon endroit et prendre tel autre parti pour » votre aise que boa vous semblera; ear Je suis résolu n n*avoir jamais plus grande, ni plus particulière cohk « munieation ni iiitelligenee avec vouai non pas qne)e » ne vous «ye en e«time de sage et voFtoeu^e demoiselle, a ot de bonne part ; mais pour satisfaire à mon devoir, » et éviter les malheurs et inconvéniens qui noue en » f)Ourroient avenir; et surtout pour donner oeeaaioii à » Sa Ma|eaté et à mes dits sieur et dame d'oublier Tof* » fenae que je leur ai faite, tant pour la réparer que peut » essayer m« rendre digne de leur bonne grAee, que pour

• satisfaire à ee que je leurs duis par eommandemeni » de Dieu, auquel je supplie, mademoiselle de Pienne, » voua avoir en s{i saincte et digne garde. De Home, ee » cinq février mil cinq cent cinquante^aix. Celuy que » vous trouverex preft k voua faire service,

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