‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 113 sur 181 · SUR LES BOURBONS · texte numérisé non relu

SUR LES BOURBONS

Des satires assez violente», soit contre les défenseurs de la religion catholique, soit contre les huguenots, commencent la série des chansons relatives à cette pé« rîode. La première, qui est l'œuvre d*un évéque et de deux poêles célèbres du xvi* siècle, renferme des aUu« sions profanes à la doctrine des différenls pères de TÉglise, mais principalement aux discours et aux ouvrages des docteurs les plus connus dans les premiers temps de la réforme. Cette pièce fut composée à propos du fameux colloque de Poissy, dans lequel, comme chacun sait, les opinions les plus opposées furent émises par Théodore de Bèze, Claude d*£xpense et les cardinaux de Lorraine et de Tournon (1). Le Laboureur, dans ses Additions aux Mémoires de Castelnau (t. i , p. 785), a imprimé plusieurs lettres de Catherine de Médicis qui donnent au sujet du colloque de Poissy des détails fort curieux. Le Laboureur ajoute quelques réflexions au sujet des principaux docteurs qui s'y firent remarquer.

« Les Huguenots, dit-il, abusans de leur sauf-conduit, » publioient tous les jours de nouveaux avantages de » leurs ministres, tant que dura le Colloque de Poissy, » jusques à faire courir faussement des articles qui leur »cstoient accordez, afin d'entretenir le petit peuple » dans leur créance et de mettre les Catholiques en

[\) Voyez Anqiietll, Etprit de la hUjuey 1. 1, p. 101 ei sulv.

• doote. Avec cela, ils dUputoient avec une insolence » extrême, et traittoient bos myalères les plus sacrei avec » une inculte qui donna tout sujet à la Reine d'avoir con-

• fusion du péril où elle avoit exposé la Foi Gatlioli(|ue. » Mais, comme il étoit dangereux de rompre tout à M coup ce Colloque , elle ût adroitement de rendre la » dispute moins publique et d'en exclure tous ceux qui y venoient avec chaleur de Tun et de Tautre party, pour » accroistre plutôt que pour terminer les diii6reos. Il

• fut résolu par son ordre et arresté par escrlt, le der^

• nier Jour de septembre, qu*on choisirolt cinq tent m Evéques que Docteurs, et que les Huguenots eenvien-

> droient d*un pareil nombre de leurs Prédicans, pour » continuer la conférence. Les députés catholiques tù-

> rent Jean de Mont lue, évesque de Valence, et JHerr$

• du fTi/, évéque de Séez, et les docteurs Desptneêt » Salignae et Bouteiller; et les Huguenots nommèrent » Pierre FermeU dit Marîffr, nèôdarê dé Benê^ Sauie »qui, comme je croy, est ee ministre italien qu*on avoit

• mandé de Zurich ; Marlorat et d'£ipina, tous minis- » très, et des plus fameux, de la nouvelle opinion. Et » sur ce sujet les hérétiques firent ces huit vers :

» Messieurs de Valence et de Séey » Ont mis les papistes aux ceps, » Salignae, Bouteiller, Despence, M Pour servir Dieu quittent la pauce.

H Marlorat, de Be^e, Martyr » Font mourir le pape martyr, »Saul, Merlin, Saint-Fol, Spina M Sont marris qu^encore pis n^a (1). »

(1) Mémoire^ de Michel de CasUtnaUt t i« p. 137. Les détail* donnés ici par Le Laboureur sont extraits des ilémoht* dr (;o/i.<<', 1. 1, p. 5d« Jotirnal de Bnitnrd,

On retrouvera dans la chanson de Tévéqne de Riei le nom de tous ces commissaires ; les tins et les autres y sont également Tobjet de quelque rainerie. Cette chanson ne fut pas la seule pièce satirique en vers composée au tHJet du colloque de Poissy. On trouve dans les Mémoires dtt prince de Coudé (t. S, p. 5i9) les pièces sui-* vantes, doiit je ne rapporterai id que le titre : « Siw êomiéU dt r«a#emMée de$ prélaiê de France U éti mi* miêtrei 4e la parole ëe Dieu, tenue d P9i$êy Van 1961, avec une reepo^e deêioumex ëe la Saintie-Seerip' ture et appliquez d moquerie en faveur des ëiclx prélats, par une nonnain jacopine du dict Poitsy, »

La chanson contre le sacrifice de la messe est uue des satires les plus violentes et les plus audacieuses qui aient été écrites en aucune langue. Jamais le mépris des saints mystères ne fut poussé plus loin. On peut juger par cette pièce de la témérité des réformateurs. Comme on doit le penser, une pareille satire ne porte aucun nom d'au^ teur. L*ongtnal, imprimé à Lyon en 1562, se compose de quatre feuillets petit in-8<*. Le duc de La Valliére en possédait un exemplaire; il était relié en maroquin vert avec d'autres pièces sur le même sujet (1). Un autre exemplaire avec Técusson de lord Blaodfort, et ayant appartenu à Richard Heber, fait partie du cabinet de M. Auguste Veinant à Paris.

La troisième chanson, relative au massacre de Vassy, est fort intéressante. Composée en faveur du duc de Guise, elle contient Tapologie de cette sanglante expé^ dilion, dont leduc lui-même chercha toujours ft s'excuser. Cest Tœuvre d'un certain poète fort inconnu de nos

(1) Cauddgtte des livret de la blbliotiièque de feu M. le dut

de La Valliére, etc.; par H. de Bure; 3 vol. in-S*. PariS; 1783, t. n, p. 807; n- 3197.

jours et qui parait avoir cousacré ses vers à Gélâ>rer les triomphes des soldats catholiques conlre les huguenots. Cette pièce fait partie d'un volume dont le titre seul indique les opinions professées par Tauleor :

« Jleeueil de plunews helies ehanêong spiritueileM faieteê et composéeê contre le$ rebelltê et perturba-' teurs du repoê et transguUUé de ce royaulme ae France, atec plusievre autreê chansom des tieloireê qu'il a pieu d Dieu de donner d noetre trèi-ckregiien roy Charlee IX* de ce nom; par Chriêtofic de Bout'^ deaux. »

Ce petit volume de quatre*vingt-sei2e folios contient soixante et onze chansons , presque tontes consacrées aux événements qui ont signalé la lutte des huguenots et des catholiques pendant le règne de Charles IK. Elles sont à la louange de ces derniers et remplies d'insultes grossières contre les partisans de la religion réformée. Ou peut voir dans nos indications bibliographiques le titre et le sujet de chacune de ces pièces; on y remarquera la septième, qui commence par ces deux vers :

Cessez voz grands saults, Maêtins huguenots ;

et plusieurs autres encore qui sont toutes dans le luéme style. Outre le nom de Chrisiofle de Bordeaux, place en tête de ce volume, on trouve au folio 64, verso, celui de I^egier Bontemps. Les compositions de celui-ci sem* blent s'arrêter au folio 70, et les onze pièces qui terrai* nent ce recueil sont anonymes; elles ont aussi rapport à divers événements du règne de Charles IX : la dernière des chansons de Christofle de Bordeaux célèbre la mort de Louis de Bourbon, prince de Coudé, et se termine

par les deux quatrains suivants^ dont le premier a été souvent cité :

L'an mil cinq cent soixante-neuf.

Entre Coignac et Chasteauneuf, Fut porté mort, sur une anesse^ Ce grand ennemi de la messe.

L^an mil cinq cent soixante-neuf En Grève, devant Thostel neuf De la ville, sans guère attendre, Croquet et Gustine on veit pendre.

Les trois chansons sur les francs- archers et les corporaux sont la satire de ces anciennes compagnies tombées en désuétude, dont les membres ne pensaient plus qu'à jouir des privilèges attachés à leur titre et étaient presque tous incapables de servir activement à la guerre (1).

Quant à la chanson sur le prince de Condé , c'est un éloge de ce grand capitaine; il fut, comme chacun sait, le chef du parti huguenot jusqu'au jour de sa mort. Dans celte chanson on lui attribue tout Thonneur de la bataille de Dreux , à la fin de la quelle cependant il fut fait prisonnier. Celte pièce est surtout remarquable par la plaisanterie malicieuse et la mordante épigramme dont les papistes et les amis du duc de Guise sont les objels ; ce dernier est même accusé de s^étre caché dans une grange pour ne soustraire à ses ennemis : mais ce sont des allégations calomnieuses que les écrivains de chaque parti n^ont jamais manqué de se prodiguer. Le dernier

(1) On peut consulter à ce sujet les Recherches historiques sur l* ancienne gendarmerie françaiscy par M. *** (le vicomte d*Alal« de Corbtt). Avignon, 1790, in-12, p. 115.

couplet fait allusioii à la mort de M. de GaîM, asaKsioé d un coup de pistolet devant Orléans i>ar Poltroi àm Merey ; on y parle aussi de la paix que le roi donna à U France, mais qui ne fut pas de longue durée. A propos de cette paix on fit les trois couplets de : Baurhon, darmez ; pour reprocher aux deux princes Louis de Bourbon et Henri de Navarre leur indifférence.

CHANSONS

sua POLTHOT,

t»UA l'gNTJBMIBIISNT MJ PUC DB «lîfiiB,

sua MAaCBL,

PRÉVÔT DBS MARCHANDS;

SUR UN CORDELIEA,

SUR LA MORT DU PRINCE DE CONOé;

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