‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 114 sur 181 · ET DE MARIE DE CLÈVBS · texte numérisé non relu

ET DE MARIE DE CLÈVBS

PRINCKâttS DE OOMUé.

L'iiiwassiiiat du grand doc de Guise doit être considéré comme Tun des événements les plus importants qui aient signalé les guerres religieuses du xvi« siècle. Cet assassinat fut justement reprocké aux buguenols, et augmenta beaucoup la cruauté avec laquelle les deux partis agissaient Tua contre Tautre. Bien que cet événement se soit passé le jeudi 18 février 156S, j'ai laissé U chanson sous Tannée 18A6, puisque Taifteiir rap|)flle uii \aude\ ilie d*anuiversaire.

Il est factte àê 8*aperc«Toir qa'im parttoaE de la réforme est auteur de ces couplets, auxquels on a douDé le ton et la marche des complaintes populaires.

Si les protestants chantaient des cantiques comm^moratifs en Thonneur de leurs héros, les catholiques^ d*autre part, ne manquaient pas de célébrer la mémoire des chefs qui succombaient en les défendant. La mort tiolente et imprévue du duc de Guise a été le sujet de plusieurs chants. Ainsi je trouve au nombre des pièces anonymes de la troisième partie du recueil composé par Chriêtofle de Bordeaux^ la suivante : Chant nouveau du dueit el funèbre fkict à Paris d l'entrée du eorfê de M. de GuUe. Sur les Adieux de la royne d'Eepaigne, De plus, je reproduis une complainte populaire faite, dit-on, à l'occasion du convoi du duc de Guise. La Place , qui a inséré cette complainte, t. iii, p. 347 de son Âeeueil de piéceê intéressantee , la qualifie de chanson des rues. Une singularité digne de remarque, c'est qu'elle semble avoir servi de modèle à la célèbre chanson de ; Maltrough s'en ta-ten guerre y dont elle renferme plusieurs couplets entiers. On savait déjà que Tair de Malbrough est bien antérieur aux paroles, la complainte sur le duc de Guise prouve que ces paroles ont été aussi en grande partie prises dans d'autres chants populaires.

Je ne cite que pour mémoire les deux premiers couplets de la chanson de Mailre Hugonity cordelier sor- •toniite, dont le texte complet se trouve dans le premier volume du recueil manuscrit de M. de Maurepas. Cette pièce fort spirituelle, est beaucoup trop libre pour pouvoir être reproduite en entier.

L'auteur de la complainte de madame la princesse de Condé appartenait évidemment an parti catholique. Ce nVsl pas, dn reste, la seule pièce que la mort imprévue

de Louis de Bourbon ait inspirée, et Christofle de Bordeaux loi avait consiicré la dernière des chansons qui portent son nom.

Je n'ai aucune observation particulière à consigner au sujet de la chanson sur le mariage d'Elisabeth d'Aotriche et du roi Charles TX. Cest un récit curieux et fidèle des cérémonies qui furent foites à cette occasion.

La pièce Intitulée : Marcely prêtait des marahandSy a été composée vers cette époque terrible signalée à Jamais par le massacre de la Saint-Barlhélemj. Dans le recueil manuscrit de Maurepas, où elle se trouve, cette chanson est datée, mais à tort Je crois, de Tannée 1866. Claude Marcel, marchand -orfèvre sur le Pont-au- Change à Paris, après avoir été échevin en 1557 et 1569, fut élu prévôt des marchands le 81 du mois d^août 1564; mais il n'exerça celte charge qu'en 1570, époque à laquelle il faut reporter cette chanson. Dans le cinquième et le huitième couplet les plus fameux soutiens du parti catholiciue sont nommés. Parmi eux on distingue Hotman, Tauteur du Franeo-Gallia ; Hugonis, si bien chansonné précédemment ; jdubry, curé de Saint-André des-Arts, ce ligueur célébré plusieurs fois par les auteurs de la Satyre Menippée (1) ; Figor^ ce prédicateur si zélé pour la cause royale (9), et quelques autres qui ont marqué dans les événements de cette époque. Cette chanson, venant de la part des catholiques, ressemble aujourd'hui à une menace de vengeance qui ne devait pas tarder à recevoir son exécution.

(f ) Voyez la Satyre Menippée, édit. de Le Ducbat/t. i, p. 55 et 575.

(2) Voyez De la démocratie chez les prédicateurs de la Ligue, par M. Cti. Labitte : p. \t.

Ou retrouve le même caraclère, maïs à un point bien plus remarquable encore, dans la chanson suivante, dirigée ouvertement contre les huguenots. Certains couplets de cette chanson sont tellement en rapport avec les événements qu'on a peine à croire à ce qu'elle ait pré* cédé Tépoque fatale de la Saint-Barthélémy ; et cependant des faits qui y sont allégués, dans le troisième couplet, par exemple, le prouvent évidemment.

Les deux chansons sur la mort de Marie do Clèves, princesse de Condé, et sur celle de Charles IX rappellent deux événements dont le peuple a été vivement frappé, et qu'il a consacrés par une complainte. Henri de Bourbon , fils aîné de Louis , dont j'ai parlé précédemment, avait épousé toute jeune encore Marie de Clèves, fille pufnée de François de Clèves, premier du nom, duc de Nevers, et de Marguerite de Bourbon -Vendôme. Le mariage avait été célébré à Blandy , près Melun , au mois de juillet de Tannée 1072. Le 50 octobre 1574, cette princesse mourut en couches i Paris (1).

Bien qu'on puisse en être surpris quand on songe aux événements tragiques de son règne, Charles IX a été sincèrement pleuré par une grande partie de ses sujets. On n'a pas oublié la maladie affreuse dont ce prince mourut. Tourmenté depuis plus de trois mois d'un horrible flux de sang , abandonné des médecins , qui avaient déclaré que Dieu seul était souverain en de telles maladies, Charles IX resta avec deux gentilshommes et sa nourrice. « Le roy commence à luy dire, > jettant un grand soupir et larmoyant si fort que les » sanglots luy interrompoient la parole : Ah ! ma nourj> rice! ma mie, que de sang et que de meurtres ! Ah !

(1) Père Anselme, Bistoire généalogique de la maUon de France, 1. 1, p, J35.

« r|iie ïny eu un meffchant conseil ! O mon Dieu ! par-

» donne-les-moi et me fais misérioorde, 9*il le plaît

» Alors sa nounioe luy dit : Sire, les neortrte et la » sang soyeut sut la tète de ceui qui vous les ont fiiic| » faire et sur Tostne meschant conseil] mais de Toas^ » sire, vous n'en poovez mais (1). »

Ces paroles , rapportées par L'Estoile , qni les avait entendu dire publiquement , prouvent que Charles IX n*était pas dans une aussi grande eiéeration qu'on se riroagine vulgairement.

CHANSONS

8I7R LB SIÈGE DB LA ftOCSELLB,

DB LA VILLE d'ANVBBS

Page 1