COXTBE LA MILICE BOURGEOISE
1 Un Corporeau fait ses préparatifs Pour se trouver des derniers à la guerre ; S'il en eut eu il eut vendu sa terre, Mais il vendit une botte d'oignon; Yiragon, vignette sur vignon.
a Un Corporeau, avant que de partir, Dévotement fait chanter une messe Et si voue à sainte hardiesse De n'assailler jamais que des oysons ; Yiragon, vignette sur vignon.
5 tJn Corporeau bravement se monta D'un asne fort qui portoit la poirce ; Et son varlet d*une pecque escrouppée, Pour son sommier il print le poulie hon ; Yiragon, vigucite sur vignon.
4 Un Corporeau grève et cuissots avoit Bien façonnez d'une longue citrouille, Clouez de bois qui jamais ne s*enrouille. Un plat d'estaiu il priut pour son plastron, Yiragon, vignette sur vignon.
tf Un Corporeau des gantelets avoit.
Dont l'un étoit fait d'ozier et d'eclisse; Pour Tautre il print une grande ecrevisse Et meit la main dedans le croupion ; Yiragon, vignette sur vignon.
6 Un Corporeau en son escu portoit Le rouge et blanc de la somellerie ; D'ongles de porcs sa lance étoit garnie, £t sa devise étoit : Nous enfuirons;
Yiragon, vignette sur vignon.
7 Un Corporeau une arbaleste avoit D*un vieil cerceau d'une pipe rompue ; Sa corde étoit d'estouppe toute écme, De bois tortu étoit le vireton ;
Yiragon, vignette sur vignon.
8 Un Corporeau une harqtiebuze avoit D'un frane sureau cueilly de cette année. Son flasque étoit d*une couine esoomée Et les boulets de navets de maison ;
Yiragon, vignette sur vignon.
9 Un Corporeau sa brigandine avoit
De vieux drapeaux et de vieille feraille ; Et si gardoit pour un jour de bataille Un vieil estoc d'un vieil fer d'Arragon ; Yiragon, vignette sur vignon.
iO Un Corporeau à la montre 8*en va; Il a prié monsieur le commissaire De lui passer sa jument et son haire, Et de Tadvouer pour vaillant champion ; Yiragon, vignette sur vignon.
il Un Corporeau an trésorier s*en va :
Morbieu, sangbieu puisque le roy me paye , Despechez-vous de me bailler ma paye Et me comptez des escus ou testons ; Viragon, vignette sur vignon.
12 Le trésorier à la bourse fouilla
Et lui a dit : Corporeau, vaillant bomme, Contentez-vous^ tenez, voilà en somme Quarante francs en merceaux et jettons ; Viragon, vignette sur vignon.
15 Un Corporeau retourna en sa maison ; A son retour ses voisins il convie, Leur dit : Voyez, je sais encore en vie, Gardé me suis de ses coups de canon ; Viragon, vignette sur vignon.
14 Un Corporean à ses voisins compta Qu'il avait eu contre un Reistre querelle, Et toute fois qu*à grands coups de bouteille Il Tavoit fait venir à la raison ;
Viragon, vignette sur vignon.
15 Un Corporeau à ses amis jura Ne retourner jamais à la bataille,
Si pour s'armer n*avoit une muraille Cent pieds d^espais et un voulge aussi long ; Viragon, vignette sur vignon.
16 Un Gorporeau defant Dien protesta
Que , pour la peur qu'il avoir de combattre. Il aimoit mieux chez lui se faire battra Que dt chercher si loing les horions; Viragon, vignette sur yignon.
CHANSON
DES CORPORIAUX.
i Le sire Girard bien armé S'étoit tout le corpe enfermé Dans une vieille brigandine ; Et de peur de ses eniiemys, Une salade il avoit mis Par-dessus sa teste badine.
3 Au lieu d'un pourpoint despouiilé^ Il vestit le fer enrouillé D'un halecret fait à la Suisse; Et dedans du fer, par deux fois, 11 enferma ses bras, ses doigts, Son cul, sa brayelte et sa cuisse.
5 Puis, comme un gendarme inhumain^ Il print la haquebutle en main^ En Tautre main uoe rondelle; En la ceinture qu'il portoit
Une arbaleste lui pendoit Pour aller à la sentinelle.
4 Quand il eut marché plus avant, Il sentit siffler un grand vent
. Qui lui met au nez la roupie.
Lors il s'efforce de Tavoir; Mais ne se pouvant remouveoir, Claquetaot des dents, il s'écrie :
5 He ! mon compère Corporiau, Le ventre m'y coulle comme ïau, £t le nez comme la rivière.
Mouche moy, j« te moucheray ; Je suis armé ; ou bien j'yray Appeler nostre ménagère.
VU
CHANSON