‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 119 sur 181 · COXTBE LA MILICE BOURGEOISE · texte numérisé non relu

COXTBE LA MILICE BOURGEOISE

1 Un Corporeau fait ses préparatifs Pour se trouver des derniers à la guerre ; S'il en eut eu il eut vendu sa terre, Mais il vendit une botte d'oignon; Yiragon, vignette sur vignon.

a Un Corporeau, avant que de partir, Dévotement fait chanter une messe Et si voue à sainte hardiesse De n'assailler jamais que des oysons ; Yiragon, vignette sur vignon.

5 tJn Corporeau bravement se monta D'un asne fort qui portoit la poirce ; Et son varlet d*une pecque escrouppée, Pour son sommier il print le poulie hon ; Yiragon, vigucite sur vignon.

4 Un Corporeau grève et cuissots avoit Bien façonnez d'une longue citrouille, Clouez de bois qui jamais ne s*enrouille. Un plat d'estaiu il priut pour son plastron, Yiragon, vignette sur vignon.

tf Un Corporeau des gantelets avoit.

Dont l'un étoit fait d'ozier et d'eclisse; Pour Tautre il print une grande ecrevisse Et meit la main dedans le croupion ; Yiragon, vignette sur vignon.

6 Un Corporeau en son escu portoit Le rouge et blanc de la somellerie ; D'ongles de porcs sa lance étoit garnie, £t sa devise étoit : Nous enfuirons;

Yiragon, vignette sur vignon.

7 Un Corporeau une arbaleste avoit D*un vieil cerceau d'une pipe rompue ; Sa corde étoit d'estouppe toute écme, De bois tortu étoit le vireton ;

Yiragon, vignette sur vignon.

8 Un Corporeau une harqtiebuze avoit D'un frane sureau cueilly de cette année. Son flasque étoit d*une couine esoomée Et les boulets de navets de maison ;

Yiragon, vignette sur vignon.

9 Un Corporeau sa brigandine avoit

De vieux drapeaux et de vieille feraille ; Et si gardoit pour un jour de bataille Un vieil estoc d'un vieil fer d'Arragon ; Yiragon, vignette sur vignon.

iO Un Corporeau à la montre 8*en va; Il a prié monsieur le commissaire De lui passer sa jument et son haire, Et de Tadvouer pour vaillant champion ; Yiragon, vignette sur vignon.

il Un Corporeau an trésorier s*en va :

Morbieu, sangbieu puisque le roy me paye , Despechez-vous de me bailler ma paye Et me comptez des escus ou testons ; Viragon, vignette sur vignon.

12 Le trésorier à la bourse fouilla

Et lui a dit : Corporeau, vaillant bomme, Contentez-vous^ tenez, voilà en somme Quarante francs en merceaux et jettons ; Viragon, vignette sur vignon.

15 Un Corporeau retourna en sa maison ; A son retour ses voisins il convie, Leur dit : Voyez, je sais encore en vie, Gardé me suis de ses coups de canon ; Viragon, vignette sur vignon.

14 Un Corporean à ses voisins compta Qu'il avait eu contre un Reistre querelle, Et toute fois qu*à grands coups de bouteille Il Tavoit fait venir à la raison ;

Viragon, vignette sur vignon.

15 Un Corporeau à ses amis jura Ne retourner jamais à la bataille,

Si pour s'armer n*avoit une muraille Cent pieds d^espais et un voulge aussi long ; Viragon, vignette sur vignon.

16 Un Gorporeau defant Dien protesta

Que , pour la peur qu'il avoir de combattre. Il aimoit mieux chez lui se faire battra Que dt chercher si loing les horions; Viragon, vignette sur yignon.

CHANSON

DES CORPORIAUX.

i Le sire Girard bien armé S'étoit tout le corpe enfermé Dans une vieille brigandine ; Et de peur de ses eniiemys, Une salade il avoit mis Par-dessus sa teste badine.

3 Au lieu d'un pourpoint despouiilé^ Il vestit le fer enrouillé D'un halecret fait à la Suisse; Et dedans du fer, par deux fois, 11 enferma ses bras, ses doigts, Son cul, sa brayelte et sa cuisse.

5 Puis, comme un gendarme inhumain^ Il print la haquebutle en main^ En Tautre main uoe rondelle; En la ceinture qu'il portoit

Une arbaleste lui pendoit Pour aller à la sentinelle.

4 Quand il eut marché plus avant, Il sentit siffler un grand vent

. Qui lui met au nez la roupie.

Lors il s'efforce de Tavoir; Mais ne se pouvant remouveoir, Claquetaot des dents, il s'écrie :

5 He ! mon compère Corporiau, Le ventre m'y coulle comme ïau, £t le nez comme la rivière.

Mouche moy, j« te moucheray ; Je suis armé ; ou bien j'yray Appeler nostre ménagère.

VU

CHANSON

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