SUR LE MASSACRE DE VASST
Chanton à la louange de moneieur de GMyse^ et du diicoun
/ait à Vauy, tur le chant :
Nous auroni on nouveau roy, très-beau par excellence.
1 Honneur et salut à Dieu Et au roy nostre sire, Qui nous a en ce bas lieu Si bien gardez de Tire
Des Huguenaux
Remplis de maux, Qui nous vouloyent oecire ;
Un jour viendra
Qu'on les fera Trestous crever de rire.
2 Nous avons un bon seigneur En ce pays de France, Et prince de grand honneur, Vaillant par excellence,
Et très-humain,
Doux et bénin, Cest le bon duc de Guise :
Qui, à Vasay,
Par sa mercy, A défendu TÉglise.
5 Le premier jour du moys de mars, Qui estoit le dimanche, Les Huguenaux de toutes pars Se mirent eu une grange,
Pour y prescher
De manger chair, Quatre-temps et caresmes,
Et du lard gras
Comme les rats Quand ils se trouvent à mesmes.
4 Ainsi qu'à la messe estoit Le bon prince de Guise, Que le prestre se vesloit Pour chanter à Téglise, Les Huguenaux, Infaits crapaux,
S'en vont sonner La presche Qui, en ce lieu, Service de Dieu Et saincte Église empeschent.
5 Monsieur de Guise parla, £t dit aux gentilshommes :
Allez-vous-en jusque-là, £t leur dit en somme
Qu'ils ayent un peu
Dedans ce lieu Un peu de patience,
Pour rendre à Dieu,
Grâce et honneur £t aussi révérence.
6 Mais ces Huguenaux mauldits
Ont fait tout le contraire, Ont respondu par leurs dits Qu'ils n'en avoyent que faire.
Ils ont frappé
Et molesté Ces nobles personnages :
De leurs canons
Et leurs bâtons Ils leur ont fait outrage.
7 Monsieur de Guise y alla
En grande diligence, Qui de tous ces méchans-là A bien prins la vengence ;
11 a tué La plus part de leur bande ;
Et les laquesls
Par leurs conquesU Ont montré chose grande.
8 Prions à Dieu de paradis Qui nous donne la grâce Que nous soyons en luy unis En despit de leur race;
Qu'au del très-hault
Sans nul défault, Soyons avec les anges;
Que nostre esprit,
A Jésus- Christ Tousjours rende louanges.
CHANSON
DU FRANC ARCHRR.
1 Le franc archer à la guerre s'en va,
Testamenta comme un chrétien doit faire,
Il a laissé sa femme à son vicaire,
£t au curé les clefs de sa maison ;
Yiragon, vignette suz vignon.
â Le franc archer helles armes avoit, L'espée étoit d'une broche tortue, Sa dague étoit d'une cuiller rompue, D*un pot cassé faisoit son morion ; Yiragon, vignette suz vignon.
3 Le franc archer un fort bel arc aroit, De bois pourry. la corde renouée, Sa flesche étoit de papier empennée.
Le bout brûlé servoit de vireton ;
Yiragon, vignette suz vignon.
4 Le franc archer un corselet avoit
De beau fer blanc, les brassars faits de corne, Ainsi armé se regarde et retome :
Sangry, dit-il, me voila beau garçon; Yiragon, vignette suz vignon.
5 Le franc arclier un beau chappeau avoit, De bourre étoit bien Allée et déliée,
Sa chemise sur Tespaule nouée : Toujours le vent lui souffle au crouppion ; Yiragon, vignette suz vignon.
6 Le franc archer belles bottes avoit De paille étoit, de vert ozier liées, Chausses avoit de drappeau dessirées Une lardoire lui servoit d'esperon ;
Yiragon, vignette suz vignon.
7 Le franc archer une jument avoit
De poil fauveau, tant maigre et harassée, Sa selle étoit de paille rembourrée ; Après suivoit son petit poulichon ; Yiragon, vignette suz vignon.
8 Le franc archer chez son hôte arriva : Yertu, morgoy, jerniegoy, je te tue. —
Tout beau, monsieur, nos oysons sont en mue. II Tappaisa d une soupe à Toignon ; Yiragon, vignette suz vignon.
9 Le franc archer à son repas avoit Du lard grillé, du lait clair pour potage , Le plus souvent de Teau pour son breuvage, A son dessert mangeoit un champignon ; TiragoUj \ignette aux vignon*
10 Le franc archer de belle taille étoit, Bossu, manchot, les jambes contrefaites, Borgne et morveux, et jamais sans lunettes, Ayant toujours les mules au talon; Yiragon, vignette suz vignon.
il Le franc archer, preuds et vaillant estoit; Il assailloit fort volontiers les mouches : Suz, disait-il, il faut que je vous touches, Mais une gueppe lui donna Teguillon ; Yiragon, vignette suz vignon.
la Le franc archer revint en sa maison, Bien empesché de retrouver sa rue, Droit sur un pied faisant la grue, Roide de froid étoit comme un glaçon ; Yiragon, vignette suz vignon.
15 Le franc archer tant sa femme chercha, Qu'il la trouva logée au presbytaire, Couchée étoit avecques le vicaire Qui en prenoit sa récréation ; Yiragon, vignette suz vignon.
14 Le franc archer à son vicaire a dit :
Mes qu'ayez fait de ma femme à votre aise, La renvoyer en ma maison vous plaise, Et vous Taurez à la collation ; Yiragon, vignette suz vignon.
15 Le franc archer de Paris se disoit
Fils d'un marchand des bateaux capitaine, Lui corperiau, son oncle porte -enseigne, Et son cousin étoit porte-bedon ; Yiragon, vignette suz vignon.
CHANSON