CONTRE LES HUGUENOTS DE LA ROCHELLE
1 Tremblez, tremblez, vous Rochelois, maintenant, Faites votre testament, Voicy la fin de vos jours; Tu n'auras plus des orgueilleux Absalons Deçà ny delà les monts Aucun aide ny secours. ,
Vive les Valois!
Mais à propos des Angloys Sont-ils pas amys de la France?
Couverte est la mer De canons et gros vaisseaux Pour foudroyer les pourceaux.
a Les Sanserrois ont besoin dans les tonneaux De porter des douces eaux Pour La Rochelle abreuver.
Fy de chagrins, vive liesse et soûlas ! Or il faut noz coutelas Geste fois esprouver.
Sont les plus hardy A la soupe, je vous dis, Que les griffons des montaigues.
Revenez-y plus, Gentils ministres nouveaux, Pour dénicher nos moineaux.
3 J'ai entendu que les loups de Périgueux Ont apprins de grand frayeur Un chant de ramage nouveau.
Les Huguenots se treuvent tant esperdus Qu'Us voudroyent estre pendus, A ce que dit Robineau.
Les renars sont prins; Tenez teste, bons L9rrains, Contre la neutre AUemaigne.
Si les Barragoins Viennent à parler normand.
Adieu Breton bretonnant.
4 A La Rochelle, pour faire les insensez,
La plus part se sont coiffez De chapperons rouges et verts.
J'ay veu forger près la ville de Lyon De pistolles un million, Pour mettre à mort ces pervers.
Malo est venu, Dessus un singe cornu.
En ambassade à Genève.
Si Colin-Tempon Atlrappe les Huguenots 11 s'en vestira de peaux.
5 II est grand bruit par tous les pays chrétiens,
Que les lévriers courons Se sont d'un lieu emparez.
Quand me souvient du jour saint Barthélémy, Nos grands mortels ennemis Furent bientôt séparez ; Ce fut un grand bien, Holàî ne parlons de rien.
Mais que dit on en Turquie?
On dit que le Turc
Adore son Mahomet, Un oyseau luy chie au bec !
6 Quoy qu'il en soit, nous espérons, Dieu aydant, De boyre tousjours d*autant, Après jà fin de discords.
Les Huguenots sont estimez beaux saoteurs. Par dessus les inventeurs.
Italiens légers de corps.
Si les Marrabais N'avoyent point tant de gibets, A leurs pays auroyent prescbe.
Gardez le cordeau, Ministres, n'y allez pas, Où vous passerez le pas.
7 Le cœur me rit d'un compagnon cuisinier Qui préparoit le disner De monsieur, sans dire mot.
En acconstrant un brochet puissant et gros Il y trouva dans le corps La fesse d'un huguenot, Quel morceau friand !
Ceux qui mordent en riant Sont sou ventes fois à craindre.
Approche-toy, Bouvot, Prens la voirre et boy cela, Torche ta bouche et t'en va.
8 Les Rocheîois à Genève ont mandé Qu'ils les viennent seconder ; Mais ils s'en garderont bien; Avant, avant, parlons de nous, à propos.
Si souvent vuydons les pots Qu'à nos bourses n'y a rien,
Changeons d'argument.
Mais que dit-on maintenant Du ministre de Sancerre ?
Sa femme me platt, Elle a le visage beau Comme le cul d'un pourceau.
9 Propos final, voylà les Huguenots cuits ; Plus ne feront tant d'ennui Comme ils ont faict autrefois.
Sus ! sus I bon temps, reprenez votre saison, Amenez vin à foison Pour resjouyr les François.
J'ay vu un chastreux Qui couroit ouvrant les yeux Ainsi comme un bouc qu'on chastre ;
Puis un bon frelot, Aveugle des Qainze-Yingts, Qui dançoit les matasins.
10 Un jour, passant auprès les monts en Hainaux, Trouvay quatre Huguenots Chargez de plusieurs pacquets, Les Limosins bottez de plusieurs sabots, A pied faute de cheveaux Courant plus fort que laquais.
Beze est bien fâchez, Il a le cul escorché D'un cheval de La Rochelle;
Charnage revient; Les femmes, dorénavant, Ne vesseront plus si puant.