‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 124 sur 181 · DE MARCEL, PRÉVOST DES MARCBANDS · texte numérisé non relu

DE MARCEL, PRÉVOST DES MARCBANDS

Vous yrez à la messe.

Huguenots, ou Marcel yendra Ses biens, et de vitesse Hors de France s'en yra.

1 Marcel, parlant avec le roy, Lui a dit : Sire^ par ma Toy,

Bien je le voy, Et si le croy, Que nostre bonne ville S'en va du tout à nonchalloir, Si à ceste évangile Vous ne voulez pourvoir.

Vous yrez à la messe, etc.

2 Quoy, sire ! ne sçavez vous pas Que je vous espargne ducaz

Pour votre cas,

N'étant pas las D'encore plus mieux faire ?

Si vous nous voulez employer.

Jamais n'aurez à faire Seullement d'un denier.

Vous yrez à la messe, etc.

5 Car je sommes pîus de cinq cens Qui avons des ecus comptans Beaux et pesans Et des plus grands, Que pour faire la guerre A ces Huguenots vous vaulrons, Pour les chasser grand erre ; ' Et si j'y aiderons.

Vous yrez à la messe, etc.

Nos cappitaines, corporiaui, Ont des corsellets tout nouveaux Dorez et beaux, '

Et des cousteaux Aussi longs comme un voulge, Pour HuguenoU egorgelter Et une escharpe rouge Que tous voulons porter.

Vous yrez à la messe, etc.

» Dehray, Hotman, Leschassier, Avec leurs cuirasses d'assier, Yront premier Les essayer ; Après yront Dehaire^ Housselet, Ladvocat, Aulry^ Bourgeois et Lahriere, Et Des Prez avec luy.

Vous yrez à la messe, etc.

6 Ho ! sire, entendez ma raison, Je vous pry, car il n'est saison Que nous taisions, Comme un oyson

Ils nous viendront eslandre, Sî ces Huguenots ne chassez Ou les faites tous pendre; A cela bien pensez.

Vous yrez à la messe, etc.

7 Trop longuement j*ons attendu, Ce n*est qu^autant de temps perdu.

On s*e8t rendu, Plus que le deu, Endurant de leur presche.

De leur cène et de leurs sabbats; La mémoire en est fraîche.

Dont nous dirons : Hélas !

Vous yrez à la messe, etc.

8 Seneehal, Hugonii, Figor, Tousjours crient à cri et à cor ; Et si encor Jusque à or Convertir n*ont pu faire Un de ces meschants desvoyés, Que Campant^ mon compère, Qu'auprès de moy voyez.

Vous yrez à la messe, etc.

9 Sire, monstrez vostre crédit.

Faites contre eux un bel édit, Et quUl soit dit, Sans contredit, Qu'ils iront à la messe; Ou nous laissez vendre mes biens.

Car doute avons sans cesse De ces Calviniens.

Vous yrez à la messe, etc.

10 Avec moy cinq cens gros marchans S'en iront demeurer aux champs, Si ces méchants, Avec leurs chants, Ne chassez hors de France.

Plus ne faut supporter leur fait, J^avons la conscience Chargée de leur meffait.

Vous yrez à la messe , etc.

ii Si le duc de Guise eust vécu.

Autre loyer eussent receu, Et on eut veu Et apperceu La papauté remise, En despit de ces Huguenots, Qui troublent nostre église Et tous nos Audi nos.

Vous yrez à la messe, etc.

12 Le roy, voyant Marcel ainsy De grande colère transy, Luy dit : Amy, N'ayez souci, Bon ordre y ferai mettre.

Et vous rendrai trestous conte nts, Car je ne veux permettre Que soyez mal contents.

Vous yrez à la messe, etc.

15 Mes grands amis vous puis nommer, Et je vous doy bien fort aymer, Et renommer Et estimer; Car en mon grand afiaire Cbascun de vous est diligent, Pour grand plaisir me faire, Me prester de Targent.

Vous yrez à la messe, etc.

14 Marcel, pour le remercier, Un hanap de vin tout entier Veut empoigner Pour Tavaller.

Près du roy il 6*approche Et beut aux bons roys trespasses.

Le roy retourne en coche A Saint-Maur-des-Fo8se2.

Vous yrez à la messe, Huguenots, on Marcel Vendra ses biens, et de vitesse Hors France s'en yra.

CHANSOxN NOUVELLE

DES TRIOMPHES ET MAGNIFICENCES FAITS AU HARIAOS DU ROY ET DB MADAMB ISABELLE D*AUTIUCUB

Sur le chant de Bourbon.

1 Genty peuple de France, Qui désirez savoir La grand magnificence, Pour plaisir recepvotr, Qu'il y a peu avoir Au noble mariage De Charles nostre roy, Et la royne très sage.

a En pompe et ordre riche, Sans faire de séjour, Dame Isabel d'Autriche, Le vingt cinquiesme jour De septembre dernier, Arriva à Mezièrs , Son train bien ordonné, En royalle manière.

5 Le roy, dedans la ville, Faisant son plain debvoir Pour de façon gentille La royne recepvoir,

Feit lascher gros canons Menant joyeuse vie ; Trompettes et clairons Sonnoient par mélodie.

4 Devant ceste princesse Humblement s*est offert De marcher en liesse Le comte de Sollert, Prince Daulphin aussy, Et le marquis de Bade, Guyse et Montmorency Avec monsieur d^Âumalle.

ff Monsieur d'Anjoa marclioit D*une noble façon, Goste à coste suyvant Le seigneur d*Âllanson ; Puis Télecteur exprés De Tempire romaine, Tous trois marchoient après Le chariot de la royne.

6 L*évesque de Strasbourg, Homme docte et savant, Selon Tordre de court L^électeur va suyvant, Accompaigné marchoit Du bon duc de Lorraine, Montpansier le suyvoit En ordre souveraine.

7 Lors étant arrivée Dedans ceste cité En belle compaignée, Gomme il est récité.

Rcceue humblement Fut par la royne mère Fort magnifiquement Et en joye prospère.

8 Le lendemain matin, Le seigneur électeur Profferant en latin

Ces propos par honneur, En somptueux arroy Rend ceste royne saige Entre les mains du roy, Gomme en avoit la charge.

9 Lors en triumphe exquise Se prépara le roy

Pour aller à rêglise, Suivant la sainte loix ; Auquel lieu dignement Epousa la princesse, Selon le reiglement De royalle noblesse.

10 Premier, dix-sept rangs Des Lansquenets marchoieut, Vestuz d'incarnat blanc

Et gris ; puis les suyyoient Les Souysses par honneur, Tant du roy que ses frères Portant de leurs seigneurs Les couleurs coutumières.

11 Tabourins et trompettes, Haultbois et violons, D^une haultcur parfaicte Faisoient tantir leurs sons.

Marchoient en bel airoy Les chevaliers de Tordre ; Ceux du conseil da roy Les suyvoient en bel ordre.

12 Monsieur du Puis marchoit En ordre triumphal, De Cheverny et Foys, De Limoges et Lassac, Morvillers, grans seigneurs.

£tle nonce du pape, Puis les ambassadeurs De Venise et d'Espaigne.

15 Les quatre héraults d^armes, Monsieur d'ÂumalIe aussi, Et le marquis de Bade, Avec Montmorency; Puis le prince dauphin Et le sieur de Lon^eville Marchoient pour le certain En triomphe gentille.

14 Le cardinal de Guyse, Montpensieri bref et court, Suivoient selon leur guise L'évéque de Strasbourg.

Marchoient en général Deux personnes prochaines, Monsieur le Cardinal

Et le duc de Lorraine.

15 Deux huissiers de la chambre Portoient les masses d or; De Guise sans attendre, Marchoit d'un même accord,

Qui en son poing portoit Le baston de grand maistre ; Le roi après marchoit Et Télecleur de Trièves.

16 La royne fut menée Par les frères du roy, Et puis la royne mère Marchoit en bel arroy ; Princesses et seigneurs Suivoient par eicellence, Présentant leurs honneurs Au noble roy de France.

17 Le roy vestu étoit En abit excellent;

La robbe qu'il portoit Fine toille d'argent, Brodée richement De perles fort valables, Tant que son vêtement Etoit inestimable.

18 En la même statue Avoit pareillement Une robbe, vestue Fort magnifiquement D'une toile d'argent, Isabelle, noble royne, Ayant un garniment De riches perles fines.

19 Plus d'un manteau avoit Ysabel de haut pris.

D'un beau velours viollet.

Semé de fleurs de lys,

D'or, et bordé partout D'ermioe mouchetée, Votre jusques au bout De fort longue portée.

SO Coronne à l'impérialle Dessus son chef portoit Geste royne loyalle, Comme il appartenoit.

Ainsi honnestement, En ordre fort requise, Vont le sainct sacrement Recepvoir à Téglise.

CHANSON

CONTRE LES HUGUENOTS S01T8 CHARLBâ IX,

PEU AVANT LA 8AIirr-B.\RTH£LSMY.

1 Vous, malheureux ennemy»,

Qui avez rois Sans raison au poing les armes Contre votre prince et roy,

Par esmoy.

Jetez de vos yeulx larmes.

2 Car il vous fera sentir,

3ans mentir.

De son sceptre la puissance, Pour avoir suyvi la part

De Gaspart, Ennemy mortel de France.

5 Lequel bientost s*en ira, Ou sera Pendu à une potence, Paissant de sa chair et peau

Le corbeau, Pour dernière repentance.

4 Après vous serez bas mis

Et bannis.

Ayant de vos biens souffrances.

Vos femmes et enfants pleurront

Et mourront De faim, souillez de Toffense.

5 N'eust-ii pas valu trop mieux

Vivre vieux, Suyvaut l'église romaine.

Que de suivre des nouveaux

Ministreaux, Qui en dannement vous mènent ?

6 Vous font-ils pas trébucher

Et prescher.

Vous preschant la faribolle ; Disant que c'est le vray sens,

Dyre enfans De la divine parolle.

7 Ils ont dict plusieurs fois.

Autre foy :

Arrachons de main armée La tige de la vraye foy,

Et ]a loy Que nos pères ont tant aimée.

8 Et pour cela venir

Et finir De notre cueur rentreprise, Il faut mettre presbtre à mort,

Sans remort De conscience en nous mise.

9 Aussi fault-il de sa main

Sang humain Respandre à grande abondance, Pour mettre en un desaroy

Charles roy, Et tous les fleurons de France.

10 Mais Dieu, qui Ta ordonné

Et donné Pour estre aux Gaulloîs deffanre, Le sauvra bien de vos mains,

Inhumains, Car il est en sa puissance.

11 Et lui baillera le pouvoir

De vous voir Bientost sans nulle conduitte; Car de vos plus grands suppôts

A propos, Tournans doz ont pris la fuitte.

12 Les Réistres voudroient bien.

Pour leur bien,

N'avoir laissé rÂlemaigne, Pour venir voir ce Gaullois

De Vallois, Successeur de Charlemaigne.

15 Ces bélistres Provenceaux

Desloyaux, De soulde prendront avance, Cruelle mort tous d'un coup,

A ce coup, Pour avoir lessé Provence.

14 Gascons et Poictevins

Serons vains, Sans nulle force ou puissance, Pour soubstenir un effort

Du roy fort Qui leur bess'ra Tarrogance.

15 Ainsy ce lys demourra.

Et sera, Par puissance supernelle.

Des rebelles le vainqueur,

De franc cueur, Suyvant vertu paternelle.

16 Prions tous Dieu d*un accord

Sans discord Qu'il nous donne cette année La grâce et le pouvoir

A tous voir L'hérésie exterminée.

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