CHANSON EN DIALECTE POITEVIN
Voici un exemple curieux du dialecte poitevin , que je publie aujourd'hui pour la première fois; c'est aussi Tun des plus anciens , puisque cette chanson fut composée dans les vingt dernières années du xn' siècle. Voici comment je suis panenu à fixer celle r^ate : dans une des chansons écrites à la même époque et sans doute par le même auteur, qui se trouve quelques feuillets plus loin, dans le même manuscrit, au dernier couplet, le poète, faisant Téloge des trois sœurs qui sont au château de Montauri, dit qu'il préfère une demoiselle avenante de Castille, à deux chameaux chargés d'or, et à tout l'empire d'Emmanuel (1). Des deux empereurs d*Orient qui ont porté
(1) Chançons, va à Montaiiri; O les trois belles serors; Que tant mi plaist lor valors , Car en mon cucr les escri Et faz donnes et seifpiors.
lom , un seul peut être celui que Ton désigne Emmanuel Comiiène , qui commença à régner .145 et mourut en 1J80. Or, quand notre chanfut faite , ou cet empereur vivait encore , ou il i mort depuis peu d'années, et son souvenir était i la mémoire des poètes. De plus, la chanson pré - $nte sur la mort du roi Richard se trouve et s le même manuscrit et sur le même feuillet. Elle écrite dans le même dialecte et peut-être par le oe auteur. Or, comme Richard mourut en 1199, D résulte que ces chansons furent composées s les vingt dernières années du xii* siècle, est bien peu de pièces qui portent le èaractère de squ^on va lire ; c^est une ronde avec refrain dont imposition est vraiment remarquable. L'expres- I que Tauteur emploie pour désigner la jeune reine remplie de charmes : il rappelle la regins avril- \e, littéralement la reine d'avril. Le petit drame l met en action, la reine qui s'ennuie et fait ap- T garçons et filles pour venir danser, le vieux qui s'oppose à la joie , mais auquel on préfère jeune bachelier, tout cela est plein de fraîcheur le grâce. Il y a dans cette ceuvre un véritable timent poétique.
9 dois à mes lecteurs, au sujet du dialecte poiteune courte explication. Au commencement du • siècle , ce dialecte était parlé dans le Maine ,
Mais meiiz me plaist de Castele Une avinanz dameseie , Que d'or cargait .II. camel Ou l'empire Emmanuel, lanusc. de la Bibl. Roy. 1989. S. Germ. f lxxxv, rV)
l'AnJttU et une g^'anilft paHi» dii Pûîim. SltiiéM «ir Im data rifft ék la Ldoire, «m |»aniia«i » pur leur poniloiit «pparUnai^iit à h iMVigm d'«o pl«KU qu'à ta tangua d'oil» naîitodaua ta payaauuorct 4» StMTti Malgré tout, ta voiaiuige de ce paya avaa ta N WQani dta d'un c6i6 » ta Touraina al ta Baavy di^ l'aulva» ta dooimtion fraoçaisQ» qui a'y établit fiai^ltaita? MRt d'aliord ai bûl par y p^ngr HMta > fuMM eauaa qn« ta tangua d^» origîiMHveuml pait^^ dam cas prov'umw* a'aU^. Ia tangua 4^1 l'y NiMmdil au i!umraire« mata e)ta oMMrvii tiaimoup dt tra»ea de 84 pmmiiivf fuigina. Tel mi ta nti^èit di- «linaiif du dtalaeta puitaf ip ism* awee ta INu^^ta uaîta ? u Nopmaudta et ta pruvençi^) ty^miiif « i ta aonr dm ouRitas de Poitou.
uic. de la Bibl. noy. tMa t-. S. Gfm, . f lvlix r.
Al entrade del tens clar,
Eya!
Pir joie recomençar
Eya!
E^ pir jalons irritar
Eya!
Yol la regine mostrar K'ele est si ai^Q|«imf .
\lavi,alavie, jaloua»
Las8aznos,la^l^i^Qft Ballar entre nos , enire nos.
Ele a fait (mt tout mandar Eya! ^
Non sie jusq^à la mar , Eya!
Pucele ni bachelar,
k l'entrée do beao temps , Byat poar ramener la pour irriter |f^ jalQ^x, la reine v^i^t contrer ^^*e|le ui l^ipoqreus^.
a, allez, jaloux, laissez-nouj^i W|S«|;|ymg 4Mlir nous» entre nous.
Elle a fait partout mapder Eya 1 qu'il n'x ait jn^qi^'à
Que luit non vengnent dançar En la dance joiouse.
Alavi , alavie , jalons , etc.
Lo reis i yent diantre part ,
Bya!
Pir la dance destorbar
£ya!
Qae il est en cremetar
Eya!
Que on U vuelle amblar ta regine Avrillouse.
Alavi , alavie , jalous, etc.
Mais por neient U vol far
Eya! < K*ele n*a soig de viellart
Eya!
la mer, jeune fille ni bachelier qui ne vienne danser en la danse joyense.
Allez, allez, jaloux ^ etc.
3. Le roi y vient d'autre part, Eya! pour la danse troubler, car il est dans la crainte qu'on ne lui veuille enleyer la reine d'avril.
Allez, allez, jaloux, etc.