‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 131 sur 181 · DBS REGRETS ET LAMENTATIONS DES DAMES D'YSSOIRE · texte numérisé non relu

DBS REGRETS ET LAMENTATIONS DES DAMES D'YSSOIRE

Sur le chant :

Dunea d'honneur, Je tooi prie 4 maioi Jointei, etc.

i SI jamais fat telle pitié aa monde.

C'est dessus nous où tant de mal abonde : Hélas! hélas! que ferons nous, mon Dieu, Ayes pitié de nous en ce bas lieu.

2 Merle meschant, bien té devons maudire, Car c'est par toy. tu nous as fait destruire, Trois ans y a par malédiction Que tu nous tient en ta subjection.

5 Toy, Cbavignac, est-ce là la promesse Que nous faisois avec mille caresses ?

Esce le bien, Thonneor et le proufit Que Savons fait, et tu nous a destruit.

4 Où yrons nous, nous sommes vagabondes, Parmy les bois courons comme les ondes, He Dieu ! he Dieu ! ayez pitié de nous, Compaignes sommes ores avec les loups.

5 Nous avons veu d'une pauvre manière Maris pendus, noyez dans la rivière, Enfants tuez ; he mon Dieu, quel horreur ! A deux genoux nous te prions, Seigneur.

6 Nous avions bien en grande abondance, Or et argent, monnoye, aussi finance, Helas ! plus rien nous n'avons maintenant, Nous faut aller notre pain demandant.

7 Nostre beauté, hélas! est bien changée, Nostre couleur en deuil est bien passée. Nos yeux battus de pleurs et de gesmirs. Et nostre cueur plein de mille soupirs.

8 On ne parloit tousîpur» que d*Ys8oîfe Pour marchandise, aoaû pour bon vis boire; Mais on dira de pauvre volonté,

Yssoire là autrefois a esté.

9 C'est on parterre bien pire qu'on village : Qui en est cause? c'est nostre esprit volage; D'avoir esté rebelle à nostre roy,

Et luy vouloir aussi faire la loy.

10 O Merle, Merle, bien nous mets en tristesse, Tu es mescbant, cauteleux en finesse :

Quand tu as sceu le camp da roi venir Soudainement tu t'es prins à fuyr.

11 Tu emportas l'argent et la finance Pour ton loyer et bonne reeompense.

Tu nous disois tels propos à rebours Que tu allois nous quérir du secours.

12 Tu t'es sauvé, mescbant remply de rage, Dans un chasteau que Ton nomme Marage, Et à la fange toutes nous a laissé,

Voila le but où nous a délaissé.

15 Or, puisque plaist à Dieu, roy d^excellence, Que nous soyons ainsi pour recompense , Bien mérité nous Pavons sans effort, Plus ne nous reste, las ! sinon cpie la mort.

14 Prenez exemple dans des aotree Tilles : Sortez devant, ne soyez inotiles, Abandonnez vos biens et vos amis,

Ne vous mettez aux mains des ennemis.

15 Car TWM ?oyez eomneat somines égarées Parmy les champs comme bestes avollées, On nous deschasse comme chiens enragez, Fors que de Dieu ne sommes conseillez.

16 £t vous sçavez, hélas! que la Ibrtuiie Tousjours le pauvre aiiligé importune :

Ne vous mocquez, dames des attires lieux, Il vous en pend autant devant les yeux«

17 Nous ferons fin à notre grand tristesse £n gémissant la larme à TeeU sans cesse, Nous prions Dieu le père omnipotent

Nous estre en ayde de son pouvoir très-grand.

CHANSON NOUVELLE

Dl L*BNTRiB DU GRAIO) DUC FBANÇOIS, FILS D£ FBANCX ,

VRÈRS UNIQUS DU BOY,

Ffeicte à Anfflerf le treUlè«e Jmt d'avril 19»,

PAR r.-C. ANGSVIN.

Suris ekani : le Cie! qui fat large donne or.

1 Resjouissons-noQs, Angevios, Puisque Dieu par les sorts divins Nous a donné la jouissance De Pheur de nous tant souhaité, Par l'aspect de la majesté De ce grand duc, tige de France.

3 Puisque par la faveur du ciel Nous goûtons ce nectar de miel, Par le cours de son influence Nous pouvons bien dire TAnjou Estre affranchy de ce dur joug Qui le mettuit en décadence.

5 Cest notre souverain seigneur, Auquel devons los et honneur, C^est luy qui de mal nous préserve, G^est celuy lequel, après Dieu Et le roy, régit ce bas lieu, Et nosire liberté conserve.

4 D'avril doux le treiziesme jour, Ayant quelque temps fait séjour Dans AngierS) a fait son entrée:

Auquel lieo il a protesté

De maintenir en liberté Tout le peuple de la contrée.

5 A la porte Saint-Ni<iolas, Par où entra nostre soûlas, Fut faict un ouvrage subtile,

Où Loyre, Mayne, Sarthe et lé Loyr £8toient fleuves de grand valoir Et qui décorent tiostre ville.

6 Plus avant, en un grand carroy, Fut en très-magnifique arroy.

Dedans une place publique, Dressé un superbe eschafaut

Où maints instruments musicaux Chautoient sa louange autantique.

7 Sur le pont que Peau mist à val Fut érigé un beau portail Bien fort superbe de rencontre »

Où Tefligie de cinq roys, Nobles ayeulx du grand François Ëstoyent tous eslevez eu monstre»

8 Dessus la chapellerie estoit Un triomphe qui démonstroit Les adventures fortunées

Du grand François premier du nom, Qui vid les neuf sœurs d*Apollon En passant les monts Pirennées.

9 La autre théâtre en après, Qui de là estoit assez près Monstroit les troupes débandées D'Orphée, le chantre des Dieux, Qui entonnoit les prochains lieux De dix mille voix accordées.

10 Sur la porte de la cité, Estoit au haut représenté La pourtraiture naturelle D'Angers, front de tout le duché, Le mieux en naturel cherdié, Qu'ouvrage que fit onc Apelle.

li Estant donc ainsi tout dressé Par un ordre bien compasé, L'on marcha devant notre Achille, Bien deux mille harquebuziers Suivirent leurs chefs les premiers, Des plus braves de notre ville.

12 Les Bourgeois, par un ordre esgal, Marchoient sur housse et à cheval, Et juges et consuls de ville.

Sergens et autres officiers, Advocats et tous justiciers, Suivoyent d'une façon gentille.

15 Brief, tout marcha par gravité, Rendant le prince contenté, Tous de Toffre de leur service, Messieurs de TUniversilé, Et le clergé de la cité Le conduirent dans Sainct Maurice.

14 Le mardy, deux jours en après, Fut dressé dessus Teau exprès, Un chasteau de grand artifice, Où deux cens braves combatans, Tous esleuz, furent mis dedans Pour garder ce brave édifice.

15 Là, de diverses nations,

De Mores, Turcs et Esclavons, £t de sauvages de llndte, Fut assailli à rudes sons D'une infinité de canons, Par efl'royable mélodie,

16 Le murmure fut adoucy.

Sans aucun blessé ou occy, Lorsque vint Paix, la grand déesse, Qui réduit alors les François

Au service du grand François, £t tous lu y en firent promesse.

xni CHANSON NOUVELLE

DÉDIÉE A LA NOBLESSE ET GBNDAMimE DB rBANCE,

TOUCHANT LE BOX VOULOIR ST AFFECTION QU'ILS ONT A FAIRE SERVICE A DIEU ET AU ROI.

Sur le ehmnt de la FUe de Dieppe.

i Maintenant, par pays, Nous ne voyons que guerre Que font les ennemis.

Qui, aux villes se serrent, En tenant fort, faisans rébellion

Au roy par cavillalion.

a Mais ce prince puissant, Issu de la couronne, En vertu florissant, Voyant Thorrible félonne Des ennemys cruels séditieux,

Sur eux s*est montré furieux.

Estant accompagné De ce grand duc de Guise, Qui veut tousjonrs gaigner Pour défendre l'Église, Et de Nevers le duc, Mercuenr aussi Qui au corps n'ont le cœur transi.

Gentilshommes et soldats, Tant braves capitaines, Qui sont de toutes parts A souffrir mille peines, Ayans désirs de grandeur et arroy, Faictes loyal service au roy.

; Ce qu'ils font tous les jours, Estans en la campagne Pour defliner le cours De Pennemy desdaigne ; £t puis il marche dessoubs un conducteur, Qui n'a en luy faute de cœur.

> Devant La Charité

Voulant sans nulle empesche Aller d'une équité Recongnoistre la bresche ; Mais les seigneurs Tout fort bien engardé. Et un soldat ont envoyé.

7 Les mal contents voyant De Monsieur le courage, Rendus incontinent

Se sont à son servage ; Car ils ont veu des soldants généreux Qui eussent bien mordu sur eux.

8 Le siège fut levé

De valeureuse gloire, Fut conduit et mené En Auvergne à Ys<oire, Où Monseigneur luy-mesrae sans deffaiit, De Guise allist à Tassant.

9 Au-dessus des genoux Ëstoit dedans la fange, II ne craignoit les coups, Mais il vouloit revencbe Avoir dMceux qui ont tant fait mourir De braves hommes par périr.

iO Et qui n'auroit le cœur De suivre ce bon prince, Qui d'une grande rigueur Par toute la province Cerche ceux-là qui sont partout haïs, Et qui du roy sont ennemis.

11 Sus, courage, soldats !

Faites toosjours la garde Que vous faictes aux escarts Portant Tarquebusade ; Aussi la mescbe dessus le serpentin Pour Tennemy y mettre à la fin.

13 Soulagez nostre mal,

Qui depuis seize années D'un malheur énormal On faict leur destinée :

Faictes donc bon devoir, gentils soldats, Afin que vous chassiez ce mal.

15 Et faictes par vos faicts De fureur asseurée.

Que faciez à jamais Venir la vierge Astrée, La douce paix que tant nous désirons, Et en tout plaisir nons ferons.

14 Ce grand Dieu tout pui!^salU Vous donnera la grâce, Combattre justement L'ennemy sans fallace, Comme avez faict, braves soldats courtois, En suyvant François de Yallois.

CHANSON NOUVELLE

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