‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 130 sur 181 · DE SANCBRRE ET DE LA CHARITÉ · texte numérisé non relu

DE SANCBRRE ET DE LA CHARITÉ

1 Tremblez, tremblez Sancerre et La Charité, Car vous avez mérité D>stre rasés par le bas, Ces jours passez Tamiral nous a rescrit Qu'il avoit veu l'antéchrist Assister à ses combats.

J*ay veu un chat vert Qui mangeoit à son désert,

Une jument grivelée ;

Et un perroquet Qui gergonnoit le caquet De Gastine et de Croquet.

â As Satheur sous Sancerre vrayement, Trouvay un Anglois Normand Engendré d'un Biscaïn.

Le chevalier du Boulet, ce malheureux,

Dit qu'il prétend estre heureux Comme Judas et Ca!n.

Un escorpion Combattoit un fremion A cheval sur une chièvre.

Au fond de la mer Il croit de fort bons melons, Plus jaunes que champignons.

3 Les Sanserrois se sont sous tou s armez de peau De brebis, vaches et veaux Qu'ils ont payé sans argent.

Si un mouchard pouvoit prendre Tadmiral A pied courant à cheval, Dieu qu'il seroit diligent,

C'est un fin renard.

A propos d'un espinard La graine en est fort aiguë.

Les oiseaux de champs Voltigent par l'univers Sans bouger des seuls déserts.

À Les Albanois avoyent promis à Malo De soustenir Dandelot Jnsques à la fin de ses jours.

Pantagruel fit croqueviller un vert Qui rompoit un huis ouvert; Il en sçait de vilains tours.

Ce sont vaillans gens A la soupe diligens, Que les Huguenou de France.

Les Juifs d'Avignon Sont allez à Carpentras Faire ensemble leurs jours gras.

5 Un jour passois à Sancerre par Vaugirard,

Trouvay un homme grisard Portant un lièvre cornu.

Un postillon sur un bœuf fut attrapé, A propos de mon souppé Vray Dieu qu*est-il devenu ?

Si Roger bon temps Est en voyage long-temps, France sera désolée.

On dit quç Ton pend Les buis du côté des gopds Au pays des Panigons.

6 De La Charité ils se disent gens de bien.

Toutes fois il n'en est rien.

Ce sont vacabons (rançoys.

Ces Italiens de la base bepemé Sans sergens ont^djoarné Une qui vend son empoix

Vere cbémafé; Le galant est bien truffé Quand il va voir sa déessel

Saute quoqueltns, Les femmes en maintes pars Sont plus fines que renards.

7 Les Sanserrois pensoient lever leurs rempars

Hautement de toutes pars Comme la tour de Babel ; Sont-ils pas fols et remplis de grans malheurs? L*on dit que leur gouverneur

S'appelle Luciabel ; C'est un très-beau nom.

Je croy que le frais saulmon

Vaut mieux que vieille morue.

Gardez de prester Quelque argeut à ceux de Dreux, Car ils ont le pied poudreux.

Si Tadmiral a voit un chariot bien grand,

Il seroit assez méchant

D*emporter La Charité.

Mais à propos les Barbares sont esmeus,

Parapharagaramus

Nous Ta ainsi récité.

Les molins h vent

Sont dans la mer bien avant

Dessus les monts Pyreniiées.

Caresme prenant

En embassade est allé

Pour un singe au cul pelé.

9 Les Huguenots de Sancerre sont iparis Qu'on bannit ceux de Paris Publiquement de rechef.

Deux bons frelots chantant plus haut qu*Alemans Prétendans d'aller au Mans Vendre la nymphe au beau chef.

Dieu qu'ils sont gentils!

Un homme a bon appétit Quand il mange force tripp^s ;

Si Colin Tempon Se lavoit dedans un being , Il ressusciteroit Robin.

iO Or, pensez-vous que ceux de La Charité Sont bien pleins de charité Envers les pauvres de Dieu?

L*un est cruel, voire bien plus que Néron,

Faisant acte de larron,

Et Paatre pille en tous lieux.

Voylà gens de bien, De nouveau plus ne sçay rien, Si non plus fin de mon roole.

C'est un passe-temps De voir les chats et les rats Faire ensemble leurs sabats.

11 Les Sanserrois disent que les Poitevins Sont devenus Lymosins Force de manger naveaux.

Dedans Rouen il y a de grands balleurs Qui contrefont les chanteurs, En beulant comme taureaux,

Ce sont vrays asniers.

Apportez-moy deux paniers Pour mettre le vent de bize,

Las j'ay tout perdu Allons-nous-en au divin Porter un flacon de vin.

12 Si TAmiral assisté d*un million Va pour assiéger Lyon, Il s'en pourra repentir.

, Un homme dit qu'il a surprins un levraut Faisant son nid dans un broc, 11 advient bien à mentir.

A ces gens chastrez Point au doigt ne le monstrez Car ils sont bons à cognoistre.

D*où vient Maledon?

Elle répondit, Janot Q'estriper un Huguenot.

15 Fy de Sanserre et fy de La Charité ! A pro[K>s une comté Vaut mieux qu'un simple chasteau.

L'on m'a rescrit que les grimaux de Lyon Vont trétous en Avignon Par la Rosne sans bateau.

C'est terrible cas Mais que dit-on des combats Qu'ils se font en Angleterre?

Vivent les garçons Quy boivent tousjonrs d'autant En attendant le bon temps.

CHANSON NOUVELLE

pu SIÈGE DE LA CHARITÏ

Sur le chant :

Tr&istres de La Rochelle, etc.

Soldats de Charité, Cessez vostre rudesse; Le canon est préparé, Et la fleur de noblesse :

Il n'y a plus d'adresse D'avoir rémission :

Car il faut faire escampe, Quitter le bastion.

Peaples plus qu'infideUei, Pleins de desloyauté, Sans 1100» monstrer rebelles»

Rendez La Charité.

S Ce n'est, suy vant la loy De Dieu ny rÉvangUle»

De retenir an roy Par force ainsy sa ville ; Vous n'estes assez agilles»

O pervers insensés»

Faux prescbeurs d'Êvangilles, Rendez La Charité.

Peuples, etc.

S Par tout' le Nyvernois Bourgs, maisons et villages, Vous avez ceste fois Courus et fait ravage»

Emportant le pillage Dedans La Charité, Nous avons bon courage D*en faire à réquité.

Peuples, etc.

4 Vous taschez, malheureux, A faire mettre en ruyne De France les forts lieux Par votre envie maligne :

Mais par la foy chrestienne Que du Sauveur tenons, Nos grosses couleuvrines Point ne vous manquerons.

Peuples, etc.

5 Dictes-moy, pensez-vous Avoir quelque nouvelle, Ou bien quelque secours De devers La Rochelle?

N'en attendez, rebelles.

Point ne vous en viendra, Nous avons sur les aisles^ Qui vous empeschera.

Peuples, etc.

6 L'assemblée vous va voir De France bien piunie, Pensez -vous recevoir Charité la jolie :

A ce coup la furie Du roy vous ferons voir, Nos doubles artillerie Y feront leur debvoir.

Peuples, etc.

7 Si une fois sur vous Nostre camp prend victoire, Nous vous envoyons tous

A Noyon dedans Loire :

Car vostre purgatoire Est là prest en enfer, Comme il est par mémoire Au livre à Lucifer.

Peuples, etc.

8 Pensez-vous qu'à la fin Jésus qui fait tout estre, Ne veut pas pour certain Que le roy soit le maistre;

Pourqiioy il a le sceptre £t degré si royal, Si ce n'est pour luy estre Serviteur très-loyal.

Peuples plus quMnâdelles Pleins de desloyautés, Sans vous montrer rebelles Rendez La Charité.;

CHANSON NOUVELLE

DE LA t>RINSB'DB LA CHARITÉ.

Sur le chant : Daines dlionneur, je, etc.

1 G Charité, ne dois être nommée, Car perdu ad toute ta renommée, Contre ton Dieu, et ton roy t'es bandé : Et comment, tu luy voulois commander.

â Quoy! pensots-tu vivre en ceste sorte, Faisant venir gensdarmes à ta porte, Faisant venir artillerie et canon.' Mais aussi bien tu as eu ton guerdon.

5 Car le mardy d'avril le huictiesme.

Monsieur ayant envoyé le jour mesme, C*est pour savoir leur bonne volonté. Et s'ils vouloient rendre La Charité.

4 Eux ont respondu que j'estois bien gardét^ Et qu'il y vint avec son armée ; Incontinent, monsieur y est arrivé

Et son année, qui bien les a estonnez.

5 Voicy arriver le comte Martinengue, Aussi Monsieur lui faisant une harengue, Tout quant et quant a fait ses gens armer, Et de furie une place ont gaigné.

6 Monsieur le comte combattoit à puissance, Et les soldats allans d^une allégeance ;

Ils ont gaigné la cheveline du pont, Où ils avoient posé leurs gabions.

7 Hélas I ils ont choisi ce noble comte, Mesme Tayant osté de nostre conte.

Et d'un mousquet droit à luy ont tiré, Droit à Tespaule, dont il est trespassé.

8 Pour tout cela n'avons perdu courage, Car dessus eux avons eu l'avantage, Mesme est venu le seigneur de Biron, Qui dessus eux descliarge ses canons.

9 II a commencé à saluer la ville,

Et eux entrant en une peur terrible, Et le mardy vingtiesme dudit mois Ils sont entrez encor' en grand esmoy.

10 Monsieur de Nevers, aussi le duc de Guise, Ils les ont saluez d'une telle furie.

Et incontinent ils se sont avancez, Dans la contrescarpe ils les ont deschassez.

il Voyant cela, ils ont perda eonrage, Considérant n'avoir pas Tavantage, Mesmes estans battus de tous costes»

Ne se pounroyent nullement remparer.

IS Estant saisis d'un grand peur exlréoe. Tous les soldats et tous les geotilbommes» Et eux cherchant les lieux pour se cacher, Mesme à grand peine ne le prouvant treHver.

15 Près de deux jours dura eesie musique, Et entre nous chacun se commuaiqiie.

Et eux voyant deux arcs rooipus du poot, D'artillerie et de sept gros canons.

14 Subitement geotilhommes s'asseinbleBt Et les soldats pour Réviser ensemble, Prier Monsieur qu'il les print à mercy, Et ne jamais porter armes contre luy.

iff Ce que à eux Monsieur ne le reftise, Que les soldats s'en iront sans arquebuse, Et les gentilshommes avec leurs chevaux, Qu'ils s^en iroient sans leur faire

16 A Dieu, à Dieu^ Charité fort rebellei Car à ton prince tu as été cruelle, Trois fois y a que rebelle as esté, C'est à ce coup que Ton t'a chastié.

CHANSON NOUYEIUE

DE LA PRINSB DE LA GRARITÉ,

lENDVI M L'OBiltSAHCB DU ROY NOSTmS 8IRB.

Sur le chant : Qaand j*e»toy li1>re, cte.

1 O terre, o ciel, Toyei la grand détresM, Voyant Tassaut la grand fleur de noblesse,

Tant de soldats franco», Doubles canons de furieuse audace Sa grand furie des remparts nous desebasst,

Tremblant d'un grand eiFroy.

2 Jà la bresche aussi le bastillon

Sont renversez de grands coups de canons.

Les soldats préparés A nous monstrer nostre dol et fallace, Je les vois tons de furieuse audace

S'emparer des fossez.

3 Et nous, voyant les canons de furie Brisant, tuant, nous ravissant la vie.

Avons parlementé.

Priant le roy d'appaiser la furie, Voyant les murs brisez d'artillerie,

Nous ont espouvantez.

4 Premier de may rendue fût la cité, Noas pardonnant de nostre iniquité

Henry roy très chrestien, Et nous a mis sonbs sa protection :

Chanter nous faut, o grand Dieu de Sion,

D'avoir receu tel bien.

8 Monsieur d'Anjou, prince très débonnaire. Nous a servy de très fidelle père.

Nous prenant i mercy.

En sauyeté sous sa protection.

Faisant cesser la furie du canon

Qui nous eust tous occis.

6 Car jà estoit le bastillon surpris Et les remparts du tout anéantis.

Et beaucoup de soldats Blessez, tuez sans aucune puissance.

De résister n'avoyent point d'espérance

Soustenir les combats.

7 Jamais, jamais ne fut si grand furie : Car en trois pars donnoit Tartillerie

D'un furieux tourment.

Nos ravelins, bastillons et cavernes.

Tous renversez, gabions et poternes

Tirant incessamment.

8 Monsieur de Guise s'exposa au hazart Et i toute heure approchait du rempart,

N'avoit peur de la mort.

Dans les tranchées il étoit en personne, . Ne craignant point rartillerie qui donne,

Ruynant tout nostre effort.

9 Mais, las! en vain pour nostre oalrecaidance, Mille travaux sont donnez en la France,

Tant d'enfans orphelins.

En rain, hélas! estoit nostre puissance, De résister contre le roy de France

Tost nous a mis i fin.

iO Mais sa bonté a eu miséricorde,

Et n'a permis de faire aucun désordre.

Violées n*ont esté, Femmes et filles ont esté en franchise. Prions Jésus pour ce bon duc de Guise,

Nostre honneur a gardé.

il Car le haut Dieu qui tient tout soubs sa dextre. En un moment fera par Tunivers

Vivre desoubs sa loy, Tranquilité, une paix et concorde Fera cesser les querelles et divorse ,

Recongnoissant son roy.

13 Prions le roy Henry de grand valeur, Puisque sur nous a monstre sa faveur

En toute loyauté.

Prions sans fin ce grand Dieu souverain , Nous prosternans, priant à jointes mains

Nous tenir effiicé.

VU

CHANSON DE SOMMIÈRB.

1 Nous debvons bien mettre en nostre mémoire Le siège long qui fat devant Sommiere : Le jour, le temps, les assauts, les efforts, Qui furent faicts tant dedans que dehors, Afin qu'ils soient tousjours bien mémorables A nos enfans, à jamais revocables.

â Quand le soleil eut commencé carrière, Vers son réveil devers la marinière, Un mercredi onzième de febvrier, De bon matin, nous vîmes arriver Un camp serré de sa cavallerie, Suivy de près de forte infanterie.

5 Incontinent on fit sonner ralarma.

Subitement court un chacun et alarme :

Sortons, sortons, allons voir ce qu'ils font. Et les voyant campés si près du pont, Prismes conseil, il faut que chacun aille En son cartier pour se mettre en bataille.

4 Avant qu'allef nous fismes tous promese De ne parler rien que d'une allégresse ; Promismes lors faire notre devoir En tous endrois, selon notre povoir.

Mettans en Dieu toute nostre espérance , Sçachans qu'en luy gist nostre confiance.

5 Le samedy avec grandes bravades Us sont venus pour gabionnades

Près de nos murs : et pour nous estonner, De grand matin nous ouysmes sonner Huit gros canons qui de grande ftirie Au pontlevis faysoyent leur batterie.

6 Trois jours durant dura cette musique , Qu'il n'y avoit flancs, remparts, ny barlqne Qu'à la parfin on ne vist mestre bas,

S\ que la bresche avait plus de cent pas. De Tassaillir nostre ennemy s'appreste, £t nous dedans pour lui faire teste.

7 Sus, sus, soldats, la bresche est desja flaite, A ramparer tout le monde s'appreste.

Le gouverneur, pour encourager tous, Les exhortant, leur tenoit tel propos : Dieu est pour nous, combattons, je vous prie, Pour son sainct nom deffendant nostre vie.

8 Lors le Seigneur, en voyant leur courage, Les a couverts ainsi que d'une large,

Et tellement qu'il fist cognoistre à tous Que la prière appaise son courroux :

Car qui combat peut dire la victoire Venir du ciel, comme chose notoire.

9 Le mercredy qui fust le septième

De nostre camp, du mois dix-huitième , Vindrcnt à nous capitaines armez, Et de leurs camps soldats fort estimez Pour nous forcer, en criant : Tue, tue ; A saccager chacun d'eux s'esvertue.

10 Je vis de loiog d'une mine fiére, Tenir eo main la picque guerrière^ Après Caros, Abados et Precaa, La roche aussi estoit de maintes parts. Bien ramparé dans leurs gabionnades.

Et les soldats tirant balles ramades.

il Tant de soldats et tant dUnfanterie, Tant d'estendars, tant de cavalerie.

Tant de canons foudroyant tous nos murs, N'a sceu parquer la parque dans nos cœors^ Que n^ayons eu tonsjours ?raye assurance Qu'a Fennemy nous ferions résistance.

18 Lors les soldats voyans leurs capitaines Tous résolus à souffrir maintes peines, Ne visans rien qu'à mourir vaillamment Sur les remparts, leur honneur soustenant, Ont tous juré par le Dieu de leurs vies, QuUls combattront le mareschal d'Anville.

15 Mais le soldat qui la chanson a faite, Estoit tousjours deffendant à la bresclie , Tous les assaus, ensemble les efforts, Sur les remparts tant dedans que dehors, Qui furent faicts au devant de la ville Du mandement du mareschal d'Anville.

CHANSON NOUVELLE

DlSGOCnS DU VBAT SIÉGB MIS DKVANT LA VILLE D*TSSOIRB,

PNBBMBLB L*AB8AUT QUI EST DON!flÊ LE DIMANCHE , 9 JUIN.

Sur le ehamt de Sauaaihn, etc.

i Si jamais fat chanson plus mémorable, C'est ceste cy qui est bien remarquable, Or sus chantons d'Yssoire les trayaux Et les cruels qui ont tant fait de maux : Car ils ont faict Dix mille volleries,

Aussi deffaict Hommes par grandes furies.

2 Le Merle a faict un tour de gentillesse, Quand il a sceu qn'on alloit de vitesse Les assiéger avec le camp du roy, Il s*est sauvé portant avec soy Vingt mille escus Pour secours aller prendre ,

Yoilà le flux Qu'il leur a faict entendre.

5 Quand Chavignac, le gouverneur d'Yssoire ^ Nous vit camper, il luy prend une gloire , Et aux soldats a dit : Allons sur eux, Tuons, tuons ces tigres dangereux.

Alors soudain Firent une sortie,

Chargeans de nain, Sur nous par grand furie.

4 Beaucoup de morts y eut ceste journée Des deux costez firent leur destinée ; Les mal contens crioyent d'un cœur très haut : Sa, sa, venez, ennemis de Papaux, Venez cpierir Des prunes mousquetées,

Pour vous nourrir,* Car ils sont apprestées.

ff Lors monseigneur de nostre roy cher frère, De Guise aussi escoutoyent tout TafRiire, Soudainement les canons font Tenir, Et leurs déffenees font battre et périr. Tout fut par bas Aussi leurs forteresses,

Dont un hélas Disoyent de grand détresse.

6 Cela parfaict, la rille fut sommée Par un héraut de bonne renommée ; Scavoir qu'ils Youloyent dire de plein saut, Et s'ils vouloyent endurer un assaut.

Ouy, ils ont dict De brave vaillantise,

Sans contredict Tuons monsieur de Guise.

7 Monsieur oyant dn héraut la nouvelley

Les grands seigneurs il prend d'un cœur Hdelle; Et le conseil ils tiennent ensembieaMDt Poiir foudroyer la ville entièrement,

Par un assaut Cruel, fort et terrible;

Car il les faut Accoustrer comme un crible.

8 NeufvieBine join an Dimanche, de sorte On commença A foucqiier à leur porte, De tous costez, de la plus grand fureur Qu'on entendoit crier : Seigneur, seigneur.

Car ils tomboyent De la plus grande furie,

Et s'assomoyent Comme à la boocfaerie.

9 Six mille coops fut tiré de bravade.

Qui firent cheonr murs, maisons, barricades. Lors les soldats qui avoyent le cueur haut Après midy mardièrent à Tassaut :

Car de cent pas Les bresches estoieni faictes,

Et sans compas Ne craignoient les dèfaictes.

10 Les mal contents, voyant toute l^armée Se préparer, alarme ils ont sonnée.

Et à ia brcscbe ils se sont présentez. Bien résolus sur nous se sont jeitez, Criant : Papaux, Vous n'entrerez encore ;

Car bien des sauts Faut sauter pour nous mordre.

il Lors l«s soldats avoyent un tel odurage. Que dans la br«3che ils eatroyenC d*uae rage; Mais à la mort trop tôt se présentoyent : Car de trois cens que vingt ne revenoyent.

Car ils gettoyent Du feu vif d'artifie.

Dont ils tomboyent Tons morts dedans la lice.

iS L'assaat dora Tespace de cinq heures

Sans rien gaigner, sinon que corps qui meurent. Tant de seigneurs, capitaines et soldats, Qui sont tous morts et cbeus dans les remparts. Soudainement De Monsieur la trompette

Hastirement Va sonner la retnâtte.

15 Le lendemain parlementaires voulurent. De là dedans quatre marchans esleurent, Pour se venir getter i deux genoux Devant Monsieur pour penser être absous ; Et qu'ils rendroyent La ville et le pillage.

Et sortiroyent Avecque leur bagage.

14 L^aocord fut fait, on entre dans la ville. Tout fut tué d'une vertu agille, D'une fureur ainsi comme à Passant.

Mais les marchans firent terrible saut :

Quatre pendus Furent à la campaigne ,

Et sur les murs Le ministre Ghavaigne.

15 Monsieur de Guise a sauvé quelques femmes, Et leur honneur, sans doute jiy diffame;

Il les fit mettre dedans un fort chasteau, A leurs maris on leur baille un cordeau ,

Pour les mener D'une course légère, ^£t les noyer An font de la rivière.

16 On mit le feu partout dedans la ville ;

De tous costez flamboit d'un gouffre Jiabille. Yssoire est bas et razé jusqu'au pied ; Ce n'est plus rien, 6 Dieu, qu'elle pitié! Voyla la fin Des rebelles d'Yssoirei

Jamais sans fin Il en sera mémoire.

CHANSON NOUVELLE

COMME LE MERLE s'EST RENDU AU ROY ET A M. SON FRÈRE,

BT LUY JIEND LSI VILLES ST CHASTEAUX QU*IL TBNOtT,

ST PRoiiirr tbnir l^auvsrcnë bn paix.

Sur U oKant de la BocheUe, ete.

i Ce grand Dieu tout puissant A donné congnoissance A ce Merle mescbant.

De faire obéyssance, Et de se recongnoistre Comme un dur malfaicteur,

RecongDoissant pour aaklre Son roy et son seigneur.

Monsieur je vous supplie, D'avoir de moy pitié, Appâsez, je vous prie.

Las I votre iniaùtié.

a Mercy à deux genoux, Je vous crie de grâce.

Monsieur, vostre courroux Appaisez sans disgrâce.

Je n*ay point faict offence, Mais ce u'«st que le bruict Que le peuple d'outrance Youdrott m'avoir destruit.

Monsieur, je vous supplie^ etc.

5 Trouvé je ne me sois Dans la ville d'Yssoire, Bkn je r«Vois pronis^ Mais de peur d'une gloire, Et de vous faire offence, Point ne m'y suis trouvé; JEt pour nis récompe Bce Pardon me soit donné.

Monsieur, je vous supplie, etc.

4 D* Auvergne les mardrands Tousjours m*ont fait bravades, Aussi à tous mes gens Qu'à la désespérade M'ont mis, je vous assetire, Que les armes je pris

A tontes adventures ; Maintenant wU repris.

Monsieur, je vous supplie^ etc.

8 Pavois cinq cens chevaux Tousjours à la campaigne.

Tant par monts que par vaux.

Qui faisoyent compaigne, £t puis les gentilshommes Qui ponrchassoient ma mort :

Mais ils ont veu qu'un homme Leur a fait grant eifort.

Monsieur, je vous supplie^ etc.

6 Chavignac m'instniisoit Comment je devois faire, £t qu'entrer il vouloit Dans la ville d'Yssoire, Nous n'estions pas rebelles Ny auroyny à vous; Mais trop bien vos fidèles £n courbant les genonx.

Monsieur, je vous supplie, etc.

r Je me suis marié A une damoyselle, Qui est sans varier, Honneste, grave et belle.

Au chasteau de Marage Ensemble nous tenons.

Que d'un fort bon courage En vos mains le rendons.

Monsieur, je vous supplie, etc.

8 Tant villes que diasteaox Vous promets d'asseurance, Rendre sans nul travaux Sons votre obéissance,

Et le pays d* Auvergne Tousjoiirs tenir en paix, Sans leur faire desdaigne, Ainsi je le promets.

Monsieur, je vous supplie, etc.

9 Voyez de bonne part, Oubliez la malice

De ce pauvre soldat, Qui vous fera service En toutes vos affaires Qu*il plaira commander.

Ils seront fort à faire S'il ne va vous trouver.

Monsieur, je vous supplie, etc.

10 Aussi toute sa race.

Puisque j*ay d*un arroy Rémission et grâce :

Aussi les braves princes.

Qui ont parlé pour moy ; Dieu les gard aux provinces D*horreur et tout esmoy.

Monsieur, je vous asseure De ne porter jamais Coutelas ny armure.

Ainsi je le promets.

CHANSON NOUVELLE

DIT SIB6B ET PRINSE DE LA VILLE d'TSSOIEE EN AUVEBONB.

Sur le chant :

yautre jour Je m>ii alloy mon chemin drolct à Noyon.

i DoÎ8-je pas crier et plaindre, Non sans grand occasion, Moy, pauvre ville d'Yssoire, Prinse par rébellion :

Je suis destniitCf (bti) D'avoir si légèrement creu, Au deceu, à Timporveu,

Un ministre.

2 La famé a esté trop grande De vouloir contre mon roy, Tenir bon et me deffendre, Pour le mettre en desarroy ,

Mais la promesse (&û) De ce bon prince de Gondé^ Qui ne nous a secondé, M*a fait oppresse.

5 Ce noble seigneur de France, Vray fils et frère de roy, Nous somma bien de nous rendre, Et qu'à mercy nous prendroit.

Mais la furie {bU) De Chavignac et Montredon Attendirent le canoo,

Quelle folie!

À 11 envoya une trompette De matin par devers nous, Avec son héraut en teste Pour parlementer à tous.

Fismes responce {bis) Que nous estions bien assez fort Pour ses efforts les plus forts,

Et qu*il s'enfonce.

8 Ce nous fut une crainte grande Oyans de toutes parts sonner Bombardes et canonnades.

Qui nous vindrent saluer.

Mais de nous rendre {bis) Nous avons esté obstinez, Estant prédestinez

Pour la mort prendre.

6 La faute m'est imputée D'avoir dédaigné mon roy.

En voyant une telle armée Se dresser Contre moy :

Par la puissance {bis) Est donnée du souverain, Promptement et de sa main

Au roy de France.

7 Du mois de juin le neutviesme Nous soustinmes un assaut,

• Poursuivy de grand forîe, Venans â nous d'itn plaint saut.

Mais ceste foudre (hU) De leurs gros canons foudroyans Vivement sur nos gens,

Nous mirent en poudre.

8 La teste fut emportée

Au principal de nos chefs,

Du canon d*une voilée

Qui nous Qst un grand meschef,

Sans y comprendre (his) Las ! tant de soldats blessez.

Et offencez, Presqu'à mort prendre.

9 Qui fut la cause en partie Que feismes composition

De nous rendre au sieur de Guise Qui nous prendrait à rançon ;

Mais tost gravirent (M«) Par les bresches de toutes parts De soldats, comme liepars,

Qui nous occirent.

10 O toy, qui d'animal brutte, Du merle porte le nom, Tu n'auras plus à ta suite Chavignac ne Montredon.

Las ! tu es cause (his) De ceste grande démolition Et destruction Par ta grande faute.

11 La désolation fut telle, Qu'aucun ne receut pardon, Et si furieuse et cruelle

Qu'on ne print homme à rançon

Ny leurs familles (6û) Jeunes femmes et tendrons Si mignons, N'aussi les filles.

13 Noble Tille d'Yssoire Assise en si bons pays,

De toy plus ne sers mémoire De ton renom de haut prix :

Tu es désolée; (bis) De toutes parts on t*a mis le feo.

En chascun lieu

Tu es brûlée.

15 O pauvre ville d^Yssoire Qu'avois acquis le renom, Le meilleur vin du pays boire, Et des filles le parangon,

Lasl où sont-elles? (biê) Les soldats les ont emmenées,

Desflorées,

Ne sont plus telles.

14 Tu dois bien gémir et plaindre, Et faire comparaison ;

A Hierusalem despeinte, Ou de Troye la destruction :

Tu es en tel estre, (bU) Si ce bon roy n'en a mercy,

Et soucy

De te remettre.

CHANSON NOUVELLE

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