‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 147 sur 181 · CONTENANT LES FAIT» MÉMORABLES PAR LUY EXERCTEZ · texte numérisé non relu

CONTENANT LES FAIT» MÉMORABLES PAR LUY EXERCTEZ

ENVERS LES CATHOLIQUES EN CES DERNIERS Tlttr».

1 Henry, comme par passe^temps, Employoit la pluspart du temps A son faînct dévot exercice,

Et proches des chaudes saisons Aux masquées processions Allolt pour couvrir sa malice.

2 Ainsi fatsoit cest hypocrite Affln que sous 1*hablt d'bermitte Libres soient ses méchancetei.

Forçant femmes et viollant filles, Faisant des nonins putes ▼illes, Qui sont d'Henry les sainctetex,

5 De PégUie oster les joyaax Pour 9€s mignons et maquereaux, Enrichir et faire grands princes.

Donner mittre à quelque coquain, Orner de crosse une putain, Comme on voit en plusieurs provinces.

4 Jamais, tandis que Ton verra, Que la sainte nef vaguera Dessus ceste onde venimeuse De Tavare indignité, Jamais n^auront que pauvreté, Et enfin sera périlleuse.

5 Catholiques, souvenez-vous

Que pour couvrir les cruels loups

Les peaux de brebis font office ;

Et après, ainsi déguisez

En leurs faits subtils et rusez

Aux corps nuds monstrent leur malice.

6 Ainsi en fut le bon Guysart, Qui mit corps et biens en hazard Pour faire nommer le roy maistre.

Mais ce vilain monstre pelé

A tousjours dans son cœur celé Le mal qu*enfin luy fit paroistre.

7 An vœu d*Henry quatre pendards Vindrent à grands coups de poignards Desgorger sur lui leur furie;

Puis estendu mort on le met Dans son malheureux cabinet, Couvert d'une tapisserie.

8 Après ce trahiste desloyal, Vers Iny mande le cardinal

Qui fut de ce grand prince frère, Qui, sans respect du sang sacré, Le lendemain fut massacré D'une mort encor plus sévère.

9 Ainsi, de France les flambeaux Sont terrassez par les bourreaux Que ce vilain mit en besogne, Faute lourde, qui causera Qu*un chacun de nous maudira Ce meschant banni de Poulongne.

10 Malheur sur toi, ville de Blois, Qui enclos ce trahistre Yallois, Qui fut vray fils d'une chimère; Mais malheur, dis-je, non sur toy, Mais advienne à ce tyran roy. Qui fait dans ton corps son repaire.

il O trompeur ! qui a fait mourir Les princes qui t*ont fait florir, Souz le masque d'ceuvre pieuse ; O ! perflde et déloyal roy, Un Turc ne fauce pas sa foy, Encor qu^elle soit malheureuse.

IS Mais que diront tous les François, Qui voyent violer les loix.

Et faucer serment et promesse ?

Auront-ils recours au serment Qu'il fit à son couronnement, Plus qu'au sacrement de la messe?

— fSO —

15 Ce plus que trop etîragé chren Portoit tUtre de très-chrétien Auparavant ses belles centres ; Mais c'est le dire eonstumier Qu*à Tœuvre on cognoit ronrrief , Qui est chose t^rtaint et senre.

14 Catholiques, ayez tonsjours

Du Mayne, d'Aumallè et NèMoul^ £n grand honnèuf et réréi-enee, Car Dieu vous les a frésetvez Afin que soyez gouvernez Par leurs vertus, ^oh!e et prudence.

15 Ce malheureux s^attendbît bien Que d'iceujt ne dut rester rien ; Mais pour recevoir tel outragé Qu'ont rèceu leurs frères et cobslhs, Mit maints postillotls par chemins Portant paquets et même change.

16 De la noblesse les premiers Il tient captifo m (nîsonniers. Qui jamais né lui firent offence, Comme un cardihal de ëoti^bon, Qui, entre néos, à le rehom D'être le pretnièr de la ^i^ilticf.

17 Puis de Jolhville, fils àtné De ce grand duc assassiné,

Et plusieurs autt'es catholiques.

O ! Hérodes, tu montré bien Que jamais tii ne vdliUs rien Qu*à estrë chef des hérétiques.

18 Donnez-vous garde, mes amis, Car il se trouve dans Paris Plusieurs hommes qui vous escoutent, Que vous penses hommes de bien,

Et toutefois ne vallent rien, Gab â bien faire ne voyent goûte.

19 Ce sont harengères en caquets Qui de>couvrent tant de paquets Pour le peuple mettre en discorde ; Ce sont envieut de vostt^ heilr Qui désirent en Vo^tre malheut*; Bref, telles gens méritent la corde.

20 A vous, habitans de Paris, Je consacre les tniens escrits, Qui m'estes compagnons fldelles, A vous j'apan bes tristes vers, Forgez d'un mélange divers

Des fautes d'Henry plus nouvelles.

CHANSON NOUVELLE

ou EST DECRITE LA VERTU ET LA VALEUR DES LTOKNAIS

BN LA DSFFENCB DB PONTOItS.

Pontoisey afin qu'à Tadvenir, Chacun ae puisse souvenir Que tu as fait grand résistance Au dernier Yalob de la France,

i Je veux publier en ces vers.

Par tous les coins de Tunivers, Que tu as deffendu sans crainte Le parti de la cause sainte.

S Plusieurs régimens commandez Par grands seigneurs furent mandez Dans Pontoise pour la deffendre.

Car Tennemi la vouloit prendre.

S Deux rois, usant d'un pied léger, La vindrent soudain assiéger, Ayants à force infanterie Et une grande cavalerie.

4 Henry de Valois y estoit Lequel ses troupes eicitoit, Et pour leur hausser le courage Leur donnoit Pontoise au pillage.

5 Le roy de Navarre gaidoit Ses Haguenots et présidoit

Au camp, car Henry de sa grâce Luy faisoit là tenir sa place.

6 Ceux qui dedans Pontoise estoient A bien defTendre s^apprestoyent, Sans s'estonner de voir Tarinée De deux rois contre eux animée.

7 Mais surtout raconter Je dois Ce qui flrent les Lyonnois»

Qui monstrèrent en toute sorte Une asseurance brave et forte.

8 Ils repoussèrent bien souvent L'ennemy, lorsque plus avant Pensant s'approcher pour combattre, Hardis, ils le venoient abattre.

9 Si Ton eut razé les faubourgs Qui ceint Pontoise tout au tour, Il n'y avoit moyen quelconque

De l'assaillir ou la prendre oncque.

10 Mais on ne voulut nullement Démolir si grand bastiment, Et voilà comme l'avarice Apporte tousjours préjudice.

il L'on ne voyoit le cœur faillir, Soit pour deffendre ou assaillir, Aux Lyonnois, lesquels sans cesse Combattoient avec grand adresse.

12 Ils soubsUndrent riritetnetit Et combattirent lotiguement Dedans Tégllsé TénérabIfS De la Vierge très-honorable.

15 Car les ennemis de plein sauts, Par là donnèrent leur assauts, Pensant, s*ils gagnoient celle église, Que la ville seroit tost pilse.

14 Les Lyonnois qui entendoient A quoy les enneoiys tendaient, Gardèrent d^nne force exquise Tout le poui^rk de celle église.

15 Mais les canons des ennemys, Qui contre estoient braquez et mis Et tonnoyetit ainsi que le foudre, Mirent toute la vouste en poudre.

16 Le camp des deux rois a esté En ce siège très bien frotté; A veu, assiégeant Pontoise, Qae vault la force Lyonnoise.

17 Parquoy ces roys de plus en phis, Voyants tant de leurs chefs perdus, Se despitoyent, et leur coufige Estoient tout agité de ragé.

18 Par dix-sept jours tout entiers

Ils nous battoyent de tout quartier, Mais nous repoussions leur fUfie A grands coups d'escopeteric.

19 Les citoyens nVspargaoient rien De ce qui estoient de leurs biens, Et donuoyeiit aux soldats courage Par bonne chère et bon visage.

SO Les femmes venoyent aux rempars Et y apportoyenl aux soudars De tous ce qui estoyent néceàsaire.

Sans craindre le camp adversaire,

21 Mais tant jour que nuit canonans, Et sur notre ennemy tonnans,

Noz pouldres, hélas ! nous faillirent Et en grand tristesse nous mirent.

22 Nous en apporter Ton n'osoit, Car Tennemy s'y opposoit^ Se tenant sur les advenuz Avec canonades menues.

25 Mais pour ce le cœur ne perdions^ Ains bravement nous dépendions, Voulant, la bande Lyonnoise, Mourir pour deffendre Pontoise.

24 Lors, on fit composition, Avec bonne comdition, £t ne fut la ville outragez My par Tennemy saccagez.

25 Car nous voulions pltistot la mort Que de permettre un si grand tort ; Plustot eussions perdu la vie

Que voir la ville en pillerie.

36 Par quoy sortîmes de ce fort Avec un honorable accord ; £t Dieu voulut nos tre sortie Et aussi nostre départie.

87 Car après, Henry de Yaloys Pensant voir rendre les abboys A Paris, ville renommée, Où il vint camper son armée,

S8 n logea au Bourg de Saint-Cioud, Où il fut frappé d'un tel coup Le jour des Liens de saint Pierre, Qu*il ne nous fera plus la guerre.

S8 Nous prions Dieu qu*en Paradis

Soyent tous nos bons compaignons mis, Lesquels sont morts dedans Pontoise, Bt qu^au ciel leur âme s*en voise.

50 Celuy qui a fait la chanson Est un des eufaus de Lyon Qui commandoit dedans Pontoise  une bande Lyonnoise.

XXXVUI CHANSON NOUVELLE

Page 1