CHANSON SPIRITUELLE
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OONTBIfAirr Ll DtaOOVRS Dt lA TU IT TYRAimX
DX BSNET 1» TÀLOn,
ST lA LOUANOB DB mÈRB JACQUBl CtiMBNB ,
qm NOUS A DÛ.IVRÉ DÉ LA MAIN CRUBLLB DB CE TYRAN ,
LB l*' JOUR D*AOUffr 1689.
DioOte A TOUT UL nCPLB CATBOUQUB.
1 Celuy qui avoit tant trompé Le peuple françois et l^église^ Est mort, et a esté frappé D*un qui pour nous sa vie a mise.
S Henri de Valois, dès le jour Qu*il prit en ce monde naissance, Monstra qu'il n'avoit point d'amour, Point de pitié, point de clémence.
5 II a esté tousjours nourry En vices et en hérésie, Où son ccsur estoit tout pourry Et son ame toute moisie.
A Soubs le roy Charles bataillant.
Il soustenoit les hérétiques.
Et secours sous main leur baillant, Il oppressoit les catholiques,
5 II a fait monrir à crédit
Un nombre inOny de gens-d*annea.
Et a, le meacbant et maudit»
Remply nostre France de larmes.
6 II n'avoit point d*autre déair
Que de sang, de meurtre et de rage; n n*avoit point d'autre plaisir Que la cruauté et carnage.
7 Les Rochelois estoient vaincus, Et à iuy jà se vouloient rendre ; Mais il ayma mieux leurs escus Que les surmonter et les prendre.
8 Monstrant bien par là qu'il estoit Le support de noz adversaires, Et que faveur il leur prestoit Pour aigrir tousjours les affaires.
9 Puis en la Poulongne il passa.
Qui pour roy Tavoit fait eslire; Mais tost après il la laissa.
Et s'en revint sans mot Iuy dire;
10 Et en la France retourna
Pour la tourmenter et destruire , Car jamais rien sceu faire il n*a Qu'affliger le françois empire.
11 Las ! chacun se resjouissoit De son retour et revenue ; Mais le ciel, qui le cognoissoit, Picnroit d'une pluyc menue.
13 Dès quil a esté de refoor^ Le peuple françois et Péglise N'a ea cesse d*atoir toosjour La main dedans la bourse mise,
15 Pour fournir argent i ce roy, A ce tyran très-exécrable, Qui a tout mis en desarroy, Rendant son petiple misérable.
14 II a mesprisé les seigneurs
Et les princes des plus haùlts titres, Et a advancé aux honneurs Des petits coquins et belistres.
18 Tel qu'a esté vu d'Espemon, Lequel se itomme Jean Vallette, Qui a esté son seul mignon, Et qui faisoit tout à sa teste.
16 II n'avoit point de pitié,
Ni point de foy durant sa tie ; Tousjours hypocrite a esté, Dissimulant son infamie.
17 Enfln voulut faire mourir
Dans Paris plusieurs catholiques, Et ne les faisoit point périr Que pour ayder aux hérétiques.
18 Parquoy le peuple se banda Contre ses desseins détestables,
Et partout se baricada *
Pour ne voir choses exécrables.
19 Dès ce jour le tyran fasché De voir sa volonté déceue,
Et qu'on Tavoit bien empesché Qu*elle n*eiMt point sa fière insue,
20 II sortit de Paris, jurant
Qu'il la réduiroit toute en cendre, Et que devant quHl fust un an Il feroit tout le {leuple pendr«.
21 Et pour mieux venir à la §n De son vouloir et entreprise,
Il fit semblant^ eomme estant fia»
D^aymer le haut seigneur de Guis^.
22 Puis fit les estais assembler
A Blois, près le HeMve de Loyr< ; Mais c'estoit pour mieux tout troubler, Ce que pour iQrs Von n'eust sçeu eroire,
25 Les estaU donc estant dressez, Et venus de toutes provinces, Et plusieurs propos prononcez Par luy et par les autres prin€eS|
24 II fit (ô acte de tyran)
Massacrer les seigneurs de Guise, Qui là teuoient le premier rang Pour la noblesse et pour Téglise.
29 Et fit emprisonner tous ceux Qui estoient esleuz des provinces, Sani avoir esgard ny à eux»
Ny à la foy des roys et prif^ces.
96 PttU voyant son peuple in-ité Contre lay pour ce fatct Inique, n a accreu sa malheurté, Et 8*est joinct avec rhérétique.
57 Et est venu devant Paris, Avec une poissante année.
Menaçant dangers et périls A la ville tant renommée.
58 Si bien que le peuple trembloit, Craignant sa furie enragée*
Et jà à un cbacjon sembloit De voir la ville saccagée.
59 Mais Dieu, qui secoure au besoin Le peuple qui en luy se fie,
Par sa bonté a eu le soin Des Parisiens et de leur vie.
50 Mouvant le cœur dévotienx
De Jacques Clément de Sorbonne, Bon prestre et bon religieux, Qui tousjours a eu Tame bonne,
51 A tuer ce tyran maudit,
Ce qu*il a fait de galant homme, Voyant qu'il estolt interdit Par notre saint Père de Rome.
sa Avec un couteau bien petit, Il a tué ce roy inique, Ce tyran meschant et maudit, Yray eunemy du catholique .
55 I^t luy ayant donné les coups Qu'il falloit pour Toster du moude, Il s'est jette à deux genoux, Priant Dieu d'amitié profonde.
54 Les quarante-cinq malheureux, Voyant Henry plaignant sa pance, Ont frappé ce relij{ieux,
Le massacrant à toute outi*ance.
55 O religieux fortuné !
O heureux, 6 vrayement louable !
Heureux le jour que tu es né^ Pour nous estre si secourable.
56 Tu as toi seul plus entrepris Que nostre camp et nostre armée, Tu mérites un très grand prix
Et une grande renommée.
57 Près de Seine, au bourg de Sainct-Gloud, Le jour des Liens de saioct Pierre,
Fut fait ce beau et heureux coup.
Qui rompit les liens de la guerre.
58 Roy de Navarre, ta n'as plus
Ny force, ny pouvoir quelconque ; Tu es foible, tu es perclus; Roy, tu ne le seras pas oncque.
59 Le peuple françois ne veut pas, Puisqu'il est bon et catholique, Avoir un roy qui aux estats S*ést déclaré pour hèrélit|ue.
40 Nous n'avons peur comme tu vois De toy, ny de ton exercite, Puisque le tyran de Valois
Est allé aux eaux du Cocyte.
41 Mais je retiens à ce Clément, A ce religieux honneste, Qui a tué le faux tyran,
Et nous a tous remis en feste.
42 II faut qu'en un temple honnoré Il soit mis avec grande gloire, En or ou cuivre eslaboré, Pour une éternelle mémoire,
45 Et qu'à Tentoiir de son pourtrait Et de sa puissante effigie L'on mette avec un brave traict Cest épitaphe de sa vie :
44 Cest Ici ce Clément heure Qui jadis délivra la France Du dernier Valois mallieuré,
Qui tenoit le ptuple en soufArance.
45 Pourquoy que chacun d'an en an Célèbre la féste honnorée, .
Et que bien solennelleman (f/e) Sa louange soit célébrée.
CHANSON NOUVELLE
Sur le chant :
Dame dlionneur, je vous prie à mains joinc tu.
1 Pleurez, pleurez, fidèles royalistes, Et vous aussi que Ton dit politiques, Vous devez bien pleurer à teste fois, D'avoir perdu nobfe Henry de Vallois.
2 Vous, d'Ëspernon, et aussi La Vallette, Ne picurez-vous la mort de vostre maistre, Qu'en son vivant vous avoit tant aymez Que ses mignons vous estiez renommez?
5 Ce noble roi de France et de Polongne, Qui vous ayrooit autant que sa personne, Il fut tué par un meschant mutin, Jacques Clément, qui estoit jacobin.
4 Jacques Clément, si tu estois à naistre, Las! nous aurions nostre roy, nostre maistre; Tu Tas occis avecques un cousteaq,
Tu as faict pis que fit oncques bourreau.
5 Incontinent que tu reçus baptesme,
Te fust venu quelque mort bien extrême, L'on te tiendroit au r<ing des innocens Là où tn es le meschant des meschans.
A Ce fast en toast, en sortant de FégliM», Estant remply de toutes meschantiaes :
Comme celoy qui n'a ne foy ne loy, Tu tVn allas pour massacrer le roy.
7 Quant de Sainct Pierre-aux-Liens Ton faicl fesic, Droict au faubourg ce traistre se transporte , Devant le roy se mettant à genoux,
Ayant tousjours son malheu eux courroux.
8 En luy disant : Bonjour, mon roy et maistre, Je suis ici vous pourtant une lestre ,
Que vous transmet de Brienne le seigneur, Qui prisonnier a besoin de faveur.
9 Us ont cogneu la faute qu'ils ont faicte D*aToir voulu eslir un autre maistre,
Et ce voudroyent bien tous estre endormis, Alors que vous sorti stes de Paris,
10 Le noble roy voulant lire fa lettre,
Ne se doublant de ce malheureux traistre : De sa grand manche en sortit un cous eau Qui luy perça le ventre et le boyau.
11 Incontinent les archers de la garde Subitement à grands coups d'hallebarde Se sont jettez dessus le jacobin, Jusques A tant qu ils en ont veu la fia.
IS Après cela que tous ces seigneurs virent. Que pensez-vous les regrets qu'ils en firent? Chacun crioit que pour ce grand péché Cet assassin en avoit bon marché.
15 Quand le roy vit que la mort falloil prendre, A Jésus Christ son ame il recommande, En luy disant : Ayez de moy mercy, Car je suis mort sans Tavoir deser?i.
14 Et vous aussi, noble roy de Navarre, Soyez tousjours suivi de bonne garde, Ne vous fiez en ces traistres Ligneux ; Car vous voyez le malheur qui vient d'eux.
15 Si Ton a veu un grand malheur en France , C*e8t aujourd'hui, hélas! car il avance
Le cours de vie du noble roy Henry ; Je prie Dieu que luy doint Paradis !
16 Mais ce grand roy de Navarre et de France Nous ostera trestous hors de souffrance ; Aussi il est à toutes vertus né,
Et pour nostre heur du haut ciel destiné.
XLÎI CHANSON NOUVELLE
Ct)!rrE!IANT LER DERNIERS PROPOS PU FKC ROY TRBS CIIRESTtSX
IIEXRY DE VALOIS,
IJl* DU NOM.
Sur U chant tlê Logmtm.
i Si une main 1 raistressc Terrassé ne m'avoit Ma majesté maistresse Qoc le chef reîcfoit, Peu devant ma blessure Je faisoy ces projccts De remettre en paix seure , Mes divisez subiects.
2 La maison Guysîarde Ne contoit pas ainsi, Ny laSavoysiarde, Ny TEspagnole aussi :
Car le repos de France, Tant et tant attendu, Leur bridoit Tespérance Sur tout leur prétendu.
5 Afin que je despeuple La rébellion donc D'entre mon françois peuple Liguez par eux adonc,
M'estnnt diffdit de Guy^e, Qui la Ligue spinoit Et qui conlre mn gui>r, Lis coutre lis armoit,
4 J'amassay pour un siège Mes François agguerris, Et de trois camps j'assiège Mon chasse-roy Paris,
Et si bien Tenvironne Que i*espère de voir Cette Ligue félonne Biento«t soubs pion pouvoir.
5 Pour fuyr ceste lice Et ce coup de baston, Un jacopin complice Des anges de Pluton, Instigué i)ar le presche Des Ligueurs desloyaux, Prétend de faire bresche A travers mes boyaux.
6 Et coiiïé de promesse D'un futur Paradis Par la Ligue traistresse. Est sorty de Paris.
* Ce moyne avec courage De me tuer subit, En palliant sa rage D'un sainct et feint hibit.
7 Qui cognoistra ma vie Sçait qu'en ma région J'ai la trasse suyvie De leur religion.
Et d^amour principale Dévot je respectois ïjk saincleté papale, Comme roy que j'eslois.
8 Abusant de ce zèle,
Le moyne ont introduit
Qui dessous son froc cèle
La fraude qu'il conduit.
A genoux il se jette
Des lettres m'apportant,
Avec sa sagette
Qu'il veut teindre en mon sang.
9 A part je me retire.
Pour lire Tescriteau, Et de sa manche il tire Son venimeux coùsteau.
Pub avant que je pense A sa desloyauté,
Me fourre dans la panse Son meurtre prétente.
iO Créature bourelle,
Dis moy, que Tai-je faict, Que sans autre querelle Je suis par toy deffeict?
Alors je m'esvertue, Criant soudainement Que point on ne le tue, Ce traistre garniment.
11 Ëstre comme fldelle La France j'esperoy, Qui eut jamais creu d'elle Qu'elle eust tué son roy ?
Race de FrancoM, prince, Sang de mon sang enfin, Pensiez-Yous que je prins^e Si misérable fin ?
i2 Ce coup criant demande Justice au potentat.
Et requiert réprimande D'an si grand attentat.
Et toy, ô débonnaire, Qui me va succédant Du party sangninaire Yenge-moy cependant.
i5 Ce collier je te donne, Car ton col est royal ; Et aux princes j*ordonne Que par serment loyal Pour roy on te révère.
Car Dieu, juge très bon, Pour légitime avère La maison de Bourbon.
14 Je n'ay receu la grâce D^engendrer un dauphin, Ains des Valois la race Par mon trespas prend fin.
Tant que ma voix est franche, Je 'dis et je maintiens
Qu*à Bourbon Tautrc branche Du royaume appartient.
15 Mes vices vont en nombre Les estoilles passant,
Et mon pesché le nombre Du sablon surpassant.
Mais ta misérioorde, O Dieu ! qu*9o repentant De grâce tu accorde, Les passe bien d'autant,
16 La couronne honnorable Polongne me donna, France plus désirable Le chef me couronna.
O Père, auquel j'aspire, Veuille moy pardonner.
Et en ton sainct empire Trois fois me couronner.
17 Peu après rendit Tame Ce prince en sa vigueur; Par le poison et Tame D'un jncopin ligueur, Mort qui Henry dethrosne Très grand entre ies roys.
Pour asseoir sur son throsne Henry roy Navarrois.
18 Entrez en conférence, Vous qui oyez cecy, Fut- il onc apparence Voir tel faict que cecy ?
Car la Ligue inhumaine , Qui les cieux esche lloit, Ce roy grand capitaine Désarçonner vouioit.
19 Gravez dedans vostre aine Que Dieu tirer §çait bien Le bien du mal qu'on trame Contre nn homme de bien.
Et pourtant qu'on vous voye Révérence porter A celui qu*n envoyé»
Sans plus vous révolter.
20 Faites que ta clémence, Justhsd et piété,
Son royaume commence Par débonnaire lé.
Sus, François , qu'on embrasse Ce roy vous embrassant.
Qui est François de race, Du lis François naissant.
21 Ne faites qu'il acquesle Par un sang répandu, Ne faites qu'il conqueate Le royaume à luy deu.
Ains que chacun aporte Son hommage et devoir, Et lors dans vostrc porte La paix noui^ pourrons voir.
CHANSON NOUVELLE