‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 19 sur 181 · CHANSON SUR LE SIÈGE DE THOUABS PAR PHILIPPE-AUGUSTE · texte numérisé non relu

CHANSON SUR LE SIÈGE DE THOUABS PAR PHILIPPE-AUGUSTE

Cette chanson est relative aux guerres que Philippe-Auguste et le roi Jean-sans-Terre soutinrent Tun contre Tautre : le poète anonyme engage plusieurs barons puissans quMl nomme ou qu'il désigne par leur dignité à secourir Towars.

Towars, aujourd'hui Thouars, simple chef-lieu de canton du département des Deux-Sèvres , donnait alors son nom à une vicomte considérable qui formait Tune des trois principales divisions du Poitou. Elle comprenait le pays d'entre la rivière de Dive et la mer, c'est-à-dire la plus grande partie du département des Deux-Sèvres et la totalité de celui de la Vendée. Ces lieux furent plusieurs fois le théâtre des guerres qui eurent lieu entre la France et TAngleterrc pendant la première moitié du xu(* siècle.

En 1207, Philippe -Auguste ayant envahi les 1er-

u vicomte ée Thouars ; celui-ci, trop faible pour ter, appela à son aide ses voisins le^ plus puis- Sa conduite envers eux, dans les années préiites y les avait complètement aliénés. Les seirs poitevins, en effet, voyaient dans Aimery le npal auteur de la trahison qui livra au roi Jean lalheurcux Arthur, et plongea dans une cap- \ horrible les chevaliers qui défendaient sa

mery, bientôt menacé lui-même , pour éviter

irfidie du roi Jean, se plaça sous la protection

>oi de France , et lui fit serment de fidélité.

r la fin de Pannée 1203 , il en avait reçu la sé-

aussée d'Aquitaine {"Z); mais, en 1206, Philippe-

liste ayant suscité contre Jean-sans-Terre la

[le des Lusiguan , Aimery quitta le parti des

içais pour embrasser de nouveau celui du roi

igleterre.

a conçoit que Philippe-Auguste ait voulu tirer

vengeance éclatante de cette perfidie du vicomte

ery.

»ur conjurer Torage qui le menaçait, Aimery ne

cha pas seulement à faire entrer dans son al-

;e Us partisans du roi Jean -sans-Terre, mais il

^a encore d'en arracher plusieurs au roi de

ice.

I chanson qui suit a été composée à Toccasion

es alliances ; c'est Tœuvre , ou d'Aimery lui-

ic, ou d*un seigneur dévoué à sa cause.

V. Chron. Turon. AmplîM. Coll., vol. v, p. 1030. Cartulairc, Ms. de Philippe- Auguste, f 172.

Voîci les rcns< igncmcns que fil pu IrofiTcr snr les personnages qui sont désig^nés dans celle chanson

Les troii comtei ; ce soni Guy de Thouars, com'e de Brdagne et frère d'Aimery; Hugues- le -Bran , comle de la Marche, et Raoul d*Exoudun (i), son frère, comte d*Eu. Tous trois avaient signé, le tf octobre 1906, pour le roi de France, la trêve conclue entre ce prince et le roi d'Angleterre.

Le vieiUard de Bouin, Ce nom peut s'appliquer à Maurice , seigneur de Montaigu et de Commequiers, qui possédait la pailie de l'Ile de Boain, dépendante du Poitou ; Tautrc moitié, relerant de la Bretagne, appartenait aux Chabot. Maurice était appelé le Vieux par opposition & son fils, qui portait le même nom que lui (2).

Savary de Molèon, c>st le prince de Tatmont, al fameux comme guerrier et comme troubadour, dont le nom se trouve presque à chaque page des Chroniques du xiic* siècle; il était alors sénéchal de Poitou pour le roi d'Angleterre , et c'est à liii que s'uppliquc le premier vers du Iroisième couplet.

Le iénéchal d'Anjou et du Maine , c'est Guillaume des Roches, que le meurtre du jeune Arthur avait irrévocablement détaché du roi d'Angleterre, et rendu le plus ferme soutien du parti français. Guillaume était scncchal d'Anjou, Maine ^t Touraine, dès le temps du roi Richard, et, en le reccvaut à son service, Pliilippe Auguste Pavait confirme

(1) Exoudun, près de SaiiU-Maixent (Dcux-Sè^ref) , et non JssoudUD , comme Oii Ta dit mai à propos.

(2) Voyez les Chartes du Prieuré de Commequiers , Archives de la Vendée.

B dignité ; par ane mesure réeeiile^ il avait restreint son pooroir (i). L'auteur de la cherche, mais en ta'in, â exploiter eette eir« B peur ramener Guillaume à la caose da

prétatiMi do troisième eoopieC présente diffleultés. J'ai dit que Sarary de Maolétti séoéèhal nommé dans le premier Terw* me semble désigner le seigneur de Parthe- »gaea Tarehef éque , Tassai do vieorate de y dont le diàteau fol pris pv le roi de laoe celte eipédition. Quant à ee Jean 4m |oe rautenr engage à se joindre aux dent i déjà nommés pour solliciter les aece«ira ^ roi el depuis empereur d'Allemagne , je ai ce peut être, i moins qu'il ne s*aglsie da loi-même qui, du vif ant de son frère, avaii le comté du Maine. Pendant le règne de , Othon gourema le Poitou ; ses anciens De compuient pas moins sur sa sympathio que sur la haine qu'il portait à Philippe^ protecteor de son rival à l'emirtre. QoanI derniers vers du troisième couplet ^ void ^ à quels faits historiques ils font allosloii. t yill, roi de Castille, avait épousé Alièe d'Henri II d'Angleterre^ Il réclamait ppartenant à sa femme le cooKé de Gascot le roi Jean était en possession. Etfi ±909^ i mit le siège devant Bordeau:!. Les Gas-

oirc de Sablé, première partie» par Ménage. \à , in-fol., p. 101. Le septième livre entier de Are est consacré à Guillaume des Roches.

cons, craignant de n^étre passecouraa assez tôt par le roi Jean , demandèrent à Philippe-Auguste de venir à leur aide, offrant de se soumettre à lui. Allié du roi Alphonse, Philippe-Auguste refusa. C'est pourquoi le chansonnier accuse ce dernier d'afoir lâché les Bordelais pour un mulet d'Espagne.

Tels sont les éclaircissemens que j'ai pu trouver sur ce manifeste lancé par le vicomte de Thoaars pour gaguer des partisans. Les efforts d' Aimery furent couronnés de succès, et les seigneurs poitevins répondirent à son appel, puisque le roi de France repassa bientôt la Loire sans avoir pu s'emparer du château contre lequel il avait dirigé toutes ses forces (1).

La chanson sur Thouars se trouve dans un manuscrit de la Bibliothèque royale^ déjà pbisieuis fois cité. Je Pai publiée pour la première fois dans le Recueil de la Société de l'école des Chartes ; et, à peu près à la même époque, M. Wright la plaça en tète d'un volume de poésies historiques relatives à l'Angleterre, imprimé pour la Société de Camden. Voici le titre de ce volume , dont j'aurai occasion de parler plus bas : The poliiical songs of England^ from ihe reign of John to that of Edward II y edited and translaîed by Thomas Wright y London, i859, in-4» (les Chansons politiques de l'Angleterre, depuis le règne do Jean jusqu'à celui d'Edouard II ^ publiées et tracluites par Thomas Wright).

(1} HistorieDs de France, t. x\in, p. ItAS.

[anus, de la BihI. Roy, S.-Germ. 1039, f ax r*.

Mors est li siècles briemaut i

Se li rois Toawairs sormontet ; De ceu lî vait malemant Ke H faillent H iroi conte ; Et li vieillairs de Boaaing

I aurait grant honte, j

C'après la mort à vif conte |

Morrait asimante I

Savaris de Maliéon, Boens chiveliers à cuitainne , Se nos fais à ces besons Perdue avons nostre poinnc.

Et vos, xanexals, asi D'Anjow et dou Mainne ; Xanexal ont an Torainne Atre ke vos mis.

Ce serait une mortelle honte pour ce siècle , si le ivenait mattre de Thouars. Malheur à elle, si les trois M l'abandonnent, et honni soit le Yieillard de Boiiin ! car, après la mort du vicomte de Thouars, il mourra issi!

Savary de Mauléon, bon chevatier de bataille, si tu fais défaut en cette extrémité, notre peine est peine le. Et vous sénéclial aussi , sénéclial d'Anjou et du B, déjà on a mis en Touraiue un sénéchal autre que

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