‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 39 sur 181 · MO · texte numérisé non relu

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Priez, princes , qui avez seigneurie, Roys , ducs , contes , barons , plains de nobles Geptib bommes avec cbevalerit ; Car meschans gens surmontent gentillesse ; En leurs mains ont toute vostre richesse : Debatz les font en hault estât monter, Vous le povez cbascun jour veoir au der, Et sont riches de voz biens et monnoye Dont vous deussiés le peuple supporter. Priez pour paix , le vray trésor de joye.

Priez , peuple , qui souffrez tirannia : Car voz seigneurs sont en telle foiblessa , Qu'ils ne pevent vous garder pour mestrie , Ne voua aidier en vostre graut dastrease. Loyaux marcbans , la selle si voua blesse Fort sur la dos , cbascun vous vient presser, Et ne povez marchandise mener, Car vous n^avez seur passage ne voye Et maint péril vous convient-il passer.

Priez pour paix, le vray trésor de joye.

Priez , galana joyeux en compaignie »

Qui despendre désirez & largesse i Guerre vous tient la bourse dosgamie.

Priez, amans , qui voulez en liesse Servir Amour, car guerre par rudesse Vous destoqrbe de vos dames hanlcr.

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^ui maintes fois fait leurs vouloirs tourner; li quant tenez le bout de la courroye , Jng estrangier si le voua fient oster.

^riez pour paix , le vray trésor de joye.

)ieu tout paissant nous vueille conforter routes choses en terre , ciel et tner : ^riez vers luy que brief en tout pourvoye ; la luy seul est de totis maulx amander. *riez pour paix, le vray trésor de joye.

Manusc. de la Bibliolh. de Grenoble, f xcn. REGRETS OU PAYS.

En regardant vers le pays de France , Ung jour m'avint, adouré sur la mer, Qu'il me souvint de la doulce plaisance Que souloie ou dit paîs trouver.

Si commençay de cueur à sousptrer.

Combien certes que grant bien me faisoit , De veoir France que mon cueur amer doit.

Je m*avisay que c'estoit non-sçavance De telz soupirs dedens mon cueur garder; Yeu que je voy que la voye commence De bonne paix , qui tous biens puet donner. Pour ce , toumay en confort mon pense;; Mais non pourtant mon cueur ne se lassoit De veoir France que mon cueur amer doit.

Alors chargeay on la nef d'espérance Tous mes soubaitz , en les priant d'aler Oultrc la mer, sans faire demourance ,

Et à France de me recommander.

Or nous doint Dieu bonne paix sans larder,

Adonc auray loisir, mais qu'ainsi soit

De veoir France que mon cueur amer doit.

Paix est trésor qu*on ne peut trop louer : Je hè la guerre , point ne la doy priser; Destourbé m*a long-temps, soit tort ou droit, De veoir France que mon cueur amer doit.

— su-

lUnusc. de la BIblloUi. de Grenoble, t" a, r. SUR LE BRUT Qt^N AVAIT RÉPANDU DE SA MORI

Nouvelles ont couru en France Par mainU lieux que j'estoyc mort , Dont avoient peu desplaisance Aucuns qui me bayent à tort.

Aulires en ont eu desconfort , Qui m'ayment de loyal vouloir, Comme mes bons et vrays amis.

Si fais à toutes gens sçavoir Qu'encore est vive la souris.

Je n'ay eu ne mal , ne grevance,

Dieu mercy! mais suis sain et fort ;

Et passe temps en espérance

Que paix , qui trop longemcnt dort ,

S'esveillera et par accort ,

A tous fera liesse avoir.

Pour ce, de Dieu soient maudis

Ceux qui sont dolents de veoir,

Qu'encore est vive la souris.

Jeunesse sur moy a puissance , MaUYieillesse fait son esfort De m'avoir en sa gouvernance :

A présent faillira son sort.

Je suis asseï loing de son port, De ploures vueil garder mon hoir, Loué soit Dieu de paradis Qui m'a donné force et povoiri Qu'encore est vive la souris.

Nul ne porte pour moy le noir.

On vent meillieur marchié drap gris.

Or tiengne chascun pour tout voir, Qu'encore est vivfj la souris.

ii ,j^

Maniuc. de la Dlblioth. de Grenoble, f cv, r* AU DUC DE BOURGOGNE.

Des nouvelles d'Albion , S'il vous en plaist escouter, Mon frère et mon compaignon , Saichiez qu'à mon retourner, J'ay esté de çà la mer Keceu à joyeuse chière ; Et a fait le Roy passer £n bons termes ma matière.

Je doy estre une saison Eslargy pour pourchasser La paix et aussi ma raençon ; Se je puis seurté trouver Pour aler et retourner, Il fault qu'en haste la quiere ; Se je vueil brief achever En bons termes ma matière.

Or, gentil duc Bourgongnon , A ce cop vueilliez m'aydicr,

Comme mon cnlcnliou Est vous servir et amer, Tant que vif pourray durer.

En vous ay fiance entière Que m'aiderez à finer En bons termes ma matière.

Mes amis , fault esprouver S'ilz voudront à ma prière , Me secourir pour mener En bons termes ma matière.

Manuscrit de la BiblloUi. de Greuoble, T cm, r*. AU MÊME.

Puisque je suis voslre voisin En ce pays présentement , Mon compagnon , frère et cousin , Je vous reqiïier très-chièrement Que de vostre gouvernement Et estât me faictes sçavoir, Car j'en orroye bien souvent , S'il en estoit à mon vouloir.

Il n*est jour, ne soir, ne matin , Que ne prie Dieu humblement , Que la paix prengne telle fin Que je puisse joyeusement , A mon désir prouchainement Parler à vous et vous veoir.

Ce seroit très hastivement S'il en estoit à mon vouloir.

Chascun doit estre bien enclin Vers la paix, car certainement

Elle départira butin

De grands biens à tous largement :

Guerre ne sert que de tourment,

Je la hë , pour dire le voir :

Bannie seroit plainement,

S*il en estoit en mon vouloir.

Ya ma balade prestement A Saint4)mer, monstrant comment Tu vas pour moy ramentevoir Au duc à qui suis loyaument , Et tout à son commendement S'il en estoit à mon vouloir

CHANSON

(\y SIÈCLE.)

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