‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 40 sur 181 · BALLADES DU SIÈGE DE PONTOISE · texte numérisé non relu

BALLADES DU SIÈGE DE PONTOISE

C'est ici Tun des plus beaux faits d'armes du rè^ de Charles Yll ; non pas que la ville de PonU fût en ce temps la plus forte place du royauo mais il fallut aux Français un grand esprit de c duite dans leur plan d'attaque et une persévérai qu'on ne leur connaissait pas , pour forcer une g nison anglaise que soutenaient deux années rôd aux alentours sous la conduite du duc d'Yorck de Talbot. A sept reprises différentes , ces d( habiles capitaines ravitaillèrent les assiégés et of rent la bataille aux Français; mais le roi,ledaup et l'amiral veillaient à ce que leurs gens n'abandi nassent pas les fortes positions qu'ils leur avai fait prendre dans Tabbaye de Saint-Martin et toute la prairie de l'Oise. Le chroniqueur J< Chartier insiste longuement en cet endroit, p< faire sentir de quelle importance il était de n'abi

lonner pas le siège. « Le roy ne fut pas lors conseillié de livrer bataille aux Anglois, lesquels comme il sembloit ne demandoient autre chose ; mais bien fut conseillé et se résolut de bien garder et conserver toujours ceste abbaye (ce que notre ballade appelle la elosture du Aioustier) et le pont qui estoit fortifié de costé et d'autre , comme dit est ; et de là faire cependant tousjours guerre aux Anglois estant dans icelle ville, pour la réduire enfin à se rendre, estant la seule cause pourquoy il estoit là venu. £t qu'il se pouvoit bien par ce moyen passer de donner bataille aux Anglois, qui seroit trop hasarder; car pour icelle bataille donner, il auroit fallu qu'il eust abandonné la dite abbaye de Saint-Martin et ce pont qu'il avoit grandement fortifié, et aussi lever et quitter entière- ' ment son siëge et de plus y perdre et laisser toutes ses bombardes et autre artillerie ; que mesme il pourroit bien arriver que quand il auroit fait tout cela et qu'il seroit du tout deslogé , qu'il ne r.ombatroit pas pour cela les Anglois qui n'auroient . * pas voulu peut- être alors donner bataille , ou bien

> que l'on ne les auroit pas veu on bon poinct pour

> les pouvoir attaquer, veu et attendu la manière

> que souvent ils avoient^coustume de tenir en tels

> cas, c'est à sçavoir de se fortifier en ces rencon- » très, de bois, pieux sur bout, de charroys, de

> canons et autre artillerie. » Sans contredit , garder es retranchements étaitle plus sûr et le plus honorable; et si cette inaction valut aux Français quelques )rocards de la part de leurs ennemis , outre qu'ils se rengèrent des insultes en ripostant sur le même ton

(ee qa^on va voir dans nos ballades), ils obUoreDl ftna lement Tune des plus heureuses victoires dont il soi fiit mention. Car étant venue la saison où le du d*Yor(à et Talbot furent obligés d^aller se refkir en Nonnandie , le champ resta libre ; en deux jour la place fût foudroyée , la brèche ouverte , Pontoia gagnée au prix de six hommes qu'y perdit le rot d France. Ce fait s*accompUt le 19 septembre i441 Il suffit de ce rapide eiposé pour faire coroprendr la polémique en vers qui occupa un instant le a^égés et les assiégeants de Poutoise.

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