‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 47 sur 181 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

LES ANES YOLANS.

téa compléta qu'on va lire étaient destinéd à àc- Wmipagncr nnc imngc satirique cfont le manuscrit Titsm a conservé là description : « Un g homme assîâ jiî i

ëtt nne chaire soub2 nng beau pavillon, habillé {

comme ùng empereur; et soude en une trompe de 1

laquelle sort ung asne voilant qui est moiiîé dans (à f^6mpe et moitié hors , et â une rtiittré en la teste et tiiie crosse èAtre les bras ; et y a deux autres asfièd vollaTis. »

Quel est ce personnage assis sur un tfône et ha- \

trille fcomme un empereur? II est nommé Favèut àù premier vèrS du premier couplet ; maiâ on a pris trop de soin â le parer des insignes foyaux , pouf que- l'allusion échappât aux lecteurs. Faveur, c'est Louis XI, et les ân€9 volans qui sortent de sa trompe, ce sont les gens sans éducation, mais pleins d'esprit, dont il aimait à s'entourer. Je ne saurais dire quel est le premier âne, pesant et lourd j mtiet et sourd y qni , malgré ses infirmités,

a obtenu de si beaux ofllccs ; sa pesanteur sVcor dcrait assez a?ec rcmbonpoint de Jean de Montau ban , amiral et réformateur général des eaux et fa rets. La petite littérature de ce ministre , les belle places qu'il cumulait , les immenses revenus qu*il savait joindre, justifient Texpression de ung aine., que fortune a voulu accoler. Dans le second âne si bien instruit des recettes du cabaret et issu d*as sez pauvre maison , je crois reconnaître Charles d Melun , petit vassal du comte de Dammartin , qu Louis XI éleva à la dignité de grand-maltre de so hôtel, renommé d'ailleurs |X)ur ses débauches e tout genre (i). Le troisième âne , Tâne mitre qui v nattre , c'est Balue , déjà conseiller au parlement < dispensateur de tous les bénéfices du royaume; Bi lue, qui poursuivait et allait obtenir le siège épis copal d'Évreux, quoiqu'il ne sût pas le latin et ii incapable de lire son bréviaire. Cette dernière di constance nous donne la date précise de la chansoi puisque Balue reçut l'évéché d'Ëvreux en con mande au mois de décembre ii64. On trouve dai le même manuscrit un certain nombre de devi» eu vers. Parmi ces devises , j*ai remarqué celle-c qui n'est pas sans avoir rapport â la chanson des ânei « Des asnes abillés en advocas sur des mulles i une femme nommée France qui leur chausse d< espérons : »

Se noiis avons prospérité Beaucoup plus que nous ne valons, France nous a mis aux talions Les espérons d'auctorlté.

(1) Voyez ci-après p. 358.

Uaniuc. de la BIblIotb. roy., 7685, f lxvu.

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