‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 55 sur 181 · BALLADES SUR LES FACTIONS DE · texte numérisé non relu

BALLADES SUR LES FACTIONS DE

Aux fomeux^UU de 4484, pendant que les princ du sang intriguaient auprès des députés pour se foi adjuger une part dans le gouvernement , au mép des dernières volontés de Louis XI, le duc de Le raine s'avisa de venir présenter sa requête comi les autres. Il ne pouvait, pas se dire de la fami royale vu qu'il n*y touchait que par sa mère, fl du roi René ; mais à défaut de naissance il fais sonner bien haut Timmeiise service qu'il avait rem à la monarchie en détruisant la puissance bourgt gnonne. Il voulait qu'on lui donnAt voix au conse plus le duché de Bar, que son grand -père avi engagé à la couronne , plus la Provence , dont il prétendait injustement déshérité. C'est le 4 1 vrier 1484 que ces demandes furent exposées d vaut les états ; rassemblée s'en référa au conse

Les princes français , qui considéraient le duc de Lorraine comme un étranger, trouvèrent fort mau* vais qu'il vint se mêler des affaires du royaume : mais Anne de Beaujeu> qui avait bien retenu cette maxime de son père : « qu'il faut diviser pour régner» » se montra plus favorable aux prétentions du nouveau venu. £lle lui fit rendre le duché de Bar, avec remise de la somme pour laquelle cette terre avait été engagée; et à Tégard du comté de Provence, elle lui promit que la validité de ses droits serait examinée et que justice lui serait faite dans le terme de quatre ans. C'était lui accorder une partie de ce qu'il demandait , celle qu'on ne pouvait décemment retenir, eu lui laissant l'espérance du reste , qu'on était bien résolu de ne lui donner jamais. Au moyen de cette transaction à laquelle se laissa prendre le duc de Lorraine , il devint chef de parti , dévoué à la régente et en opposition ouverte à la faction des princes dirigée par le duc d*Orléans.

Il semble que nous soyons bien loin de nos ballades , nous y touchons. Les gens du duc de Lorraine portaient le vert pour livrée : de là la dénomination de verts manteaux donnée à ceux de son parti. Ce sont donc les Lorrains qui parlent dans la première des chansons qu'on va lire. Ils menacent leurs adversaires de les mettre à la raison s'ils ne cessent de mécontenter tout le monde. Dans la seconde , un affidé des princes répond que personne ue sera mis à la raison*sinon les vers de terre, et ce, par Toffice du bourreau et le moyen de la potence. Là cesse la polémique. La troisième ballade est une

ouvre de tiers ptrii. Ce loiil les doléinees d^i qui prévoit dans les dissensions de la eour une velle guerre du Bien Public. Li pensée qui tei le dernier eouplet fait iiopneur à Tauteur, quel soit , qui Ta conçue.

Ces trois ballades se trouvent parmi les m de Goquillart (4). 11 est impossible qu*il les ait toutes les trois; mais on peut lui en attribuer Les opinions émises dans la troisième sont < qui, je crois, lui conviendraient le mieux.

Princes qui tenez les très-grans estez, Sans regarder la façon et manière , Vous courroucez tant de gens en ung tas Que pour vous va c*en devant derrière.

Pour ce maintenez raison droiturière , Qu'en ce printemps et novelle saison Les Vers Manteaulx en feront la raison.

Que pensez-vous ? Prenw-vous vpz esbatz A mectre sus une telle matière?

Par ce moyen vous forgez grans desbalz Qui dureront au moins Tannée entière.

. Et vous dy bien, se ce temps dure guère Et Dieu reçoit de cbascun Voraison , Les Vers Manteaulx en fefont la raison.

(1) Poétles de Coquillart, p. ne.

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Vous faicles tant de gens crier « hélas ! » £n haalte voix, faisant à Dieu prière, Qu'ensemble touz puissez descendre en bas Ou puits (fenfer, la leste la première ; Car aussi bien sont métanlx, champs, banière , Ce temps d'iver. Vous verrez qu'à saison Les Vers Manteaulx en auront la raison.

Prince, regarde à qd baiillié to «s Toute la charge en ta noble maison ; Et pense bien comment garder porras, Les Vers Manteaulx en feront la raison.

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