la noblesse et peuple de ]!i[aaey
Qui résisté ont à son entreprise,
Jusques à tant que par vous ait mort prise,
Et font la An qu'il avolt desservie,
Correspondant à sa damnable vie.
De trahison estoit plain et d^orgueii:
Or gist en vers, couché soubz ung cercueil
Qui six pies a tant seulement d'espace.
Bien doit avoir aux enfers lieu et place;
Car il n'aima onques paix ne concorcMi
Ne n'eust pité, foy ne miséricorde.
Mais cmauité, feionnie et rancune.
Qui veult le pleure , Oleu J'en loue et fortUBft.
I^ même seiitiment d'implacable RUCURa d^ pfirfi la chanson que je reproduis ici, comiiM |jt meilleure qui ait été composée sur la bataille de Nancy. L'auteur n*en est pas connu » mais Téloge de Louis XI, qui termine le quatrième couplet, expluioe assez que sa muse était aux gages du roi de France.
Hannsc. d« it MkUotb. Ikiy* a* 7089» f iiltv. IMto d« It mort do due de Boorgoogne qoi hil tué à Naocr eo Lorraine.
Or est le p^vt orgtiilleut destendu ; Le fléf lyon ne Ta pas bien g^rdé.
Il a très mal son latin entendu , £t à son cas siraiilement regahlé.
Il a trouvé avoir nng peu tardé Au desloger du pays de Lorraine, Car à la fin il y est demouré , £;t les moutons ,* la toison et la laine.
Devant le choc il a trop attendu £t de plusieurs s'est mal contre gardé ; Aucun torfait luy a esté rendu.
Myeulx lui vaulsist s'en estre retourné Il se fust bien autre part séjourné.
Mais advenir luy devoit Tadventure , Longtemps y a qu'il fut prophétisé :
Cent ans accreu tout se paye en une heure.
Le fier courage d'un homme est abbatu Pour peu de chose quant à droit est mené ; On s'est à luy hardyment combatu Oncques ne fut n'a point ramené.
— 38ft —
Tellement Tut ilec son démené Pris à néant |)ar Taçon dangcrcnse, Qu^un dernier jour luy Tut là ordonné Et luy survint une heure malheureuse.
Maints povres gens ont du mal soustenu , Trop plus par luy que plusieura n*ont cuyd< Mais qu'a il fait ne qu*est-il devenu Luy qui estoit sus tous oultrecuydé?
Il a le parc piteusement vuydé.
Puisqu^il est mort ayons bonne espérance : Car celluy seul à qui Dieu a aydé S'est travaillé de mettre paix ep Jf rapce.
Pour ce pencez à ce qu^cst advenu Sur ung tel chef qu'estoit tant estimé ; Regardez bien quoy qu'il est devenu , Souvieigne vous comment il est fine Luy qui eust d'or ung milion fine.
D'hommes autant et estoit si grant maistre. Tant fut desfaict et tant exterminé Qu'à peine nul ne le pouvoit congnoistre.
CHANSON
( %y SiftCLE. )
CHANSON OE MOtlNET Srn LA JOURNÉE DE GUINEGATE.
Moimet fut nn chanoine de Yalenciennes , pen- .^ionoé de la maison de Bourgogne , et qui a écrit en son temps Dieu sait combien de vers et combien de prose. Sans discuter ici son mérite littéraire , nous lui appliquerons ce que Rabelais a dit du chroniqueur Enguerrand de Mouslrelet , savoir « quMl est baveux comme ung pot à moutarde. » Les trente couplets de la chanson qu'on va lire sont plus que suifisans pour établir ce point.
La bataille de Guinegate eut lieu le 7 août 1479 , à peu de distance de Therouenne. Molinet rappelle dans ses chroniques la journée de la Viefville ou de Guinegate , à cause que le plus fort de l'action se passa entre deux villages ainsi nommés. Voici dans quelles circonstances eut lieu cet engagement mémorable. Le jeune archiduc d'Autriche Maximilien, marié depuis i^cu à Théritière du duc de Bourgogne,
était veuu mettre le siège devant Théroueime , porté par les Français dans la campagne de 1477. capitaines de T Artois, de la Champagne et de la Pi die, inrormés de cette entreprise , se réunirent hâte et obtinrent du roi la permission de livrer bataille, quoique depuis eelle de Montlhéry Louii n'aimait plus qu'on tentât la fortune en si grand a| reil . Mais cette fois les catiitainès montraient si bo volonté, leurs compagnies étaient si bien disciplin $i bien en point , comme on disait alors , qu'on raagina que ce serait le dernier jour des Flamai A la tête des Français était le maréchal Philipp CrèvecŒur, autrefois attaché aux ducs de B( gogne ; mais qui depuis la mort de Charles-leméraire s'était jeté dans Tautre parti. Il avait i lai les pitis renotnttiés généraux du tetnps , cm Jean de Dnillmi , seigneur dd Lude ^ gouveri du Dauphiné , le maréchal André de Laval , sir Lohéac , Jean de Torcy , grand-mattre des art triera de France, et d'autres encore qu'on trou nommés dans le quatorzième couplet de notre cl son» Les Flamands , quoi qu'en dise Molinet , valent de chefs expérimentés que le prince d'On et Jacques de Savoie , comte de Romont» Ces i hommes habiles suffirent pour assurer à leur ] utie victoire que leurs ennemis n'eurent pas | l'avoir crue trop facile. Car, pendant que les d^armes français s'occupaient les uns à poursi quelques fugitifs , les autres à piller les char l'infanterie , qu'ib auraient dû défendre , fut éci par le comte de Romont ; toute l'artillerie fut levée , et quand nos coureurs et nos pillards vc
^SB7 — lurent reveairàla charge, iU trouvèrent que la bataille éiait perdue pour eux.
SUl en est qui désirent en savoir plus long sur la journée de Guinegaie, nous les renvoyons aux chroniques de notre Molinet. Ils y trouveront amplement de quoi satisfaire leur curiosité au chapitre 66, lequel commence par ces mots : <« Tant excellens » et de merveilleux compte furent les haults et » glorieux exploits du duc Maximilien et de sa han ronie à la jotirnée de la Viefville , que ma foible » plume assez rude n*en poiroit escrire le dixiesme,» Mais le bon chanoine se moque un peu de son lecteur en parlant de la sorte , car certainement il n'est personne qui ne trouve son récit dix fois trop long. Notre crainte est qu'on ne porte le même jugement sur son poème. Toutefois , nous rapportons celui-ci dans son intégrité parce qu'on y trouvera les choses les plAs plaisantes : par exemple, cette prosopopée du commencement, dans laquelle le poète évoque tous ensemble, les instrumens à vent, à corde et à percussion qui étaient en usage de son temps. Ils sont vingt-neuf substantifs, qui s'alignent en huit vers; c'est Tinventaire d'un luthier mis en rimes. Par contre, vous lirez plus loin des strophes composées uniquement d'épithètes. Puis viennent les outrages les pins bizarres prodigués aux vaincus ; les éloges non moins étranges dont sont rémunérés les vainqueurs. Après quoi Molinet amène tant bien que mal une furibonde invective contre Therouennc, dans laquelle il expose les antiquités fabuleuses de cette ville. Enfin, il termine par des vivats en l'honneur de Maximilien.
— SM
Cette singulière composition , les dévelopficm dont elle est surchargée , les jeux de mots dont abonde , tout cela est fait pour donner un curi échantillon de ce qu'était le bel esprit en Flandr la fin du XV* siècle.
Manusc. 70&;},r ui%v, v%
Chanle Clyo , joue de la miiseHe El si Vaccordi^ à la barpe ori^liéiiic ; Chanle Ainpbion, desgorge ta voîseLle, Qui de tu harpe assez prnpte et donj^^elle Édi ïl aa h cy 1 ^ '£hé h è i ii e .
Chanle Mercure, à la verge atirdue.
Qui les cent yeulx ArgUB feil sommeiller, Vet-y le temps qu'on ne doîcl réveiller.
Chanle Appolo joyeusement à fin Que du dieu Pan la Heute se accorrfe ;
Cbanlc Arioti qui fiiz par nn dauli^lun Kageaut en mer porté Mir sou dtu fui.
Quant il ouyl In doulseur r!e la corde. IVympiies de \ms, déesses de cojicorde.
Dieux amoureux et sereines de mer, Chamez de voix doulses sans point tVamer.
Sonnez, taboulé ^ tromper, lubes , clarom, Flustcft , bedons , simphouyes , vebellea , Cymball^^îi, cors douh. maMifordions, Dci-nco ! t les , ûhoros , ps ;d 1 e i* i o n s ,
Orgues, herpo(:, iinqmîrcs, cliallemellcs, Bons érhkpiiers, guisterneft, doulcemelles Cornemuses , timbres , cloches sonnantes , Pipctz , flajoli , lucqs et marionnettes.
Chantez , nottez , deschantez , gringotez, Petitz enfans qui sçavez contrepoinct, Et nous monsirez par voz ehaniz fleuretez Comment François ont esté escrotez, Ruez par terre et gallei mal à point.
Regraciez Dieu et n'obliei point Que c'est œuvre sainete et mîraeoleufle Pour réprimer leur vantise orgaeilleate.
Ung jeune prince , humble et plain de vaillan A rué jus, auprès de la Yiesviïle, L*orgueil de France et dix-huit cens lances , Dont les cin(| cens vertes , perces ou blances Ont sur le champ receu mort noire et vile , Et de leurs francs archiers plus de dix mille, Tesmoing tous ceulx qui d^avoir furent digni Pour six patars deux de leurs brigandines.
li a gaigné par sa chevallerie ,
Le champ , le val , la montaigne et la plaiiM
De ces François riches de pillerie ,
Et trente-cinq pièces d*artillerie ,
Vivres el vins pour boire à pance plaine. Chantez , Flamans , betivez à longue allcine Ches vins franchois en lieu de keutc ou bicrre, Voz euqemiz sont motif, et mis en bierr^.
Chantez comment Françoi« furent domptez,, Battuz, boutez, pillez, esparpillez, Desordonnez, desroropuz, desmontez, Desbrigandez , desfaiciz, desbarrçtez, Esgar^ate^ , esgueuUez , ailles, Percez , lancez , despouillez, de^billei, Escoqtillez de terribles taillans Onccp^es Flamans ne furent si valUans.
Chantez comment furent Frai^ois vaîncuz, Desbuissonnez , desmembrez, deavestu?, Desbastonnez, desmanche;;, desfuUez, Escarieilez , esbouillez i esbauUe^ , Ewervellez, esbahyz, esperduz, Chassez , confuz , cravante^ , confonduz , Perduz, pendoz , noyez et mis en coffre, A telz pardons il n*y a point grant offre.
Chantez comment François furent gallez, Chollez, foulez, roulez, escharbouillez , Affistollez, pour bondiz pestellez, Hallez , touillez et batluz de tous lez »
Ëscnrmonfflez , fatroiiillez, bndrouillez , Traînez, taillez, reloiirnez, rctouillez, De sang souillez en très-grant habondauce. Oncques François ne furent à tel dance.
Ruthéniens , gens de fer et d'acier, Hardiz Fiamans, vigoureux léonceaux, Il n'est canon, ne traict de franc archier Ne François nul qui vous puist desmarchier, Ains devant vous fuyent comme porceaulx. Hz ont senty les comuz espinceaulx Dont vous sçavez achever tels poupars ; France vous craint comme petitz lyepars.
Devant Courtray , les espérons dorez Chéurent jadis en vostre astre et parroche, Mais maintenant vous estes estorez En ce hault loz cremus et adorez.
Honneur vous vient , prouesse vous approche Vive Romont , chevallier sans reproche , Qui vous acquiert avec les desmanchez Le très-bon hruyt dont estes exaulsez.
Tygrcs, grifons, lyons , dragons fumans Ne sont plus fiers que ceulx qui condnisoient Anglois, Flamans, Bourguignons, Allemans, Et ceulx qui lors féirent aux sncqiiemans
François fuytifz, qui combatrc n'osoycnl. Ains par despit vivandiers occisoient Prestresy lieraiilx, uièreâ, enfans pctit2, Et les paiges des chevalliers geiililz.
O qu*as-lu fait, France trés-creslienne,
Tu es rabie ou fol , ou hors du sens ;
Avoir soulois faveur celestienne,
Mais tu as or fureur hérodienne
Puisque tu as occis les iniiocens
Qui vont criant par milliers et par cens,
Vengeance à Dieu de cenlx qui sont soubz France;
Ung jour viendra que France aura soufrancc.
France soustient tirans et Mamehitz , L'eiivre et le nom tesmoigne ce que c'est. Barbarius, Turcs et Tartarins veluz Ont plus beaulx tioms et sont py teux trop plu Que Crievecueur, Chamc, Maigny, Clociiel, Torcy, Daillon , de Loheac , Brochet y Sauvagiere, Mannoury , Pot-la-Yache , Querquelevant , Pombriant et Gobache
O fleurdc lyz plaine de scorpions , Tu ne cc«iuras tantost quel sainct reqiicrre. Holant est mort , noz vaillans Scipions Viennent en bniyt et sont mis à In guerre ;
Preux et hardiz au besoing pour conquerre
La toison d*or en Tisle de Colcoit,
Et pour donner aux François de leurs cops.
Nous avons ducs, maint conte et maint vassal, Julliers, Rommont, Sainct-Pol, Nanssau, Joigf Cleves, Crohy, Luxembourg , Mingoval , Bernes , Fiennes, de nostre ost mareschal , Bevres, Lannoy, Haubourdin, Montaigny, Santcs, Boussut, Cliunteiaine, Wargny, Renli , Famars , Damprecan , Capdoraz , £t Sallfzart qui vauU d*or cent carala.
Regarde , France , et voy comment besongne Ton fort flayau, le hanlt prince d'Orange; Il a conquis tel bonneur, qui qu*en groingne, Sour les tiens ou pays de Bourgongne.
Qu'il n'y a roy ne roc qui ne s'y renge ; Son bi-uyt , son loz , sa vertu , sa louange Sont renommez en Puille et en Calabre.
Il fait trembler France comme feuille en Tarb
Que te semble il du comte de Chimay , De nostre barbe et du sanglier d'Ardaiunc? Hz ont tenu François en tel esmay Vers Luxembourg de[)uis le mois de may.
yu'ilz n'ont rompu mur, tranché, ne doz d'anc. Mais plus battuz , plus pelleï que Ant d*ane , En leur poUfpHs nous tendent virfclon; Cop après cop gros chesncs abbât-on.
Toy, Therouetine , âbisttieosc tàisniére, Gueulle d'enfer, gouffre de Saihanie, Tu fuz jadis par iflumphaut manière, Terre troyentie et royale bauière, Terte d'bonneur, terre sans zizanie.
Maintenant es terre de tiranye Terre sans fruiclz, terre prophane et vainc, Tcne stériile et Vile terrewainc.
Merovéus, de Troye fugitif, Duc courageut , descendu de hault roc, Fut tout puissant père progénilif Et le donna nom et bruit primitif, Ainçois «lue France eut eu ne roy, ne roc. Rome n'avoit ne corps, ne chef, ne croc , Quant tu avois Aganipus à roy, Tu as changé ion nom et ton arroy.
Datid régnant en Sion la moiitaigne Des Belgiens les tours bien amassées.
Puis vint Artus , roi de la Grant-Bretiigne , Qui te brûla mieuU cpie verte chasiaigne ,
Sfiiiitiire, loui^s et murailles cassées. Mais BrunehauU , dont on voit les chaussées Te donna roy, rccouvrance et richesse.
Quant guerre ruyl , tout amoureux ry cesse.
Le roy Suart et Terulphe , son filz , En ton giron furent roys coronnez ; César, depuis , te vint prendre en ses filz £t les enfaus furent puis desconfiz Par les Wandelles en irès-grant courroux ue Ruez, tramez et par terre vannez; Et lors tu fus Thérouenne appellée Terre tremblant , terre vaine et pellée.
Nous congnoissons et de plante et de laict, Ton nom , ton sang, ton père et ta naissance Tu crois François qui ont assez de plait Et ont séduit, de quoy il nous desplait , Ton simple cueur. Reviens à congnoissance Car si tu faiz planiére obéissance A Marie ta princesse et ta dame , Pardon auras enfin de corps et d'âme.
Quel nom» quel bruyt, quel liltre te donra Prince invaincu , puissant duc d'Autriche ? Tu as dompté par ton liarily courage ^oz cnnemys plains de fouldre et d'orage ,
Dcs^iuelz France e»l la honteuse iiourrice. Mercy à Dieu et A sa génitrice!
Tu as acquis par hauUz faix glorieux L'excellent nom de très-victorieux.
Duc , archiduc , duc sans per et sans peur. Doc sur tous dncz le plus resplendissant , Tu es seul fliz de roy et d'empereur César Auguste , aucteur et réparcur Du bien publique en son poing florissant. A ton père est ce monde obéissant , Chascun luy doibt foy, tribut et hommage Ou nom de Dieu dont il porte Tymage,
Ce que se fait par juste élection Comme ung romain empereur triumphant.
Et de plus grant poix et perfaiction Que n'est ung roy dont la succession Directement vient de père à Penfant.
L'un est mouton ; Vautre est droit éléphant, Et si des roys aucuns sont bons et sages Dix en y a qui ont autres usages.
Tous autres roys portent simple coronne Et sont sacrez de main episcopalle ; Mais l'empereur qui le inonde avirouue D'or et d'argent et de Ter se coronne
Et esl bénitl dt profNre maiii pa|NiUe. Dedan» Rome la cité printipélto.
Chef de ce nondi «1 teMOti d« Reçoit le ttuki de Tenipin tn eee
Or eM« donoiiiilttsdorof deeroye^ Filz dTevrMMri ils d« ploi gnst du Nul sinon toy ■*» Iroiifé m sii rolti Si noble seag, il IM» bm ne si roids^ Car seul respleM en gloire noMe el noade Et en toy e#id hettHe noMetee halNNide Plusqa'esMil aotre. EMOresld et-la Que tu iMeei teoe entre» en verta.
Tu as bonté ^ beenté, f>ylié« i MagmficeiMe» avelorilé, paiiiMice»
Force, jusiioe f leeupéreiieef prudenee, Raison , 8€ieiiee« adfie, eep?ek?eeeaoe , Bénivolettcc , humtlilé, sageeee »
Reaeiii^ nctiette,ftKNMMitr,pon^ hardiesse, Grandeur» iNialtene^ enteademenl, mteoirei Sérénité, bruyt^ Iriimpiie el victoire.
Vive ton ils , ton eepowe el Um fpère I
Viz et pids|iére en U félkilé!
Dieu est pour toy, iMrUMW s'y adhère Qui considère et voit le dur mystère ,
Et peine austère où les tiens ont esté , £t prens py(c de leur adversité.
Tu as dompté noz enneinys cornuz ?
Vive le duc MaximilianiM !
( XY« SiteLE. ) BALLADE SUR LA PATX D'ARRAS.
La paix d' A rras, signée le 25 décembre 448 le dénouement du règne de Louis XL Elle c< tiinit la Franco dans les limites que lui donii deux siècles plus t.ir! les conquêtes de Louis et (ce qui charmait davantage le vulgaire] elle dait le repos à la France , forcée depuis dix-se| de se tenir sur le qui- vive. Il était naturel q conclusion si heureuse mit toutes les populatic liesse ; aussi les chroniqueurs abondent en c sur les réjouissances qui signalèrent le comm ment de Fan 1485. « D'icelle bonne paix , chronique scandaleuse , fut resjoy et joyeulx noble et très-révérend père en Dieumonseign cardinal de Bourbon , qui , à Toccasion d'icell faire en son hostel de Bourbon, à Paris, une belle moralité , sottie et farce , où moult de allèrent pour les veoir jouer, qui moult priser
qui y fut faict. Et eussent les choses dessus dites esté plus triumphanles , n*eust esté le temps, qui moult fui plouvieux et mal advenant , pour la belle tapisserie et le grant appareil fait en la cour du dit bostel ; laquelle cour fut toute tendue de la tapisserie de mondit seigneur le cardinal , dont il avoit grande quantité , et belle. » Par tontes lergrandes villes il y eut mêmes divertissemens. G*est à Reims que fut composée la ballade qu'on va lire , probablement à Foccasion d'un groupe que la ville avait fait scnlpter pour les fêtes, et qui représentait la Flandre et la France réconciliées par la paix.
Maître Guillaume Goquillard, officiai du diocèse de Reims, est Fauteur présumé de cette pièce. Elle se trouve dans le recueil imprimé de ses œu* vres(l).
(1) Les poésies de GuUlaame Goquillart, officiai de Téglite de Reims. Paris, GonsteUer, 1735, in-i).
Sa.
P«éttet à» GoillMUM G«i«illarC, p. lU.
Ball/idtf ^qaud oq cria la |»ais à fteiim.
Vont eflpeHtp et vtrluêuli oaufeget , PlaiMBs, homitttas , rofuiHi et pusiflifiiM , SallM à ûop d^ voi noblci bamagies, Bngiilt flobiilB , CMili a| tdeiitiAquM, Bi rtgardM im êmrm àmêqms Dimt Diau mm a «i ciinckniiiiil dmm , Que tous nous deux sont au jour d'uy n^ii^z £n joyes et chants , en plaisirs et en jeax, Pir aM iroyi dame» lea^iualids ey voyaa t. Cest Fraoee et FtandM at la Paii entra danx.
Vouloir divin a produit ces ouvrages, Par luy sont faitz ces œuvres mirifiques ; Du ciel sont cheutes ces plaisantes images Doulx maintiens et humains angeliques, Ne sontce pas précieuses reliques?
Pensez que ouy , ainsi fault que croyez Et pour ce, enfans, soyez tous avoyez De rendre loz à Dieu celestieutx Pour ces trois corps qui vous sont envoyez , Cest France et Flandres et la paix entre deux
Tremblai A cop, envenimM ling aiges, j
Cuers desloyaulx et gens diabolicques, i
Perfers maiûditz, pleins de crueux oiiltraiges , ;
Ne descordei A ces Joyêaix cintUiaes. i
Muer ¥0us fault \oi Unces et vos picques,
Et que d'armures vous soyez désarmez,
Affin que nmAx ce^ts pais advo$2 ; :>
Et que de euer loyaulx et vertueux 1
yom mainUiMs ton^our* e#A poims ii#g,
Cest France et Flandre et la Paix entre deux. !
Prince François , tes faictz glorifiez j.
Nous gratolons d*nng désir convoiteux ; J'
PuJfqiMMitfoifMisiinMeiaUiiS f
C*0ei Frvnoi «( FhadM ec la Paix entre deux. j
XXVIl, XXVllI ET XXIX.
CHANSON»
{xy ftiÈcus.)