‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 66 sur 181 · SUA LA BATAILLE DE MARI6NAN · texte numérisé non relu

SUA LA BATAILLE DE MARI6NAN

Le roi Ferdinand n'avait pas tort, ear aussitôt que François I*' eut rassemblé les troupes nécessaires, il se prépara à reconquérir le Milanais. Il passa les monts, et battit les Suisses qui étaient chargés de les défendre. Enhardis par ce premier succès, les Français coiHinuèpeut leur marche et se rendirent maîtres d'une grande partie du Milanais. Ils avaient à leur tête un roi jeune

(1) HUtoIre de François 1*' , par Gaillard , 1. 1, p. 137.

et hardi , plein de confiance dans son armée , qui conduite par de vaillants capitaines. Bayard, La moille, Montmorency, le connétable de Bourbon Palice marchaient à côté de François I*'. Cest p quoi les Aventuriers qui accompagnaient Tarmée r taient la chanson qui commence ainsi (i) :

Le roi s*en va delà les monts (6t«), Il menra force piétons , Ils iront à grant-peine.

L*aleine, Taleine, me fault Taleine.

Le roi vint camper sous les murs de Marignan ; I à qu*après avoir été sur le point de conclure la paix, attaqué par les Suisses, dont le cardinal de Sion ava nimé le zèle et qu*il avait poussés de nouveau au cov

François I*' accueillit avec joie Toccasion d'une gr bataille, et vit bientôt toutes les chances tourner aveur. Il se comporta vaillamment ; car, ainsi que 1 Brantôme, « n*ayant pas encore vingt-deux ans, il » si grandes appertises d'armes que jamais on n » mieux faire en combattant. Il s'y mêla si bien qi » fust en grand danger, car sa grande buffe luy fui » cée à jour d*un coup de pique (2). »

On sait que la nuit ayant surpris les combattant couchèrent tons pèle mêle. Les Suisses, aux prei rayons du jour, s'étant précipités de nouveau sut tillerie française, furent vigoureusement repoussés viron dix à douze mille restèrent sur le champ é taille ; les autres se sauvèrent avec leur général, lecai de Sion , « en quoy, remarque Brantôme , ils ne

(1) Voir la chanson , n* u.

(S) Capitaines françois, 1. 1, p« St5, édit. ln-8\

» ce qui est dit dans un? chanson des advantnriers de ce a temps, » dont il nous a conservé un couplet.

Surpris pnr la nuit au milieu de ses hommes d*armes, François 1^ coucha sur le timon d'une charrette, trouva quc1<|ues heures de sommeil , et le lendemain fut aussi frais et disposé à mener les mains comme auparavant^ ainsi qu'il le fit bien paraître.

La victoire que les Français remportèrent à Marignan eut beaucoup de retentissement dans les différentes cours de TEurope, et Ton conserve aux Archives du royaume une lettre de l'ambassadeur de France en Angleterre dans laquelle ce dernier rapporte qu*à la nouvelle de celte bataille Henri VIII ne put cacher son dépit , et même qu'il versa des larmes.

Des poésies de toute nature, mais principalement plusieurs chansons, furent composées sur la bataille de Marignan. Ainsi, outre les trois pièces que je publie, je cite le couplet d'une chanson faite par les Aventuriers, le seul que Brantôme nous ait conservé. De même dans le recueil intitulé GalanUries dee roii de France, attribué à Sauvai, il est dit, en parlant de la mort de Mademoiselle de Limeuil , fille d'honneur de la reine Catherine de Médicis , qu'elle se faisait répéter la Defaicfe dei SuUiee (1). Eufiu , il ne serait pas impossible de

(1) Quand Theure de sa fin fut venue , elle fit venir son valet appelé Julien; celuy-cy, entr*autres talens, )ouoit parfaitement du violon: • Julien, luy dit-elle alors, prenez votre violon et sonnés moy toujours , Jusqu'à ce que vous me voyiez morte, car je m'y en vais, la Deflalte des Suisses. Et quand voua serez sur le mot : Tout est perdu, sonnez le pas quatre ou cinq fois le plus piteusement que vous pourrez. » Ce que fit Julien , et cUe-méme luy aidolt de la voix ; et quand ce vint Tout eu perdu , elle réitéra par deux fols et , se retournant de l'autre couslés du clievet , elle dit à ses compagnes : • Tout est perdu & ce coup.» Et à bon escient, car elle décéda à rinstant. (Anecdotes secrètes et amoureuses de la cour de France, depuis iSOO Jusitu'en 1600, par Sauvai. Manuscrit.)

reCroufêr encore d^autret pièces relativet «u n sujet.

Des trois chansons que j*aî réunies sor la tialail Marignan, la première est Tœuvre de Jean-Ge Alipne d'Asti , qui florissait daiu les dernières an du XV* siècle et au commencement du xvi*. Ce jo chanteur consacra ses veilles à la composition de f< populaires, moitié françaises, moitié italiennes. U é< aussi plusieurs petits poèmes et quelques chansof Traiiçais, destinés à célébrer les victoires des seigc d*Ajti, sa ville natale, qui n'étaient autrea que les de France, devenus possesseurs de ce comté en 1 par le mariage de Valentine de Milan avec Louis d léans, second fils de Charles Y.

Alione expia par une assez dure captivité la lie de quelques unes de ses poésies ^ aussi la plus rei quable de ses œuvres est consacrée à la liberté, i une pièce de vers qui commence ainsi :

Il n'est estât plus digne en lien terrestre Que liberté

Les ceuvres d*Alione sont de la plus grande rai M. Brunet^' notre habile bibliographe, en ayant ac un exemplaire, réimprima ces œuvres en i8S6 (1 c*est d'après cette réimpression que je donne la chai sur la bataille de Marignan.

La seconde pièce, composée par les Aventurier Tarmée française, se trouve dans un recueil de chan Imprimé dans la première moitié du xvi* siècle, et (

(1) Poésies françaises de J.-G. Alione (d'Astf), compc de M04 à 1590, publiées pour la nrcmière fois en Fra avec une notice biograplilque et bibliographique , par J Rrunel; Paris, SihesU-e, 183Ô, ln-8'. Golh.

le libraire Teeheiier a donné une édition tirée à aotiantesetze eieroplaires en 1886, dans m Collection de jof pusetez, facéties et folâtres imaginacîonSi etc. Cette pièce est à la fin do recoeii intitulé la flbuh des chansoits. La troisième chanson est extraite d'an livre fort curieux dont voîei le titre :

LE DIFFICILE DES CHANSONS. PAEMIER LIVRE, CON- TENANT XXII CHANSONS NOUVELLES A QUATRE PARTIES, EN QUATRE LIVRES, DE LA FACTURE ET COMPOSITION DE MAISTRB CLÉMENT JBNNEQUIN. IMPRIMÉES NOU- VELLEMENT A LYON PAR JACQUES MODERNE, DICT GRAND JACQUBSf DEMOURANT EN RUE MERGÎBRE, Pftte NOSTRE-DAME DE CONFORT.

Ce titre est suivi de la table des chansons, et la dixseptième , intitulée la Gwrref est celle que }e publie. De chaque côté de ces mots, la Guerre, sontUgurés deux petits canons. Le volume, composé de trente et un feuillets, a la forme d^un petit in-4<» oblong tout à fait pareil à nos albums actuels. Chacune des chansons est accompagnée de la musique, et c^est principalement cette musique qui donne de Timportance aux paroles^ assez insigniflantes,que Jennequin a jointes à son œuvre. Pendant le xvi* siècle , cette chanson de la Guerre eut beaucoup de célébrité. On se plaisait à Tentendre répéter; ainsi, Noël Dufail, seigneur de La Hérissaye, qui écrivit dans la seconde moitié du xvi* siècle son livre intitulé : Les Contes et Discours d'Euirapel (1), dit à ce propos les paroles que voici : « Comme , par Il exemple , quand Ton chantoit la chanson de la ytGutrre^ faite par Jennequin, devant ce grand roi ti François, pour la victoire qu^it avoil eue sur les Suisses,

(1) Les Contes et Discours d*Eutrapel, par le feu seigneur de La Hérissaye, geaUlliomme breton, 15S5 ; Rennes i ln-a%

» il D*y avoît eeluy qui ne regardas! si son espée » au fourreau, et qui ne se hauasast sur les orteil; » se rendre plus bragard et de la riclie taille (1). Je dois à M. Gîraud la communicatiou du rare rieux volume des chansons de Jennequin, dont il voulu m'autoriser à reproduire aussi la musique.

CHANSONS

SUB LA LEVÉE DU SIÈGE DE MÉZIÈRES PAR LES IMPf ÉLOGE DU aiEVALlER BATARD.

Vers la fin de Tannée 1521, la ville de Mouzor été surprise par les Impériaux, le comte de Nassj marchait à leur tête, résolut de sVmparer de Me Il espérait par ce moyen se faire un point d^appui lieu de la France. Cette conquête semblait facile, < zières était à peine en état de défense ; les fortifi tombaient en ruines \ armes, vivres, soldats, tout quait ; mais Bayard en était gouverneur. Aussi, 1 taine Grand-Jean Picart (|ui, du service de Franc était passé à celui de Tempereur, disait au coi Nassau : « Je vouerais gu'il y eûl dant la placi mille hommes de plus, et le chevalitr Bayi moins. »

Jean Picart avait raison , car Bayard , somme rendre, répondit qu'il s'en garderait bien et c corps entassés des ennemis seraient le seul pont quel il sortirait de la ville. Le siège commença c

(i) Page 105.

les Impériaux déployèrent contre la ville tous les moyens qui étaient en leur pouvoir; « ce n*éloit , di t Du Bellay, que «canonnades, que bombes, que boulets enflammés. » Bayard, abandonné par une partie de ses troupes, ne s'intimida pas, ei résista pendant plus de six semaines, avec moins de mille soldats, à une armée de trente-cinq mille hommes et à une forte artillerie. Il imagina tant de ressources quUl donna le temps au connétable de Bourbon et aux ducs de Vendôme et d'Alençon de venir à son secours. Une lettre de François I*' à sa mère nous apprend comment ce prince accueillit cette nou* vclle :

u A MADAME ,

» Madame, tout à sUeure ynsi que je me vouloys mettre o lit, est arivé Laval, lequel m*a aporté la sérieneté du levement du syége de Mésyères. Je croy que nos anemys sont en grant peine, veu la honteuse retrète qu'il ont fêle : pour tout le jour de demayn, je soré le chemyn qu*ys prendront, et selon cela il nous fodia gouverner ; et s'il ont joué la Passion, nous jourons la Yanganse. Vous suplyant , Madame , vouloir mander partout pour faire remereyer Dieu , car sans poynt de fotp, il a montré se coup qu'il est bon Françoys.

» Et fesant fyn à ma lettre , remettant le tout scur le porteur, pry à Dieu qu'yl vous doint tiès-boune vie et longue.

» Votre très-humble et très- obcyssant fils,

» Françoys. »

La défense de Mézières est un des plus beaux faits d'armes de la vie du chevalier Bayard, qui abonde en

•ciKNM de ce genre. Aussi ii*e«l-il pus surprenai des chtmont popalairet en aient eonsecré le toir Les pîèees que )e reproduis Ici sont copiées d les originmix conserfés dans un Tolume de la fi tbéque royale. Il en exbte d*au(res encore, ainsi peut le TolTt dans nos indications biMIographifpM

CHANSONS

SUR LA PRISE d'hBSDIN.

La veille de Noël de Tannée 1511, François l* son armée manœuvrait entre Douai et Valenci pour s'opposer aux troupes impériales; on apprit à coup que la ville d^Uesdin avait été presque abai née. Le rot envoya aussitôt le connétable de Boi avec ordre de s'en emparer. Voici comment Du I rapporte cette expédition :

« Estant donc nostre armée remise ensemble » plaine d^Artois, anivërent nouvelles que dedan » din il n y avoit aucuns gens de guerre; et en eut

• vertissement monsieur de Yendosme, et que le l » main se devoit faire une grande assemblée au di » de Hédin, pour faire les nopccs de la fille du reCi tt général d'Artois, soubs opinion que nostre armé » eucore de là Teau. Par quoy le roy conclut d'] n voyer en extrême diligence monsieur de Bot » avecques la trooppe qu'il avoit amenée , et mon » de Yendosme avecques sou arrière-garde, et le c » de Sehtci Pol avecques les six mine homtMs des

* Il avoH la charge , lesquels partans d'Andinfei

• etioift à troM liaa«t de Ârrat, encore qoe lee pimet » luseent eoïKiimellet, feirent telles dîligenee que eetw » de UédiD, detant qulla seeuaseni le ptrt^iiieiit de m Dûftre armée, le virent devant leurs portes. La ville » soudain fut assaillie, laquelle, après avoir enduré qna- » rente ou cinquante coups de canon, fut emportée d'as» I» saut. Et y fut trouvé un merieilleux butin, car la ville » eetoit fort marebande, parce que de toute ancienneté « les dm» de Bourgongne y avoient Isict leur demeure » principale (i). »

Tel est le fait auquel se ra|iporient trois chansons eompœéee par les aventuriers français. On s*aperçoit aisé« ment que les deux premières ne sont que la même pièce avec variantes et additions ^ il m'a paru curieux de re* produire une double version de ces chants populaires.

CHANSONS

FUR LA BATAHXB DB PAVIK ET SUR LA CAPTH'rré DB FRANÇOIS l*'.

La balaille de Pavie et la captivité de François 1*% que cette bataille entraîna, doivent être comptées au nombre des grands événements du xvi« siècle.

81 le conseil des plus vieux généraux, de La Tremollle, de La Palisse et d*autres avait été suivi , ce désastre ne serait pas arrivé; ramiral Bonnivet, principal moteur de cette bataille, ne racheta qu'à demi son imprévoyance en se falaant bravcnoent tuer par les Lansquenets de

(I) aiéoMlrei de Martin Da Bellay, liv. i, aenée 1^1.

Bourbon. Quant à François I<^, il se conduisit da cette batallie comme un brave chevalier. On lit av plaisir ces lignes écrites par Brantùme :

« Ce grand roy François donc, faisant ceste journ m Toffice d*uu bon capitaine et d'un brave giterrii » donne si vaillamment dedans les ennemis que d^aU » dade il tue de ses mains royales don Hernando Ca • triota, illustre capitaine, descendu des roys de Mat » doine ; il tue encore de §a main Talfier du comte » Salme, qui esloit capitaine d*une compagnie d'Ail » mans; et tua aussi dom Hugo de Cordons, al fier » la compagnie de gendarmes du marquis de Pescaii » Eufin là où donna le roy et sa trouppe furent mis » pièces deux compagnies et la cavalerie de Bavièn M que Ferdinand, roy des Romains, avoit envoyé à Ve » pereur son frère. Et ce roy avec sa trouppe esbrai s si bien la bataille de dom Charles de Lannoy et M Bourbon , que si un chacun eut faict comme luy, » M. de La Palice qui fil la première charge, la bâtai M esloit gaignéc pour le roy (1). »

Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice, q les Espagnols appelaient souvent el capiian La Pâli grand mareschal di Francia , fut lue à cette batail Après avoir long-temps combattu, La Palice, privé son cheval , se jetait à pied au milieu des Suissi quand le capitaine Castaldo le fit prisonnier. En cou dérant ce beau vieillard, TEspagnol reconnut à la ridiei de son armure que c'était un chef de Farmée et qu il pourrait avoir une bonne rançon, quand un autre ca] taine, appelé Buzarto, survint et prétendit partager ce prise avec Castaldo, qui s'y refusa : « Eh bien, dit Paut!

(1) Capiiainct illustres françois, 1. 1, p. 220. Françoii I*

ce ne sera ni pour toi ni pour moi, » et d*un coup d'arquebuse il cassa la téta au malheureux prisonnier. Chabannes avait assisté à toutes les grandes batailles livrées sous Charles YII, Louis XII, et François P'; à celle de Fornoue, en 1495 ; à Cerignole, en 1505 ; à Aignadel, en 1509 ; à Ravennes, à Guinegate en 151S et 1515, à Marignan , enOn à plusieurs autres expéditions dans lesquelles il s*était toujours couvert de gloire.

Ce n*est donc pas sans raison que dans la chanson des aventuriers de France (voir la seconde chanson sur la bataille de Pavie) on le désigne comme un nobU gem d'armée, et quUI partage avec François I" les honneurs de la complainte populaire.

La Palice ne fut pas le seul grand capitaine qui mourut à Pavie; ainsi La Tremoille, Bonnivet, Chaumont d*Amboise, Lambesc, le bâtard de Savoie, le maréchal de Foix et d*autres encore périrent avec lui. François 1*^ loi-méme nous a laissé dans une éptire en vers Thistoire de cette bataille ; il donne quelques détails sur la manière dont il fut fait prisonnier.

Et là je fuz longuement combatu Et mon cheval mort sous moy abatu.

Dr hors du parc pensans sauver leur vie. Des nostres assez, estant peu leur amie, Furent rompuz, prisonniers et deffaitz ; Ceulz-là je nomme en vertu imparfattz.

Le roi dit encore en parlant à la dame pour qui son épitre a été écrite :

Assez souvent sy me fut demandée La myenne foy qu*a toy seule ay donnée» Mays nul ne peult se vanter de Tavoir.

Il eotititioe :

De toutes parts lors dépouillé je fus.

Rien ne servit, dcffense ny refus, Et la manche de moy lant estimée Par lourde main fut toute despecce.

I^s ! quel regret en mon cœur fût bouté , Quant sans dt ffense afnsy me fut osté L'heureux présent par lequel ]*ay promis Point ne fouyr devant mes ennemysl Mais, qimy ! j'fstoys soubi mon eheval à terre BDtre eonemis alon porté par leite , Dont ma deAmae i Theore ne f alut ^ Contre mon gré aussi Dieu le voulut, Bien me trouva en ce piteux »rroy»

Eiécuiant leur chef I9 yicerroy, Quand il me vit , Il descendit sans faille AfSn qu'ayde à (el besoing me baille.

Las ! que diray ? Cela ne veux nier, Vaincu je fus et rendu prisonnier; Parmi le camp en tous lieux fut mené Pour me roonstrer çA et là pourmené (i).

Des poésies de toute patiire nous ont transmis le ^ venir de la malheureuse journée de P^vie, i$ qie appliqué à recueillir lee ebaiiaops que nos soldais composées sur eetle défaite. Des cinq pîèees qui ayi^ trois leur appartiennent ineontestabiemenl. Je le copiées dans un volume imprimé au xvi* siècle, intî la Fieur des Chansons, La quatrième est une compla rclèbre dont on répète encore quelques vers Ainsi, ne dit plus :

(1) Ifamucrlt de la Bibliothèque ItAyale, Poériei de cols I".

Momimir de ta Patice est mort Mort devant Pavie.

lis bien :

Mort de maladie.

Bnfin la cinquième est remarquable et par le souvenir 'elle consacre, et par le nom de François V*^ qui en Tauteur. Elle se trouve dms le petit recueil déji inlionné préeéderoroent de U Fleur de$ Chamonê.

CHANSONS

HCR E.B CONNÉTABU DB BOITBBON.

Charles de Bourbon, oonnétable deFranee, a été Tun I pirsonnayM les plus fameui du xvi« aiècle. On tait '•prés avoir aervl le roi avec on grand dévouemeut, ilé du procès injuste que la mèra de François l" lui entai il consentit à se lier aux ennemis de la France, RoU pBr s'enfuîf auprès de Tempereur Charles Quint, i , aprèa lui avoir promis de le marier à Ëléonore, veuve roi de Portugal, se contenta de lui donner un corfis troupes à commander en Italie.

U duchesse d'Angoolémc, dont le connétable de prbon avait dédaigné Tamour, eut tort d'entamer ulre ce prince un procès bonteuB et qui eut pour mltat, en ruinant le connétable , de lo décider A une iBUce long-temps refusée ; mais ce dernier fut plus iipable encore de céder à son dépit, d'écouter de perce conseils et de prêter 1^ maina à une conapiraiion

qui avait pour but le partage de la France eutn Tempereur et Henri YIII.

Étant parvenu avec beaucoup de peine à quii royaume, Bourbon arriva en Franche-Comté 8ur la l*aunée 1525, où le cardinal de la Beaume le fit esc puis, gfignant le Trentin, il se rendit à Mantoue, duc son cousin lui donna un équipage ; il vint ei à Plaisance , et y attendit les ordres de Pem| Charles-Quint.

Bourbon ne tarda pas à s*apercevoir de la fau(< avait commt^e : du rang de premier prince du sang charge de connétable de France, la plus importai royaume, il descendit à un office de général pour pereur dans le duché de Milan. Ccsi en cette < qu*il assista aux revers des Français en Italie, p( les années 1525 et 1524. C'est alors qu'il vit monr gloire le brave chevalier Bayard et qu'il eut la d*e8suyer les reproches de ce loyal serviteur.

En 1825, Bourbon fut un des principaux c\ Parmée qui vainquit François I*' à Pavie. Ayant le danger auquel était exposé le roi , il fit propc prince de se rendre à lui. François P' déclara qu' serait jusqu^à la dernière goutte de son sang plut de se rendre à un traître. Bourbon ne craignit f pendant d*approcher le roi prisonnier. Celuitourna le dos.

Malgré les revers dont la France était affligée que Bourbon Pavait trahie, il n*en était pa! heureux. Mal vu à la cour de Charles-Quiut, qi vait pas tenu à son égard toutes les promesses q avait faites , Bourbon voulut tenter la fortune. ] liarvenu à réunir autour de sa personne un gran< bre de ses amis ; il avait aussi à son service be(

d^aventariers, principalement des bandes italiennes et espagnoles fort aguerries; mais Targent lui manquait. Ce fut alors qu*i! prit la résolution de faire le siège de Rome, de s*emparer de cette ville, et de 8*enrichir ainsi [{lie son armée par cette audacieuse tentative.

Couvrant son entreprise des intérêts de l>mpereur, Bourbon déclara à ses troupes que le pape ayant violé la trévè devait être puni. Toutes ces bandes affamées de pillage et dévouées à leur général, approuvèrent ce des* sein ; dans les premiers jours de mai, Rome fut investie. fje 5, vers le soir, Monsieur de Bourbon, comme dit Brantôme, étant venu au-dessus du Belveder de Rome, plaça son camp , visita ses gardes et , ordonnant ses troupes pour le lendemain à Tassault, il les harangua pour la seconde fois. Il leur remontra aisément tous les avantages que la prise de Rome devait leur procurer; puis le lendemain, à la naissance du Jour, vêtu d*armes blanches afin d'être mieux reconnu , Bourbon donna le signal. A peine avait-il monté deux échelons qu'un coup d'arquebuse le blessa mortellement. Il eut encore assez de force pour dire au capitaine Jonas, Tun de ses familiers , de le couvrit de son manteau , afin que sa mcri ne fût oceasion aux autres de laiss(r Venf reprise si bien encommencée y et il expira. Comme on h voir, ce n*est pas sans raison que dans la chanson des aventuriers on dit :

Un coup d'artillerie Fut ^on dernier remort.

Chacun fait que Tarmée du connétable s*empara de Rome et que, pendant deux mois consécutifs, la cité sainte eut à souffrir toutes les horreurs du pillage.

On assure que la mort du connétable excita encore

1m bindM itidad«iiMi qa*ii tf ait MurniandéM, i comme l« dil DranCAine » • |ei «old«U lyani d«i » le veut de «a mort, en eombeltireat plus endiabl « pour la venger, laquelle oertep le fut Iras bieo, use miât à crier : Carne ^ earne^ êat^grê, m « êterra^ sterra, Boiu'bon, Bourlion (!)• «

Le sao de Rome a été le aujet de pluaienra ohi populairea. Deui de eca chants sont parvenus j nous, et il en a eii*té un plus grand nomiira; car pas retrouvé celui que lea aventuriers de rarméed nétable répétaient, et dont Brantûme noua a seul conservé quelques vers.

La diansoii qui précède oelles aur |a prise et et sur la mort du eonuéiable f e rapporte à une tei que fit ce général contre la ville de Marseill* pi Tannée i5M. Il avait regardé la prise de eeila comme facile : • Trois coups de canon, avait'll dit neront ces timides bourgeois à nos pieds, lea clc main et la oorde au cou, » Bourbon a*était trompa mille habitants de Marseille ou des eampagnea en nantes se joignirent à la garnison et firent éehoi projets du connétable.

La chanson » qui parait avoir été composée pat quea compagnons aventuriem, vante beaucoup U taiue Banee , celui-là; même dont parle Du Beila< SOS Mémoires (à la fin ilu livre ii] : « Le roy adve » chemin que prenoit le dit de Bourbon, de|)es » seigneur /tance de Ctre, homme fort expert au f » armes, et avecqnes luy le seigneur de Brion et ei « deux cents hommes d*armes 0t trois mille hoRU V pied pour se mettre dedans MaraoUte. »

(I) CapiUlnet étrangers, discours vlnetièpie.

la eliintoiB parle encore des coupe d^aiiillerie lancée \mr lea Françaie confia les troupes alliées.

On rapporte en effet que, le marqols dé Pescai re étant b la nessa dans sa lente, un boalel de eauon y entra, tua le prêtre qui dleait la messe et deui gentilshominrs le Pescaire qoi Ventendateot. Boorbon aceoart m bntll Bi deinande ce ifne c'est * « Ce sont^ réfiond Pescaire, cea ilioMes lioofigeois (ptl tiennent à vos pieds, Is corde Hi ool et las clefs â la main (I). »

BraoïdiM nous a eonserté cotte chanson fille par les iventuriers, et II dit â ee sitjef , en parlant de Tamiral de llrioH s

• Çoand M. do Booriron fini potir pretidre Marseille, t M. ée Mon j eetoll dedans et y acrptbt beatieotfp

> d'honneur ; aussi fust II très-bien assisté des habitan^y » qui sont très-braves et vaillansgens, et de tout temps

> immémorial atnsy que la ville est antique et noble et

> de§ pins de la France.

» Et s*y cstoit aussi jette dedans le seigneur Rance de » Cere gentilhomme romain de grand maison, brave et * vatlhntt qui avolt sauvé de la desnmtc de Tadmlral

> Bonnivet, et ■ amené delà lea monta troîa mille bons

> vîein routîan de guerre qui revoient longtemps » par delà les Innanéei Anasi M. de Bovrbon ne crai-

> gnoit rien tant ijna le dit Haiice et ses compagnons ,

> te Imoîngle refrain de la vieille chanson des advantu- » rîers de guerre d'alors (a). »

Je u*ai pas voulu séparer les trois chansons qui le ra|)portent au counétable de Bourbon; aussi ai je

(1) Gaillard , Histoire de François I", t. ii, p. 196 , éd. in 8*. (); Bnmtéfltt, Capffalitesffaiicofi, t ii des oeuvres con- ^ètes, p. 270.

placé au|>aravaitt celle qui a élé composée en Thoi de la victoire qu'Autoine dit le Boo , duc de Lori remporta sur les paysans de T Alsace. Ce prince, de Claude, son frère, comte de Guise et duc d'Au et d*un certain nombre de gentilshommes français ces révoltés^ Loupstein et à Chenonville , et les d'évacuer Saverne, dont il s*é(aient emparés. « C'él » dit Vjfrt de vivifier Uê dates (1), des sectaires 1 » riens, anabaptistes, vaiidois, qui sédui!»oient le p » par le double appAt de la liberté de religion » I aiïianchisscment de la servitude féodale. »

Celle victoire eut beaucoup de retentisseme France, et à Paris principalement ; le parlement c quMI serait écrit aux deux frères princes de Lo lH>ur les féliciter (9).

CHANSONS

fias HAnlNIfeHS DE DIEPPE, SUR LE SiAgE DE PÉ PAE LES TBOUPES DE l'EHPBUITB, SUR LE MARIAOB DE MADELEINE, FILLE DU RO ET SUR d'autres ÉVÉNEMBirTO DU RÈGNE DE FRANÇOIS I®'.

Je n*ai que peu d'observations à faire sur ces rentes chansons. Elles sont pour la plupart cons; au récit des événements divers qui Ont signalé la entre François l" et Charles Quint. Cette lutte es

(1) Art de vérifier les dates» édiu In-fol.» t. m, p. &7.

(2) Ibid., U n, p. 703.

célèbre et trop bien connue pour que j*aie besoin d*en rappeler les faits principaux; aussi je me contenlerai de quelques observations sur certaines de ces pièces.

La chanson qu*un compagnon aventurier composa à Foccasion des victoires remportées sur la mer par les mariniers de Dieppe est fort curieuse; elle se rapporte, je crois, aux expéditions qui furent entreprises pendant le cours des années 1584 et 1555.

Les trois pièces qui la suivent ont consacré le souvenir du siège de Péronne, que le maréchal de Fieurange sut faire lever aux troupes impériales avec une si grande habileté. Elles ont été composées par les aventuriers français, ainsi qu^on le voit au dernier couplet de la troisième de ces chansons:

Qui flst la chansonnete Ung noble adventurier Qu'au partir de Péronnc N*avoit pas ung denier.

Ce qu*il y a de remarquable c'est qu*on y trouve les mêmes formes et presque les mêmes vers que dans la chanson sur le siège de Marseille, dont j*ai parlé précédemment. La gloire du maréchal de Fieurange y est fort exaltée, on y parle aussi beaucoup du coihre de Damp* martin, qui fut tué en effet pendant les opérations de ce siège.

De méme^ Jehan Leseot^ compagnon aventurier dauphinois, se déclare Tauteur d*une chanson fort curieuse relative à la campagne du Piémont.

Le caractère de la complainte populaire se retrouve encore dans la chanson composée sur le mariage de Madeleine, fille de François I", avec Jacques Y, roi d'É-

cotM« Cette «llîanee n^fot p» Heu tôt» d^heurem pices. François l*** était an pim fort de sa lutte ; Cliariet-Quiiit; et les troupes Impériales enrahisN une grande partie de la Frauoe. Aussi iroufe-l dans les historiens fort peu de détails sur ee nar» Cepeadaut je 1b dam les Mémoires de Martin Du I lay^ aous Taniiéa i9H t * 1^ roy^ tiés'iors qu'il » donné ordre à Lion pour toutes les fruutiéres de > myaume, iMofea de Lyon ; el sur le diemin au I

• de la montagne de Tarare, entre le dit lieu de Ta » et Mnt^mphorien , oA y a un lieu qui s*ap|i » La GtuqieHe , anquel Heu eatant là an dianer le s trouter le roy d*Éeosse. »

Du Bellay, après avoir rappelé que ce roî ane au secours de François I'" seize mille hommes, aj( qiril accourut en toute diligenca pour ne pas maB(] ci la ba(aille que Charles^Quifil allait Rtreri il àppri chemin la retraite des Impériaux I « Ce qui ftitoccai » qu'il modéra sa diligence. AftfiSj continue Du Bel » le roy envoya au-devant de luy pour le hasler et r » laisaaat venir son iraiii après; ei trouva le dict » d'Ecosse ainai que j'ay dkt cy-devant, à la ditte.c

• pelle, au qiiel lieu il fut grandement recueilly du i » Et après piusteiir» autres propos Niy demanda Vub< « ses filk-s en mariage. »

Béas que François i*' vit dans ce proie! des diflku assez grandes à cause du roi d'Angleterre, il ne vo^ paa cepeadant refuseï* Jacques Y, • eonsidéraui » franche volonté dont il avoU usé envers luy, consi » rant aussi Tancienns ailiaace des deux royaumen » France ei d'Écesse , et que le |>ère du dit roy ei >• mort e» bataille pour le party du feu roy Louis d » ilèuMi ne luy voulut aussy plaittement aceordei*! n

B fMAitt ta elHiM«n délibération d^tntre tm dsiM a^ès » qi^ la dit ray aoroit fau la dama. «

C^Ue cnfrafiia fut, èaa qu*ii parait, favorablaàla jaaiia prioceiaef car aa eommancemaiit da Tannée auivanta, ia rai étant i Blois, dit Martin Du Ballay, « lût eonelu la » mariage du roy d^Éaoste a? ee madame Madeleine et là » furent fiante, remises les nopeea à faire é Paria. «EUcs furent célébrées à Paria 1o i*^ janvier ilW, dana Tégliae de Notre-Dame ; le repaa des noees , qui ftit probablement la seide fête donnée à cette occasion, eut lieu dana ta palais épiaropal.

Madeleine, née à Saint-Germain en-[jiye le 10 août 15S0, était la troisième fille de François I•^ Ella ne vécut pas long» temps dans cette sauvage Ecosse, oà elle vint ai triste de quitter Blois, la cour, ses compagnes, al Celui qu'on avaiifait mourir miehanmênl et gu'$lk rtgriiiaU awe iatit d'umêriuwê. Six mois après, la S juillet de la même année, elle mourut. Kt cependant Jacques V, ton mari , n>tait pas un prinoe ordinaire. Plein de courage et d*tiabileté, il avait aussi de grandes qualités de cœur, et quelques histof iens Pont surnommé Jacquesrlc-Bon. Oo peut lire dans THiatoire d'Éoosee, par Walter Scott ^ plusieura traita qui. font honneur à ee prince (i).

La phsnson sur le mariage de Madeleine est exiraite d'un |H*tit volume apparlenaut à la Bibliotbèque royale. Il eat iptiinlâ x L$ BêeueU de touteê lu êorteê 4e ehanions noutellee, rutîiqut» et mueleal^e, et auni eeuse qui eoni dam la déploration de Finue; Lyon, IMfl, in^M.

(I) piitoire d'Écoise, chap. xxiv, t, xxvi , p. 321 et suiv. deg Œuvres complètes, traduites en Français par Dcfauconprel ; Paris, Gosaelin , 18Sa, in-a*.

Im avMituriers français ne te sont pas bornés i brcr les différentes victoires auxquelles ïU a?aiei part : ainsi, des quatre chansons composées sur 1 qui eut lieu en 1558, deux leur appartiennent, trouve un récit des cérémonies et des fêtes qui 1 célébrées dans cette mémorable occasion.

Des huit pièces qui terminent Thistoire politiq règne de François !•% les plus curieuses appartic »ans contredit aux compagnons aventuriers. D première, il est question d'un certain Da nohiêy compagnon, pendu pour ses méfaits à Rouen, sans par suite de Tordonnance de François l^ dont j'ai au commencement de cette notice.

Celles qui suivent ont été aussi composées p aventuriers; elles se rapportent aux guerres qui t lieu en 1845 dans la Picardie et TArtois. On y beaucoup le comte de Nassau et les Hennuyers qui battaient sous ses ordres, du mauvais succès de attaques ; enfin ces chansons renferment des détai rieux au sujet d'une victoire remportée sur les ] riaux par les Français entre Saint-Pol et Bétl auprès d'une petite ville appelée Fins. Du Belli terminant le neuvième volume de ses Mémoires , des avantages obtenus par les Français dans guene , mais il ne dit rien des faits constatés |i chansons dont je parle. Je les ai copiées dans un recueil appartenant à la Bibliothèque royale; d*api exemplaire original imprimé en caractères gothiq dont voici le titre en entier : s'bnsuyt la RENa

ET DESCONFITURE DES HENNOYBRS , FAICTB 1 SAINT- POL ET BETUNE, ET A LA JOURNÉE DE FIN, F DES DENNOYERS PAR NOZ GENS MIS A FIN ET 31 FORT ANOYEZ AVEC LA SUMMATiON D*ARRAS; 1

CHANTE SUn LE CHANT : HÉLAS ! JE L*AY PERDDE CELLE Q0E.J*AYMOIS TANT. ON LES VEND A PARIS, EN LA RUE NEUVE NOSTRE-DAMB, A L*ENSEfG.\E DE L*ESCU DE FRANCE.

Les deux chansons sont précédées d*unc pièce de vers écrite par Tnn des aventuriers et qui contient le récit du combat. On y fait principalement Téloge du capitaine de ces aventuriers , appelé Mailly ; voici cette pièce, qui est assez courte :

Vive le roy et sa noble puissance , Venant en bruit, en triunfle et crédit; De par le Dieu qui a la congnoisssance Des batailles, ainsi comme Ton dit; C'est Mars lequel en ses faictz Tenhardy, Car tout partout de luy obtient victoire. Et mesmement de Pasques le vendredy Mailly en fit une neufve mémoire.

Entre Sainct-Pol et Tantique Beihune, Dessus la terre de nos faulx ennemis, Fusmes courir, comme est nostre cousinme , Trente chevaulx et deux cens et demy Adventuriers , à quoy fusmes commis.

De par du bien et prismes bonne proye , Vaches , chevaulx et villains du pays.

Nostre cas fait, retournâmes en voye.

Au point du jour Mailly, nostre capitaine , Ung bataillon fit faire à sa devise De se^ gens à plaine compaignie , Puis sen alla reic comme vent de bise , A Contay, où est la forte église , Donner assault, combattre main à main ; Ce oneques tel fort sans tret ne fut acquise Les maillotins sont drois passé Rommains.

Quant vint au fori^ onc homme prînl tel pei Que fiit Mailly pour bien escannoucher « n*auUre coslé capitaine d^enseigne Sur tous les autres se voulut avancer, Tant qu'il se fist par conipaignons hausser, Depuis entra eu une verrière, Le lieu conquit et monta au clocher ; Tel homme doit bien porter la banière.

Incontinent, vecy la villenye Et roartingaqlt qui commence à sonner ; A tous costez c'est droicte Jac(|uei*ie , Mais nonobstant ne jaissasmes à mener Nostre butin et plusieurs prisonniers^ Deux lieui^ dç long noiis donnèrent la casse Tant que nous y convint la bataille donner, Victoriens dcmourasmes en la place,

Yuetlle^ sçayoir que en icelle bataille Le marichnl des logis tint la main.

Sus son cheval, découvrant la ehenaijlei Vint à dire icelluy Sainct-Eomain ; Cappitnine, sans étendre h demain, Chargeons 8U9 euU , ce o*eit que villenie. A ce mot les François ^ussi roide que daiinf Sont relourpay çt de chf re hardye,

Onoques Priant no loqs les AU de Troye Telle prouesse ne passa par leun» niains* Par quoy FrapQoys doivent avoir grant joye Il esioit bien dix contre ung du mom

Père , enfans • coiifins germains , Et Allemens qui leur \mme faisoiept i

Saichea qui «ont passe? par mains Et mis à mort , Dieu leur ame pourvoye !

Remémorés la prouesse et vaillance Du capitaine qui est nommé Mailly; Jamais lion ne bâtit à oultranre Son ennemy comme a fait celuy ; Deux de ses frères avoir avec luy Qui ont faict fer en icelle victoire , Oncques bon sang ne peut flillly ; A tout jamais il en sera mémoire.

Alors serg^ns, gens et officiers de bende Ce sont gettés à pied comme il fut dit ,

hà picque au poing et a(Dn que on Tatteude. Ils ont acquis ce Jour là bon credy.

Ceux de Hedin furent à la boucberle.

Boufgulnons, ne soyez plus si Iiardy De vostre falet, ea n*est que mocquerie.

L^ cronique fut fait et composé l^ Jour saint Marc , environ minuyt , D'un compaignon qui à mainte Journée En la guerre demene son déduit.

De riiétorique H n'est pas fort aduit; Dont, sMI vous plaist, le tiendrez en excuse; i*lt a fallly, point n*en fénlt faire bruit t Peu fatet chopper se ung homme ne se ahiise.

La dernière des éhanions polil{qii9s pelatif es tu règne ÔM Froncis I^ est une compiainte sftîriqne sur la mort d0 PhilibfH d'Orange, princa de Nassau, tué au siège de Flort née , è peine âgé de trente ans. Brant^ma a écfic son éloge dans la Via da9 capitaines étrangers (i). Ca ftu fliar dépit que ce prinoe devint l*ennami de la Franoa i » Eatani vanu trouvar la roi pour luy offrir son

(1) Tome I te ORavres sowplfttei, p. il?.

» service, avec fort belle compagnie, le jour du 1 M de monsieur le dauphin , le roy n*en fist le < u devoit ; et mesmcs c|ue le logis qn*on luy avoit M et donné luy fust osté et donné à un autre; » faulte , ajoute Brantôme , dont il partist fort n li tent et de despit s*en alla trouver Charles d' A u qui fust du depuis em[iereur, pour s'offrir à » nele refusa pas. »

Le prince d'Orange , après que le connétable d bon eut été frappé mortellement au moment d* Rome, prit le commandement des troupes ; plus combattit souvent avec succès contre les arméi çaises. Il ne faut pas être surpris si la fin malh el prématurée de ce vaillant homme de guerre qu*exciter la moquerie de nos soldats.

Parmi les indications de chansons historiques i aux règnes de Louis XII et de François I'' qu' contre dans les œuvres de Brantôme, j'ai recueil ques vers d'une complainte sur les amours du c François , et sur la mort imprévue de ce jeune qui fut , dit-on , occasionnée par le poison. Cet ment, Tun des plus lugubres du règne de Fram en est aussi Tun des plus obscurs. Malgré le i que le roi fit subir à Lyon au comte de Montecuci versa , au moins les juges le déclarèrent- ils ainsi, 1( dans la coupe du jeune prince, il est encore inoi la mort de ce dernier fut violente ou naturelle tome nous a conservé le récit que Ton faisait à la cet événement (1). Je regrette de n*avoir pu retn texte complet de la chanson sur la maîtresse du car il est certain qu'on y parlait de sa mort. Rien

(f) nrantôme, OBurret complètes, t ii| p. MI4

bixarre qae la réticence de Brantôme au sujet du nom de cette maftredse, lui qui ae vante de Tavoir eue pour cousine germaine, « fille de ma tante, dit-il, sœur de mon père(l). » C'était mademoiselle de TEstrange, fille d*honneur de la r«*ine, celle-là même dont Clément Marot a dit dans ses Ëtrennes :

A la beauté de TËstrange, Face d*ange, Il donne longue vigueur, Pourven que son gentil cucur Ne se change.

La chanson que j'ai rejetée à la fin du règne de Fran çois I" est fort curieuse. C'est une suite de couplets dans lesquels rhumeur, la condition diverse des beautés les plus célèbres de la cour sont indiquées sous le voile d'une allégorie ; on les compare chacune à une des con* stellations.

C'est principalement depuis les premières années du XVI' siècle que la cour de France a mérité cette réputation de politesse et de galanterie qui l'a rendue célèbre chez tous les peuples de TEnrope. Une des causes qui ont le plus contribué au développement de cet esprit de politesse , c'est l'usage qui s'est peu à peu établi de réunir à la cour un certain nombre de femmes, et de les attacher particulièrement à la personne des reines ou des princesses du sang royal.

S'il faut en croire Brantôme , Anne de Bretagne a établi Tusage que les reines de France fussent accompagnées d'un nombre plus ou moins considérable de dames chargées de les suivre partout : ** Ce fut la première ,

« dil-ii, qui ttommtftiça à dresser te grande eoiirC A n dames que nous avons veue depuis alla jusques à ae I* heure , car elle en avoit une très-grande suite , et à ^ dames et de flilesi et nVn refusa jamais aucune, Igi • s*en faut qu*elle s*ei:querrDit des gentils hommes leui » pères qui estoiciit à la cour» s*ils avoieiit des 6Uea u quelles elles estoient, et les leur demandoicnt. »

Malgré rimportance d*un pareil témoignage, il ne fai pas croire que la cour de nos anciens rois ait été con pléiement dépourvue de feinmes. En attachant à sa pe sonne tout ce que la noblesse comptait de dames illa très, Anne de Bretagne donna seulement plus < solennité è un ussge depuis long-temps établi. Il auf de parcourir les comptes de dépenses de la maison roya pour s'assurer que depuis Philippe* A oguste jnsqu François W plusieurs dames, prbea dana la noblesa accompagnaient toujours la reine. Le nombre , à vr dire, n*en était pas aussi grand que sous Anne de Bn tagne^ Éléonore d'Autriche et principalement Catherii de Médicis. A cet égard, le témoignage de nraotAme i doit pas élre révoqué en doute. Cest, du reste, ce qu a voulu dire, comme le prouvent les détails Fort ouriei qu*il ajoute sur Tétiquette introduite par Anne de Br tagne dans le service particulier de sa personne.

Cette coutume, bien loin de se perdre sous les règn suivants, ne fit que s'accroître, et Ton aait tout le paj que TastucicusQ Catherine de Médicis en tira.

L'on s*ctait si bien plié é cette mode , que sans I dames et ûlles d'honnepr do la reine, il semblait q la cour ne pouvait exister ; ainsi BraïUdoie dit é ce suje «I Bien «ouvcnt ay-je veu nos roys aller aux ehamp » aux villes et ailleurs, y demeurer et s'esbattre quelqu » jours et n'y mener point les dames : mais nous estio

» si esbahisi ei perdus^ fascliez, que pour huict joun qae » nriis f lisions de séjour séparez d^elles el do leurs beaux » yeux, ils nous paroisseut un an et toiisjours à sou^- » hatter (i). »

Ce fut principalement sous le règne de François I*' que Tusage de réunir a la cour les femmes <ft les filles dcé plus grands seigneurs du royaume lut établi. Lei habitudes galantes de ce prinoe 61 de luus écui qui l'en- TiroBoaûnt en fureni I* principale raison. Non seulement il se oomplatsail dans les intrigues galantes, tliais il aimait beaucoup à y voir ki autres occupés^ « J*ai « 9nj contera aucuns» remarqué Brantôme en ses Domf a » Gcr/aiilfa(A),qu'il voitloit fort qoo lei lioiinfst<*s gen* » tils hommes de sa cour mé fusseaf iamals sans des » maîtresses) et s*ils n'eti ffaisoîent, il les estimoit dos » fats et des sots; et bien souvent aux uns et aux autre» » leur en demandoit ie^ noms et promettoit les y servir

• et leur eft dire do bien^ tant il estoit bon et familier » « el souvent aussi, quand il les voyoit en grand arrat^

• sonnemeni avee leurs maîtresses, il les venoit accoster 4 et leur deteandcf quels bons propos ils avoicut avec » elles 9 et s'il lie les trouvoit bons, il les corrigeoil ei M leur en apprenott d*aotres. •

Geahabiliidesjointcs au grand respect que FrançoisP^ voulut toujours qu*on eût poinr les femmes, contribuérelit à développer pendant «oh règne cet esprit de polilOise dont la boime compagnie ne 8*eirt jàmaio plua ékégnée à Tégard des femmes.

DiM la chanson si bien Uppelée le Cel âê la Cûuf, toutes les femmes qui se signalèrent par quelque intrigue

(1) Capitaines illuslres françols, t; i. François 1". (J) Meom vtti t^ vn fk Pédlti ki-r , p« &5a.

sont désignées sous le nom d'une conslellatiou ; trouve cette chanson dans le premier volume d'une lection fort curieuse de chansons historiques toutes latives à la France du xvr au xvm* siècle. Cette col tioDf composée de trenlc cinq volumes in-folio, a •voir été formée avec beaucoup de soin |>ar le min de Louis XVI, M. de Maurepas, fait partie du cat des manuscrits de la Bibliothèque royale.

A la marge des différentes pièces de cette collect on lit de petites notes historiques dans le genre de o que je reproduis au bas des couplets du Ciei d cour. Diaprés ces notes, le séraphin du seizième cog serait le cardinal de Lorraine. Les lignes suivantes, je copie dans les Dames Galantes de Brantôme, p( ront faire juger si ce prélat méritait de figurer dans c chanson.

n J'ay ou! conter que quand il arrivoit à la cour q «que belle fille ou dame nouvelle qui fust belle , » venoit aunsi tost accoster, et l'arraisonnant, il d » qu'il la vouloit dresser de sa main. Quel dresseur 9 crois que la peine n'cstoit pas si gi*ande cornu M dresser quelque poulain sauvage. Aussi pour lors » soit-ou qu'il n'y avoit giiéres de dames ou filles i y dentés à la cour ou fraischement venues qui ne fus » desbauchées ou atrappées par son avarice et pa » largesse du dit caràinal ; et peu ou nulle sont*< » sorties de cette cour femmes cl filles de bien. A » voyoit-on pour lors leurs coffres et grandes gai » robbcs plus pleines de robbes , de cottes , et d'oi >• d'argent , et de soye , que ne sont aujourd'huy c< a de nos reyncs et grandes princesses (i). »

(1) Dames Galantes, tome vu, p. 530 des GEuvrcs compl

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