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BALLADE
SUA LA PRISE DE GÊNES, PAR JEAN D'aITTON. 150Ô.
1 Les Genevois f de leur propre nature, N*ont foi ni loi, si ce n^est d'aventure Par feintise , qu'on ne doit soutenir.
Jà tafat de fois ont mis à la rupture Leurs promesse, qu'il n'y a créature Raisonnable qui s'y veuille tenir ; Yoire et cuident par force entretenir Leur bon crédit, et mener leur affaire, Sans le devoir et tribut vouloir faire  vous, sire, ne à droit vous supplier; Mais slls sont forts, pour leur effort défaire, Leur force faut par force humilier.
SL L'historiale et prouvée écriture , Nous montre assez , et fait claire lecture De leurs faux tours , dont nous dut souvenir : Sur nos gens lors firent déconfiture
En leurs détroits , sous ombre et couverture De leur vouloir aider et subvenir.
Le roi Louis les sut bien prévenir, Quant en enfer ordonna leur repaire ; Au roi Charles tinrent parti contraire; Puis les voyez contre vous rallier.
Que reste plus ? pour venir au parfaire , Leur force faut par force humilier.
S Faites sur eux et dessus leur clôture Un tel échec et si ample ouverture , Qu*on y puisse sûr aller et venir^ Sans leur laisser ni vivres » ni i»âture , Place , ni fort , or, argent , ni voiture , Tant qu'il en soit mémoire à l'avenir.
Et que tous ceux qui les verront punir, Aient tout temps crainte de vous méfaire ; Mais au surplus qui voudroit satisfaire A son défaut, il faut tout oublier ; Aux rebelles qui ne se voudront tan% , Leur force fout par force humilier.
4 Prince, à la fin qu*on y soit à refaire. Prenez tous ceux qui ont voulu forfaire , Et les faites bien baguer et lier, Pour les traiter comme il vous pourra plaire, Et en faire des antres l'exemplaire ) Leur force feul par force humilier.
Vue autre hnî advicndjôil ik léger, {jm i*ar Oi^ffiut lit? Us hmt lorriger Ue \mir^ tlilit . riutU \h n\ oui Xm{ Uni ,
De faire un tour pour vous endoniiiiager. Si à ce coup ne les faites ranger A la raison, il est bien à songer Qu'ils en feront encore bien autant Une autre fois.
Puisque autrement on ne s'en peut venger^ Chàtie2-Ies ores pour abréger, Un coup pour tous, en tous y ébattant. El cela fait > soyea assûr de tant Qu'eux et autres douteront le danger Une autre fois.
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CHANSON
SUR LA CONYALEStiBNGB 1>*ANNB DB BRETAGNE.
Ce 8ont la ttngt- quatre couplet* de la valelude et eontatêtuncê
dé ta rofne trèe-threttiennè madûme
Anne de Bretagne , d$m/9i$ royM dt Pranée.
En temps obscurs, de pitoyable et merveilleuse perplexité, je vois au pourpris royal de Bloys deux trèsr hanltes et très -nobles princesses, de grandeur spectable et magnificence incrédible, dont une sembloit estre mère , et Tautre fille , toutes deux également dolentes
ci\ «cmblance, et de trouble maintien. Lesquelles, •] avoir rœmiiicment jette plusieurs exclamations pite( avec interjections confuses (toutesfois en bruit I turne), finalement raffcrmërent leurs voix et rasséîi Ieui-8 habitudes par plaincte modérée, facile à entenc et se mirent à genoux, joingnanz les mains au ciel, | par xxiiij coupletz différentz en résonance armoniei exprimèrent la très profonde doléance de leurs coei comme en manière de psalmodiation par répétitions tematives.
FRANCE
1 Vray Dieu du ciel dont le pouvoir ne fine. Dieu qui forma Thumaine créature
A ta semblance digne , Escoute-moy par ta grâce bénigne :
Car mise suis en grande desconfiture,
Et mortelle ruyne, Si ton soleil à ma bonne adventure N*esclarsist ma bruyne.
BRETAGNE
a O mon vray Dieu , dont le pouvoir ne fine, Dieu qui resplends en Tordre serapbine
Sur toute essence pure , Las! prends de moy aujourd*huy soing et cure, Ou autrement tout bien de moy décline;
Et fauldra que j'endure Tous les malheurs que de faire est encline La mort cruelle et dun\
FflAVCE.
3 RoyiiP iVs rieux, pleine de toutes grAcesl Bégartle-notis en res irgioiifi basses ,
El ton cher fllz supplie Que le fier dard de la mort rompe ou plye , A tout le moins retarde aucune espaces,
Et si retienne en vie Nostre royne Anne, à mortelles menasses Durement asservie.
BRETAGNE
4 S'il est pitié en toy qu'on chante ou dye Vierge sans per, au moins que j'en mendie
Trente ou quarante brasses.
Ce sont unt d'ans qu'encor vivre tu faces Celle qui toute à t'aimer se dédie.
Ses forces sont jà lasses Mais il n'est rien que te nye ou desnyc
Ton fll«, si tu l'embrasses.
FRANCE
8 Espritz du ciel, espritz archangéliques Sainctes et sainctz, nobles vierges cehques,
Yefves et continentes, Offrez à Dieu requestes pertinentes Dont on voirra les exploitz mirifiques
Car maintes gens et gentcs Scavent qu'elle a voz maisons magnifiques Rendu plus réfulgenles.
BRETAGNE
6 Hélas! oyez noz prières présentes, De toute faincte ypocrisie exemptes
Sainctz confès calholîques, Et vous, martyrs, desquels maintes reliques Elle a orné de beauUez excellentes.
Voyez les maulx publiques
Et deslournez nos personnes dolenies Dliûures tant obliques.
FRAVCS.
7 Peuple françois , o tréstranche noblesse , Si ce malheur trop apparent nous blesse,
Plus grand mal devons craindre.
Par quoy nous fauU nos cueurs mesmes estr^i De prier Dieu que ceste paour nous cesse
Et noz larmes espraindre.
Car grand douleur poursuit nos princesses Pour ses vertus estaindre.
BRETAGNE
8 Franc Breton noble, à qui la mort veult (aindi Le blanc en noir et trop au vifaltaindre
Ton coeur par grand'aspresse , Faictz de tes yeux une fonlalne expresse , Et garde bien lA dedans y remaindre
Fors douleurs et tristesse } Mais toutesfols alns que du tout se plaindre
Espérance est roaistresse.
FRANCE
9 Or priez donc, vous, nobles virginettes , Enfans d^honneur* toutes personnes nettes , Vierges sans taches et sacrées nonettea, Suppliez Dieu de cœur et de pensée.
Entendez-y, pucelles mignonettes , Offrez A Dieu piteuses chansonnettes; Allez nuds piedz, 6 mères honneslea
Sur Therbe verd ^ sur sablon et chaussée*
BRETAGNE
10 FiBininin teie, aussi doaix qae rosée, Hélas! par tous soit la face arrosée De maiole larme en amour embrasée Pour vous ieoter do péril où vous estes | Car si la mort jà preste ou disposée, Rooit son dard où droiet prend sa visée, En dueil sera la vostre vie usée
Et n'eustes oncq tant de maulx ny molestes.
7RANCB.
11 Sexe viril» Fran(oyS| Breton, Latin»
Priez à Dieu, tant au soir qu'au matin» Qu'Atropos face autre part son butin,
Et cherche proye ailleurs que sur noz lieux. Tous, moyne et carme, hermite et augustin Religieux, prescheur observantin , Et prehstre et clerc, chanoyne et célestin, Faîcies chascun endroict soy qui myeui myaux.
BRETAGNE
12 Mettez-vous-y trestons, Jeunes et vienix, Priez du cneur et larmoyez des yeux
Pour la meilleure qu*on ayt veu soubz les cieulx Depuis qu*Hé1éne engendra Constantin; S*ores la prend le poisfant Dieu des dieux, Vous nous verrez advenir des maulx tieulx Que de cler sang courront aval les rieulx. Par ce meschef soubdain A repentin.
FRANCE
15 Vostre roy plore (ô noble sang de France) D'un cueur piteux, de loyale souffrance;
Perfé de dneil au vif et à oultrance; Seeourez-Ie, soyei-lai compassibles.
Sa fille aisnée eo a lelle desplaisaoee. Comme elle doibC par naturelle uaanee ; L*aatre fort jeune est eneore en enfance Qui ne cognobt les mescbeb tant nuisybles.
BIETAGNE.
14 A I francz Bretons, par tous moyens possibl Veille» en pleurs et larmes indicibles; Ne soyez plus joyeux, gays, ne risibles Tant que sachez que soit à délivrance Yostre princesse ayant douleurs sensibles Au médecin du tout incognoscibles , Mais à Dieu seul cogneoes et visibles Qui donner peut salut et recouvrance.
FRANCE
I» Roy très illustre et père du pays, Voy tes subjectz estonncz, esbabis»
De tes douleurs dont ils sont envahis Et comme toy en portent peine et dueil, Couchez en terre aussi platz que plays Crient à Dieu : Ah ! sire Dieu, trahis Nous sommes bien; nous as- tu tant hays Que tu nous oste à chascun son autre œil?
BRBTAGNE.
16 Royue bénigne, et nostre doux recueil, Plust or à Diftu qu'ilen fust à mon voeil Et que des miens passer le mortel seuil Dcusseiit graiit nombre aujourd'huy qui sont Et je te veisse en royal appareil
f jiysant au monde ain»i qu*iin beau aoleil , Comme autrefois Tay veu à mon devis.
FRANCE
17 Tu monseigneur, hauU espoir des Françoys; OducFrançoys, Des grandz princes le choys , Seconde fleur des plus nobles du monde , \o\s or comment on se lamente à Bloys Bien l'apperçoys ; Dont certes tu reçois Après le roy peine extrême seconde.
BRETAGNE
iS Ce danger grand qui sur nous deux se fonde Sur luy redonde Et trouble la dere unde , Voyant sa mère en dangereux destroictz, Voyant pâlir sa perle dere et ronde , Qu*en luy abonde Une pitié parfonde , Certes son cueur faietz ses naturels droictz.
FRANCE
19 Despoulle-toy de fleurs et de verdure , Si ceci dure, Et prend nostre vesture , Printemps nouvel , entrant au mois de mars. Trop bayrons-nous ta verde fioriture , Si ta figure A si mauvais augure , Qu'à ton venir mort nous jçtte ses dardy.
BRETAGNE
^ Ne chantez plus, vos oyseletz espars De toutes pan , Laissez vos cbaotz gaillardz ; El lamentei en trés-piteux marmure, Jusques tant que jeunes et vieiUardi , Pasteurs en parez , Gendarmes et souldarti Ne doubtent plus ceste mortelle injure.
FRANCE
Si Ne flotte plus, ne reflotte, la mer, Si cest amer Que nul ne doibt aymer, N^est avant hors de ma triste mémoire.
Poissons nageantz, laissez-vous tous pasmê El abismer
Sans plus d'eau humer Si ce mal tombe au grand fleuve de Loire.
BRETAGNE
sa Si la royne ist de ce val transitoire, Honneur et gloire Autant qu'on peut croire Adieu vous dict pour mon dueil exprimer. Adieu clémence et vertu donatoire , Pitié notoire Aulmosne méritoire Et tous les biens qui sont à estimer.
FRANCE
25 Bretagne, Aile, ayons en Diiu fiance, Car ma créance
Bndine à espéranee , Tant eni nos gens feîct prières et veqx. Dieu tout puisniit poiie tout eu Muiee ; Mais quand sa lance A nous punir s*avance, Pitié le rend vers ses senranU piteux.
BRETAGNE
24 France, ma mèrei hélas ! ce cas hideux Touche à nous deux ; Mais si Dieu glorieux Youloit monstrer sa grand resplandi&sance Son nom haultain, son nom victorieux Feroit heureux Maintz pauvres langoreux Qui jà de paour n*ont vertu ny puissance.