‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 7 sur 181 · JO · texte numérisé non relu

JO

Li cueiis por i^a beauté raîme tant et tient chière Que de U ne se puet partir ne traire arrière. Tant li scmont ses encra que s*amor li requière, Que par devant li vient por Taire sa proière. Mais à icelle fois la vit cruel et fière. Qui covent, etc.

«t Sabine, dist U cuens, vos gent cors m'atalente. » Yostreamor vousrequierSfla moie vous présente; » Et se vos m'en failliez , mis m^avez en tormente. » La belle li respont : « Jà Dex ne lo consente, » Qu'en soignantage soit useie ma jovente. » Qui covent, etc.

2. Le comte, pour sa beaaté , l'aiine tant et l'a si chère qu'il ne peut jamais se résoudre à l'oublier. Son cœur le presse tellement qu'il demande à Sabine son amour, et qu'il s'en vient vers elle lui adresser sa prière. Mais cette fois il la trouva flère et cruelle.

Qui a, etc.

3. « Sabine, dit le comte, votre gentil corps me platt. Je vous demande votre amour et je vous offre le mien. Si vous me refusez, vous me préparez de bien grands tour^ mentH. » La belle loi répond : « A Dieu ne plaise que dans le concubinage soit usée ma jeunesse. »

Qui a, etc.

— îl

— « Sabine, tant vos voî courtoise et débonaire » Que de vos ne me puis partir n'arriére traire. » Se vos na volonté et mon bon volez faire, • N*a hom en mon pooir, sMI en voloit retrairc » l^ilain mot, que les euz ne li féisse traire. » Qui covent, etc.

Tant a li caens promis et doné à la béle ; Que il It a tolu lo douz nom de pueéle ; . Son bon et son plaisir fait de la damoiséle. Argenté $*aperçoit, son seignor en apéle ; A pou que ne li part li cuers soz la mamèle. Qui covent, etc.

4. « Sabine, je vous vois si courtoise, si avenaiite, que Je ne pnis me séparer de vous. Si tous voules me céder et combler mes vcbqx, tuot homme soumis à mon pouvoir qni oserait tenir à ce sojet vilains propos, je loi ferais cre* ver les yeo&. •

Qui a, etc.

5. Le comte a tant promis, tant donné à la belle qu*il lui a ravi le doux nom de pucelle. 11 en a fait son plaisir et sa volonté. Argentine s*en aperçoit, elle appelle son seigneur; son cœur est près de s*éi'liapper de sa poitrine.

Qui a, etc.

La dame en sospirani a mostré son oorage : ff Sire» por Dieu merci, trop m'avei en viltage, » Quant devant <noi tenez amie en sotgnantage ; » Si me mervoil por coi me faites tel hontage » Kar onques en moi n'out folie ne outrage. » Qui covent, etc.

— o Argenté, bien avez voire raison moeirée : » Sur les eux vo« cornant que vuidiez ma contrée , » Si que jamès nul jour ne revoiez Ventrée ; » Kar se vous i estiez véue, n^encontrée, » Tout maintenant seroit la vostre vie outrée. » Qui covent^ etc.

6. La dame, en soupirant, a fait connattre sa pensée : Ci Sire, pour Dieti merci, tous m'avei en trop grand mé» pris, quand devant mol tenez une maîtresse en ooncobinage. Et je suis bien émerveillée de ce que vous me faites une telle honte , car Jamais je n'ai commis ni légèreté ni faute, u

Qui a, etc.

7. « Argenté, TOUS avez bien fait connattre votre pensée. Mais je vous commande sur les youx de quitter ma ti*rre et que jamais vous n'en revoyez rentrée; car si Ton vous y rencontrait, tout aussitôt vous ponlric/, la vie.

Qui a, etc.

Argenté s'est en pieg, ▼oseist ou non, drécie^ En plorunt prent congié, dolante et correcie, De ses anfanz aidier tos les bannis en prie; Puis les bsise en plorant , et il Pont einbncie. Quant partir Teo eofîent pdr pou n^est enragie. Qui covent) etc.

Tant à la dame erré el sfe-voie tenue, Q(i*eo Alemaigne droit est la l»èle TAïue. Tant fait <|n'en la cour est Temperéor Yétte » Devant l'empereris s'est si bel maintenue Qu'à son service Ta velentiers retenue.

Qui covent, etc.

8. Af^tDte se lève alul eo>tniale;toiil en pienrant^elle Mt us adieini) dolante et coorroacée. Elle reoonMitande à tons les bacons de venir en aide à ses eofons ; pois elle les baise en pteofant, et ils t'ont embrassée. Quand elle se voit forcée de partir, il s'en faut de peu qu'elle n'enrage.

Qui a, etc.

9. La dame a marclié si long-tetnp9, qu'elle arrive cQfln en Allemagne. Bile a tant fait qu'elle a été remarquée à la cour de l'empereur. Elle est si bien parvenue h phire à l'impératrice que celle-ci lui a demandé si cl te voulait rester près d'elle pour la servir.

Qui a, etc.

— là —

Argenté la cortoise est de si haut service Que pour sa grant valour Patine cliascuns et prise; De toutes œuvres est la belle si esprise Que de seur toutes ot la dame la maistrise , Si qu'ele n'est de riens blasmée ne ;^prise. Qui covent, etc.

lUuecqnes servi tant Argenté la sënée, Que Dicx à ses biaux fils grant honor a donée, Qu'il furent chevalier de haute renommée. Quant Diex i ot valor et bonté assénée , Adès ont mauvaistié baîe et refusée.

Qui covent, etc.

10. Argenté la coartoise remplit si bien son devoir que sa grande vertu la fait aimer et respecter de cbacon. Elle est si habile en tontes sortes d'ouvrages» qu'elle devient la première de ses compagnes sans que personne en soit offensé..

Qui a , etc.

11. Argenté servit à la cour pendant si long-temps, que Dieu a donné à ses beaux lils de grands honneurs : ils sont devenus des chevaliers de hante renommée. Quand Dieu a mis en eux valeur et courage , alors ils ont fui et méprisé toute aclion mauvaise.

Qui a, etc.

Plaîii sunt de grant bonté, d onor et de largesse, ^Talor qui lor defent malvestie et paresse Les semont et conduit et aprent et adresse , Tant qu'à Temperéour servent par lor proesce. Or lor defuit tristors et aproche liesce. Qui coYent, etc.

Tant sunt vaillant et prea et bien servant li frère , Que moût les aime et croie et prise Temperère. Et Diex qui des bien faits et gent guerredonnère Lor fist connoistre illnec qu'Argentine est lor mère , Et que il suut si fis et li quens Guis lor père.

Qui covent, etc.

12. Ils sont pleias de loyauté» d'honneur et de largesse; valeur qui lear défend paresse et lâcheté» les guide, les instruit et les protège» si bien que par leur prouesse ils ont rendu de grands services à rempereor. La tristesse s'en va et le bonheur est auprès d'eux. Qui a» etc.

• 13. Les frères sont si vaiUans» si bons» si utiles» que Tempereur les aime beaucoup» les écoute et suit leurs conseils. Dieu, qui récompense toujours les bonnes actions» leur a fait connaître qn* Argentine est leur mère» qu'ils sont ses fils» et que le comte Gui est leur père.

Qui a » etc.

là.

Quant reconnéus a ses biaus enfans la dame , Tel joie en a son cuer qu*à pou que ne se pàoie. Ne dcist un seul mot pour trestout un roiame i Ensemeut se maintient que s'en allast U ame. Lez U sunt H enfant assis seur un < Qui covent, etc.

il,

Mmit ont fait M enfatit de )or mère grani Joie , Puis demandent oongié, pour exploitier lor voie; Mais mont envi lors done Teraperère et otroie. L'empereris d'or fin deus somiers lor en? oie Et Tempérère autant, ains que partir les voie.

Qui covent, etc.

14. Quand U dame a reeonau ses beaut entas, elle a tant de joie dans son cœar qu'elle est prête de perdre le sens. Elle ne peut dire mie parole quand on lui donnerait «D royaume ; à la voir on 4Brailq«e son èuM va laqoltler. Ses enfans sont assis près d'elle sur un banc.

Qui a, etc.

15. Les enfans contrent leur mère de caresses, puis ils demandent la permission de 8*en aller. L'empereur la leur accorde, mais bien à regret, et leur envoie, ainsi que Tlmpératrice, deux sommiers chargés d'or, au moment de leur départ.

Quia, etc.

iô.

Lors se mit en chemm Argenio et &a maisnie ; Tant fit qu'en son païs vînt o sa l)aroni€. La pais ont li pnhui entr'ans faitt^ et rurnir, Si c'onques puis n'i ot descûrt ne f^'loiiie ; Et Sabine à tctuimiri du la terre ctt lianiB*

Qui covcnt a à mal mari

Sovent en a lo cuer marri.

16. Alors se mettent en chemin Argenté et ^ fumille ; ils marchent tant (ïu'îU arrivent dans leur \^aj^. Les en< fans ont fait enîrc eux un si loyal parlase que dpputs M n'y ent jamais i^i dt^biil ni jéloiiicj et Sabine e^l pour lotijours iMuinie de la eonlrée^

Qui hi m(* chant mari -

SoaYent en a k coear marri *«

CHANBOIV.

(Xir UàCLE.) CHANSON DE QLÊNES DE BÉTHUNE

l.>iMMI.ITCSSB DU RMIKOM DB LA COOft SB VBâIKB qilf t'iTAIBRT MOQCit I» fM UIWUMB.

AHRÉB USA.

Parmi les seigneurs français qui se réunirent dans les dernières années du xii* siècle pour marcher à la délivrance de la Terre-Sainle, Quénes de Bel hune est un des plus illustres. Né dans la première moitié du xii* siècle , il n*existait plus en iâ34, puisque Philippe Mouskes, dans sa Chronique rimée, regarde la mort de ce chevalier comme une des calamités de cette année (1). Ainsi qu'on le verra plus bas dans les chansons consacrées aux croisades , Quénes joua un grand rôle dans ces expéditions , dans celle principalement qui donna aux alliés Tempire de Constantinople. A la gloire des armes, Quénes de Béthune joignit encore celle de la poésie ; et Ton peut dire , sans exagération , qu'il mania aussi bien la lyre que Tépée. Vers 1180, Quénes vint à la cour de France, où sa réputation

(I) Dont la tière fu pis en l'an

Quar li vious Quénes estoit mors.

{Chronique en vers de VhUip\)e Mouikes, t. i , p. 403.)

de trouviTO l' vivait | ut-ré* Tl^ La rr-^ejile, Vfuve *te Louii y H, Alix de Cbainpagne, «îtsûti jeune i^h, qiii ^ flepiiis , fut Je foi Philippe- Augustin , demaii^ dèrent au comte de vortlofr bioii teiir faire entendre c|ueli{ues-uneâ de ses chansons, Quéne^i de lié thune récita di^s ver^ èriits en dialei^te de Picardie, Il ne fut pas écoulé avec indulgence » et les seigneurs de France ^e inoi]uereiit de lui. La reiJic et sou jeune fils lui fuent même cciuï prendre que bùiv lan^a^'e n^'était pas le meilleur* Le pauvre Arîéî^ieii eui encore â essuyer les railleries d*une certaine comtesse qu'il ne nomme p;iâ , mais dont il aspirait à C4iptivef Tamour, Fiquéauvir, Quêaes de li et hune composai une autre chanson » mais eu dialeele de Vite de Ftancc^ dans laquelle il rcjirodje aux Fran* çais leur peu de conrtoisic. Tel est le sujet de la pièce suivante. << Cette chausou, dit avec raison K M» P. paris qui le prciuier Ta fïut ct^uuaitre, où » quel([ues mots feulent encore uu peu Tariesien, H comme de fou pour do faut , eiicoir pt>»»r tncor^ » ficx pour fil» t ^^^ d'ailleurâ pleine de malice et it de âenî^ibilitiv., Que nés nous y lais^se clairement M voir que ToUjet de sou amour êlaii la helïe corni* iesse de Champagne (1). « Celle chanson peut encore donner lieu à plusienrs observations intéressantes. Elle piouve» sans réplique, rexistent'e des dialectes différent t[ui divisaient n(»tre langue à la un du xii" siècle; elle prouve aus*i que ces dialectci^ n'étaient pas assejs étrangers les uns mx autres [»our emjïêelier ceux qui les parlaient de se eompreudre entre eux,

(1) Hômancero franfalft, P^ ^^-

Manwt. àê U BibUodk Bof . l$Xï. ^^ s. F. IH. ~ RomaoGtro fraoçaU, p. Bl.

Mont me tflinont amours que je m'enfoise , Qn«nt je plue doU de chanter estre ooia. Mais j ai plus grani talent que je me ooîac , Por çoU| j*ai rois mon chanter en défois ; Que nioq langage ont blaamé U François, Et iqea «hançpns > oyant le» Champenois , . Et U contea^e encoir, dont plus me poîse.

La roîne ne fit pas que courtoise Qui me reprist, elle et ses fiex li rois ; Encoir ne soit ma parole françoise, Si la puet-on bien entendre en françois. Ne cil ne sont bien appris ne cortois Qui m'ont repris, se f ai dit mot d* Artois, Car je ne fus pas norriz à Pontoise.

1 . Amour me force de chapter quand je devrais me garder de le faire ; mais j'ai le plus grand besoin de me taire , aussi al-]e pris la résolution de ne plus chanter. Car les Français. ont blâmé mon langage et mes chansons devant les Champenois et la comtesse encore» dont plus me pèse*

î. La reine ne fit pasque courtoise quand elle me reprit, elle et son fils le roi. Encore que ma parole ne soit pas française , on peut bien la comprendre en français ; et ceux-là ne sont ni bien appris ni courtois qui m'ont repris si j'ai dit mot d'Artois , car je ne fus pas nourri Pontoise.

— If —

Diex I qae ferit ? diffli«Ii mon coraige ?

Irai je H dont s*amor demander?

on , par Dieu, car tel sont 1i tisaige

Qu'on ne puel iOJ|iS| «ans demanti rien trover.

Et se je sut outrnigcx del trover.

Ne s*en doit pas ma dame à moi irer,

Mais vers amors qui me fait dire outraige.

3. Dieo! qqe ferai-je? loi découTiirai-je mm eçpurPoo bien ir^i-je Iqi demander son amour? Oui, de par Dieu 1 car ainsi va le monde, qu'on ne peut rien avoir sans demander. Et si je suis mal inspiré , ma dame ne doit pas se d&clier contre moi, mais contre amour qui me Tait dire outrage.

— Sî —

CHAIVSON*

(yii« biècme.)

CHANSON DE QtÊNES DE BÊTHLNE CONTKE PNB DAHB.

G^est encore à Qiiénes de Bédiune que Ton doit la chanson suivante ; elle prouve, sans réplique, que )e n*ai pas trop loué ce seigneur en disant que son talent poétique égalait sa bravoure. En effet, on peut reconnaître que , relativement au temps où il écrivait et à Tidiome peu avancé dont il se servait, Quénes, heureusement inspiré , a tuuché à la perfection. Rien n*est plus spirituel que la raillerie moqueuse dont il fait usage ; rien ne peut mieux nous faire connaître le langage poli, mais déjà caustique, des hommes de la cour en France à la On du XII* siècle.

Il ifest pas non plus sans intérêt pour nous de voir comment Tuu de ces chevaliers' audacieux du moyen-âge, celui qui le premier planta rétendard de la croix sur les murs de Constantinople , maniait Parme de la plaisanterie , et comment il se raillait d'une femme ou trop sévère ou trop co.iuette, qui sVtait jouée de son amour. Ceux qui s'obstinent à ne voir dans les hommes du inoyeu-àge que des barbares grossiei*s et farouches, seront étrangement

— ss — surpris, en lisant ces vers dans lesquels respire une plaisanterie moqueuse et incisive , mais aussi une grande urbanité.

Le quatrième couplet se termine par deux vers assez curieux et qui donnent à cette chanson déjà importante un intérêt historique: la belle, répondant au chevalier, lui dit : Il n'y a pas encore deux mois

Que U mwrchis m'envoya son messaige Et U Barrois a por m'amour Jousté.

Évidemment il est ici question de deux cheva- < liers renommés par leur vaillance. Quant au premier , M. Paris a deviné juste en reconnaissant Boniface II, marquis de Montferrat, qui fut choisi, en 1^1, pour chef de la croisade (1), et qui remplit avec tant de bravoure et d'équité les fonctions de général d'armée.

Quant au second , c'est Guillaume des Barres , Fun des chevaliers , fidèle compagnon du roi Philippe-Auguste. Tous les chroniqueurs se plaisent à vanter sa force prodigieuse et son courage, et ce fut lui qui, à la bataille de Bouvines, prit deux fois par le cou l'empereur Othon,'et l'eût fait prisonnier, si les seigneurs allemands n'étaient pas parvenus à tuer son cheval et à renverser ce terrible guerrier (2).

Mais ce qui contribua le plus à établir la grande

' (t) Art de vérifier les dates, chronologie historique des nurquis de Montferrat. Edit in-8', t. xvii, p. 311).

(2) Chroniques de Saint-Denis, publiées par M. P, Paris, t. IV, p. 18/i.

fé[ratation de Gnillamne des Barres eomme hardi ehevalter , ce fbt ane jonte qnc, dans sa jemiesse » il soutint contre le roi Richard-Cœarde-Lîon, et dont il sortit yainqnenr. Voici le fait comme on le trouve raconté dans la d^ront^tie de Bains .- « Or 1? TOUS dirons don roi Ricart qui estoit en Cypre...

« Si ayint un jour que Messire Guillaume des

» Barres chevauçoit parmi Acre et Li rois Ricars » aussi, et sVntrereneontrèrent. Li rois Ricars » tenoit en sa main 1 tronchon d'une lance ; et . V meut au Bt^rrois et le quida porter fors des ar- » cbons. Li Barrois se tint bien, car il estoit chevalier vesmerés : et au passer que li rois englois quida » faire, li Barrois le saisit par le col et féri le cheval » des espérons , et le trait par force de bras des ar- »> çons ; puis laska les bras , et li rois chéi sour le » pavement si rudement que à poi que U cuers ne li » parti ; etjut euki une grant pleche pasmés que on n ii1 senti poux ne aleine (i). »

Je^n BromptQu, abbé de Jorval, contemporain du ehroniqueur de Reims, rapporte le même fait; seulement il place la sc^i^e h Messine , et varie sur les détails (a).

(1) Chronique de Rains, publiée sar le maDUierit unique de la Bibliothèque du Roi , par Louis Paris. 1837, ia-tS, page 41.

(2) Obviaverunt cuidam rustico cum asello arun-

dinibus onusto quas cannas vocant. De quibus rex Anglis et cîBteri qui cum co crant, ceperunt, et unusquisque iUorum alter adversus alterum est congrcssus. Et contigit quod rcx Anglix et quidam strenuus miles de familia régis Francis, AVilloImus de Rares nominc, ad inviccm congre-

Quoi qu'il en soit, ou ne peut douter que Tliouneur qui rejaillit sur Guillaume des Barres d'iHre sorti vainqueur d'une pareille lutte, ne lui ait valu la diatiaction dont il est ici Tobjet.

dientes, arundines suas fregenint; capa régis ex pcf^ cusiione Willelmi fracta est. Et rex indeiratus cum Mihtmenti Impetu Ipsum Willelmum et equum suum titubarc fecit: et dum intenderet ipsotn In tcrram dejlcere , iif;1la régis dedinaTit, descenditque celerius rex et aîîuni equum fortiorem proHnoi iteemleii lÉip«tiin tn «intkin 'WiUdmum itenM fedt, seéipioa é^ïnxt non nUiit^ WUIdffius caifli coilo «qui toi adliMét. Unde rcne ei coinmioato cum Robertus fUius Robcrti coaitU Laociiïtrlse defuncti.... manum in dictum Willelmum ut rcgem jusAvct ii\jedssent, ait rex : Sustine te et dimiltc me et illum solum. Cum que rex et Willelmus dictis et factis i(a ÛMïua contendisscnt , rex pronimpens ait illi : Fuge hinc ei cave tibi ne ampUus corani me compareas....*

(Historiœ AmjUœ tcfiptoreti Cktomcon ioh. Bromton, I. i,p» 1102.)

(/est à M. P. Paris que Je dois le curieux rapproehement du passage de la Cbrooiquc de Reims et des deux vers de la cbanson de Qutoes de Béthuue.

Jiaiiusc de la BibUoth. Roy. S. F. 184. —Gange 6«. — S. Germ. 1989. — Romancero français, p. 107.

L'autrier avant en cel antre pals, Qa'ans chevaliers ot une dame amée.

La dame tant que fnst en son bon pris Lt a s'amor escondite et vééc.

Puis Tust un jor qu'ele li dit : « Amis , » Par paroles vos ai mené mains dis , » Or est Taroors conéue et provée » D*orenavant serai à vos devis. »

Li chevaliers la regarda cl vis , Si la vist moult palle et descolorée.

1. Jadis il arriva dans un certain pays qu'un chevalier aima une dame. La dame, tant qu'elle fut jeune et belle, ne voulut pas répondre à cet amour. Puis vint un jour 011 elle dit au chevalier ; « Ami , je vous ai payé en paroles maints jours. Or est votre amour connu et éprouvé, dorénavant je consentirai à vos désirs. »

2. Le ( licvalier la regarda au vit^agi; jil la trouva pùle et fanée. «< Dame, dil-il, cerlaincuicut je suis bien malheu*

f' Dame, faît'il, cerlcs mal siii bnillU, i* Quant dés TautrUM' u'oï vo!?Iï"c pensée* ■' Voi^tre clers vis, 4|ui sïcnjbtatt îlor ck fis, » Ësl si aKéâ ore Je mnl eti pis , M Qu'il m^Gsl avii que me soies emblée. u  tart avés, dame, ce conseil pria. »

Quant la dame s'oit ai ram postier, Vergoigne en ot ^ si dit par félunnie : M Par Dieiip vassal , je V dis por vous gahcr, » Cuidiés-vous dont qu'à certes le vos dieî* » Certes neuil ; ne me vint eu penser i> Qu'onqnes nul jor je voi deigna^se amer, a Que vos avés, pur Dieu, meillor envie » D'un bel valet baisier et accoler. »

reu\ de n'avoir pas su plus tOt votre pensée. Votre bc-fiti Yîsage, qui rcj^Kcmblail à une (leur dû ly^^ t^'cu e»t allu (le mal en pis, à tin îfA point qu'il me $H!ml)lerailpre$. que que vou» n'existez plui!. Dame j vous a^ei: pris trop tard celte résolution.

3. Quand U dame i^Vntendil ninsj mépriser, clic en eut honte, et dit en colère t r, |*ar Dieu , ^aBsiil , ce que j'aî dit c'était pour nu^. inoqtifi de vous. V\>ns a^ez cru que je pari Al!! sérieusement ? Ci'rtai no nient non. Il nii me vint Ja* mais à la pens^âe de dai{;ner vous accorder innn amour. Et vuui avei, par Uieu, meilleure envie de care?iser un beau garçon* •

— « Dame, fait-il, jVi biôh oï parlet » Dé vûstré pfià, mais ce n^est ore mie : » Et de Troie r^ai-je oï cèhlèr » Qu'ele fu jà de moult graiit seignorie; » Orn'i pueton que la place Irover.

» Por ce , dame , vos loe à escuser, » Que cil ne soient atains de Pirésie » Qui désormais ne vos vorront amer. »

«— « Par Dieu, vassal, mar vos vint en p€Bsé, u Quant vos m*avés reprové mon éai^^ » Se j'avoie mon jouvent tôt usé ^ » Si sui-je riche et de mont htut parage u Qu'on m'ameroit, à petit de biauté.

4» — « Dame, dit l'autre, j*oi bien entendu parler.de vo« re prix, mais ce n'est pas à l*heure qu'il est ; et de Troie j'ai aussi entendu raconter qu'elle fut Jadis de bien grasde seigneurie; aujourd'hui on n'en peut trouver que Ht place. Aussi, madame, Je vous supplie que ceux-là qui ne voudront plus vous aimer ne soient pas pour cette raison accusés d'hérésie. »

5. -^o Par Dieu, vassal, vous avez eu une mauvaise pensée quand vous m'avez reproché mon Age. Quand bien même toute ma jeunesse serait passée, je suis assez riche et d'assez haut parage pour être aimée sans une graade

-- so — » Certes encor ii\i pas drus mnîs i\^sé » Que li marcliis m'cnvnîa son me^^aigc , » £l li Barrois a por id amour jotisté. u

— f Dame, fait -il, ce vos pnct moiiU grever

» Que vos iés en vosire signorage ;

» Mais iel çepi ont por VOSlre smoiiP ploré ,

» Que, se estiez fille ù roi de CirUge,

» Jamais nul jorn'en aroient volenlé.

>» On n'aime pas daine por pavenlc ,

» Aipis (|uant ele esl lieje, courtoise et ^gG ;

û Vous en saurez par leiis la vérité. »

beauté. En vérité, il n'y a pas àm% mois q«e le marqoU m^envoya son message, et que le Barrois a jouté pôor mon arooar. »

Pj — «I Pam^, dit l'autre» il pourra vous mésftJvenir do vous fier cjans votre seign^nirie. Mais sur cent qui ont pleuré pour votre amour , aucun n'en voudrait J^lus » fussici-vous fille du roi de Csirthage : on iVaime pas nm dame à cause de sa parenté, niaïa pî^rre qn*ellft psI bellf, courtoise cl sage; vous en saurei Uicnlùt la vAritrt. »

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