VI ET VII
(XU« SIÈCLE.)
DEOX AUTRES CHANSONS PAR QUÊNES DE BÊTHUNE.
Les deux chansons qui suivent ne pouvaient pas être séparées de la précédente, puisqu'elles ont été composées par le même poète et sur le même sujet. La satire que fit Quénes de Béthune contre la dame inconnue eut quelque retentissement , et les amis du comte eux-mêmes lui reprochèrent d*avoir attaqué le sexe en gciicral. Obligé de se défendre, Quênés explique , dans la première de ces deux pièces, qu'il n'a voulu que se venger d'une personne dont la dureté avait été grande à son égard.
Dans la seconde, il semble regretter l'amour d'une autre maltresse, et va même jusqu'à consentir à délaisser le paradis pour elle. Mais il termine en lui reprochant d'être fausse, coquette, ambitieuse, et d'avoir exigé son voyage en Syrie.
En réunissant ces deux pièces à celleâ que l'on trouvera plus bas, parmi les chansons relatives aux croisades, on pourrait en tirer de piquantes révélations sur hi vie de Qnênes de Féihune.
— ai -r.
lOM. de la Bibl. Roy. 18A » suppl. — 1989 , S, Germ. ^Romancero français, p. 89.
/autrier» an jor après la saint Denise , •"ui à Bétune où j*ai esté soient ; À me souvint des gens de mal guise ^ui m*ont mis sus mensoigne , à esciant , ^ue j'ai chanté des dames laidement, fais il n'ont pas ma chanson bien aprise, Lins ne chantai fors d'une seulement , >ui tant forflst que vengeance en fu prise.
I n'est pas droit que Ton me desconfise
II si dirai bien la raison comment :
^on prent, par droit, d*un larron la justise, )oit-on desplaire as loiaus, de néant ?
. Nagaère, un jour après la Saint -Denis, fêtais à inne, où je réside sonvent. Là, je me sonvlns de gens appris qui m'ont faussement accusé en prétendant j*ai chanté vilainement contre les dames. Mais ils it pas bien compris ma chanson , car j'ai chanté senent contre une dont les outrages demandaient vennce.
. Il n'est pas juste de me blâmer, et j'en dirai bien ftison : si Ton fait justice d'un larron, aux termes de >i, doit-on par là déplaire en rien aui gens de bien ?
Nénil , par Dieu , qui raison i entend. Mais la raison est si arrière mise , Que ofl quk)n doit loer blâme la gent , Et loie ce que li saiges desprise.
Dame, lono tems ai fait vostre servise, La merci Dieu ; o-or n'en ai mais talent : Si m'est au cors une autre siroor emprise Qui me requiert et allume et esprent ; Et me semônt d'amer si haltement, Que je l'ferai , ne peut estre autrqnient. En li n'y a ne orgueil ne faintise Si me m<ettral del tout A son cqmmant.
Non» de par Dieu, pour qui entend raifson. Mais la raison est éi bien mise en oubli, qpe l'on blâme ce qn'il faudrait louer, et qu^on approuve ce qoe les geps sen9és condamnent.
3. Dame , je vous ai long*temps servie , Dieu merci ! Aujourd'hui, l'envie m'en est passée; car j'ai au cœur up autre amoqr qui q^e r^ni^rt, n^'erpbruse ef m'^Qime , ei q)e convie à aipier ^i insf^p^ipent que j'obéirai à toii(^ force. Il u*y 9 en celle-ci qi Qf^uejl ni mensonge ; je prabandonnerai tout entier 6 §on coipmandement.
Hannsc. de la Biblioth. Roy. 7322. — 184 supp]. Romancero français, p. 88.
Bêle, doce, dame chj^pf), Yostre grant beaq(^s ^^{\^içfi
M*a si sorpris , Que se i*ere en Paradis ^'ep reYenrpiççrfjfrCï Paf ppvpnt qge j^^ prqièrp
Ur^q^t là qni»
QUQ f^issQ TQstr^ fiini N'a moi ne fuissiez fiera.
Car aine en nule manière
Neforfis, Que fuissiez ma guerrière.
Por une qu'en ai haie.
Ai dit aux autres folie
1. Belle dame» donce et chère, votre grande beauté *a si bien séduit que si J'étais en Paradis j'en rerienaiSy à condition que tous consentiriez à me prendre ur TotrQ amt, et que tous ne me tiendriez pins rigueur. ir je n'ai rien fait pour que tous me fassiez la erre.