‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 84 sur 181 · SUR LA MORT DU CONNÉTABLE DE BOCRBON · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DU CONNÉTABLE DE BOCRBON

ta chamoH de Romms, nouretlement faicte détà le» mont au camp du marqui» de Saluces.

ISV.

Parlons de la deifaidte De ces pauvres Roinmains, Aussi de la compldinete De noslre père sainct .

i Le vice-roy de Naple, Par unluniy malin,

lit

Apj ella le duc Charles Sans faire grand butin ; Disant en la manière, Â bien petit de plaict :

Suyvon» tous la baniére, Car voicy nostre faict.

a Bourbon sans nul désordre Si raist son cas à point.

Gens d*armes mist en ordre, Chescun la lance au poing.

Or, marchés donc, gens d'armes.

Surtout ne creignés rien; N'ayés peur des alarmes.

Vous feray gens de bien.

5 Oyant ceste parolle Lansquenetz, Espaignolz, A chescun le cueur voile, Pour avoir bruyt et loz.

Adoncques melntes places Par tout ont assiégé, Des ducas à grand taxes Ont eu pour deslogé.

4 Tout droit devant Florence Si se venoyent getter.

Pour piller leur finance

Si l'eussent peu gniper.

Le marquis de Saluées, Avec son armée, Leur eust chassé les puces, Si les eust peu apper.

5 Du graut palays de Romme L'embassade arriva,

Qn*au pape dist en sornuK" Que jà mal il n*aiira, S'il voiiloU faire Irefv*} Pour dix ou douze mois, En gcttant hors de Naple« Trelous les bons Françoys.

6 Le sainct père Taccorde, Et les bulles sella,

De grands seaulx et de corde Bien fort les cordela; Puis manda à grant haste Monsieur de Vauldcmont, Gardes vous de la taste.

Allez oultre les mons.

7 Bourbon vint devant Rommp, Si amena ses gens,

Leur contant ainsi comme

Il enCreroit dedans;

En leur baillant couraige,

Leurs promettans grans dons,

Et aussi le pillaige

Pour pouvres compaignons.

8 Le pape si fîst mettre En armes les Rommains, Les priant de combattre Contre ses ordz villains.

Là pour longue espace Fut fort bien combatu ; Espaignolz en la place Uemouroyent vaincuz.

9 Quant Bourbon vit TafTairr Aller si niescbamment.

« Il n'est tant de retraire, »

Di6t-il tout haultement; Monta sur la muraille En disant : « Snyvés moy ; Ne m*en chault, quoy qu'il aille.

Tout est mieux sur ma foy. i*

iO En celle assemblée Y demeura beaucop De gens de renommée, Abatus par grant cop.

Bourbon, qUoy que Ton die, 11 fut blessé à mort :

Dng cop d'artillerie, Fut son dernier remoit.

11 Les Rombiains ont la fuite, De ce n'en doubtés pas, Espaignolz si les luitte, Les tuant sans compas.

Au chasteau de Saihct Ange S'enfuyent par monceaulx Le pape, comme edtrange, Et tous les cardinaulx.

la Hélas! se dit le pape, Que m'est- il advenu I Je voudroys eslre «n terre, Quant me voy desteim Par gens tant détestables, Pires que Mamelus.

Ils sont bien misérables, Jésus les rue sus !

ir> O noble roy de Frante^ Hegarde en pitié

L*église en halaiico, Laâ! ellA en a mestié.

Metz la hors de souffrance ; Pour Dieu, ne tarde plus; C*eât ta mère, ta substance, O filz, D*en faictz reiïus.

2« CHANSON

ëlR LA MORT DU CONNAtABLR DR BOURBON \b9J.

On Ut dans Brantôme , discours xx , de la He des capitaines et hommei illustteê étrangers :

« J'ai ouy dire à Rome qu'on tenoit que celuy qui lira N cette malheureuse arquebusade estoit prestre, tout • ainsy que eeluy qui, dans Saint-Dizier, tua ce brave » prince d'Orango. La vieille chanson de ces advantutf riers d'alors disoit pourtant ainsy :

i* Quand le bon prinee d^Orange >) Vit Bourbon qui eatoit mort, » Criant I Sainct Nieholasl y» Il est mort, saiucte Barbe!

» Jamais plus ne dit mot ; » A Dieu rendit son âme« » Sonnez, sonnez trompette».

» iionnez tous h Tassant.

A pprochcz vo« engin<i, Abbalez ces muraille:».

Tons les biens des Romains Je vous donne au pillage. >•

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