DU RETOUR DE LA CAMPAGNE DE PIÉMON
SUR rB« FAITS DE LA (iUERRE DB DELA tEB MONTZ.
Se chanU sur le chant :
O maistre Antoine de Beaulieu , tu te disoya fllz de la Marc
1 De Suze nous sommes partis Cinq enseignes de compaignie, Ce fut pour saluer le roy Avecques sa grande baronnie.
llonnestement les sa1na.«me$
De par monseigneur le dauphin, Et aussi de par le grand maistre, Las! qui estoit dedans Thurin.
2 L'avant-veille Sainct-Nicolas,
Que passâmes les grandz montaignes,
En desployant nos estendariz,
En criant : Vive la France !
Car j'estions qualre bonnes bendes
En armes fort bien éqnippez,
Pour passer tontes les montaignes,
C^v nous en avons bien meslier.
5 J.endemain de Saint- ^Nicolas A Briansoii nous arrivasmes,
Accomi^aignez de Lansquei etz £t des Françoys à grandes armes.
£t dedans la ville entrasmes En desployant uoz estendartz ; Monsieur de Lorge j trouvaames, Capitaine de gros estaz.
4 Dans Brianson on séjourna A Tenviron quatre journées, Et en beuvant de ce bon vin, Et en menant grand rusterie ; Car je vous jure et certifie Que nous estions bien équippez Pour saluer le roy de France, Las ! qui estoit en Dauphiné.
8 Avons trouvé le roy logé A Grenoble bonne ville, Lesquelz avons esté joyeulx D'avoir trouvé sa compaignie.
Honnestement la saluasmes De par monseigneur le Daulphin; Et aussi de par le grand maistre, Las ! qui estoit dedans Thurin.
6 Des nouvelles delà les montz
Je n'en scauroys plus que rescripre, Sinon que on espère la paix Ainsi que je ay ouy dire.
Or, prions Dieu, je vous en prie, Pour le très noble roy Françoys, Et pour le bon daulphin de France, Et aussi pour tout son bon conseil.
7 Ung compagnon de Daulpîiinc La cliaiiâon il a composée,
Que Jehan Ltêcot se faict nommer. De Grenoble la bonne ville :
Car ]e vous jure et certifie Que c^est un noble adventurier; Il a servf le roy de Fjance, Las! à tout ce qu'il a eu roestier.
CHANSON NOUVELLE
FAICTE SUR LB DÉPARTEMEIfr DE LA ROTNE D*BSC0S9
DISANT ADIEU A BON PÈRB ET A TOUS 8g« AMYS ,
BtwêehanlfurUcKantde:
Vienne qui pourra Tenir, il ne m'en chaolt quoy ne comment
1 Adieu, mon père, mon ainy, Adieu le noble roy François ; Donné vous m*avés un mary, Le prince etfoy des Escossois.. ^, ;Aller m'en Mtîlt à ceste fois
Hors du pais, Puisque m'avés donné mary.
a Adieu mes frères et amis, Adieu vous dis piteusement.
Les regrelz que j*ay à celuy Qn*on a fait mourir meschamment, Croies tout véritablement,
Je vous le dy, Plus de mille sont mors pour Jiiy.
5 Adieu Orléans, adieu Blois, Adieu Rouen, adieu Paris, Genlilz homes, nobles bourgeois, Toute la fleur de noz amis.
Aller m'en fault à ceste fois
Hors du pats, Puisque m'avez donné mary.
4 Adieu jeunes dames de choix, Adieu demoiselles de pris ; Chanté avons à aulte voix Maintes fois parmi noz amis.
Maintenant entrez en souci,
Puisque m'en vois, Adieu vous dy à ceste fois.
5 Aller nous convient par la mer Et passer parmi les Anglois ;
Il y peult avoir du danger Car elle est rude aucune fois.
A Dieu me confie toutes fois,
Voilà le sy, Et au roy qui est mon mary.
6 Les regretz que ]'ay au paîs D'aller parmy les Escossois, Je n'y euteuts mot ne demy^ Sinon de parler bon François.
Quant je y pense maintes fois,
Je ditz ainsi Adieu mon père et mon amy.
7 Je prie à Dieu de paradis Qu'il veuille apaiser la fureur,
Que tous royaumes soient unis; Qu'il vueille amodérer le cuenr Du roy de France et Tempereur,
Soient bons amis !
Dieu nous doint à tous paradis.