‹ Recueil de contes populaires grecsChapitre 20 sur 53 · LE SEIGNEUR ET SES TROIS FILLES I · texte numérisé non relu

LE SEIGNEUR ET SES TROIS FILLES I

était arrivé au premier mari, de sorte que la pauvre Rosa demeura sans époux après en avoir eu deux. A quelque temps de là, Rosa se demanda sérieusement pour quelle raison deux hommes l'avaient abandonnée, après l'avoir tous les deux épousée. Elle résolut de faire une chose, de prier son père de la laisser aller faire visite ii ses sœurs, parce qu'elle les désirait voir, afin d'apprendre d'elles pour quel motif ses maris l'avaient quittée. Son père la laissa partir, et elle s'en alla.

Arrivée dans l'endroit où demeurait sa sœur aînée, elle aperçut la chambrière de celle-ci qui était allée puiser une cruche d'eau ; 'elle la reconnut et lui dît ; « Voici une bague, donne-la à ta maîtresse, et, moi, je vais attendre dehors que tu m'apportes sa réponse. »

Au bout de quelques instants, la chambrière revint et lui dit de se donner la peine d'entrer, que sa maîtresse la désirait. Elle trouva sa sceur assise toute seule. — « Ma sœur, lui dit-elle, j'ai désiré te voir, et je suis venue pour que tu me rendes un ser- , vice ; cette nuit, quand tu iras coucher avec ton mari, tu éteindras la lampe, tu descen-

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dras de ton lit de noyer, et, moi, fy entrerai. >

— a Très volontiers, lui dit sa sœur, pourquoi pas ? Je ferai ce que tu désires, s

La nuit venue, sa sœur fit ce dont elle l'avait priée. Elle quitta son mari, et Rosa alla se coucher avec lui. Alors, comme si elle eût été sa femme, elle lui dit : * J'ai perdu bien du temps, depuis que nous sommes mariés, de ne pas encore l'avoir demandé pour quelle raison tu as quitté ma jeune sœur après l'avoir épousée. »

Et alors celui-ci lui raconta comment tout s'était passé.

Quand Rosa fut instruite de l'affaire, elle quitta le lit de noyer et sa sœur y revint. Le lendemain elle partit et alla trouver son autre sœur; et, quand elle eut appris U même chose de l'autre mari, elle retourna chez elle, en se disant intérieurement :

■ Non, je n'épouserai pas mon père, comme l'a dit le fantôme; mais je payerai des gens pour le tuer. >

Or, madame, peu de jours après, elle paya des hommes qui tuèrent son père; ils prirent ensuite le cadavre et l'enterrèrent dans un champ hors de la ville. Sur la fosse

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