‹ Recueil de contes populaires grecsChapitre 21 sur 53 · LE SEIGNEUR BT SES TROIS FILLES 1 1 I · texte numérisé non relu

LE SEIGNEUR BT SES TROIS FILLES 1 1 I

OÙ l'on avait inhumé son père, il poussa un pommier qui produisit de belles pommes.

Un jour donc, madame, Rosa vit un homme qui vendait des pommes; elle l'appela, lui en acheta, en mangea et devint enceinte. Quelque temps après, son ventre commença à grossir, sans qu'elle en sût le motif. Plus tard, cependant, elle apprit que sur le tombeau de son père il était poussé un pommier, et elle se rappela en avoir mangé des pommes. Alors elle se dit en elle-même :

• Je ne permettrai pas que le fentSme dise ta vérité, car, aussitôt que j'aurai mis l'enfant au monde, je le tuerai. »

Lorsqu'elle eut accouché, elle prit t'en- &nt, lui donna des coups de couteau dans la poitrine, le mit dans un coffre qu'elle cloua soigneusement et qu'elle jeta dans la mer.

Et, comme le vent soufflait de terre, il poussa le coffre, qui gagna la haute mer.

Or, il ^vint qu'il passait par là un vaisseau marchand, et le capitaine de ce navire, ayant aperçu le coffre, dit à ses hommes : i Mettez la barque à la mer, et prenez ce coffret.

S'il y a dedans des objets précieux, ce sera pour vous ; mais, s'il y a un être vivant, ce sera pour moi. ■

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lia, CONTES POPULAIRES GRECS

Ils descendirent la barque et prirent le coffret, et ils trouvèrent dedans un ea&nl baigné dans son sang. Alors le capitaine le prit et l'adopta pour son fils. De nombreuses années se passèrent, le capitaine mourut, et son fils adoptif hérita de tout ce qu'il po^ sédait.

L'enfant, devenu grand, exerçait le métier de son père et voyagetdi de pays en pays.

Dans un de ses nombreux voyages, il lui arriva d'aller dans le pays de sa mère ; il vit la porte de la maison de celle-ci, et il demanda quels étaient les portraits qui s'y trouvaient. Alors on lui raconta l'histoire des trois soeurs, et on lui dit que la cadette n'était pas encore mariée.

— H Eh bien , dit-il , moi je l'épouserai, a

Il l'épousa. Bon nombre d'années se passèrent et ils firent des enfants. Un jour qu'il changeait de chemise, Rosa vit sur sa poitrine les traces des coups de couteau qu'elle lui avait donnés, au moment de le mettre dans le coffre. Alors elle conçut des soup< çons, et elle lui demanda : « Tu ne m'as pas dit quels sont les signes que tu as sur la poitrine. » Celui-ci lui répondit qu'il ne

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■ SES TROIS FfLr.Es ni

connaissait ni père ni mère, mais qu'un capitaine, l'ayant trouvé en pleine mer dans un coffre, l'avait pris et adopté pour enfant. — « Et, après la mort de mon père, [ajoutat-il,] i'ai hérité de lui, j'ai feit son métier, je suis venu dans ce pays et je t'ai épousée. Je ne sais rien autre chose. »

Et Rosa lui dit ; n La mauvaise fortune s'est acharnée sur moi. Tu es mon fils, ei, maintenant que sont réalisées les prédictions du fantôme, je te laisse dans la douleur et mes en&nts orphelins ; quant à moi, \e vais mourir, car telle était ma desti-

Et elle s'en alla, se précipita d'une et se tua.

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LE TRIMMATOS

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