‹ Recueil de contes populaires grecsChapitre 34 sur 53 · ET SES DEUX FRÈRES · texte numérisé non relu

ET SES DEUX FRÈRES

UNE fois il Y avait un père et une mère.

La mort vint qui emporta la mère et laissa le père avec trois enfants. Ces trois enfants s'appelaient, l'un Ipazîo, l'autre Antonuccio, et le troisième Trianniscia, car il ^lait un peu sot. Le père tomba malade; il appela son fils aine' et Antonuccio, et il leur dit : n Venez, mes enfants, je dois vous arranger ensemble. Je possède deux bœufs et une vache; la bonne paire (de bœufs) je vous la donne, et la vache maigre, donnez-la à Trianniscia. >

Le père mourut, et les aînés restèrent avec la paire de bœufe, et Trianniscia avec la vache maigre. Et que fît Trianniscia? Il prit la

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vache, l'écorcha et étendit la peau sur un poirier sauvage. La peau devint très sèche ; alors il se la Ha avec une corde autour du corps, puis s'en alla frappant dessus comme sur un tambour. Il arriva à un canal près duquel les voleurs étaient en train de se partager de l'argent. Ceux-ci, en entendant le tambour , se dirent : a Laissons l'argent , voilk venir les gendarmes qui vont nous conduire en prison. » Et Trîanniscia prit l'argent, s'en retourna chez lui et le montra à ses frères. Et ses frères lui dire : « Comment l'y es-tu pris, cher frère ?» Et îl leur dit : a J'ai écorché ma vache, j'en aï fait sécher la peau et je l'ai vendue, a Ses deux frères s'en allèrent en disant : « Faisons aussi comme lui, nous autres, n. Ils tuèrent leurs bœufs, en étendirent les peaux sur un poirier sauvage, les firent sécher, les prirent, et s'en allaient disant : ■ Qui veut des peaux, à cent ducats la peau ? Cent ducats la peau ! ■ Les gendarmes vinrent ei les empoignèrent.

Et quand ils sortirent de prison, ils voulaient tuer leur frère,

Trianniscia prit une corbeille et s'en alla dans un village chez un aubergiste; il lui laissa la corbeille et lui dit : • Qu'on n'y

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TRIANNISCIA ET SKS DEUX FRtillES I79

touche pas, je vais entendre la messe. » Et, quand il revint, il ne retrouva pas la corbeille, parce que les domestiques de l'aubergiste l'avaient prise pour mettre du fumier dedans. Et Trianniscia se mit à bavarder, mais l'aubergiste lui dit : « Tais-toi; j'ai cent ducats, je te les donne. » Quand Trianniscia eut l'argent, il enlîla la rue et s'en alla.

Et que fît-il encore ? Il se cacha dans une église et entra dans un confessionnal. On était en train d'enterrer une dame. 11 resta tk jusqu'à la nuit et ouvrit le tombeau ; il en tira la dame, la chargea sur ses épaules et la porta hors de l'église, 11 trouva un cheval, lui mit une selle, plaça la dame dessus et s'en alla à Lecce. 11 entra chez un aubergiste, où il avait vu trois belles filles. Il prit la dame et la descendit [de cheval] ; et il dit à l'aubergiste : « Veillez bien sur cette dame et laissez-la dormir pendant que je vais aller entendre la messe; surtout ne la découvrez pas. 8 II alla à l'église, et, à son retour, il fit semblant de trouver [la dame] morte, et il se mit à faire beaucoup de bruit. Et l'aubergiste lui dit: » Ne crie pas; j'ai trois filles, prends celle qui te plaira, a Trianniscia en

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choisit une, et retourna chez ses frères avec cette belle jeune fille. Et ses frères se tournèrent [vers lui] et lui dirent : • Quel tour nous as-tu joue? Un et un deux, et un trois-, preuons-le, lions-le dans un sac et allons le jeter à la mer. ■ Et ils le chargèrent sur leurs épaules pour le porter à la mer. Ils arrivèrent au pied d'un mur, jetèrent le sac derrière ce mur et allèrent entendre la messe. Il y avait là un berger qui jouait de la flûte, il vit ce qui se passait, vint auprès du mur et dit : ■ Qu'est-ce qu'il y a dans ce sac ? 1 Et Trianniscia répondit de dedans :

• Viens ici, entre k ma place pour que je puisse sortir. • Le berger délia le sac, Trianniscia en sortit et le berger y entra.

Les frères [de Trianniscia] sortirent de la messe; ils allèrent prendre le sac, le chargèrent sur leurs épaules, et, quand ils furent au bord de la mer, ils le prirent et le jetèrent [dans l'eau]. Et, en quittant la mer, ils se di> saient : « Nous voilà débarrassés de luîl > Mais, quand ils arrivèrent auprès du mur, ils trouvèrent Trianniscia qui jouait de la flûte, et ils dirent : « Misérable sort que le nôtre 1 Ce Trianniscia est un diable qui nous joue des toursl «

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