‹ Recueil de contes populaires grecsChapitre 33 sur 53 · LK PETIT ROUGET SOKCJER J^J · texte numérisé non relu

LK PETIT ROUGET SOKCJER J^J

jeune homme fondit sur lui, l'épée à ta main et lui coupa la tète. It ouvrit aussitôt la gueule du monstre, en détacha les sept langues qu'elle contenait, les garda et jeta la tète au milieu de son chemin en rentrant dans la ville.

Un malheureux charbonnier, passant près de là, trouva la tête et s'en empara; ayant aussi rencontré la princesse sur le chemin de la ville et l'ayant reconnue, il la prit avec lui et la contraignit, sous peine de la mort la plus prompte, à lui jurer qu'elle assurerait que c'était lui qui était son libérateur, qu'il avait tué le monstre et que, par reconnaissance, elle le voulait pour époux.

La malheureuse princesse, forcée de faire ce triste serment, retourna chez son père, qui, à la vue de sa fille bien-aimée, rendît grâces à Dieu, et demanda ott était son libérateur pour le récompenser. Elle répondit que c'était le charbonnier qui tenait la tête du monstre, et pria son père de le lui accorder pour époux. Le roi, quoique bien fâché du choix de sa fille, ne put refuser, car le charbonnier lui avait sauvé la vie, et il commença à préparer les noces et h faire de grandes invitations.

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Le jeune homme, étonné de ce qui se passait, voulut voir de ses propres yeux l'imposteur qui trompait aussi imprudemment tout un royaume. Il se procura donc une entrée au palais, où il se fit pre'senter au futur de la princesse ; mais, à sa grande surprise, il vit un homme grossier, ooir, et tout-fi-fait inconvenant pour la fille d'un roi. Plein d'indignation, il lui demanda où était la tête du monstre qu'il avait tué, disant qu'il était curieux de la voir : l'imposteur courut avec la plus grande eflronterie dans un autre appartement et la lui montra comme en triomphe, mais le jeune homme sortit de son manteau les sept langues, et, les ajustant à la gueule du monstre, pria le roi lui-même de venir examiner cette tête et de se rendre juge dans dans cette affaire. Le roi, étonné de cette contestation, ût venir sa fille et la menaça de sa malédiction, si elle ne lui disait toute la vérité, et quel était, en effet, le véritable exterminateur. La princesse se vit alors forcée de convenir de tout, d'autant plus qu'elle craignait de se voir engagée à un homme tout-à-fait indigne de son amour. Le roi fît aussitôt exiler le charbonnier, ne voulant pas le punir plus sévèrement dans un jour de

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si grande réjouissance pour sa famille et pour tout son royaume, et il unii sa fille à son véritable libérateur, qui en était éperdûment amoureux. Plusieurs jours se passèrent dans les réjouissances. La princesse, qui n'abandonnait pas un seul instant son époux, voulant un jour se baigner, lui proposa, pendant son absence, d'aller se promener dans les appartements du château qu'il n'avait pas encore vus. II y consentit, et, s'avançant dans l'intérieur, il remarqua un corridor à l'extrémité duquel était une porte. Il l'ouvrit et vit à son grand étonnement une plaine très vaste, remplie de marbres portant une forme humaine ; cette vue l'étonna sans qu'il pût découvrir ce que cela signifiait. Se trouvant dans cette perplexité, il vit arriver une vieille femme qui ressemblait à une fée. Il s'en approcha, la salua avec beaucoup de respect, et, sur son invitation, il s'assit k côté d'elle pour se délasser, dans l'espoir d'apprendre ce que signifiait cette multitude de statues de marbre. La vieille lui offrit une baguette qu'elle tenait, pour l'aider h s'asseoir. Il la prit avec la plus grande confiance et resta aussitôt pétrifié comme les autres.

La princesse, de retour chez elle et ne trou-

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vant pas son mari dans ses appartements, le fit en vain chercher dans tous tes environs. Elle soupçonna , mais trop tard , qu'il e'tail tombé dans le piège de la vieille fée, dont elle ne lui avait pas dévoilé les se-

Mais laissons ici cette malheureuse princesse pleurer son époux victime de son im- < prudence, et voyons ce qui se passa pendant tout ce temps dans la maison du pêcheur. — L'autre fils, qui soignait tous les jours les deux cyprès, vit tout d'un coup l'un d'eux se faner et incliner sa cime. Il soupçonna aussitôt la mort de son frère, ou du moins quelque grand danger, et se décida à monter k cheval et à suivre les traces de son frère, dans l'espoir d'arriver h temps pour le secourir. Arrivé dans la ville qui avait été témoin des premiers exploits de son frère, il y trouva le roi et le peuple reconnaissants de tout ce que son frère avait fait pour eux, et il s'informa bien de la route qu'il avait prise depuis. Ayant tout su en détail, il courut se présenter au palais de sa bejle-soeur, oii il apprît aussi l'accident dont son frère avait été la victime. Malgré toutes les objections que lui faisait le roi, il se rendit aussitôt

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dans le palais de la vieille fée, et parvint, à force de rechercher dans la foule des marbres, à trouver celui qui avait la forme de son frère. Tandis qu'il s'occupait à chercher les moyens de le faire ressusciter, s'il était possible, la vieille vint à sa rencontre, et s'assit en lui offrant sa baguette magique pour l'aider à s'asseoir aussi. Mais celui-ci qui s'était bien informé d'avance de sa supercherie, au lieu de prendre la baguette fit signe à son chien de mettre la vieille en morceaux, et de cette manière il se sauva et en sauva beaucoup d'autres. S'étant ainsi défait de la vieille sorcière, il entra dans son château et trouva heureusement, parmi les autres choses qui avaient rapport à la magie, une bouteille qui contenait de l'eau d'immortalité. L'ayant prise, il alla d'abord faire ressusciter son frère, et puis tous les autres, dont le nombre était tellement considérable qu'il s'en forma une nation entière, qui le choisit aussitôt pour roi, puisqu'il était leur libérateur à tous. Son frère retourna chez sa femme, dont le père était déjà mort et il monta paisiblement sur le trône. Ainsi les deux frères furent les hommes les plus heureux du monde, et ils envoyèrent aus-

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sitôt chercher leurs parents pour passer le reste de leur vie avec eux. Voilà de combien de bonheur fut cause le petit rouget sorcier.

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TRIANNISCIA

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