LE LANGAGE DES ANIMAUX
(conte bulgare)
n homme avait un berger qui l'avait
servi fidèlement pendant de longues années. Ce berger, un jour qu’il faisait paître son troupeau dans la montagne, entendit un sifflement. Ne sachant ce que c’était, il alla voir, et aperçut un incendie au milieu duquel sifflait un serpent. Il resta pour voir comment le serpent s’en tirerait; car tout brûlait autour de lui et les flammes le touchaient pres¬
que.
Le serpent, en l’apercevant, s’écria :
— Berger, je t’en prie, fais une bonne ac¬
tion, délivre-moi de ces flammes.
'contes slaves
Le berger eut pitié de lui, lui tendit son bâton et le tira du feu. Une fois sorti, le reptile s’enroula autour de son cou :
— Malheureux, s’écria le berger stupéfait; est-ce ainsi que tu me remercies de t’avoir sauvé ; on dit bien vrai : faites le bien et vous trouverez le mal.
Le serpent lui répondit : Ne crains rien; je ne te ferai aucun mal; porte-moi à mon père; mon père est le roi des serpents.
Le beraer réfléchit et dit :
— Je ne puis te porter à ton père; je n’ai personne à qui confier mon troupeau en mon absence.
— Ne crains rien, répliqua le serpent, il ne lui arrivera aucun mal. Porte-moi à mon père, et va vite.
Ils partirent donc, traversèrent une forêt et arrivèrent à une porte qui était toute tissue de serpents. Quand ils furent arrivés, le serpent qui était au cou du berger sitfla; les autres s’écartèrent et laissèrent passer le berger.
Au moment où ils passaient la porte, le serpent dit au berger :
— Attends que je te dise quelque chose : quand tu arriveras dans le palais de mon