LA BAVA RL) K
cier une grande provision de macarons, et se rendit dans la forêt. Chemin faisant, il rencontra un lièvre qui dormait, le tua et le prit. Après être resté quelque temps dans le bois, il rentra chez lui avant que sa femme fut réveillée.
Après avoir déjeuné, ils partirent pour la forêt. A peine y étaient-ils entrés que la femme trouva un brochet, puis une perche, puis un gardon. Jamais elle n'avait été à pareille fête. Elle remplit de ces poissons un panier.
En sortant de la forêt, ils rencontrèrent un grand poirier. A ses branches pendaient des macarons.
— Vois, s’écria la femme, des macarons sur un poirier !
— C’est tout naturel, dit l’homme; il a plu des macarons, et il en sera resté sur le poirier. Les passants ont mangé les autres.
En continuant leur route vers le village, ils passèrent près du ruisseau.
— Attends un peu, dit le mari : j’ai tendu mon filet ce matin; je vais voir si je n'ai rien pris.
Il retire son filet : dans le filet était un liè¬
vre.
CONTES SLAVES
— Quelle merveille! Un lièvre dans l’eau! s’écria la femme.
— Sotte, tu ne savais donc pas qu’il y a des lièvres d’eau comme des rats d’eau?
— Non vraiment, je ne le savais pas.
Ils revinrent à la maison; la femme se mit à préparer le souper -et alla chercher de l'eau chez sa voisine. Elle resta longtemps absente. Evidemment elle racontait ce qu'elle avait vu dans la journée. Au bout de quelques jours, tout le village savait que le ménage avait trouvé un trésor. Ee laboureur ne pouvait pius sortir sans qu’on lui en parlât. Il avait beau nier, rien n’y faisait.
Le lendemain, sa femme arrive tout essoufflée :
— Il se passe quelque chose dans le village : les paysans courent après un homme et le battent ; il pousse des cris épouvantables.
— Je sais ce que c’est : notre seigneur a volé des saucisses chez le charcutier; on le traîne par le village et on le bat à grands coups de saucisses.
— Ma foi. c'est bien fait, dit la femme.
Vers la fin de l'autre semaine, on appelle
le paysan au château. Le seigneur lui demande :