‹ Recueil de contes populaires slavesChapitre 26 sur 47 · LA BAVARDE · texte numérisé non relu

LA BAVARDE

— Est-il vrai que tu as trouve' un trésor?

L'homme ne veut pas avouer; il nie, il proteste.

— Ne mens pas, reprend le seigneur, ta femme m'a tout raconté.

— Eh! monseigneur, vous savez bien que ma femme est folle ; elle ne sait pas ce qu’elle dit.

— Dis la vérité, sinon tu seras battue, crie le seigneur. Q-u’on apporte les verges!

— C’est la vérité. Il a trouvé un trésor et l’a enterré sous le plancher de notre chaumière.

— Et quand cela ?

• — La veille du jour où nous sommes allés dans la forêt chercher du poisson.

— Tu dis ?

— Oui, c’était le jour où' il a plu des macarons ; nous en avons ramassé plein un panier, et, en revenant, mon mari a pêché un beau lièvre dans la rivière.

— Voyons, tu es folle ; réfléchis bien.

— Parfaitement, Monseigneur; c’était une semaine avant le jour où les gens du village vous poursuivirent en vous battant avec des saucisses, parce que vous aviez volé le charcutier.

CONTES SLAVES

Cette fois le seigneur entra en fureur II voulut faire donner à la femme vingt coups de verges; mais le mari intercéda en disant :

— Vous voyez bien, seigneur, que la pauvre femme est toile.

Le seigneur se calma; cependant il fit touiller sous le plancher. On ne trouva rien du tout, et le madré compère garda son trésor.

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