‹ Recueil de contes populaires slavesChapitre 27 sur 47 · CONTE BOHÊME · texte numérisé non relu

CONTE BOHÊME

r |N jour, le bon Dieu se promenait sur la U terre avec saint Pierre; ils arrivèrent auprès (Lun berger qui faisait paître son troupeau. Ils étaient tous deux très atiamés. Ils demandèrent au berger de leur donner quelque chose à manger, ajoutant que le bon Dieu le récompenserait. Le berger ne savait pas à qui il avait affaire, mais il avait bon cœur; il tira de son sac un gros moiceau de pain qu’il avait réservé pour son repas du soir, et le leur donna.

— Mangez, dit-il, et que Dieu vous bénisse! la faim est une vilaine chose.

CONTES SLAVES

Le bon Dieu et saint Pierre mangèrent du meilleur appétit. Une fois rassasié, le bon Dieu dit au berger : ,

— Je te remercie, brave homme. Tu nous as donné ton dernier morceau de pain au risque d’avoir faim toi-même. Une si belle action mérite récompense; nous ferons tout ce que nous pourrons pour te laisser un souvenir. Forme trois souhaits, tous trois seront exaucés; mais réfléchis bien, pour n'avoir pas à regretter un jour de t'être trompé.

Le berger aimait à fumer : son premier souhait fut d’avoir une belle pipe toujours allumée et qu’il n’eût jamais besoin de bourrer.

Ce vœu à peine formé, il trouva dans sa main une pipe superbe, au-dessus de laquelle une fumée bleuâtre se balançait.

— Et ton second souhait ? demanda le bon Dieu.

Le berger réfléchit. Saint Pierre s’approcha de lui, et de la main lui montra le ciel. Le berger n’y fit pas attention : peut-être ne comprenait-il pas, peut-être avait-il envie de rester encore ici-bas. Il pensa qu’il aimait fort à jouer aux dés, mais qu’il avait peu de chance à ce jeu.

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