‹ Recueil de discours préparés [microforme]Chapitre 20 sur 31 · USA · texte numérisé non relu

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il est bon, pour la continuation de l'espèce, que certaines personnes se marient, ne serait-ce que pour qu’il existe des vieux garçons. Mais en somme, du moment que tant de gens consentent, que dis-je, désirent se donner le mal d’élever des familles et de les nourrir, pourquoi n’y aurait-il pas une réserve choisie qui conserverait son indépendance? On nous dit que le mariage est la source de toutes les joies. Pourtant la multiplicité des procès en séparation m’en fait grandement douter. Il me semble que les avocats qui défont les mariages gagnent autant d’argent que les ministres qui les font. C’est donc courir un grand risque et n'est-il pas vrai qu'il vaut mieux vivre avec le mal que l’on connaît plutôt que de s’exposer à l'inconnu? Il est sûr que nous avons bien des déboires. Nous n’avons pas de compagne du foyer à laquelle nous puissions légitimement imposer le soin de poser nos boutons et de raccommoder nos chaussettes.

Mais, croyez-en mon expérience: bien malheureux est le vieux garçon qui ne trouve pas une main amie prête par pure philanthropie à rendre ce service! Naturellement, il y a toujours des dé-

fections. De temps en temps nos rangs s'éclaircissent et un fidèle sacrifie sa liberté. Notre seul regret est de penser que trop souvent, avant peu, il soupirera après ce qu’il a perdu. Nous n’en voulons pas à ces capitulards, nous nous contentons de les plaindre d’avoir cédé à la tentation.

Nous couvrons ce soir de fleurs une nouvelle victime du “ dieu malin ” puisse la chaine lui être légère et puisse-t-il ne jamais regarder d’un œil d'envie ceux dont il déplore sûrement ce soir l'invincible persistance.

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Discours à un enterrement de vie de garçon.

Mes amis,

C'est une occasion à la fois triste et joyeuse qui nous réunit ce soir. Vous avez pu juger de la tristesse par les termes mêmes de l'invitation; quant à la joie, il n’est pas difficile de vous en faire une idée si vous êtes depuis quelques instants dans cette salle. Le sort en est jeté, notre

bon ami... nous quitte pour entrer dans la grande armée des citoyens rangés et productifs du pays. Il sera longtemps regretté dans nos réunions dont il était l’âme et le bout-en-train. Nous le pleurerons longtemps, jusqu’au jour où la chaîne qui va le fixer au logis, se relâchera et où nous aurons la joie de lui voir faire de fortuites réapparitions. Je puis parler en connaissance de cause, moi le plus résistant des célibataires de ce cercle folâtre que nous voyons ici. Que j'en ai vu revenir de nouveaux mariés, dont le ménage n'allait pas plus mal en somme que celui de beaucoup d’autres. C’est erreur et vanité de croire que la femme est toujours enchantée de voir en tout temps au foyer conjugal celui qu’on désigne comme l’heureux époux.

Bien qu’il puisse en coûter à notre amour-propre de l’avouer; il doit quelquefois s’exhaler des soupirs de soulagement quand le seigneur et maître prend son chapeau et part rejoindre ses amis. Aussi, ne prenons pas trop au tragique le mot d'enterrement; livrons-nous à la joie de voir notre cher camarade accomplir enfin le rêve dont depuis quelque temps nous le voyons pré-

occupé. Autant que nous en avons pu juger, nous n’avons que des compliments à lui faire sur son choix et nous lui souhaitons toute la félicité dont sa future compagne et lui sont bien dignes. Qu'il veuille bien se faire l'interprète de ces sentiments qui partent d’une amitié bien sincère et bien franche et espérons que dans son bonheur il n’oubliera pas ceux avec lesquels il a marché côte à côte, jusqu’à l'étape qu'il franchit actuellement.

Et maintenant, buvons!

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Reponse.

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