CHERS AMIS
Merci de vos bons souhaits; merci de vos excellentes paroles pour moi et pour celle qui bientôt portera mon nom. Je n’ai pas besoin d'insister beaur ‘0 pour vous convaincre de la cordialité des : iments qui m’animent et du regret que j’éprouve de vous quitter, ne serait-ce que temporairement, comme l’a donné à entendre un expert en la matière, l’ami qui vient de pren-
dre la parole. Il a fallu, sachez-le bien, une at- | traction bien puissante pour me faire renoncer à | tant de douces liaisons. Mais le précepte est là: Il n’est pas bon que l'homme soit seul, et j'ai obéi au précepte. Il paraît qu'il y a beaucoup d'autres préceptes pour la vie matrimoniale et je tâcherai de les observer tous également. Pour cela, je ne serai pas seul, et j'espère bien qu’à deux, nous trouverons moyen de faire notre devoir. Mais n'allez pas croire pour cela que je vous oublie. Si je ne puis être avec vous comme | autrefois, je ne vous perdrai cependant pas de vue. D'ailleurs, vous savez que la maison vous sera toujours ouverte et que je corapte bien vous | y voir. En tout temps, il y aura place pour les vieux camarades qui voudront bien frapper à la | porte et juger un peu de ce qu’il y a de joie et | de satisfaction dans un petit intérieur bien calme | avec une bonne et jeune compagne. Peut-être | le pèlerinage décidera-t-il même quelques-uns d’entre vous à m'’imiter et alors, j'en suis convaincu, une bonne action de plus sera portée à mon actif.
Encore une fois, merci, merci pour deux.
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Félicitations à un nouveau marié.
MoN CHER AMI,
Je ne suppose pas que pour un homme dans une position aussi enviable que la vôtre, la saveur de la coupe à laquelle vous trempez vos lèvres, puisse être rehaussée par les félicitations de vos amis, mais nous ne pouvons pas vous laisser emporter le trésor que vous avez conquis aujourd’hui sans exalter votre bonne fortune et sans vous souhaiter ainsi qu’à votre exquise jeune épouse, tous les bonheurs dont peut être couronnée l'union des cœurs comme celle des mains. Maintenant, vous avez deux mondes devant vous, le monde ordinaire auquel nous appartenons tous, et un petit monde domestique intime dans lequel aucun profane n’a le droit de lancer un œil indiscret. Nous espérons bien que dans l'avenir votre vie ne sera qu’un long rayon de soleil, mais nous savons aussi que si jamais un nuage venait assombrir votre route, l'affection viendrait y tracer son aube, symbole du retour de la clarté,
Le bonheur isolé est une fausseté. La vie solitaire du célibataire n’est en somme qu’un purgatoire et l'indulgence qui se présente sous la forme d’une bonne épouse, est la meilleure pour lui. Le plus parfait d’entre nous n’est en somme qu’une fraction humaine, un être incomplet, jusqu’à ce qu’il soit achevé et embelli par l’addition de s4 meilleure moitié. En fait, nous sommes tous de pauvres vagabonds, des errants, jusqu’au jour où les femmes nous prennent en pitié et donnent à notre vie un but, à notre corps un asile.
Je parle ainsi dans l'intérêt des amis célibataires qui nous entourent et dans l'espoir que ces pointes à leur adresse leur seront utiles pour les amener dans la bonne voie. J'espère qu'après cela ils nous donneront l’occasion de leur décerner les félicitations que nous vous adressons aujourd’hui affectueusement ainsi qu’à votre charmante femme. Que votre voyage de noces soit.
joyeux; que votre route dans la vie ordinaire soit parsemée de fleurs et de bonheur, ne rencontrez jamais de ces obstacles que ne puissent surmonter l'énergie et l'affection. Je bois à
votre santé et à votre bonheur, et je suis sûr que tous mes amis se joignent à moi pour ce souhait cordial.
Réponse.
Mrs aus,
Je vous remercie en mon nom et au nom de ma chère compagne, de vos bons souhaits.
Quant à moi, je ferai de mon mieux pour la réalisation des espérances que vous avez si gracieu-
sement énoncées. S'il m'était possible d'exprimer en pareil jour un regret, je me désolerais de quitter pour une semaine ou deux d’anssi bons amis que ceux que je vois maintenant autour de moi. Mais, si chers que vous me soyez, j'ai à mes côtes maintenant une amie plus proche et plus intime et vous m’excuserez donc si je vous
avoue franchement que je ne puis même pas verser un pleur en vous quittant. Le meilleur souhait que je puisse vous adresser, c’est de vous voir tous aussi heureux que je suis en ce moment. Ma femme et moi, nous vous ren-
voyons affectueusement l'échange de vos excellents sentiments, et je répondrai à votre santé dans les termes mêmes que vous avez choisis:
“ Santé, bonheur et prospérité pour vous tous.”
Impromptu pour un baptême.
MonsIEUR,
La présentation des étrangers illustres est un des devoirs qui s'imposent dans notre société actuelle et je n'ai par conséquent pas à m’excuser si j’assure au jeune monsieur qui vient d’être admis dans le monde chrétien qu’il a d'avance conquis le respect et l'estime des gens d'âge mur, qui sont réunis ici pour lui faire honneur. Il est bien malheureux qu'il ne puisse pas comprendre un mot de ce que je dis, et que je doive adresser mes remarques à ses parents, dans l'espoir qu’ils les lui communiqueront quand son faible cerveau aura pris assez de consistance pour en saisir l’àpropos, s'ils se les rappellent encore dans ce temps-là. On dit que l'enfant est le père de l’homme, c'est vrai; mais, dans les circonstances
présentes, il vaut mier:r, je crois que je m'adresse immédiatement à l’homme qu’à son père enfantin. C'est donc au grand enfant et à la charmante compagne de ses joies (nous ne parlerons pas aujourd’hui de ses peines), que j’adresse au nom de toute la compagnie mes sincères félicitations. Ils doivent être fiers de leur enfant et, si je ne me trompe pas, ils le sont. Si j'en juge par ce que j'ai entendu aujourd’hui du jeune homme, il fera du bruit dans le monde. Peut-être sera-t-il un grand astronome, on m’informe même qu'il a déjà accompli de sérieuses découvertes dans la voie lactée. Tous les chemins lui sont ouverts, il deviendra peut-être banquier, marin, marchand, soldat, tout et peut-être échevin et marguillier. Quel que soit le rôle qu’il soit appelé à jouer, nous espérons tous qu’il fera la joie et ie bonheur de son père et de sa mère et, dans cet espoir, nous le recommandons aux bons soins de la Providence.