MES CHERS JEUNES AMIS
Bien que mes souvenirs d’écolier soient déjà bien lointains, il me semble que je puis encore partager le louable désir que vous éprouvez de vous distinguer en semblable circonstance. L’esprit d'émulation qui anime les hommes dans les différentes circonstances dv la vie est le même qui secoue ie sang et aiguilonne l'intelligence des jeunes écoliers à leur pupitre. Cet esprit est la source de toute grandeur, c’est à son impulsion que sont dues les belles actions. Le monde n’a pas de moteur plus puissant.
Vous avez tous fait vatre devoir aujourd’hui. Si dans la course aux honneurs et aux distinctions quelques-uns ont été dépassés, ceux qui
sont restés en arrière ont eu du moins l'avantage de lutter pour la palme et gardent la perspective de la remporter plus tard. “ Battez le fer quand il est chaud ”, conseille le dicton populaire, mais il ne faut pas oublier non plus qu'on peut le chauffer en le battant. Quant à ceux qui n’ont Pas réussi, qu’ils continuent à battre et ils réussiront un jour. C’est un peu dur peut-être, mais le succès est au bout.
Les élèves qui ont mérité des prix doivent être fiers de cette juste récompense, mais ils ne doivent y voir qu’un stimulant pour viser plus loin et atteindre le but. La jeunesse ne doit ja-
mais se reposer sur ses lauriers; ses visées doivent toujours tendre plus haut. Le zèle, l’habileté et la persévérance viennent à bout des difficultés qui paraissent insurmontables, et le mot “’insurmontable ” devrait être impitoyablement rayé du dictionnaire de la jeunesse.
Présentation d'un souvenir par les jeunes élèves d'une école à une institutrice favorite.