‹ Recueil de discours préparés [microforme]Chapitre 9 sur 31 · REGLES POUR PRESIDER UN BANQUET · texte numérisé non relu

REGLES POUR PRESIDER UN BANQUET

Le succès d’un banquet ou d’un diner dépend en grande partie de la façon dont il est présidé.

Si le diner est offert par une société, par un comité ou par une institution, c’est au président que reviendra naturellement la place d'honneur et la présidence du diner; quand une personne offre un diner de politesse ou de politique, c’est elle qui prendra la présidence.

Lorsqu'il s’agit d’un diner offert par une personne aux membres d’une corporation ou d’une profession, comme par exemple dans un diner offert à la presse sans qu’il y ait d’amphytrion présents, s’il n’y a personne de désigné par sa position pour présider, il est de mise d'inviter un

Personnage en vue à Présider ou même de lais. ser aux convives Je Soin de choisir celui d’entre eux auquel il; désireraient voir confier la présidence.

Le président reste debout jusqu’à ce que tous les convives se soient assis: quand il prend son siège, c’est signe que l’on Peut commencer à servir et que Ja fête commence.

Le président est servi le dernier et, au cours du diner, i] doit veiller soigneusement mais sans affectation, Qu'aucun des convives ne soit

négligé par les serviteurs.

voix de façon à être atendu de toute La table, mais il doit appeler Je Barçon auprès de Jui et lui donner ses instructions à voix basse,

C'est lorsque commencent les toasts et Les discours que les devoirs du Président deviennent plus sérieux. Son rôle est celui d’un modérateur. I] exige le silence lorsque les santés sont proposées et veille que je calme soit obser. vé au cours de Ja réponse.

Bien que le vin délie considérablement la langue, l’homme bien élevé devra s'abstenir de parler à haute voix ou de chuchotter à l'oreille de son voisin lorsqu'une personne parle. D’ailleurs ce sera le devoir du président de veiller que cette règle soit scrupuleusement observée.

Un président habile devra laisser un certain espace de temps entre les toasts, afin de permettre aux convives de rire et de causer entre eux. Il doit veiller que les santés et les réponses ne soient pas trop longues et ne se succèdent pas trop rapidement.

Pour l’ordre des santés et leur proposition, diverses coutumes sont en vigueur.

Le plus généralement, la liste des santés est préparée d'avance avec les noms de ceux qui les proposent et de ceux qui y répondent.

Les santés officielles sont généralement por-

tées par le président, sans discours: ce sont les santés du Souverain et des chefs d'Etat.

Les autres santés sont attribuées à des convives que le président invite à tour de rôle, suivant l’ordre fixé.

Dans certains banquets américains donnés Par de grands clubs ou des associations, un des membres anciens et autorisés, est désigné comme “ Toast-Master” ou Maître de cérémonies.

C'est lui qui a la direction des santés ; armé du maillet traditionnel, il impose silence et désigne le convive qui doit parler ou répondre à une santé, et son appel sert de présentation.

Mais c’est surtout lorsqu'il n’y a pas de pro- Sramme établi que les fonctions de président nécessitent du tact et de l’à-propos.

Dans ce cas, chaque convive qui veut proposer une santé, en informe le Président par une carte qu’if Jet fait Parvenir ou en fait la demande directement eg £es termes: “Monsieur le pré-

TÆ président onsent d'un signe de tête, se lève & dit:

Massicurs, veuillez, je vous prie, écoutes M,., qui va PrOpO$er une saméé” LA président doit yet he lés convives SM ris dés fins fils Préfèrent et «W'an-

cun ne soit oublié lorsque Les bouteilles circulent.

Si une personne est invitée à répondre à une santé, le président doit faire tous ses efforts pour btenir d'elle quelques mots en échange de l'honneur qu’elle reçoit. Mais s'il est évident pour le président que le convive ainsi désigné est mal à l’aise et souffre réellement d’être appelé à répondre, il est de son devoir de le tirer d’embarras au moyen d’une diversion heureuse et spirituelle qui dégagera la victime sans lui infliger de discours et aussi sans froisser sa vanité, Un homme intelligent ne manquera pas d’imaginer un subterfuge de ce genre.

Parmi les bons vivants anglais qui font autorité en cette matière presque inconnue en France, où la conversation de table est généraie, sans recourir à la solennité des toasts, sir Walter Scott à laissé quelques principes fondamentaux qu’un maître de maison ou un président de banquet devrait savoir par. cœur. D'ailleurs, ils sont courts et originaux :

‘19 Faire passer le vin quatre ou cimq fois

avant de prendre ou de laisser prendre la parole. Un léger filet de vin dispose favorablement les convives et fait disparaitre la timidité de ceux qui ont à parler. En somme, prépar::-les à être amusants et amusés;

“2° Allez, marchez. Ne songez pas à dire de belles choses, personne n’y tient, pas plus qu’à écouter la belle musique dont on fait un gaspillage dans tant de repas. Parlez à l'aventure et tâchez de trouver le mot pour rire. Vous trouverez des gens qui se contentent des plaisanteries les plus extraordinairement indifférentes. pourvu que vous puissiez saisir le goût de la compagnie. Même une compagnie de haut ton, composée de convives très collet-monté, peut-être charmée par un président jovial, un peu sans gêne, mais avec de l’à-propos et de la bonhomie.

Choisissez avec soin votre sujet; le discours pourra être ensuite ce qu’il vous plaira. Si un ivrogne ou un imbécile commet quelqu’impair, tâchez de vous en tirer par une farce ou un bon mot, mais n’invoquez jamais votre position de président, à moins que le cas ne soit grave.

L'autorité au président doit s'exercer avec

précaution. La patience vous assurera l'appui de tout le monde;

“3° Lorsque vous aurez bu quelques verres pour faire l’aimable et bannir la modestie, si vous en êtes atteint; prenez garde au verre! Il n’y a rien de plus ridicule pour un président que de perdre la tête dans les chopines.

“ Finalement, soyez toujours bref et coupez de temps en temps votre discours par une bonne lampée.”

Les coutumes françaises, comme nous l’avons dit, sont beaucoup moins cérémonieuses et alambiquées. On a tenté de faire renaître l’antique mode de choquer les verres, en buvant à la santé les uns des autres, l’usage de trinquer aimé des vieux Gaulois. Cette habitude n’est pas encore revenue. On toaste comme en Angleterre, ou mieux on porte des santés individuelles, ce qui est encore une vieille coutume française.

Le toast, en dehors du monde officiel, dans un milieu français, doit être simple et court.

Si l’amphitryon compte au nombre de ses invités un convive d’un mérite reconnu ou d’un rang élevé, il porte sa santé avant celle d'aucune autre personne ; Car, en général (et c’:-: l’hos- Pitalité française) l'hôte doit Proposer +: :oasts; l'initiative n'appartient aux invités «4e si l'on se trouve réunis pour fêter l'anniversaire de l’amphitryon, un succès qu’il a obtenu, un bonheur qui lui est survenu. La santé de la maitresse de maison n’est jamais oubliée, non plus, en France. Comme toutes les autres dames auxquelles on porte fréquemment des toasts .

dans l’usage français, la dame du logis se borne à s’incliner et laisse son mari ou son fils ou son père répondre en son nom.

Un convive ne se Permettra pas de proposer la santé des hôtes que s’il y est autorisé par l’âge Ou par une certaine position. En conséquence, c'est l'invité placé à droite de la maîtresse de la maison qui est investi de ce privilège: c’est d’ailleurs presque toujours le personnage le plus important de la table. (Quant à hôte, si jeune qu’il soit, il peut toujours porter la santé de ses invités.)

Celui qui propose un toast, se lève en tenant son verre à la hauteur de son visage et s'inclinant vers celui dont il doit porter la santé, dit: “ Je lève mon verre, ou je bois (cette dernière formule est plus simple et, par suite, plus élégante) à la santé de M... ou de Mme...” Les autres convives se soulèvent de ‘*urs sièges et tous les verres s’approchant les uns des autres, on répète le nom proposé: “ A M...” Les hommes vident leurs verres et les femmes peuvent y mouiller seulement leurs lèvres.

L'hôte à la santé duquel on vient de boire riposte toujours. Il se lève également et peut ré-

pondre ceci: “ À mon tour, je bois à tous ceux qui ont bien voulu s'asseoir autour de ma table.” Tout le monde vide son verre de nouveau.

À un mariage, on boit aux jeunes époux. Ils sont dispensés de répondre. Les deux pères remercient à leur place. “ Je bois au bonheur de la charmante épousée et de l’heureux mari, à leur prospérité, etc.”

A un baptême, on boit au nouveau-né (il est

également dispensé de répondre, laissant ce soin et bien d’autres, à son père), “ Je bois à la lon- Sue vie, au bonheur et à la prospérité de l'enfant qui vient d'entrer dans ce monde et qui, dès à présent, Peut nous compter Pour des amis, Je bois à ses heureux parents.”

À un anniversaire de mariage: “ Je bois à la Continuation du bonheur de nos aimables hôtes : qu’ils célèbrent bien longtemps cet anniversaire heureux.” A des noces d'argent: “ Je bois à ce long bonheur, souhaitant à no ces d’or et de diamant.”

Pour un succès: Je bois à l'avancement ou à la promotion que notre hôte a si bien mérité (ou à l'événement heureux, en Je nommant) et dont nous nous réjouissons tous sincèrement.”

À une suspension de crémaillère, l'hôte dit:

“Je bois à la santé de tous ceux qui voulu se réunir autour de moi,

qu’ils reviennent souvent dans m meure...”

s hôtes des no-

ont bien et je souhaite a nouvelle de-

Ce n’est plus la mode en France, bien qu’elle ait été en grande vogue Parmi nos aieux, de

chanter au dessert. Pourtant, dans une maison parisienne où l’on s'occupe d'art, on a tenté cette gaie résurrection pour les diners, d'où l’extrême cérémonie est bannie. On a apporté à chacun des invités, une assiette à dessert sur laquelle était peinte avec l'air noté, une des vieilles et charmantes chansons de France. Un convive chantait cette chanson dont tout le monde reprenait le refrain en chœur; ce sont des fantaisies que l’on ne peut s'offrir que dans certains milieux spéciaux.

Messraurs,

Je ne crois pas qu’il y ait de sujet qui offre à l’éloquence un champ plus vaste que le commerce, et je ne connais pas de classe d'individus qui méritent plus de jouir des douces choses de ce monde que les marchands. L’homme a l’instinct mercantile: quand il est jeune il échange

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