DISCOURS PREPARES
Acceotation de la Présidence d'un Club.
Messieurs
En acceptant la position à laquelle vous venez de m'appeler, mon devoir serait, je crois, de protester de mon inhabileté à la remplir. C'est la règle. Vous me permettrez cependant de la violer cette fois, et je vous dirai pourquoi. D'abord, c'est de la fausse humilité que de se rabaisser soi-même, et de plus, je vous ferais, je pense, peu d'honneur en vous reprochant d'avoir choisi pour vous présider quelqu'un qui n'en serait pas digne. Si vous vous êtes trompés, vous vous en
apercevrez assez vite sans que j'aie besoin de vous le dire. Je laisse donc au temps le soin de régler ce point.
Mais je ne puis m'empêcher de v5us remercier de la confiance dont vous faites preuve à mon égard. Je suis fier d'avoir su inspirer à mes amis, une confiance dans mes aptitudes, aussi complète que l'indique le vote de ce soir. Il y a cependant, deux qualités que je vous promets de déployer dans l'exercice de mes fonctions: le zèle et l'impartialité. La tête pourra n'être pas toujours à la hauteur de la tâche, mais le cœur y sera certainement, et ce sera toujours au moins un juste titre à votre sympathie et à votre appui. J'espère d'ailleurs que si je commets quelque erreur vous ne me ménagerez ni vos conseils ni vos avis. Les devoirs d'un président sont, autant que je les comprends, de mener à bonne fin les destinées du club et les désirs de ses membres. Je vous remercie encore une fois, Messieurs, du grand honneur que vous me faites et je m'efforcerai autant qu'il sera en moi de me montrer digne de la confiance que vous m'avez témoignée.
DISCOURS y
Discours d'un Président élu.
Messieurs,
A tout corps organisé il faut nécessairement une tête, et de la qualité de la tête que vous placez sur les épaules d'une collectivité comme la vôtre, dépend en grande mesure le succès final.
Ce n'est certes pas à moi de dire si vous avez bien agi en couronnant avec votre humble serviteur, l'édifice que vous avez érigé. J'accepte les responsabilités que vous m'imposez avec autant d'anxiété que le permet mon respect pour votre connaissance de la nature humaine, et je m'efforcerai de remplir d'une façon satisfaisante la tâche que vous m'avez confiée. D'avance je sollicite votre assistance et vos conseils pour l'accomplissement des devoirs que vous m'avez assignés et je réclame toute l'indulgence de vos critiques, si je viens à me méprendre. " L'erreur est humaine, le pardon est divin," c'est ce que dit une maxime, et j'espère que vous vous rapprocherez autant que possible de la divinité, si moi je reste parfaitement humain.
Et maintenant, Messieurs, laissez-moi ne pas compromettre la bonne opinion que vous pouvez avoir de moi, par un déluge de paroles — ce qui serait une grande faute chez un président — Je vais terminer en vous offrant mes plus sincères remerciements pour cette marque glorieuse de votre confiance et de votre estime.
^ ^ ^ ^ Allocution pour prendre la Présidence d'une Réunion. Messieurs,
Vous m'avez conféré un honneur inattendu en m'appelant à présider cette assemblée. Je vous remercie de cette marque de confiance, mais je ne crois pas devoir vous féliciter absolument de votre choix; ma modestie, ou plutôt la parfaite connaissance que j'ai de mon humble mérite, ne me permettent pas de partager l'opinion trop flatteuse que vous avez de mon aptitude à remplir la position. Tout ce que je puis vous promettre, c'est de remplir mon devoir avec honnêteté et bonne humeur. Il y
a quelque chose cependant qui me plaît clans la circonstance. Le président d'une assemblée n'est pas tenu de faire des discours, il n'a qu'à les écouter; il n'a pas à prendre l'initiative des questions, il lui suffit de les soumettre à l'assistance. J'ai -déjà même entendu dire que l'on choisit aussi quelquefois pour président un orateur de longue haleine; c'est alors un cas de légitime défense et de protection mutuelle. Quant à moi, Messieurs, je suis bien sûr que ce n'est pas pour cette raison que vous avez jeté les yeux sur moi, car vous savez parfaitement que je ne possède aucun don de ce genre.
Mais cela me rappelle aussi que, le mieux pour moi, est de parler le moins possible. Aussi je vous remercie encore une fois de l'honneur que vous me faites; j'en accepte toute la responsabilité, et j'ai le plaisir de vous annoncer que l'assemblée étant maintenant constituée par la nomination de son bureau, nous sommes prêts à procéder.
Félicitations à un Candidat choisi.
Monsieur
Nous venons au nom de vos concitoyens (libéraux ou conservateurs) de ce district vous assurer de leur entière sympathie dans le choix de la convention qui vous a offert la candidature de. . . ; nous vous promettons également notre plus cordiale assistance. Nous vous exprimons l'idée bien arrêtée de chacun d'entre nous, en vous disant qu'à dater d'aujourd'hui jusqu'à la fermeture du poil, nous comptons travailler fidèlement, courageusement et laborieusement à remporter le succès. Fermement attachés aux principes que nous professons tous, convaincus qu'en vous choisissant nous avons mis la main sur l'homme qu'il nous fallait, nous entendons vous montrer ce que des hommes soucieux du succès de leur candidat peuvent faire quand ils veulent gagner. Nous ne disons pas cela pour nous vanter, mais pour vous donner confiance dans nos efforts. Qu'on nous donne franc jeu — et nous saurons l'exiger, —
puis nous sommes sûrs du triomphe. Le soir de l'élection, nous espérons bien revenir vous voir et vous féliciter de la ratification par le vote populaire du choix qu'a fait la convention. D'ici là, nous entendons bien ne pas perdre un seul instant et si le malheur voulait que la victoire ne couronnât pas nos efforts, nous voulons toujours qu'il soit dit que nous l'avions bien méritée.
^ jp. jp. ^
Réponse du Candidat.
Messieurs,
Il n'y aurait pas de déshonneur à subir une défaite en aussi bonne compagnie que la vôtre et à côté de patriotes aussi valeureux et aussi courageux. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit en ce moment. Je ne veux pas même m'arrêter à cette pensée. Comment pourrait-on échouer avec des aides aussi vaillants que les braves (libéraux ou conservateurs) du district électoral de... ?
J'ai accepté avec reconnaissance la candidature que m'a offerte la convention et je vous remercie de votre visite flatteuse. Si indigne que je me croie de tenir comme il le faudrait le poste auquel vous voulez m'appeler, je ferai preuve, si je suis élu, d'un désir sincère de faire mon devoir et j'apporterai à cette tâche une juste part d'énergie et de persévérance. Une bonne cause, une organisation parfaite et un travail suivi sont les éléments les plus sûrs du succès électoral. Nous savons tous que nous possédons le premier de ces éléments ; la possesion du deuxième et du troisième dépend de vous. J'ai la confiance la plus absolue dans le succès de vos efforts. Ce n'est pas individuellement mon élection qui a de l'importance, c'est le triomphe des principes que j'ai été choisi pour représenter. Je suis simplement porteur de l'étendard sur lequel est inscrite notre devise, et j'ai pleine confiance qu'avec ce signe nous vaincrons.
Messieurs, je vous remercie encore de cette démonstration, et maintenant, mettons-nous à l'œuvre comme si le mot '' défaite '' n'était pas français.
Félicitations à un Candidat sur son élection.
Monsieur le. . .
Maintenant que la bataille est finie et que la victoire est gagnée, notre tâche ne serait pas complète si nous ne venions échanger avec vous. Monsieur le (député — maire — conseiller), de chaudes félicitations sur l'heureux résultat obtenu. Nous savons tous que vous vous réjouissez comme nous de votre succès, pas tant parce que c'est votre succès, qu'en raison du triomphe des idées que vous croyez et que nous croyons être les meilleures garanties de notre prospérité générale. Nous sommes sûrs que vous remplirez dignement et consciencieusement la charge qui vous a été confiée par le vœu de la majorité. Nous n'avons pas de récriminations à faire contre nos adversaires; de fait, nous croyons que c'est pour leur bien, c'est-à-dire, pour le bien général, que vous ayez été élu et que leur candidat ait été laissé de côté. Naturellement, ce n'est pas leur avis ; mais bien qu'ils puissent faire des grimaces pour avaler leur mé-
decine, elle leur fera du bien. Le succès du candidat de la Vérité sur le candidat de l'Erreur est un de ces remèdes constitutionnels que le malade peut prendre avec répugnance, mais qui finalement lui profitent presque toujours. Tous les amis de ce district qui partagent nos opinions nous ont puissamment aidés, ils ont travaillé au succès et en éprouvent la même fierté que nous. Et maintenant, trois hourras pour la bonne cause '
Réponse.
Messieurs,
Je me suis joint aux hourras pour le succès de notre cause, et je veux vous exprimer, à vous Messsieurs, et par votre intermédiaire, à tous ceux qui ont contribué à ce succès, mes remerciements et mes félicitations. Je ne suis rien qu'une unité dans le grand parti auquel nous appartenons, mais lorsque cette unité représente une circonscription aussi intelligente que celle qui vient de m'honorer de sa confiance, cette
unité prend une valeur qu'elle ne possédait pas. Comme homme public, je consacrerai tous mes instants à mettre vos idées en application, toutes les fois qu'elles seront d'accord avec les principes politiques que nous professons. J'espère jouir de votre confiance, et pour cela, je saurai m'en rendre digne.
Les professions de foi ne sont rien ; vous jugerez de moi par ce que je fais et non par ce que je dis. Si je ne puis pas vous servir aussi bien que je le désirerais, vous saurez excuser mes erreurs en raison des bonnes intentions et du zèle que je me promets d'apporter à la tâche.
Discours humoristiques après défaite électorale.
Mes frères éIvEctoraux,
Vous avez l'air d'être dans la soupe et il est évident que les chiffres qu'on nous a apportés ne sont pas de notre goût. Je partage entièrement votre avis, et pour la première fois, je désirerais conclure que les plus simples régules de
l'arithmétique sont de la blague. Mais il n'y a pas à y revenir, l'addition et les chiffres sont là et le mieux est de les recevoir d'un cœur léger et sans pleurnicherie. J'entends un de mes amis dire qu'il ne peut pas comprendre comment nous avons été ainsi écrasés. Moi, je le comprends parfaitement. Un gros vote et pas mal de tours de passe-passe, voilà ce qui a suffi à cuire notre biscuit. Mais, ça n'est pas la peine de faire grise-mine à ce sujet-là. Regardons en face la destinée. Notre parti doit être élastique. Dans la colonne vertébrale de notre organisation il y a assez de caoutchouc et de ressorts d'acier pour redresser notre armature morale et nous remettre à l'ouvrage. Nous avons déjà été battus et nous le serons encore ; mais il n'y a rien qui soit capable de nous faire renoncer à la lutte. S'il y a ici de nos adversaires politiques, ils doivent sûrement s'offrir à nos dépens une jubilation intérieure qu'une sage frayeur les empêche de laisser percer au dehors. Dans ce cas, je leur recommande de mettre une sourdine à leur envie de rire. Nous ne sommes pas des sauvages ; nous ne voulons pas faire tomber un cheveu de
leur tête, mais au point de vue politique, ils peuvent bien être sûrs que nous tenterons d'avoir leur scalp la prochaine fois que nous les rencontrerons dans l'arène. Et pourtant nous préférerions n'avoir pas à nous battre avec eux. Nos sentiments chrétiens se prêteraient beaucoup mieux à une tentative de conversion, aussi les invitons-nous à suivre attentivement et religieusement tout ce qui se dira dans nos réunions, auxquelles nous ne renonçons pas pour si peu.
Discours à l'ouverture d'un Club d'ouvriers.
Mes amis et camarades,
Il n'y a aucune raison pour réserver simplement aux favoris de la fortune les avantages qui peuvent découler de la formation d'un Club. Nous n'avons pas, il est vrai, tous leurs. loisirs ; mais nous pouvons profiter pour nous récréer des quelques occasions de repos qui nous sont laissées. Ce Club, si je comprends bien, n'a pas simplement pour objet de tuer le temps; nous
avons l'intention de combiner la culture de l'intelligence avec celle de la bonne camaraderie, en y joignant celle de l'économie. Nous ne serons peut-être pas à même, au début, d'accomplir complètement notre projet, car nos moyens sont limités; mais nous espérons, avec le temps, voir grandir le Club que nous ouvrons ce soir, jusqu'au jour où il pourra répondre à tous nos désirs et à tous nos desseins.
Une salle de lecture bien garnie de littérature courante, une bibliothèque fournie de livres bien choisis, des conférences sur des sujets intéressants et utiles, des amusements sans danger et la dicussion quelquefois de sujets d'intérêt, voilà quelle est l'étendue des besoins d'un Club d'ouvriers. La terre tourne ; nous vivons à une époque où le travail devient un des éléments essentiels du corps politique, où les masses reconnaissent que l'éducation est une force et que l'industrie du pays n'aura jamais cette unité de direction à laquelle elle aspire, sans un grand développement intellectuel. Je vous félicite de ce commencement plein de promesses, et je n'ai aucun doute que notre Club, bien moins préten-
tieux que les associations qui s'étalent dans la pierre de taille, le luxe et le marbre, sera au moins auusi utile que la plus orgueilleuse d'entre elles.
Députation auprès d'un ministre pour demander des travaux.
Monsieur le ministre,
Vous (entendrez ou avez entendu) de la bouche des hommes de l'art les détails techniques des travaux dont nous avons été chargés par nos concitoyens de vous demander l'accomplissement. Vous jugerez par vous-même combien leur nécessité est pressante et quand vous serez convaincu de la justice de notre demande, nous espérons bien que vous ne nous refuserez pas le concours et l'appui que mérite la situation.
Croyez bien. Monsieur le ministre, qu'un besoin pressant a seul pu nous décider à faire la démarche qui nous amène ici aujourd'hui.
Nous n'ignorons pas que vous êtes accablé de demandes et le rôle de solliciteur n'est pas de
ceux que choisissent de gaieté de cœur des hommes comme ceux que vous voyez réunis autour de vous maintenant. Habitués, tous, dans nos affaires, à ne demander d'aide à personne et à compter sur nos seuls efforts pour remplir notre tâche personnelle, nous nous adressons à vous parce que notre appel vise un besoin d'intérêt général, un de ces besoins dont vous êtes constitué, de par votre position, le gardien et le protecteur.
Nous pourrions sans doute, beaucoup d'entre nous, invoquer à l'appui de notre demande les services rendus, les sacrifices faits en faveur du parti qui est aujourd'hui à la tête des affaires, mais nous ne voulons pas insister sur ce point, vous laissant libre d'apprécier le poids que cette considération peut avoir dans votre décision.
Nous préférons nous en rapporter à votre sollicitude bien connue pour toutes les entreprises méritantes, comme celle dont nous vous entretenons; nous comptons sur votre esprit de progrès et d'initiative, sur votre sollicitude pour le bien du pays, sur votre amour du Canada et de votre province.
'Comptez bien. Monsieur le ministre, que les contribuables et les électeurs qui nous ont envoyés ici ont les yeux tournés vers vous et attendent anxieusement votre réponse. J'espère et même je ne doute pas qu'elle sera favorable et soyez convaincu qu'en vous rendant à notre demande, vous acquerrez des titres innombrables à la reconnaissance de la population entière de . . . , qui sûrement ne comptera pas d'ingrats.
Allocution pour l'inauguration d'un Chemin de Fer, d'une ligne de Steamboats ou d'une Route.
Messieurs et chers concitoyens,
Nous sommes aujourd'hui réunis pour célébrer une utile journée qui fera époque dans l'histoire de notre (ville ou paroisse). Dans ce temps de concurrence et de progrès, tout accroissement des facilités de communication, toute création de débouchés nouveaux, est un bienfait inappréciable. L'entreprise dont nous fêtons
aujourd'hui l'heureux achèvement est au nombre de celles qui doivent profiter grandement à notre pays. Vous vous êtes imposé, je le sais, des sacrifices graves, d'argent, de temps et de commodité, pour permettre l'achèvement de ce nouveau chaînon qui vous unit aux grands marchés du pays et de l'étranger. Par cette voie vos produits vont trouver un écoulement rémunérateur et, en même temps, vous recevrez plus facilement et plus promptement du dehors ce qui est nécessaire à votre existence journalière. Tout le monde y trouvera son compte.
Je profite de l'occasion pour vous féliciter de l'esprit d'initiative dont vous avez fait preuve en prenant la responsabilité d'une aussi lourde charge; l'aisance avec laquelle vous l'avez assumée est pour moi l'indice que vous saurez aller jusqu'au bout et compléter votre œuvre en lui fournissant les moyens de vivre et de progresser.
Pendant que nous sommes ensemble, je tiens aussi à remercier ceux qui ont été les instruments directs de l'accomplissement de l'entreprise, les maîtres et ouvriers, sous les ordres
desquels, ou par lesquels, les travaux se sont faits avec une régularité, un soin et une énergie qui méritent les plus grands éloges.
Encore une fois, Messieurs, merci et félicitations à tous et puissions-nous bientôt nous trouver encore réunis dans une circonstance analogue, car jamais nous n'aurons trop de ces entreprises utiles et profitables.
Discours d'un Maire à Toccasion de la visite d'un personnage important.
Monsieur,
C'est un honneur pour notre village de recevoir une visite aussi distinguée que la vôtre et celle des personnages qui vous accompagnent. Je me fais l'interprète de tous mes concitoyens, en vous souhaitant la plus cordiale bienvenue parmi nous. L'hospitalité que nous pouvons vous offrir n'est peut-être pas aussi somptueuse que nous l'eussions désiré, mais elle a un sûr mérite, c'est d'être cordiale. Comme vous avez
pu le constater en arivant jusqu'à nous, c'est à l'aide d'un labeur courageux et constant que nous avons réussi à développer les ressources de la contrée et à créer dans cette partie du pays un centre industrieux et prospère qui fait honneur à notre race et au nom canadien. Nous sommes fiers à juste titre des résultats obtenus et la sollicitude du gouvernement, dont votre visite est la preuve, indique que le renom de nos efforts a dépassé les limites restreintes de notre territoire.
Nous vous remercions de cette sollicitude, dont nous nous croyons dignes, et nous espérons que le gouvernement nous la continuera longtemps. Ne redoutez pas cependant. Monsieur, que nous ne profitions de votre séjour ni ({ue nous n'abusions de votre l)ienveillance pour vous poser des demandes indiscrètes, ou solliciter des promesses quelquefois gênantes. Nous nous en rapportons à votre justice et à votre perspicacité. Nous ne demandons rien. Si après avoir visité le pays, vous jugez qu'il a des titres à l'attention et à l'assistance du gouvernement pour certains travaux qui sont au-dessus de nos
ressources et de nos forces, vous serez l'arbitre et vous déciderez.
Pour le moment nous voulons être tout à la joie de vous recevoir, de vous bien accueillir et de vous prouver toutes nos sympathies et notre respect.
Nos demeures vous sont ouvertes et le grand honneur sera pour ceux que vous favoriserez de votre présence.
Le souvenir de votre séjour ici, restera gravé dans nos cœurs ; nous souhaitons que vous conserviez longtemps la mémoire de l'accueil qui vous aura été fait.
Allocutions Scolaires,
Discours de Distribution de prix.
Mes chers jeunes amis,
Bien que mes souvenirs d'écolier soient déjà bien lointains, il me semble ((ue je puis encore partager le louable désir que vous éprouvez de vous distinguer en semblable circonstance. L'esprit d'émulation qui anime les hommes dans les différentes circonstances de la vie est le même qui secoue le sang et aiguillonne l'intelligence des jeunes écoliers à leur pupitre. Cet esprit est la source de toute grandeur, c'est à son impulsion que sont dues les belles actions. Le monde n'a pas de moteur plus puissant.
Vous avez tous fait votre devoir aujourd'hui. Si dans la course aux honneurs et aux distinctions quelques-uns ont été dépassés, ceux qui
sont restés en arrière ont eu du moins l'avantage de lutter pour la palme et gardent la perspective de la remporter plus tard. '' Battez le fer quand i1 est chaud ", conseille le dicton populaire, mais il ne faut pas oublier non plus qu'on peut le chauffer en le battant. Quant à ceux qui n'ont ])as réussi, qu'ils continuent à battre et ils réussiront un jour. C'est un peu dur peut-être, mais le succès est au bout.
Les élèves qui ont mérité des prix doivent être fiers de cette juste récompense, mais ils ne doivent y voir qu'un stimulant pour viser plus loin et atteindre le but. La jeunesse ne doit jamais se reposer sur ses lauriers; ses visées doivent toujours tendre plus haut. Le zèle, l'habileté et la persévérance viennent à bout des difficultés qui paraissent insurmontables, et le mot " insurmontable " devrait être impitoyablement rayé du dictionnaire de la jeunesse.
Présentation d'un souvenir par les jeunes élèves d'une école à une institutrice favorite.
Cher proi^esseur.
J'ai été chargée par mes camarades et collèg'ues de cette institution de vous offrir ce modeste gage de leur affection et de leur estime. Je ne puis dire tout le plaisir que j'éprouve d'avoir été choisie pour vous transmettre l'expression des sentiments que nous éprouvons pour vous. Ce que nous vous remettons est un Irien faible symbole de ce qui nous anime, mais nous savons que vous l'accueillerez avec bienveillance comme l'indice cordial de l'attachement avec lequel nous vous chérissons toutes du fond du cœur. Vous avez tout fait pour nous rendre agréables nos devoirs et nos leçons, au point de nous faire oublier que nous accomplissions une tâche. Nous savons bien que souvent nous avons mis à une rude épreuve votre tempérament et votre patience ; mais vous nous avez ramenées délicatement dans le droit chemin, vous nous avez montré par l'exemple comme par la parole
les bienfaits du calme et de la bonté. Jamais nous ne vous oublierons. Lorsque nous serons plus avancées dans la vie, nous songerons au pensionnat et son souvenir ne sera pas celui d'un lieu de supplice, mais d'un joyeux asile de progrès intellectuel, où le chemin de la science était parsemé de fleurs ; quand nous nous rappellerons nos jours de classe, nos cœurs battront aussi vivement à votre mémoire qu'ils battent aujourd'hui. Mes camarades de classe m'ont priée de ne pas faire de présentation officielle, mais de m'adresser à vous comme à une amie chère et respectée. C'est ainsi que nous entendons vous traiter, cher professeur. Veuillez accepter avec notre petit présent nos meilleurs vœux. Puissiez-vous avoir tout le bonheur que vous vous êtes efforcée d'assurer à vos chères élèves, et puissent-elles — c'est le meilleur souhait que nous puissions former pour elles — remplir leurs devoirs à l'égard des autres, aussi bien que vous avez rempli les vôtres à leur égard.
Réponse de la Maîtresse.
Mes chères élèves,
C'est à vous toutes que je m'adresse. Je sais que les paroles qui viennent de m'être adressées en votre nom partent du cœur et je vous assure qu'elles me touchent profondément. Quand bien même votre joli présent vaudrait mille fois plus, sa valeur réelle consiste pour moi seulement, dans la délicate attention qui l'a dicté. J'ai fait mon mieux autant que mes facultés et mes connaissances me le permettaient pour vous préparer à entrer dans la vie. J'ai essayé de conquérir votre afïection et votre respect et si j'ai réussi à accomplir ce double objet, j'en serai profondément heureuse. Votre attachement et votre amitié, mes chères élèves, je vous les rends du fond du cœur. Quel que soit votre rôle dans la vie, soyez siàres que mes prières vous accompagnent, que vous occuperez toujours une place dans mon souvenir. Votre cadeau me rappellera toujours les heures agréables et utiles, je l'espère, que nous avons
DISCOURS ââ
passées ensemble, et en quelques lieux que je transporte mes pénates, il figurera toujours au premier rang parmi les dieux de mon cher foyer.
Présentation au Principal par les Elèves d'une Ecole ou d'une Académie.
Cher monsieur,
Mes camarades de collège me chargent de vous prier d'accepter ce modeste témoignage de respect et d'afir'ection. Nous avions le désir de vous prouver d'une façon quelconque combien nous apprécions votre .habileté comme professeur, votre patience et votre bonté en face des nombreuses fautes et erreurs de cette variété de Vhumanuni gcniis qu'on appelle Técolier, et après avoir réfléchi et délibéré, nous avons pensé que nous ne pourrions donner à nos sentiments de meilleure expression qu'en vous offrant un souvenir destiné, si humble que soit sa valeur relativement à l'étendue des obligations et des bontés dont nous vous sommes redeva-
blés, à vous rappeler avec plaisir que nous ne sommes pas des ingrats. Avec notre humble cadeau recevez, monsieur le principal, nos meilleurs souhaits de santé et de prospérité. Nous espérons faire honneur à vos efforts et à vos leçons : si nous ne réussissons pas, la faute en sera à nous, car vous aurez fait votre devoir fidèlement et courageusement. Vous nous avez appris à vous considérer non seulement comme un maître instruit, mais comme un sage gardien et un ami sûr, et en entrant dans le monde pour mettre à profit les précieuses leçons que vous nous avez prodiguées, nous n'oublierons pas à qui nous devons d'être devenus ce que nous sommes, et nous conserverons toujours de vous un respect absolument filial.
4^ * # * Réponse du Principal.
Jeunes élèves,
L'hommage que vous me faites de votre respect, de votre confiance et de votre affection est
le plus précieux présent que vous pouviez m'offrir. Votre estime a pour moi plus de valeur qu'aucun autre cadeau, et si j'accepte cet élégant objet, c'est parce qu'il est pour moi une preuve de cette estime. Bien des gens regardent l'éducation de la jeunesse comme une tâche fastidieuse : ce n'est pas mon avis. En général, vous vous êtes soumis d'assez bonne grâce à la discipline scolaire, vous m'avez quelquefois, peut-être, trouvé un peu sévère, mais vous avez eu le bon goût, réflexion faite, d'admettre que dans les écoles, comme dans les armées, Tobéissance et l'ordre sont invariablement la clef du succès. La démocratie est le gouvernement des " grands enfants " ; avant que l'homme puisse exercer sa souveraineté, il lui est indispensable de subir une période d'absolutisme. Mais cette nécessité même implique pour le maître le besoin d'être juste et modéré. J'espère avoir respecté cette loi. Je ne pense pas, comme maître, avoir jamais oublié que j'avais été écolier, ni avoir négligé de faire la part de la jeunesse. Vous paraissez trouver que j'ai fait mon devoir et la bonne opinion que vous exprimez est, après
le témoignage de ma propre conscience, ma plus précieuse récompense. Je vous remercie du fond du cœur, et fais pour votre avenir tous les souhaits de bonheur que vous pouvez désirer de votre professeur et ami.
Speech pour une personne visitant une école et s'adressant aux enfants.
Mes enfants,
Ce n'est pas dans un simple but de curiosité que j'ai tenu à vous voir à votre travail; évidemment, comme il était de mon devoir de le faire, j'ai voulu m'enquérir de la façon dont vous profitez des bonnes leçons qui vous sont prodiguées, et constater le soin avec lequel vous est départi ce grand bien de l'instruction. Vous êtes assez grands maintenant pour qu'il ne soit pas nécessaire de s'étendre devant vous sur la nécessité et l'importance de l'éducation. Les exemples que vous avez autour de vous suffisent
pour vous montrer qu'aujourd'hui il n'y a plus de place pour l'ignorant et que dans la grande lutte pour la vie, les derniers à l'école sont sûrs de rester en arrière sur le chemin.
Mais j'ai tenu à vous prouver par ma présence toute la sollicitude avec laquelle ceux qui détiennent une parcelle quelconque du pouvoir municipal ou législatif surveillent les progrès de l'éducation. Il n'y a pas de question qui tienne autant au cœur de ceux qui s'occupent des affaires publiques, parce qu'ils savent que là est l'avxnir de la race et du pays. Il importe que la jeunesse sorte bien outillée des écoles pour pouvoir noblement défendre son nom et sa patrie, c'est-à-dire, le patrimoine que nous lui laisserons.
L'éducation est une nécessité nationale et patriotique, et personne ne peut s'-en désintéresser.
Je suis heureux de constater que vous êtes de bons travailleurs, des élèves studieux et appliqués.
Je vous en félicite comme j'en félicite votre maître, en vertu de l'adage " tel maître, tel élève."
Tout ce que je vous demande, c'est de persévérer, de toujours vouloir plus savoir, car on ne sait jamais trop et même jamais assez.
Apprenez, étudiez et vous ferez des citoyens patriotes et utiles.
Présentations pour offrir un service d'argenterie â un employé public.
Monsieur,
Au nom d'un comité de vos concitoyens qui représente la masse de vos admirateurs et amis, j'ai été prié de vous offrir ce service d'argenterie, comme gage du prix qu'ils attachent à votre zèle, à votre fidélité et à l'exquise courtoisie dont vous avez fait invariablement preuve dans l'accomplissement de vos fonctions. Le métal pur est bien ce qui convient aux vertus solides, c'est ce qui explique pourquoi le témoignage de notre estime et de notre respect prend cette forme brillante; l'argent pur est le type exact de la confiance sans mélange que nous re-
posons dans votre intégrité et votre habileté. Je n'énumérerai pas sur quoi se base cette confiance. Il me suffira de dire que le travail accompli par vous ou sous vos ordres est le vrai livre où se lisent vos états de service ; lorsque vous passerez en revue vos actes, vous n'aurez pas à rougir de vous même, et vous pourrez regarder en face votre image reflétée dans le poli de ces somptueuses pièces. Le vil métal fut quelquefois le prix de la trahison ; mais en dépit de cet emploi indigne, il demeure sous la main de l'ouvrier qui le travaille dans son état de virginité native l'emblème de la valeur exempte de souillures. C'est à ce titre que nous vous offrons ce cadeau; nous y joignons les vœux de ceux qui ont eu amplement l'occasion d'estimer sincèrement votre caractère et votre talent, et qui vous souhaitent santé, bonheur et prospérité.
Réponse.
Monsieur,
Bien que j'ignore si j'ai réellement mérité ce magnifique souvenir de la bonne opinion pro^fessée à mon égard par les amis que vous représentez, je l'accepte avec fierté et reconnaissance. L'accomplissement fidèle d'une charge publique n'est que l'exécution d'un devoir; je dois cependant admettre qu'il est très agréable de recevoir des gages d'approbation de la part de ceux dont on a cherché à conquérir l'estime. Je suppose que la valeur intrinsèque de ce somptueux présent est considérable; mais toute sa valeur consiste pour moi dans l'intention et l'idée des donateurs. Leur but était, je pense, de rendre plus facile encore pour moi, à l'avenir, l'exécution de mon devoir, en me montrant avec tant de générosité qu'ils étaient satisfaits de ma conduite passée. Je les en remercie. Le travail dans ces conditions devient un plaisir. Une seule chose pour moi serait à redouter en face
de ces indices de partialité trop évidente de mes concitoyens, ce serait de m'enorgueillir et d'évaluer mes services au prix qu'ils y attachent au lieu de leur valeur réelle qui est bien peu de chose. Alors, j'espère que vous voudrez bien me rappeler sans ménagement à la réalité. En tout cas. je vais essayer d'enrêner solidement ma vanité que votre présent et vos éloges pourraient rendre rétive. Plaire à tout le monde n'est pas le don de tous les mortels, et je dois compter, suivant la règle, des amis et même des ennemis; mais fort de ma conscience, je puis faire peu de cas des ennemis que l'impartialité constante crée tout aussi facilement que la partialité momentanée. Soyez assez bon, monsieur, d'accepter pour vous et de transmettre à tous ceux qui ont participé avec vous à ce gracieux cadeau, l'expression de ma plus chaude reconnaissance.
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Présentation de cadeaux à un employé public qui prend sa retraite.
Monsieur,
Un grand nombre de vos amis m'ont confié l'agréable mission de vous exprimer combien ils apprécient les services que vous avez rendus au public dans l'exercice de vos importantes fonctions et de vous assurer qu'en rentrant dans la vie privée, vous emportez toutes leurs sympathies accompagnées de vœux sincères pour votre bonheur et votre prospérité dans l'avenir. Ils m'ont également chargé de vous prier d'accepter ce gage de leur constant souvenir, destiné à bien montrer combien ils admirent votre probité et votre dévouement aux intérêts du public, sans oublier les hautes qualités personnelles qui distinguent en vous l'homme et le citoyen. Je me joins avec la plus grande cordialité au désir qu'ils éprouvent de rendre hommage à votre caractère public et privé, et je vous prie d'accepter ce témoignage de notre amitié, non pas tant comme un compliment à la fermeté et à l'hon-
nêteté de vos convictions politiques, mais encore comme la preuve de la sincérité et du désintéressement de notre estime.
Monsieur,
Je ne crois pas que le citoyen le plus modeste puisse se refuser à accepter un témoignage, si flatteur qu'il soit, lorsqu'il vient du cœur de ceux qui ont été le plus à même de se former une idée juste de son caractère en général ; bien que souvent leur bienveillance puisse les pousser à apprécier trop favorablement son habileté et ses capacités. C'est avec le plus vif plaisir que j'accepte votre cadeau et je le conserverai toute ma vie comme un souvenir inoubliable et comme un certificat durable de la bonne opinion d'hommes dont le jugement doit avoir pour moi le plus de valeur. Le proverbe dit que les égoïstes ne saluent jamais le soleil couchant; dans ce cas, il est impossible de donner une fausse inter-
prétation à votre démarche vis-à-vis d'un serviteur public qui rentre dans la vie privée. Je vous remercie, bien cordialement, monsieur, ainsi que ceux dont vous êtes l'interprète, pour cette haute manifestation d'approbation et d'estime.
* * « * Présentation d'une montre à un chef politique.
Monsieur,
Un axiome politique veut que toute chose arrive à son heure et que chaque homme vienne à son temps ; aussi avons-nous cru qu'il n'était pas d'expression plus sûre que le cadeau que nous vous offrons pour démontrer combien nous apprécions le rôle éminemment patriotique que vous jouez parmi nous. Pénétrés de cette idée et désireux de donner une forme tangible à leur admiration, un comité de nos concitoyens m'a chargé de vous remettre, avec ses meilleurs souhaits, ce magnifique chronomètre d'or. Les rouages en sont ausi compliqués que ceux de l'or-
ganisation politique que vous savez si heureusement manipuler, et le moindre obstacle, tout comme dans la machine politique, peut entraver le fonctionnement de tout le système. Si les mouvements sont réguliers et cadencés, tout va bien ; mais si les écrous se relâchent, rien ne va plus. Il nous a donc paru qu'un présent de ce genre était dans l'ordre, comme emblème de la régularité et de l'harmonie dont vous vous êtes toujours montré l'adepte en arrêtant toute tentative de discorde et de rupture dans les rangs dont vous avez la charge.
Le vaillant concours que vous avez si souvent prêté à la bonne cause méritait cette reconnaissance opportune que nous vous manifestons sous cette forme utile. Nos adversaires s'apercevront sans aucun doute de l'heure qu'il peut être lorsque nous les rencontrerons aux poils et, dans l'intervalle, l'aiguille infatigable enregistrera fidèlement les heures qui nous séparent de la victoire. Et maintenant, monsieur, permettez-moi de vous exprimer combien tous vos amis espèrent que vous pourrez porter long-
4b DISCOURS
temps le modeste gage qu'ils vous offrent aujourd'hui de si grand cœur.
Réponse.
Monsieur,
Il existe, je crois, des formules banales et sèches pour répondre aux compliments que vous venez de m'adresser pour votre pari et au nom de ceux qui se sont joints à vous. Mais je préfère m'abstenir de toute espèce de vieux clichés et répondre suivant mon cœur plutôt qu'au gré des formules admises. Nous avons tous travaillé ensemble dans l'arène politique, et rien n'exige, entre de vieux amis comme nous, un déploiement de cérémonies qui ne fut jamais nécessaire lorsque nous faisions côte à côte les luttes du grand parti auquel nous sommes fiers d'appartenir. Vous me faites grand honneur en m'offrant comme gage de votre approbation de mes humbles services le beau cadeau qui vient de m'être remis, accompagné des paroles aimables
et bienveillantes qui vous venez de prononcer et qui en rehaussent la valeur à mes yeux. Je ne puis croire que la noble tâche que je m'étais imposée avec vous pour le triomphe de la bonne cause méritait un tribut aussi éclatant, mais je suis fier de recevoir votre délicat témoignage. Lorsque mes regards se dirigeront vers le bijou élégant et utile que vous venez de me remettre, je me rappellerai constamment tous les amis auxquels je le dois. Je sais qu'ils sont aussi solides que l'acier qui en compose le grand ressort; au^si sûrs que les heures portées sur son cadran, et j'espère que nos calculs seront toujours aussi justes que l'heure qu'il indique fidèlement.
Cadeau d'une bague avec diamant, ou épinglettte
en diamant, ou canne à pommeau d'or à
un politicien éminent.
Monsieur,
Le comité au nom duquel j'ai l'honneur de parler vous a invité à nous rencontrer ici ce soir
pour l'accomplissement d'un devoir plaisant et amical. Nous venons au nom de ceux qui ont travaillé avec vous au succès de ce qu'ils croyaient être le vrai intérêt du corps politique, vous offrir un gage modeste de notre approbation et de notre confiance. Nous vous prions d'accepter ce petit cadeau, non pas en récompense de vos services politiques — car cette reconnaissance vous la possédez sûrement dans la conscience du devoir accompli — mais en souvenir de l'estime que nous professons pour vous. La fidélité aux principes est le joyau intime des âmes patriotes, son emblème précieux se trouve dans cette pierre (...ou ce métal) immaculé et c'est la raison qui l'a fait choisir par vos amis politiques comme témoignage convenable de l'estime dans laquelle ils tiennent leur fidèle et vieil ami politique. Nous savons que tout ce qui fait le charme de ce présent, ce sont les circonstances et non pas sa valeur intrinsèque. Il représente des sentiments et des pensées qui ne peuvent ni se ternir ni disparaître pas plus que le temps ne peut atténuer l'éclat de ce pur diamant. Qu'il indique longtemps encore l'estime
dans laquelle vos concitoyens vous tiennent à la fois comme citoyen et comme homme privé ! En même temps que ce modeste hommage, nous vous remettons des résolutions amicales adoptées dans une réunion de vos concitoyens, et nous sommes heureux de vous assurer en leur nom comme au nôtre, que ce présent est un témoignage spontané id'affection et d'estime.
Réponse à la présentation d'une montre ou d'un diamant à un politicien.
]^Iessieurs,
Un brillant présent, accompagné comme dans le cas actuel d'un brillant discours exige une brillante réponse. Mais je suis bien modeste, mon imagination est restreinte, ce ne sont pas là des conditions favorables pour un déploiement d'éloquence. Cependant si ma bouche pouvait exprimer ce que ressent mon cœur, les mots ne me feraient pas défaut pour vous exprimer ce que je pense. Je laisserai pour le mo-
ment parler mon cœur et mes paroles n'en seront que plus sincères. En disant que je remercie mes amis et mes concitoyens de ce gage de leur estime et de leur confiance, je vous prie d'inclure dans ces quelques expressions tout ce que vous pouvez concevoir de cordiale et d'anxieuse émotion. Veuillez dire, monsieur, à ceux que vous représentez que je leur rends de tout cœur l'affection dont ils font preuve à mon égard, que je suis fier d'être leur allié politique et leur ami personnel, et que pour longtemps encore j'espère travailler avec eux, la main dans la main, au triomphe des principes que nous soutenons ensemble et me réjouir en leur compagnie de bien des victoires encore.
Je ne puis, monsieur, admettre avec vous que ces bijoux éclatants soient l'emblème de qualités dont je sois doué. Je préfère comparer leur poli et leurs reflets à l'avenir du parti auquel nous appartenons les uns et les autres. Puisset-il être lui aussi toujours sans tache et sans défaut ; s'il en est ainsi, son succès est certain, car dans un pays comme le nôtre, le vrai seul sub-
siste et triomphe. C'est avec une grande fierté que je porterai le magnifique souvenir dont m'ont gratifié mes amis; j'en serai fier, pas tant à cause de sa propre valeur, mais parce que c'est l'indice de la confiance politique et de l'estime personnelle dont m'honorent des gens que je respecte et avec les idées desquels je sympathise le plus cordialement du monde dans toutes les questions politiques.
Présentation d'une coupe au vainqueur d'une course à la rame.
Monsieur,
Appelé à vous décerner le prix que vous avez remporté dans le dernier concours nautique, j'éprouve un vif plaisir à vous remettre cet élégant trophée. Tout le monde a admiré les excellentes qualités de votre jolie embarcation et l'habileté avec laquelle elle a été manœuvrée et je suis sûr qu'aucun de vos rivaux moins fortunés ne jalousera une récompense si justement
méritée. Le grand moteur à la mode, la vapeur et ses dérivés, n'ont pas encore tué la voile et tant que nos infatigables constructeurs consacreront leurs veilles et leur savoir au perfectionnement des lignes et de la voilure de nos rapides chaloupes, c'est-à-dire tant que nos rivières continueront à laisser couler leurs ondes bienfaisantes et hospitalières, les tournois aquatiques comme celui auquel nous venons d'assister charmeront le goût du public. La navigation à vapeur n'offre pas autant que la course sur les flots à voiles déployées, l'occasion de mettre à profit l'adresse et le jugement. Les courants contraires et les marées adverses sont domptés par la force brutale qui annihile l'espace et le temps : mais, sous la toile, tout dépend de l'habileté et du calcul de l'homme. Les succès de la voile sont des succès intellectuels et seront toujours plus glorieux que des triomphes dus à une force mécanique et qui n'ont pour limite que sa quantité ou son mode d'application. Aux compliments que mérite votre victoire, je me permettrai d'ajouter l'espoir que
nous assistions pour de longues années encore aux joutes viriles de la voile et de l'aviron.
Réponse.
Monsieur,
Vous me permettrez, en recevant le prix magnifique décerné à mon bateau pour la victoire qu'il a remportée dans la dernière joute, de vous remercier des termes flatteurs dont était accompagnée la remise de ce trophée. Le (nom du bateau) a l'heureuse fortune d'être vainqueur aujourd'hui; une autre fois, la prochaine peut-être, le destin changera. Si ce cas se présente, je n'en ressentirai aucun chagrin et j'espère prendre ma défaite d'aussi bon cœur que les amis vaincus dans le tournoi amical d'aujourd'hui. Nous avons, je crois, entre navigateurs, assez d'esprit de corps pour nous réjouir de nos succès mutuels et pour prendre un intérêt commun aux courses accomplies par nos embarcations et nos équipages nationaux.
Naturellement je suis fier de mon bateau. Je ne serais pas, sans cela, un vrai marin. Mais je sais aussi que ce n'est pas toujours le navire le plus rapide qui gagne la course et que les circonstances favorables sont pour beaucoup dans les courses à la voile. Quant à ce splendide trophée, je dois dire qu'il me rappellera longtemps la cordialité qui a caractérisé la joute d'aujourd'hui, et dont les remarques que nous venons d'entendre sont l'heureuse expression; je lui donnerai la place d'honneur parmi mes souvenirs les plus précieux, et sa vue me causera toujours un plaisir sans mélange.
« * * * Présentation d'un sabre à un officier.
CoLONElv,
Je sais qu'il y a certaines règles et diverses formules à observer dans une occasion comme celle-ci ; mais je crois assez connaître les dispositions et le caractère de l'officier auquel j'ai l'honneur de m'adresser, pour considérer qu'il préfère la franchise au formalisme et quelques
mots qui partent du cœur, aux compliments de convention. Vos amis, colonel (ou plutôt une portion de vos amis, car la totalité comprendrait tout ceux qui ont le plaisir de vous connaître), vos amis m'ont prié de vous remettre ce sabre en souvenir de leur estime personnelle et en reconnaissance du zèle, du dévouement et de l'énergie qui ont marqué votre carrière de militaire. Le plaisir que j'éprouve à remplir la tâche qui m'est confiée est bien légitime; je vous salue, au nom de tous vos concitoyens qui ont voulu me choisir pour porte-parole et j'exprime en leur nom et au mien l'espoir que vous vivrez longtemps pour porter et pour tirer au besoin, dans de longues années à venir, l'arme que nous commettons à votre garde. Vous n'aurez peutêtre jamais d'autre occasion de mettre cette flamberge au vent que dans des revues ou dans d'autres circonstances pacifiques. Nous ne souhaitons pas qu'il en soit autrement, car tous les bons citoyens — et j'ajouterai, tous les soldats chrétiens — aiment la paix et déplorent la guerre. Mais nous connaissons l'homme à qui nous
confions cet acier, nous savons qu'au besoin il le sortira du fourreau pour défendre les intérêts du pays et l'honneur du drapeau, ou pour faire observer la loi et Tordre. Nous savons que jamais bonne arme ne fut placée dans des mains plus loyales ni plus patriotiques, dans des mains où elle est plus sûre de rendre un service plus efficace pour les causes justes.
■Ss •© •© -S
Réponse de l'officier.
Amis et cama'Rades,
Je ne m'enorgueillirai pas de ce superbe présent, pas plus que des paroles aimab'es qui l'accompagnent, car bien que je les sache parfaitement exagérées, eu égard à mon faible mérite, votre idée n'était pas de vous livrer à une simple flatterie. Mais, je puis vous assurer que j'apprécie hautement ce cadeau et les sentiments de ceux qui me l'offrent. Tout homme, si faible que soit sa vanité, serait heureux de recevoir de ses concitoyens une pareille marque d'estime. J'ac-
cepte avec tous les remerciements possibles votre cadeau martial, qui possède à mes yeux une double valeur, celle d'un g^age d'estime et d'amitié d'abord et aussi celle d'ustensile professionnel. Je le conserverai toute ma vie comme un de mes plus chers trésors et comme un souvenir inoubliable.
Dans les temps anciens, le candidat aux honneurs militaires ne recevait son sabre et ses éperons qu'après les avoir conquis par quelque action d'éclat. Je suis plus heureux que cela. La récompense de mon mérite militaire m'est remise d'avance, sans avoir été gagnée et il me reste à prouver les titres que j'y puisse avoir. Je vous avoue que ce n'est pas le bon vouloir qui me manque et que si vous avez pu vous faire illusion sur mes aptitudes, vous n'avez pas exagéré mon zèle martial. Vous avez raison de considérer la guerre comme un grand fléau et le sabre comme un outil dont la place est au fourreau, si on peut l'y conserver avec honneur. Vous avez bien fait aussi de dire que
l'arme dont vous me faites don serait prompte-
ment tirée pour la défense de notre patrie, pour venger sa constitution et ses lois. En vous remerciant encore, vous et vos amis, pour ce joli cadeau, je vous souhaite tout le bonheur et toute la prospérité que vous méritez et que vous pouvez désirer.
Présentation à un Directeur ou Surintendant de chemin de fer qui quitte la Compagnie.
Monsieur,
En vous offrant ce témoignage d'estime à l'occasion de votre départ de la Compagnie, les employés qui ont eu l'avantage de vous aider à vous acquitter de vos devoirs vis-à-vis le public, de collaborer avec vous au transport et à la sécurité des passagers sur la ligne de . . . désirent vous exprimer tout le regret qu'ils éprouvent de voir cesser si vite les excellentes relations qui ont toujours existé dans notre service commun. Ils se plaisent à rendre hommage, par mon entremise, à votre énergie et à votre zèle, à votre
habileté et à votre prévoyance qu'ils ont constamment pu apprécier.
Dans quelque champ nouveau que vous exerciez à l'avenir vos facultés, nous vous souhaitons l'entier succès dont nous vous savons digne. Puissiez-vous rouler sans secousse sur la grande voie de la vie, pour toucher enfin au grand terminus avec un chargement complet d'années et d'honneurs ; puissent vos voyages futurs être toujours aussi exempts de collisions désagréables que l'ont été vos rapports avec les employés de la ligne du. . . depuis que vous avez assumé les responsabilités de la charge que votre départ fait aujourd'hui retomber sur un digne successeur.
Réponse.
Messieurs,
Bien que la seule exécution consciencieuse des devoirs qu'entraîne une position de confiance ne justifie certainement pas un compliment
spécial — puisque c'est simplement l'accomplissement d'une obligation — je suis cependant très heureux, en quittant la ligne du. . . de recevoir l'expression de la cordiale amitié et de bienveillance intime des hommes qui ont concouru d'une façon efficace à la bonne exploitation de la ligne. J'accepte avec plaisir ce gage de votre estime et du fond du cœur, je vous rends les excellents souhaits .qui l'accompagnent. Vous connaissez tous cette fable ancienne du faisceau de baguettes. Prises une à une, les plus solides se brisent facilement, mais liées ensemble elles peuvent supporter l'efifort le plus vigoureux. Il en est de même en toute chose et les peines que je me suis imposées pour rendre la ligne du . . . digne de la faveur du public auraient été perdues sans l'assistance dévouée et infatigable que vous m'avez prêtée. Les plans, si bien conçus qu'ils soient, restent lettre morte si les détails n'en sont pas exécutés convenablement. Ce soin vous incombait à vous, messieurs les employés de la ligne, à vous et à vos collègues, et je dois dire que vous vous en êtes acquittés d'une façon digne des plus grands
éloges. Si nous avons réussi ensemble, notre mérite est commun, la tête n'est rien sans les mains, la bonne administration n'aboutit à rien sans l'énergie et la fidélité pratiques. La plus grande valeur que j'attache à votre souvenir ce sont les excellents rapports qu'il me rappelle et je suis fier de laisser à mon successeur un corps aussi remarquable d'hommes habiles et éprouvés qui s'empresseront, j'en suis certain, de lui apporter leur entier concours pour faire de la ligne du. . . une ligne modèle à tous les points de vue.
Présentation d'un prix au vainqueur d'une course à la rame.
Messieurs,
La victoire ayant favorisé vos efïorts dans la course émouvante à laquelle nous venons d'assister, j'ai la satisfaction d'avoir été choisi pour vous présenter le prix que vous avez si loyalement gagné par votre adresse et votre énergie.
Il n*y a pas, je crois, d'exercice plus salutaire et plus excitant que la rame et aucun autre sport ne présente autant d'attrait pour les spectateurs Je vous félicite, messieurs, de votre succès et j'espère que dans la non moins noble lutte pour la vie, votre triomphe égalera celui que nous célébrons en ce moment. Vous nous avez démontré par l'exemple que le coup d'aviron devait être long, qu'il devait être fort et surtout qu'on devait le donner ensemble ; en somme, mieux qu'un discours ne pourrait le faire, vous avez prouvé l'importance d'une action commune. Nous avons chacun notre rôle à jouer pour atteindre le but et quelquefois il nous faut ramer avec et contre la marée. Dans l'esquif où nous embarquons notre fortune, chacun a sa place, les uns à la rame, les autres à l'aviron, les autres au gouvernail, mais si chacun fait vaillamment, honnêtement et habilement son devoir, il y a toutes les chances qu'en dépit des obstacles et des tnraves, Thomme accomplisse dans la vie des progrès suffisants pour satisfaire son ambition et s'assurer l'estime de ses concurrents. Il
se présente toujours dans l'existence une marée dont les flots mènent à la fortune, 'et n'oublions pas que la marée n'attend personne ; soyons toujours prêts à en profiter promptement en nous aidant de toute notre énergie et notre persévérance. Messieurs, vous avez bien mérité votre récompense; et en vous la remettant, je vous félicite encore une fois et vous souhaite pour l'avenir de nouveaux succès à la rame et dans toutes vos entreprises.