SUR LA
La Diction et la Tenue.
J'ai cru devoir ajouter à ce recueil certains conseils dûs à une assez longue expérience et dont la lecture sera, je pense, utile à ceux qui entendent profiter avantageusement de l'aide que j'ai tenté de leur apporter.
Les quelques préceptes de diction et de tenue qui suivent sont aussi concis que possible.
Pour les premiers, j'ai adopté la forme interrogative qui permet de se les graver plus facilement dans l'esprit.
Ce sont des règles élémentaires, mais si souvent outrageusement violées par ceux qui prennent la parole en public,, que je les voudrais voir apprises de tous avec autant de componction que la jeunesse en met à étudier le catéchisme.
Quant aux notes sur la tenue, j'ai jugé plus simple de résumer dans un certain nombre de phrases sentencieuses, le résultat d'une longue pratique.
M'adressant en général cà des personnes qui n'ont pas à leur disposition le temps requis pour lire de longues dissertations, j'ai condensé autant que j'ai pu, mes doctrines en aphorismes brefs et directs.
Espérons qu'il en restera toujours quelque chose.
MARC SAUVALI.E.
La Diction
Pourquoi f mit-il étudier la diction?
Parce qu'il ne suffit pas d'avoir de bonnes choses à dire, mais parce qu'il faut les bien dire.
Que faut-il entendre par bien dire?
Parler avec correction et avec expression.
En quoi consiste la correction?
Parler correctement, c'est d'abord grouper les mots d'une phrase dans un ordre déterminé d'avance et toujours le même, terminer ou suspendre une inflexion suivant que le sens de la phrase est lui-même terminé ou suspendu, détacher les incidentes de la phrase principale par une double respiration et un changement dans la tonalité, calculer le nombre et la durée des temps d'arrêt à observer dans le cours de la phrase en prenant le plus souvent pour base de calcul la ponctuation ; c'est ensuite prononcer pure-
204i DISCOURS
ment les voyelles et articuler nettement les consonnes, avoir souci des longues et des brèves, tenir compte des accents et n'en pas créer arbitrairement
En quoi consiste T expression?
A créer sur l'auditeur, par la voix, la physionomie et le geste, une impression conforme aux sentiments et aux idées que 4'on débite, ou que l'on expose.
Ces deux conditions peuvent- cl les ï acquérir par
r étude r
Quant à la correction, l'énumération des points dont elle procède, indique immédiatement que son acquisition est possible.
Pour l'expression, il y a naturellement une question de tempérament qu'on ne peut maîtriser aussi facilement. Cependant, il n'y a pas d'homme qui n'ait jusqu'à un certain degré au moins le don de sentir et de s'émouvoir, et cette faculté, ce don, se développent par l'ordre et la netteté dans le discours. Une diction correcte est l'acheminement vers la diction expressive.
Sans la diction juste, le sentiment peut s'égarer; avec la diction juste, la faculté de s'émouvoir s'éveille et, peu à peu, l'esprit débarrassé de toute contention passe du naturel qui naît de la correction à l'émotion qui donne à la diction ce qu'elle doit avoir d'achevé.
Combien cV instruments eoncourent à donner à la diction la eorreetion et F expression? Trois :
Le langage de la voix ; Le langage de la physionomie; Le langage du geste.
Quelle est la perfection de Fart de la diction?
C'est d'harmoniser ces trois langages, de les combiner si bien tous les trois qu'ils n'en fassent en réalité qu'un.
^ O ■$ ^ Le langage de la voix
Quels sont les mérites essentiels d'un langage correct?
1° Prononcer purement; 2° Articuler nettement;
3° Se rendre maître de son organe et en tirer tout le parti possible;
4° Construire correctement sa phrase.
Que faui-il entendre par prononeer purement?
Prononcer purement, c'est ne jamais dénaturer le son des voyelles, ne pas abréger celles qui sont longues, ne pas allonger celles qui sont brèves; c'est respecter tous les accents et n'en pas créer d'arbitraires; c'est en un mot se soumettre, sans tenir compte de son goût personnel, aux règles établies en matière de prononciation, mais en rapprochant ces règles de l'usage et préférer, en cas de doute, ne pas choquer avec une prononciation qui ne serait pas tout à fait selon les règles, que de faire sourire avec une prononciation d'une trop rigoureuse exactitude.
Quel est fusage qui est ainsi plus fort que la règle ?
C'est l'usage accepté comme bon cà Paris par le plus grand nombre des gens bien élevés.
Quelle est la règle priiuordiale de la prononciaiion des voyelles?
C'est le respect absolu, scrupuleux des accents.
La plupart des prononciations vicieuses proviennent d'un déplacement ou d'une suppression d'accent ou d'un accent placé arbitrairement.
Ne supprimez jamais les accents qui existent, n'en m.ettez jamais sur les syllabes muettes et n'en créez jamais d'arbitraires.
CGinnient se prononce la z'oyellc 3.f La voyelle simple a a deux sons principaux: A, bref comme dans tableau, savoir; A, long comme dans infâme, âme. Dans ce cas l'accent circonflexe distingue d'une façon apparente les deux sons. Quand vous voyez cet accent, pas d'hésitation. Dans les autres cas prononcez l'a bref.
Comment se prononee la voyelle ef La voyelle e a trois prononciations:
1° e muet comme dans celer, achever] 2° é bref corne dans recchv;
3° ^ ou c, grave et long comme dans cclerai, achèverai, plus prolongé pour l'accent circonflexe que pour l'accent grave.
Doit-on prononcer /'e muet à la fin d'un mot?
Supposons que vous ayez à dire, je suis ravie, je suis adorée.
Ce serait une faute de prononcer Ve muet dans ces deux mots, mais pour bien dire, vous devez soutenir et prolonger le son de 1'/ et de Vc et retenir la syllabe muette au moment où vous allez la faire sortir: il ne faut pas qu'on l'entende, mais il faut qu'on la devine.
Peut-on parfois élider les s\IIabes muettes?
Dans le corps d'un mot on peut élider des syllabes muettes. On peut dire, souz'^nir, pour souvc-nir ; soirvrain, pour sou-z'C-rain.
Mais si la voyelle muette e se trouve à la fin d'un mot, il faut la soutenir, sans exagération. Cependant, on ne dit pas an^commune, on dit une àme commune, sans donner à la prononciation de la syllabe me la même netteté qu'à sa voisine, mais en faisant sentir sa présence.
Lorsque la muette est suivie d'un mot commençant pas une consonne et que la première syllabe de ce second mot est une syllabe muette, il faut se garder de faire l'élision : on ne dit pas uj: grand exemple d\Iiarifê. ni un verre d'z'in.
Pour prononcer IV, la règle invariable est de suivre l'accentuation rigoureusement.
On dit bonté, santé et non bonté, santé; On doit dire grève et eonquéfe, et non pas grève, et conquête;
On dit désir et non désir.
N'y a-t-il pas d^ autres consonnanees qui peuvent rentrer dans Vune des trois prononciations indiquées pour la voyelle e f
Il y a ai, ei, es, ez, er, et.
Ai, se prononce toujours comme s'il y avait un è (grave): plaisir, (plczir); maison (niczon) et aimer (énier).
Une seule exception ; pour les verbes : ai. au futur é: je dirai, je dire.
Bi, se prononce toujours comme s'il y avait é, peine (pêne); pleine (plcne); enseigne (enségne).
Bs, se prononce toujours grave dans les mots d'une syllabe, au commencement et dans le corps d'un mot:
On dit : îès, )ucs, tes;
On dit: esprit, essaim et espérer;
On dit aussi : investiture.
Bb, se prononce avec l'accent aigu.
C'est généralement à l'impératif des verbes qu'on le rencontre : voyez, voyé, sortez, sorte.
Br, prononcez avec l'accent aigu, à la lin des verbes : aimez, aimé, espérer, espéré.
Au commencement d'un mot et si Vr n'est pas redoublé, prononcer avec l'accent aigu éruption, érudit; d'ailleurs l'accent l'indique.
Si IV est redoublé, prononcer avec l'accent grave : erreur, errant.
Bt, il faut distinguer et, conjonction de est verbe et dire é pour et et è pour est.
A la fin d'un mot et se prononce é.
Comment doit-on prononcer /'i f
Ui, a un seul son plus ou moins prolongé suivant l'accent, i ou i, livre ou abhne.
Comment doit-on prononcer /'o f
Même règle que pour 1'/,
Prononciation :
Brève dans notre livre;
Longue dans ce livre est le nôtre;
Brève dans adorer, croquer, se Jiwquer;
Longue dans trône, hôtelier.
Comment doit-on prononcer l\\ f
Cette voyelle n'a qu'un son plus ou moins prolongé: on dit fusil et fût, la lettre se prononce de la même façon, mais on soutient la voyelle dans le deuxième cas, voilà tout.
Bxiste-t-il au point de vue de la prononciation d^ autres voyelles que les voyelles simples ou alphabétiques?
Il y a encore les voyelles nasales an, in, on, un.
La seule règle que l'on puisse poser, c'est qu'il n'y a pas pour ces voyelles composites de prononciation plus propre que celle qui correspond à leur origine et qui explique leur nom.
Elles doivent se prononcer du nez et pas autrement.
Dites et répétez cette phrase où se trouvent contenues toutes les voyelles nasales et vous aurez une idée des nuances.
D an s /.'// /';/ st an t on vous appellera.
Quand vous saurez à fond toutes ces nuances vous pourrez affronter la correction.
Bxistc-t-il encore d'autres combinaisons de voyelles à pronciation spéciale?
Nous avons eu et oi.
Bu, doit toujours se prononcer comme dans heureux.
Oi, doit toujours se prononcer comme s'il y avait oa.
Ainsi, on dit roi, roa (avec la prononciation brève de l'a). On dit aussi clioa, emploa.
Que faut-il faire pour articuler nettement?
Il faut donner aux consonnes leur prononciation propre ou leur prononciation relative suivant les cas.
Quelle est la prononciation propre des différentes consonnes?
La consonne b ne présente aucun embarras, tout le monde la prononce bien.
La consonne c a deux prononciations:
1° une prononciation douce, celle de 1'^;
2° une prononciation rude, celle du k.
Ces deux prononciations peuvent être réunies dans le même mot sir-kons-tanse, circonstance.
La prononciation est toujours douce quand le c est accompagné d'une cédille.
Lorsque la consonne c est redoublée, il y a deux façons de prononcer:
Ou bien on donne le son dur à la première, et ne faisant pas sentir le redoublement, comme akoiirir, a-kompagner, accourir, accompagner;
Ou bien on donne le son dur à la première, et le son doux à la deuxième, comme dans accent qui doit se prononcer a-k-sent.
La consonne d ne présente aucune difficulté.
La consonne/ se prononce partout comme ph.
La consonne g a deux prononciations également usitées:
Au commencement des mots sa prononciation spéciale qui est rude: ganunc, garnison, guerre.
Dans les corps des mots, elle prend la prononciation du y comme dans obligeanee, oblijance, allégeance, aUéjance.
La consonne // est ou n'est pas aspirée.
Un homme, un-nome, non aspirée.
Une hache, une hache aspirée.
Il faut une liaison avec 17; non aspirée.
Il n'en faut pas avec 17/ aspirée.
And dont you forget it.
La consonne / a une prononciation invariable, le g doux;
La consonne k est le c dur;
La consonne q, dans tous les mots se prononce ^;
La consonne ? ne présente aucun difficulté de prononciation.
Il faut toujours faire sonner / dans le mot //.
Il est odieux de dire : i me fa dit pour // me la dit.
Les consonnes ;;/ n p ne demandent que les remarques suivantes.
Souvent dans le corps d'un mot on ne tient compte ni de T///, ni du p; vous direz coiidaiicr pour condaiiincy, douter pour dompter.
La consonne r est la pierre d'achoppement de ceux qui s'étudient à bien dire.
Sans entrer dans une digression, résumons ici le principe :
L'r se prononce en portant le bout de la langue jusqu'en haut du palais, de sorte qu'étant frôlée par l'air qui sort avec force, elle lui cède et revient toujours au même endroit faisant une manière de tremblement.
C'est la leçon de ]\Ioîière, dans le " Bourgeois gentilhomme." Le seul moyen d'obtenir cette vibration est donc de frapper du haut de la langue les dents d'en haut, comme pour prononcer d et t.
Le grasseyment qui est un défaut assez commun ici, parmi ceux qui croient parler un français très élégant, est la prononciation gutturale de IV, la prononciation de la gorge, la langue restant inerte et n'agissant pas.
En un mot l'r doit se prononcer de la langue et non de la gorge.
Comment obtenir cette vibration? Voici une méthode :
Prononcez d'abord les consonnes d et t qui s'obtiennent en donnant du bout de la langue au-dessus des dents d'en haut.
Prononcez alternativement d et t, vous assouplissez ainsi l'extrémité de la langue qui prend une agilité qu'elle n'avait pas.
Ensuite faites précéder les consonnes d et t de la consonne / dont la prononciation vous force d'appuyer les dents d'en haut sur la lèvre du dessous et amène donc naturellement votre langue en avant du palais.
Prononcez lentement d'abord,, puis en accentuant l'allure de façon à confondre le son des deux dernières consonnes ftd, ftcdc, ftcdcdc.
Quand votre élan sera bien pris, essayez un r, timide, articulé seulement.
Remarquez si votre langue se replie. Si elle se replie, c'est que le défaut persiste ; recommencez, votre langue n'est pas assez souple.
Continuez ces exercices et au bout de peu de temps le grasseyement disparaîtra.
Il faut toujours faire entendre la consonne r à
la fin des mots, autrement on parle comme un enfant : avenir, pour, sur.
La consonne ^ a deux articulations.
Son articulation propre dans insipide, assurance.
L'articulation du 2 dans une foule de mots, plaisir (plézir), choses (chozcs).
La consonne t a aussi deux articulations:
Tantôt son articulation propre : amitié, pitié.
Tantôt l'articulation s: action, affection, (ak- Sîon) (afek-sion).
La consonne x marque deux articulations et se prononce comme ^ ^ ou comme g s:
Explication, ek-splicatious; examiner, eg-zaminer.
C'est ce dernier son plus doux qu'il faut donner autant que possible.
Jamais par exemple on ne doit donner à x la consonna-nce s:
Bsknse, esplication, sont des horreurs.
Qii' appelez-vous prononciation relative des consonnes f
Les consonnes n'ayant pas d'accent, comme
les voyelles, changent de prononciation suivant qu'elles sont redoublées, ou qu'elles occupent certaines positions.
Quelle est la règle pour les consonnes redoublées f
Il n'y a pas de règ-le, seul l'usage et le dictionnaire peuvent guider.
L'orthographe n'est pas toujours une indication de la prononciation des sonsonnes.
Ainsi appeler, se prononce apeler ; courroux, couroux; allégresse, alégresse.
Par contre l'orthographe se respecte dans :
Irriter, immortelle, illégitime.
Il faut donc à cet égard s'en rapporter à un bon dictionnaire.
La prononciation des // mouillées appelle une règle spéciale qui est celle-ci :
L simple, comme dans péril, bail, ou // double comme dans paille, dans les deux cas précédée de i, forme une articulation qu'on appelle // mouillées et dont l'assonnance est spéciale et obligatoire.
Il est également mauvais de prononcer comme s'il y avait une seule / ou un y.
Il faut donner l'assonnance particulière qui dans l'ancien français était souvent rendue par Ih (pailh).
Quelles sont les règles de prononciation provenant de la position? .
Quad certaines consonnes se trouvent à la fin d'un mot, il peut y avoir liaison ou êlision.
1° Il y a liaison:
Lorsqu'une des consonnes r, t, s, se trouve à la fin d'un mot et que le mot suivant commence par une voyelle ou un h aspiré, il faut faire la liaison avec la première syllabe du mot suivant.
C'est la règle absolue; et dans ce cas les lettres conservent leur prononciation propre, sauf s, qui se prononce invariablement s, en liaison :
Quand la consonne t termine un mot dont l'avant dernière lettre est un c, on n'en tient pas compte.
On dit: aspect imposant, aspé-kiniposant; respect absolu, respé-kabsolu.
D'autres consonnes se lient, mais dans des circonstances spéciales ou avec une assonance particulière.
Ainsi le d se lie généralement, et alors il se prononce t.
On prononce de cette façon grand homme, granthamme.
Les trois consonnes îu, n, />, se lient quelquefois, mais il faut être très réservé pour la liaison de ces trois consonnes, elle est souvent prétentieuse ; on commence cependant à pouvoir dire :
Une main nhahilc, un eonp' imprévu. Il faut toujours prendre conseil avant de se permettre ces liaisons un peu affectées.
2° Il y a élision :
Dans ce cas la consonne ne se prononce pas.
Les lettres c et J sont quelquefois élidées à la fin des mots, mais il n'y a pas de règle fixe..
Ainsi on dit:
Je suis avec vous (avek vous et non az'è).
Mais on dit:
Vous l'avouez doue (don et non pas donk).
L'usage seul peut guider en cette matière.
A la fin des mots souvent la consonne d ne se prononce pas.
On dit nid (ni). Vous viendrez, mais quand? (kan).
Le g s'élide quelquefois à la fin des mots (voir les dictionnaires).
Il en est de même de la consonne / que l'on ne prononce pas quelquefois à la fin des mots, comme par exemple dans gentil.
La consonne q, à la fin des mots, tantôt se prononce, tantôt ne se prononce pas. J'ai cinq piastres dans ma poche (cin), combien de piastres avez-vous dans votre poche? cinq (cink). Ce sont des bizarreries, mais il faut en passer par là.
Lorsque Vs à la fin d'un mot indique le pluriel, 1'^ ne se prononce pas.
Dans tous les- autres cas, 1',^ terminale doit être plutôt indiquée que prononcée.
La prononciation û, pour fils; héla, pour hélas, est déplorablement ridicule en dépit de l'obstination de certaines personnes qui veulent l'imposer.
Bxiste-t-il des combinaisons de consonnes avec prononciation spéciale?
Ch, constitue une consonne à articulation propre dans char et chant.
Quelquefois elle se prononce k: orchestre^ orkcstre; archange, arkange.
Gn, a une articulation propre dans ignorant.
Quelquefois la consonne n se détache de la consonne g, comme dans stagnant (stag-nant)
PJi est l'équivalent de / et réciproquement.
Jusqu'à quel point peut-on maîtriser sa voix?
On ne peut pas changer de voix, Mais:
On peut développer une voix naturellement bonne.
On peut améliorer une voix mauvaise.
Quelle est la voix naturelle?
La voix de poitrine, c'est celle qui sert à la conversation ordinaire, celle qui vient d'instinct si vous parlez à un ami dans la rue, après avoir couru, par exemple. Subissez le coup d'une émotion instantanée violente, exprimez cette émotion par une exclamation rapide: vous parlez avec la voix de poitrine.
Quelles sont les voix factices?
Ce sont les voix de gorge, de nez, ou de tête.
Quand se produisent-elles?
Ivorsque vous sortez de la voix médium, de la voix de poitrine, pour prendre un diapason plus élevé ou plus bas, sans avoir travaillé la voix de poitrine au point de lui faire parcourir toute la gamme des intonations.
En quoi consiste ce travail de la voix de poitrine?
Il consiste dans la modulation des tons et dans la régulation de la respiration.
Comment obtenir la modulation des tons?
Etablir d'abord par l'oreille la différence du son de poitrine, du son de gorge, de nez et de tête.
Le ton une fois trouvé, monter et descendre une gamme en donnant d'abord très peu de son sur chaque note et en respirant largement entre chaque note.
Avec cet exercice, vous arriverez à donner peu à peu, à votre voix de poitrine, toute l'étendue, toute la sonorité désirable. -
Comment régler la respiration?
Beaucoup d'orateurs paraissent avoir deux voix.
Dans la partie de la phrase qui suit la respiration, la voix est bonne et naturelle.
Dans d'autres parties, elle se contracte, elle est mauvaise.
On y obvie en respirant à propos.
Il ne faut jamais attendre pour respirer qu'on ait épuisé sa provision d'air.
Il faut prendre les devants
La ponctuation doit servir de guide.
Après une virgule, vous ne pouvez peut-être pas prendre une respiration entière
Après un point et virgule, vous pouvez toujours prendre une respiration pleine.
\yez présente à l'esprit la longueur de la période qui va suivre pour prendre vos mesures, c'est-à-dire, de la respiration en conséquence.
Quelle est la destination des intonations obtenues par r exercice?
Le registre de médium étant définitivement fixé,
Employez :
Les cordes hautes pour le discours, la démonstration.
Les cordes graves et profendes pour le sentiment, la passion.
Comment employer ces intonations?
Servez-vous-en pour varier le ton.
Varier le ton, c'est recourir tantôt à une note, tantôt à une autre du clavier vocal.
Quand un développement est terminé, au moment de passer à un autre, vous variez le ton.
CommiCnt?
En abaissant le ton, si vous passez du raisonnemient à la passion.
En l'élevant si vous laissez la passion pour entrer dans le raisonnement.
Le ton d'une phrase principale étant adopté, y a-t-il lien à des variations?
Oui, pour les phrases incidentes.
Qu est-ce qunne phrase incidente?
Pour celui qui lit, la phrase incidente se détache de la phrase principale, par deux virgules.
Pour celui qui écoute, elle doit se détacher par une double respiration et par un changement de ton.
Comment doit-on dire une plwase avec des incidentes?
Adoptez une tonalité quelconque pour la phrase principale.
Modifiez-la chaque fois que la phrase principale sera interrompue.
Reprenez-la chaque fois que la phrase principale sera reprise.
Le ton sur l'incidente sera tantôt élevé, tantôt baissé.
Cela dépendra de la tonalité de la phrase principale.
Si vous prenez la phrase principale sur un ton grave, relevez la voix sur l'incidente.
Baissez au contraire le ton de l'incidente quand la tonalité de la phrase sera haute.
Quelle est la tendance de la voix?
La voix a une tendance à monter.
Il ne faut rien négliger de ce qui peut la faire descendre.
Quel est le but à atteindre pour être maître de sa , voixf.
Bien conduire une voix bien posée.
Bn quoi consiste Fart de construire correctement?
Construire correctement c'est grouper les mots d'une phrase dans un certain ordre et prendre à propos des temps d'arrêt.
La ponctuation ne fournit-elle pas les indications nécessaires?
La ponctuation est un guide.
Elle n'est pas toujours suffisante in infaillible.
Quelles sont les trois parties essentielles de la phrase?
Le sujet ;
Le verbe;
Le complément.
Quelles sont les accessoires?
Les incidentes; Les adverbes.
Quelle est la règle immuable de la construction et de la disjonction des phrases?
Le sujet va toujours seul.
Il n'y a qu'un adjectif qui puisse se lier au sujet.
Il faut absolument disjoindre le sujet quand il est immédiatement suivi d'une incidente.
Le verbe et le complément ne se doivent jamais se séparer, ils doivent être prononcés d'un trait.
L'adverbe doit toujours se rattacher au verbe à moins qu'il ne puisse prendre la forme d'une phrase incidente.